Louis XIII roi de France
Il est représenté à cheval, dirigé à gauche, et précédé de la Renommée portée sur des nuages el publiant ses exploits. Des anges lui apportent le diadème, des cou ronnes el des palmes. Toute cette partie de la composition, gravée au burin, est de Michel Lasne. Le seul ouvrage que Callot ait fait, dans cette planche, est le lointain qu'il a gravé à l’eau forte et dans lequel il a repgésenté la bataille de Veillane (*). Ce lointain est la reproduction
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(”) Mariette dit qu'il s'agit ici du Pas de Suze forcé (6 mars 1629). Cela paraitrait d'autant plus naturel que le roi assistait à
réduite, et avec moins de détails, de Ja bataille de Veillane décrite sous le numéro 509. On lit dans la marge : LVDOVICO DECIMO TERTIO IVSTO, PIO, FELICI, AVGVSTO, INVICTO, MAGNO, TRIVMPHATORI, JITALICO, | BRITANNICO, ALEMANNICO, LOTHARINGICO, FRANCIÆ ET NAVABRAE REGI CHRISTIANISSIMO. | ÆTATIS SVÆ ANNO 33 ET SVI REGNI 23. | — On lit, dans le bas, en une seule ligne : Zussu Regis Christianissimi Michael Asinius sculptor regius sculpsit - regiqg, obtulit anno domini millesimo sexcentesimo trigesimo quarto huius tabulæ ab Às. inu. et exc. exempl. vendenda prostant in sua domo sub reg. perystilio. Cum priuilegio Regis Christ. (*).
Hauteur : 626 mill., dont 40 de marge. Largeur : 433 mill.
cette affaire, tandis qu’il ne prit aucune part au combat de Veillane {10 juillet 4630). Cependant il est certain que c’est bien ce deroier combat que le fond représente. Il suffit, pour s’en convaincre, de comparer cette pièce avec celle que nous décrivons sous le numéro 509. |
(*) Mariette, et tous les connaisseurs les plus accrédités, attribuent à Callot les fonds de ce portrait qui sont incontestablement de ce maître, quoique sa signature ne s’y trouve pas. Deux circonstances pourraient cependant faire douter de la coopération de notre artiste à cette planche. La première est la date de 1634 qu'on lit dans la marge, époque à laquelle Callot n'était pas à Paris ; la seconde est l’épithète Lotharingico donnée à Louis XIII dans l'inscription ci-dessus rapportée. En rapprochant cette qualification da patriotisme bien connu de l'artiste lorrain, on peut s'étonner qu'il ait consenti à louer ainsi l’oppresseur de son pays. Ces deux objections peuvent s’écarter facilement si l’on réfléchit que Cabot a dû graver ce fond sur une épreuve non
= Su — On connaît deux états de cette planche :
L Avec le numéro 2 à droite. — Très-rare.
Il, Sans ce numéro. — Rare.
SOS. Louis de Lorraine prince de Phalsbourg (fils naturel de Louis IE, cardinal de Guise et favori du duc Henri ID (*).
Il est représenté à cheval, dirigé à gauche où il regarde, tenant en main le bâton de commandement. Le fond représente une bataille.
On lit dans la marge l'inscriplion suivante, divisée en deux parties par les armes du prince : LOVYS DE LORRAINE PRINCE DE PFALSEBOURG, GENERAL DES ARMEES DE SON ALTESSE ; etc
terminée et que cette épreuve n’a pu être commencée que dans la seconde moitié de 1630, puisque la bataille de Veillane eut lieu le 40 juillet de cette même année. Callot ne pouvait prévoir, à cette époque, que le mariage de Gaston d'Orléans amènerait l’envahissement de la Lorraine et la prise de Nancy en 1635. Si donc Michel Lasne, propriétaire de la planche et qui en débitait les épreuves comme l’atteste l'inscription, y a inséré l’épithète Lotharingico, il l'a fait évidemment sans la participation de Callot.
Quant aux fonds du portrait de M. de la Vallette qu'on attribue à Callot, ils ne sont pas de lui, Ce portrait, gravé également par Michel Lasne, est considéré comme le pendant de celui de Louis XIII ; mais Callot n’y est pour rien.
(”) Le dessin original de ce morceau se trouve dans la collection de M. Robert-Dumesnil. — Les premières épreuves de la gravure sont tirées sur un papier de fabrication lorraine (double C, lion couronné, etc.). L'eau forte ayant inégalement morda, il est difficile de trouver des épreuves parfaitement satisfaisantes.
Cette inscription est suivie des huit vers ci-après, disposés sur deux colonnes :
Prince foudré de Mars @ sejour des Carites, Digne obiect juste soing du sage grand mew, Lesclat de tes vertus, l'effort de tés merites Non le sort de faueur, te’ rendent sj chery.
Car bien que le doux Ciel, (k la terre opportune Tache, a qui mieux, former ton csleualion, 9j faut il confesser, que l'heur de ta fortune N'est sortable, au degré de ta perfection.
— Morceau anonyme. Rare. |
Largeur : 359 mil. Hauteur : 286 mill., dont 59 de marge, 508 bis. Peri Jean-Dominique (d’Archidesso).
Pièce dite le Jardinier; voyez n° 433.
IT. SuETS HISTORIQUES.
509. Combat de Veillane près de Turin, livré le 10 juillet 1650 (*).
Ce combat est représenté dans le fond d'une vallée, entrè Veillane, à gauche, et Saint- Ambroise, à droite.
(”) Voyez le récit détaillé de ce combat dans les Mémoires de Richelieu, éd. Michaud et Poujoulat, p. 251 et suiv.
On lit dans les notes de Mariette : « L'armée n’était pas commandée par le Marquis d’Effiat, maïs par le duc de Montmorency, celui qui eut dans la suite la tête tranchée en 1632. Le Marquis d'Effiat signala cependant soh courage dans ce combat, y ayant combattu avec beaucoup de valeur, à Ja tête des chevau-légers de la garde. » Plus tard, et en marge de cette note, Mariette a ajouté : « Cette pièce a été gravée depuis que le Marquis d'Effiat
L'arrière-garde française, attaquée par une partie des troupes du duc de Savoie sorties de Veillane, met en fuite l'ennemi, qui regagne ses retranchements, pendant que le gros de l’armée file à droite par un sentier étroit et trés-escarpé. Les troupes françaises étaient commandées par le duc de Montmorency et par le marquis d'Effiat, surintendant des finances qui, pour celte fois, avail pris le harnais de la guerre. C'est son portrait qu'on voit au haut de l’estampe, dans un ovale environné de trophées. Ses armes sont dans le milieu du bas. — Morceau anonyme.
Largeur : 528 millim. Hauteur : 352 millim., dont 35 de marge.
La planche se conserve à Nancy dans le cabinet de M. Thiéry ; elle n’a jamais porté le nom d'Israël.
a été fait marechal de France, en janvier 1651, car ses armes y sont accompagnées du baston de marechal. »
Callot n’a point indiqué, dans cette pièce, que le duc de Montmorency assistait au combat de Veiïllane. ]l est vraisemblable qu'à l'époque où l'artiste gravait son estampe, le duc était déjà compromis par les intrigues de Gaston d'Orléans, frère de Louis XH1I, C'est peut-être cette circonstance qui a obligé Callot à garder l'anonyme et à ne- mettre aucune inscription dans la marge qui devait évidemment en recevoir une. Il est permis de croire que, si le parti de Gaston eût triomphé, une inscription aurait indiqué la part qu'avait eue le duc de Montmorency au combat de Veillane.