‹ Mémoires de l'Académie de StanislasChapitre 99 sur 180 · De Lorme (Diewlonné-Charles) medecin · texte numérisé non relu

De Lorme (Diewlonné-Charles) medecin

Portrait symbolique de ce personnage, dont nous avons parlé dans la biographie de l'artiste, p. 59. Nous

(*) On lit dans les notes manuscrites de Mariette, folio 30: « Ce portrait est dédié à BE. de Lorme par J. Callot, C'était un des plus grands curieux d’estampes de son temps, surtout de celles de Callot, Apparemment qu'il était à la suite de Gaston, duc d'Orléans, dont il était le médecin qui, dans cette année, était ce semble à Nancy.» — La dernière partie de cette note n’est pas exacte. Gaston est venu deux fois en borraine, la première depuis septembre 1629 jusqu'au 9 février 1630 ; le setond vayage n'eut lieu qu'en avril 1631. Gaston a donc passé à Paris presque toute l’année 1630, date donnée par Collot au portrait. Au mois de février de cette année, époque à laquelle le prince était encore à Nancy, avec son médecin de Lorme, Callos devait être encore à Paris où il gravait les grands siéges de Ré et de la Rochelle. Du reste, il est possible que de Lorme soit revenu à Nancy dans le courant de l'année 1630 et que le dessin et la gravure du portrait aicot eu lieu dans cette ville. Toutefois il est plus vraisemblable que le dessin a été fait à Paris et que la gravure seule a été exécutée à Nancy, comme l'indique la mention mise par l'artiste au bas de ce morceau.

On doit remarquer que la planche de ce portrait n’a pas été comprise dans le marché fait avec Ilenriet. Elle a été probable-

allons décrire avec détails cette pièce singulière, l'une des plus fines et des plus jolies eaux fortes du maître.

À droite et à gauche de l’estampe on voit deux grands arbres dont les rameaux occupent, en se réunissant, tout le haut de la composition. L'arbre de gauche est un hurier qui vient unir ses branches à celles. de l'orme qui est à droite (allusion au nom du personnage). Au pied de l'arbre consacré à Apollon se trouve, sur ua tertre, le palmier de Latone. Sur une des branches principales du laurier est perché un coq, emblème de la vigilance, et en regard, sur l’orme, un épervier, symbole de la prudence. L'artiste a voulu rendre visible cette pensée que la réunion de ces rameaux doit être Île séjour le plus glorieux d'Apollor, ce qu'il exprime au moyen de la légende placée sur ces mêmes rameaux : Ve quis sit lucus quo plus se iactet Apollo.

"Entre ces deux arbrés se trouve ur cercle formé par un serpent mordant sa queue, emblème hindou-égyptien de l'univers éternel qui se nourrit desa propre substance. Ce serpent est l'image de de Lorme qui Lire tout de son propre fonds, comme doit le faire un bon. médecin, ce que l'artiste exprime par cette inseription placée sur le corps du serpent : Vec te quæsiueris extra.

Dans le cercle formé par ce grand serpent est le tri-

ment livrée à de Lorme avec celles des grands siéges. On ignore ce qu'elle est devenue, quoique les cuivres des grands sièges aient été retrouvés,

angle équilatéral, image da macrocosme ou de la nature divine, coupé par us autre triangle équilatéral qui est le microcosme ou la nature humaine. Le tout forme ane étoile à six pointes, au centre de laquelle se trouve, dans l’ovale solaire, le portrait en buste du personnage autour duquel on lit: CAROLYS LORMEVS | ORACVLVE souens. Le personnage lui-même est bien frisé, richement vêtu à la derniére mode ; il porte une fraise admirablement brodée et est digne en tout point du titre d’EYZXHMONESTATOZ (le plus élégant, le plus affable et le plus digne des médecins), que l'artiste lui donne dans l'inscription placée au bas de ce morceau.

Dans les six petits triangles équilatéraux formés par l'intersection des deux grands, se trouvent placées six capitales grecques dont la réanion forme le mot IATPOZ (médecin). |

Les noms des neuf vertus médicales dont nous donnons ci-aprés la signification, sont inscrits à l’entour des deux grands triangles équilatéranx comme les noms des génies et des anges dans les nriroirs magiques, auxquels on donnait aussi celte forme vénérée des adeptes et qu'on ne retrouve plus aujourd’hui qu'à la porte des cabarets. |

Voïci les noms de ces vertus médicales et le sens général de l'inscription grecque :

De Lorme ce grand médecin, ce savant oracle (oraculum solers) :

par ses disposilions nalurelles ; &Y3EI, par ses études (son éducation); AIAAZKAZAIN,

par les circonstances favorables ; TPONIQ, par ses heureuses dispositions ; EY&YET, -par l'expérience, par l'habitude contractée dés l'âge le

plus tendre ; NAIAOMAO@IH, .

par l'amour de ceux qui souffrent ; &IAOTONIH, par une longue expérience ; XPONQ, par la théorie ; AOTQ, par la pratique ; EPTQ, est devenu UN MÉDECIN ; IATPOSZ, c'est-à-dire, le médecin par excellence.

Les fonds de l’estampe indiquent que les talents de de Lorme rappellent le souvenir des deux grands prodiges accomplis par l'art médical. Ainsi on voit, à droite, la victoire d'Apollon sur Python avec cette légende : Dis geniti potvere, et à gauche, la résurrection d'Hip= polyte par Esculape, avec celte autre légende: Herbis et amore dianæ. |

Les armoiries de de Lorme sont ss bendues au ser-

pent dans le bas de l’estampe. On y voit un simple casque de gentilhomme; l’écu porte trois étoiles et une tète de cerf, emblème de longévité. Les supports sont figurés par un chien avec la légende Fidelitas, el par un dragon, emblème de bonne garde des trésors, avec la légende Custodia. Ils font allusion à l’intégrité de de Lormé dans les fonctions financières qu'il exerca à Bordeaux, et la devise: O$FAEEI KAI MH BAATITEI (il sert el ne fait pas de tort), est peut-être une épigramme de l'artiste contre les officiers du trésor.

Dans la marge se trouve la dédicace suivante, cn sept lignes, suivie d'un distique latin.

D. D. CAROLO DELORME REGVM° CHRISTTANISS"” , HENRICI | MAGNI, & Lvpovici 1vsTI. Consil. et: Medico ordinario Æra: | rii Gallie apud Burdegalenses questori Integerrimo DNI. | Gasronis FRANCIÆ Primario Medico EYZXHMONESTATO | Simbolicam hanc sui Effigiem Mediceis omnibus dotibus ac veré | suis adornatam, obseruantiæ uvrqu’ouuoy 14COB" CALLOT ! NOBILIS LOTHA= RING” jecit, vovit, dicauit Nancej M. D. CG. XXX.

Pinge oRBEmM Medicosg— omnes Veteresg= Nouosque

VLMÆI CAPVT hoc, oRBIs ad JInstar erit.

Hauteur: 187 mill., dont 57 de marge. Largeur : 4115 mill. On connait deux états de cette pièce :

I. On ne voit encore aucune inscription sur les deux banderoles servant à caractériser la résurrection d'Hippolyte <ë la défaite de Python (emirémement rare).

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