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On a vu Nicolas Jacquet et Jean Jacquet, qui était son frère puiné, exercer en même temps la typographie à Verdun, vers 1655. Ils étaient Verdunois d'origine, et parents assez proches de Jean Wapy. À Jean Jacquet, resté sans concurrent pendant quelques années, succéda en 1686 Julienne Moreau sa veuve, dont les registres du Conseil de l'hôtel de. ville de Verdun mentionnent plusieurs requêtes en paiement d'impressions faites en 1687, 1688 et au commencement de 1689. IL est probable qu’elle céda son établissement à Vigneulles qui était son gendre, dans le cours de cette même année: car on lit à la date du 43 janvier 1690 « Messieurs (du Conseil) ont “ ordonné au receveur payer à François Vigneulle, impri- “ meur, la somme de douze livres, pour avoir imprimé les “ affiches et ordonnances pendant l'année dernière (4)."
Je franchis, sauf à y revenir, un intervalle de quelques années, pour compléter par un dernier document l'histoire de la typographie Verdunoise au XVII: siècle.
« que petit à pelit on avait diminué celte bigarrure, en faisant faire à la « main des livres de chant. »
(4) 1 est remarquable que la typographie fut, pendant tout le XVII° siècle, exercée à Verdun par la même famille : les Jacquet, successeurs de Jean Wapy étant cousins germains des Wapy, par Catherine Niclet, leur mère, et Vigneulles ayant épousé Marguerite Jacquet, fille de Jean Jacquet. (Registre de la paroisse Saint Pierre Langelet.).
— AÀA55 — Missaus Vinouxexse… D. D. Hyppoliti de Bethune. Episcopi et Comitis Virdunensis autoritate editum. Virduni, apud Franciscum Vigneulle….. M. DC. XCIX. 1 vol. in-folio divisé en trois parties. |
I partie, 24 ff. non paginés, signatures à — u, comprenant : 1° le mandement épiscopal ; 2° le tableau des fêtes mobiles et le calendrier ; 3° Rubricæ generales missalis; 4° Ritus servandi in celebratione missæ ; 3° De defectibus circa missam occurrentibus ; 6° Præparatio ad missam et modus cantandi in missa servandus. — Il: partie. Proprium de tempore, pag. de 4 à 556. — III° partie, Commune Sanctorum, impr. à deux colonnes et pag. —-LXXXIX.
Ce missel (1), quoique portant la date de 1699, n'a dù paraitre que l’année d’après : car le mandement qui en prescrit l'usage est du 15 février 1700. On lit dans cet acte de l'autorité épiscopale que la partie du missel, queæ a veleribus cathecumenorum missa dicebatur, est conforme à la tradition de l'église de Verdun, et qu'on a réformé, d’après les prescriptions du concile de Trente, ce que vulgo vocamus canonem.
A partir de 1699, on ne trouve plus le nom de François Vigneulle sur le registre des délibérations du Conseil de ville, et cette date est la dernière qui soit, à ma connaissance, inscrite sur les produits de son imprime-
(1) Ilse trouve, ainsi que le bréviaire précédemment cité; à la Bibliothèque publique de Verdun,
— A6 — rie. Etait-il mort ? Avait-il cédé son établissement ? Toujours est-il qu’en 1700, c'est un nommé Mauroy qui est imprimeur de la ville et, en 1701, c’est Michel Fanart, le premier des typographes de ce nom qui exercèrent à Verdun, pendant le XVIII siècle. .
TRès-BUMBLE REMONTRANCE au Roy, par les Gentils-hommes de Lorraine créez depuis l'an 1610. Présentée à Sa Majesté au mois de Septembre 1697. S. I. ni d., in 4. 4 ff. pag. de 1 à 7. |
Cette remontrance est en vers. Il en existe deux éditions. L'une, sans adresse, et que je crois la première, a 172 vers : c’est celle qui vient d'être décrite. La seconde, mieux imprimée, en a 176 ; on y lit à la fin: À Pont-à- Mousson chez F. Maret Imprimeur de l'Université. Toutes deux sont sans titre et signées des initiales P. D. R.
Un arrèt du Conseil, daté de Versailles le 9 mars 1694, et rendu sur la requête de u maitre Jean Fumée, chargé “ par Sa Majesté du recouvrement des droits de Franes- “ fiefs et Francs-Alleux n donne l'explication de cette remontrance.
Louis XIV avait rendu, le 4 mars 1671, une ordonnance qui déclarait sujets aux logements des gens de guerre, aux impositions et subsides pour son service, el mettant ainsi, sous ce rapport, au rang des roturiers, Lous les anoblis depuis l'an 1611, dont le nombre était si grand,
qu'il élait presque incroyable : ce sont les termes de la requête. Get acte de l'autorité royale dut recevoir son exéeulion dans la généralité de Metz qui comprenait les duchés de Lorraine et de Bar, réunis alors aux Trois- ÆEvèchés ; mais il rencontra des obstacles. Les anoblis qu'il atteignait formèrent opposition à l'exécution des rôles de recouvrement. Ils invoquaient d’abord leurs lettres d'anoblissement, ct le silence de l'ordonnance Royale qui ne les déclarait pas formellement roturiers. Ils se fondaient aussi sur ce que, depuis plus de vingt ans qu'elle était rendue, on avait reconnu au moins tacitement leur qualité de nobles, en les laissant en paisible jouissance, au lieu d'exécuter contre eux les dispositions de la coutume de Lorraine (1) qui exclut les roturiers de la possession des fiefs et biens nobles et les oblige, sous peine de confiscation, à en faire la remise, dans l'an et jour, entre les mains de gentilshommes capables de les retenir et posséder. L’Agent du fisc répondait à cela que le roi les avait suffisamment déclarés roturiers, en les soumettant aux impositions et charges des roturiers, et que s'ils étaient encore en possession de leurs fiefs, si on n'avait pas exécuté à leur égard les dispositions de la coutume, ils n’en étaient redevables qu'à la négligence des officiers qui,par le devoir de leurs charges, auraient dü faire déclarer ces fiefs confisqués et tombés en commise.
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(1) Titre V. Article 2°
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L'arrèt du Conseil du 9 mars 1694, donna raison à maitre Jean Fumée et ordonna que tous les particuliers anoblis par les ducs de Lorraine, depuis 1611, et déclarés sujets aux impositions ordinaires par l'ordonnance du # mars 1671, seraient tenus, nonobstant leurs lettres d’anoblissement, de payer les droits de francs-fiefs, fiefs et biens nobles qu'ils possédaient, et à cet effet d'en fournir leurs déclarations, sous peine de commise et sera, est il ajouté » le présent arrêt exécuté, nonobstant opposition » ou empéchement quelconque, desquels, si aucuns inter- “ viennent, S. M. se réserve la connoiïssance et icelle in- » tcrdite aux cours et autres juges.n
C'était parler en maitre.
Le 27 mai suivant, l'intendant général de justice, police et finances en Lorraine et Evêché de Toul déclara cet arrêt du conseil exécutoire dans toute l'étendue de son département.
Les poursuites furent donc reprises, et de manière à montrer à nos gentilshommes que les arrêts du conseil d'état de Louis XIV n'étaient pas simplement comminatoires n Scais tu » dit-il au Roi, le poète interprètede leurs doléances : |
.. Qu’à un faux prétexte un commis inhumain
Environné d’archers, les armes à la main,
Nous enlève nos biens, nous trouble, nous opprime;
Qu'il nous poursuit par corps, comme on fait pour un [crime]
Et que nous menaçant de fers et de liens
Il arrache une taxe au-dessus de nos biens ?
Le bruit pressant qui court d’une paix générale {rite d’autant plus cette fureur brutale.
Il craint, si tu conclus avec un souverain, Que son butin n'échappe et tombe de sa main.
Il poursuit, il s’empresse à hâter nos misères, Nous réduit à blämer les vertus de nos pères, A déplorer un titre aatrefois mérité,
A nous plaindre aujourd’hai d’en avoir hérité. Car enfin que nous sert une source si pure Lorsqu'un cruel commis nous remet en roture
Est ce estre criminels qu’estre nez gentilshommes ? Pourquoi donc nous taxer à ces honteuses sommes ?
Îls étaient nombreux en Lorraine ces nobles de fraiche date qui trouvaient si dur et si humiliant de contribuer aux charges de l'Etat, et là, bien plus encore qu'en France, le nombre en était incroyable. La majeure partie était de la création de Charles IV qui remboursait en lettres de noblesse, la plupart de ceux qui lui avaient prêté pour subvenir à ses besoins non moins impérieux qu'incessants, et payait en pareille monnaic les mémoires des marchands et artisans ses fournisseurs, les gages accumulés de ses barbiers, valets de chambre et autres gens de sa domesticité. Aussi leurs compatriotes et contemporains restés dans la roture, durent:ils se laisser aller à plus d'un mouvement de gaité railleuse, en lisant ces vers où Île poëte fait dire à nos gentilshommes :
Les Monarques lorrains, nos maîtres autrefois
Ont soustrait nos ayeux au destin des bourseois,
Et répandant sur eux un rayon de leur gloire
Ont tiré de l'oubli leurs noms et leur mémoire. Juges du vray mérite et du parfait honneur,
ls ont connu le prix de leur haute valeur,
Ils les ont élevez au rang de la noblesse.
Nous nous y soutenons sans honte et sans bassesse ; Ouy, nous sommes jaloux de l'honneur de leur sang, Et pour nous maintenir dans cet illustre rang
Les uas ont embrassé le parti de tes armes.
Remarquons en passant que les armes de Louis XIV avaient expulsé, et les actes de son gouvernement dépossédé de leurs états héréditaires les descendants de ces monarques lorrains, qui avaient soustrait au destin des bourgeois les ayeux de nos geritilshommes.
Ont marché sans pâlir au milieu des alarmes, Ont esté les témoins de tes faits inouys
Ont combattu, vaincu sous les yeux de Louis.
Les autres, élevez dans le sein des sciences, Méditant jour et nuit tes sages ordonnances, La balance à la main, au temple de Thémis, Ont rendu la justice à des peuples soumis.
C'est en 1697 que fut présentée à Louis XIV, le maître d'alors, la très-humble remontrance dont je viens de reproduire les traits les plus saillants. L'année suivante le descendant des maitres autrefois, rétabli dans sa. souveraineté par le traité de Ryswick, faisait son entrée à
Nancy (1), aux acclamations du peuple lorrain dont les longues infortunes de la maison ducale, suivies de trente ans d’exil, n'avaient pas ébranlé la fidélité (2). Il était entouré d’un cortége nombreux de nobles de toutes dates, parmi lesquels il est à croire que les moins empressés n'étaient pas les gentilshommes remontrants. Car alors comme de nos jours..….; d’ailleurs Louis XIV n'avait pas tenu compte de leurs dolcances rimées. |
- La Très-humble remontrance au Roy est, comme on voit, un livret assez curieux, et, quoique imprimée deux fois, elle a le mérite de la rareté. Üne note de M. le comte Emmery, en marge de l'exemplaire qu'il possédait, lui donne pour auteur M. Pillement de Russange qui, dans les dernières années du XVII: siècle, était doyen de la faculté de droit à l'université de Pont-à-Mousson, et fut depuis avocat-général à la Cour souveraine de Lorraine. Les initiales P. D. R. se rapportent parfaitement à ce nom; mais ce qu'on lit dans la Bibliothèque Lorraine, au mot
(4) Le 17 août poar la première fois Il était arrivé à Lunéville le 10 mai précédent.
(2) « A la première nouvelle de son arrivée, la noblesse se fit un de- » voir d’aller à sa rencontre ; les bourgeois des villes se réunirent et for- » mèrent une espèce d’armée pour lui servir d’escorte... Les habitants » des villages et des campagnes, abandonnant leurs travaux, accouraient * en foule sur son passage et, dans l'ivresse de leur joie, leurs yeux sem- » blaïent apercevoir dans son retour la renaissance de la félicité publique. » — Histoire de Léopold 1** duc de Lorraine et de Bar... par le comte de Foucault. (Bruxelles 1791, in-8, p. 46.)
Pillement, rend l'attribution plus probable encore. u Pille- » ment de Russange, n dit Dom Calmet, avec une naïveté qui n'est peut-être pas sans malice, u prononça dans la “ salle publique de droit à Pont-à-Mousson, pendant que n la Lorraine était à la France, le panégyrique de Louis “ XIV ; et depuis le rétablissement du duc Léopold dans “ ses états, il y prononça celui de Charles V duc de Lor- “ raine. On a de lui : Harangues prononcées à la Cour de n Lorraine, à l’occasion du rétablissement de son Altesse “ Royale dans ses états. Paris, Jean Musier 1700, nin12 ().n
En écrivant la Très-humble remontrance, Pillement ne prétait pas officieusement sa plume aux gentilshommes de Lorraine ; il a dû se compter parmi eux, car son père avait été anobli en 1666 par le duc Charles IV.
Le retour de Léopold dans ses états fut célébré dans un opuscule intitulé PLanTe de l'Allemagne (en vers latins) sur le départ de S À Léopold duc de Lorraine, avec la réponse (en vers français) de la Lorraine à l'Allemagne, par un Père de la Compagnie de Jesus. Pont-à-Mousson.
(1) Les trois premières harangues ont été prononcées, le 21 janvier 1698, au comte de Carlinford, chef du Conseil de Léopold, Régent et gouverneur de ses états, à l’abbé Le Bègue ct au président Canon, ses ministres et secrélaires d'Etat ; la quatrième, le 40 mai suivant, au duc lui-même à son arrivée à Lunéville.
Fr Maret, 1698, in-4° de 14 pp. Le nom de l'auteur n'y est indiqué que par les initiales L. L. Jesuite qui se rapportent assez bien au père Louis Laguille, dont on a une Histoire d'Alsace, publiée en 1727, et qui peut-être était, à la fin du dix-septième siècle, professeur à l’université de Pont-à-Mousson. Papillon, dans la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, et M. Ch. Weiss, dans la Biographie universelle, citent parmi les ouvrages de ce Jésuite, né à Autun, un recueil de vers latins et français sur l’arrivée du duc Léopold dans ses états. Pont-à-Mousson, 1699, in-4°. Il est à croire que c’est une réimpression de l’opuscule dont je viens de donner le titre.
ReLaTion de ce qui s’est passé à l'entrée de leurs Altesses Royales dans leur ville capitale de Nancy, le 10 Novembre 1698 (1).
Cette relation en 4 pages in-folio est fort mal imprimée. Îl en existe une seconde édition dont l'impression ne mérite pas le même reproche. Celle-ci a 8 pp. in-4° sans titre. Elles ne portent l'une et l’autre ni date ni indication de lieu; mais il y a une grande probabilité
(1) L'Iconographie lorraine peut profiter de deux indications que donne cet imprimé. Dans la première, il s’agit de deux ares de triomphe élevés, l’an entre les deux villes, l’autre à la ville vieille, au bout de la Carrière. On en verra dans peu, dit la relation,une description exacte et peut être la planche. La seconde est relative à un grand feu d'artifice qui eut lieu entre les deux villes sur une grande esplanade, derrière le jardin de la Cour. « Mais comme on en a fait graver une planche avec toute l'exactitude que méritent la grandeur et la beauté d’un ouvrage si rare » le lecteur est renvoyé aux planches qui paraitront dans peu de jours.
qu’elles sont, comme la pièce suivante, sorties des presses nancéiennes. | |
Descriprion du feu d'artifice (1) représenté à Nancy (1698) au sujet du mariage de Son Altesse Sérenissime avec Madame Elisabeth d'Orléans, # pp. in-fol., mal imprimées.
3° Descriprion de la mascarade si s'est faite à Nancy, le 5 Mars 1699, jour de Mardy Gras. À Nancy par Nicolas, René les Charlot et Pierre Deschamps imprimeurs jurez de Son Altesse Royale et de Nosseigneurs de la Cour Souveraine.. 1699. #4 pp. in-folio, sans titre.
L'Ordre des dates appelle avant ces pièces deux autres opuscules que j'ai sous les yeux et qui sont en vers latins.
Pro sponsaLiBus Serenissimi Principis Leopoldi Lotharingiæ et Barri Ducis cum Serenissima Principissa Elizabetha Aurelianensi et pro ejusdem Serenissimi Ducis in Lotharingiam adventu toti provinciæ gratulatur P. Nicolaus de Gournay e Societate Jesu. 2 ff. in-folio, que terterminent ces mots: Mussiponti, Postridie Kalendas Aprilis Anno Salutis 1698.
AD EXCELLENTISSIMUM ViRUM dominum Franciscum de Carlinford (2). Comitem de Taff Sacri imperii Marescallum Loricatorum equitum præfectum Lotharingiæ Gvber-
(4) C’estle feu d'artifice dont il est question dans la note qui précède.
(2) M. de Carlinford avait précédé Léopold en Lorraine pour y exercer, en qualité de chef de ses Conseils et de régent de ses états, les premiers actes de l'autorité souvcraiue.
| — A65 — natorem &c. P. Nicolai de Gournay societatis Jesu epistola Cum ad eundem mitteret Serenissimi Principis Leopoldi, Lotharingiæ, & Barris Ducis, necnon Serenissimæ Principissæ Elizabethæ Aurelianensis Elogium. Carmen Phaleucium. 2 ff., in-fol. A la fin : Mussiponti tertio idus Aprilis Anno Salutis 1698.
Le Père Nicolas de Gournay était de l'illustre famille des Gournay de Metz, dont plusieurs membres ont été à diverses époques haut-placés en Lorraine. On a de lui d’autres vers de circonstance, imprimés vers la même … époque en feuilles volantes ; mais e'est assez de ceux que je viens de citer et dont je ne veux pas oublier de dire que l'impression, faite à Pont-à-Mousson, est d’une beauté remarquable.
. Oraison FwNeBre de tres-havte, tres-pvissante tresexcellente Princesse. Marie Eleonore d'Autriche, Reine de Pologne et Duchesse de Lorraine. Prononcée dans le Convent des R. R. P. P. Carmes Anciens du Pont-à- Mousson, le 17 juillet 1698. Par le R. P. Théodose de la Mère de Dieu, Religieux audit Convent. À Pont-à- Mousson, Par François Maret, Imprimeur Juré de l'Universilé. S. d., in-4° de 13 ff., pag. de 1 à 18 (pour 26) outre le titre.
: OrAIsoN FuNERRE de tres-haute, tres-puissante et tresvertueuse princesse Eleonore Marie Joseph Reine de Pologne, archiduchesse d'Autriche, Duchesse de Lorraine, &c. À Toul, Par Alexis Laurent Imprimeur de ” Monseigneur l' Evéque de Toul. M. DC. XCVIH, pet. in-8
LS
— À6G6 — de 32 ff., y compris le titre et 1 f. blanc à la fin, paginés 5 à 62.
La dédicace au Comte de Carlinford est signée de l’auteur, Mathieu Fontaine, Curé de Vignot, dont on a plusieurs ouvrages mentionnés par Dom Calmet dans la Bibliothèque Lorraine et, entre autres manuscrits inédits, un in-4° de 680 pp. intitulé : Dictionnaire de mots choisis enchassez dans diverses reflexions morales et politiques, et dédié au prince Léopold-Clément de RE fils ainé du duc Léopold.
Marie Eléonore d'Autriche, veuve de Michel Wiesnowiski, roi de Pologne, puis de Charles V dont la souveraineté en Lorraine ne fut jamais que nominale, n'avait pas eu la consolation de voir le sceptre ducal entre les mains de son fils. La mort l'avait enlevée le 17 décembre 1697, lorsqu'elle se préparait à conduire sa Ale en
Lorraine. ; = Je n'ai connaissance d'aucune oraison funèbre Fe Charles V, imprimée en Lorraine antérieurement à l’année 1700 où, sa dépouille mortelle ayant été transférée d'Inspruck à Nancy, il lui fut fait une pompe funèbre dont on a la relation suivante.
RELATION de la pompe funebre faite à Nancy le dixneuf Avril mil sept cent. Aux obseques de Tres-Haut, Tres Puissant & Tres Excellent Prince Charles V du nom, Duc de Lorraine & de Bar... À Nancy, chez Nicolas, René les Charlots, & Pierre Deschamps... 1700. Pet. in 8 de 124 pp. titre compris et 1 feuillet additionnel, non paginé. |
Ce livre, dont la dédicace au Duc Léopold est signée Willemia de Heldenfeld, fait mention de trois oraisons funèbres prononcées les 20, 23 et 24 avril 1700. La première est de P. d'Aubanton, Recteur du collège des jésuites de Strasbourg. Je crois être certain qu’elle a été imprimée la même année ; mais faute de pouvoir la citer de visu et Dom Calmet l'ayant oubliée dans sa Biblio- thèque lorraine, je n’en parle que pour mémoire.
Panecyrique du grand Charles V Duc de Lorraine et de Bar et genéralissime des troupes impériales. Présenté à Son Altesse Royale le 20 Avril 1700. À Nancy, chez René Charlot & Pierre Re S. d., pet. in 8 de 192 pp.
L'auteur se nomme, au bas de la dédicace, Claude Waultrin Bachelier en Théologie.
Aux relations des fêtes qui célébrèrent le retour de Léopold et son mariage, aux vers qui exprimaient la joie du peuple lorrain, succédèrent bientôt des édits de ce prince, publiés,en cahiers pet. in-4° dans sa capitale, par Nicolas et René les Charlot et Pierre Deschamps leur associé qui furent ses imprimeurs ordinaires. De ces premiers actes d'un gouvernement réparateur (1), datés de 1698 et 1699 (2), je ne citerai qu'un seul édit : c'est
(4) V. Histoire de Léopold 1°, par le Comte de Foucault et Mémoires.
(2) Les plus importants ont pour objet la réorganisation de la justice civile et criminelle (51 août 1698) ; la répression des duels (mai 1699),
=. 408 = celui qui restaure l'université de Pont-à-Mousson, une des gloires de l'ancienne Lorraine, sous les règnes de Charles III et de Henry II.
Enir de son Altesse Royale portant Règlement pour les Etudes & Promotions aux Dégrez publics en son Université de Pont-à-Mousson. Ensemble Confirmation de tous les Privilèges de ladite Université. Donné à Naney le 6 janvier 1699. Vérifié à la Cour Souveraine de Lorraine et Barrois le 8 du même mois. À Pont-à-Mousson Chez Fr. Maret Imprimeur de S. À. R. & de l'Univ. S. d. In-4 de 20 pp. titre compris. |
Le préambule de eet édit (1) est remarquable : c’est tout ce que j'en reproduirai.
u Léopold, etc. Le relachement que le désordre des “ guerres passées a fait naître dans la discipline de notre “ université de Pont-à-Mousson, l'ayant fait décheoir de # la réputation qu'elle s’étoit acquise chez les étrangers “ qui y accouroient de toutes parts, pour y acquérir la # connaissance des lettres divines et humaines. Nous # avons cru qu'il étoit digne de nos soins de tâcher de
du vagabondage et de la mendicité; le repeuplement du pays, par la concession de divers priviléges en faveur des étrangers qui s’établiront dans le bailliage d'Allemagne « où il se trouve grand nombre de lieux »* abandonnés et la plus grande partie des héritages en friche et sans » culture.» (10 octobre 1698, etc., etc.)
(1) Le complément de cet édit est dans une ordonnawre du 18 février 1702, portant règlement pour l’ordre et discipline de l’université de Pont-à-Muusson.
— AÀ69 —
“ la remettre dans son ancienne splendeur, en rétablis- “ sant la pureté de ses exercices suivant ses anciens sta- » tuts, réglant la forme des études de chaque faculté, “ fixant le nombre et les devoirs des professeurs et la “ coriduite des étudishts et ouvrant la porte des dignités “ ecclésiastiques et séculières à ceux qui y auront acquis n les degrés nécessaires. Ce qui nous fait espérer, non- “ seulement de la voir reflearir cornme auparavant, par “ sa renommée dans toute l’Europé, mais encore qu’elle “ donnera à l'église et à l’état des sujets dignes des em- “ plois les plus importans. À ces causes. etc... n
Le Vœu de Léopold s’accomplit. On vit bientôt, grâce à sa sollicitude, refleurir l'université de Pont-à-Mousson ; mais ce ne fut pas pour longtemps, et jamais elle ne put recouvrer entièrement son ancienne splendeur. | . La bibliographie de la Lorraine sous les rêgnes de Léopold et de Stanislas est encore à faire. L'entreprise est séduisante par la facilité des recherches, par l'abondance des matériaux et surtout par leur richesse, en ce qui concerne l'histoire du pays; mais la fin du xvnf siècle est le nec plus ultra de la tiche qué je me suis imposée (4).
(4) Là s'arrêtent aussi les Recherches sur les commencements et les progrès de l'imprimerie en f.orraine, que ces Nouvelles recherches com- ‘plètent et rectifient. on
TABLE CHRONOLOGIQUE des © IMPRIMEURS LORRAINS NOMMÉS DANS CET OUVRAGE,