‹ Mémoires de l'Académie de StanislasChapitre 151 sur 180 · INVENTÉ PAR M. LARVIÈRE AN À · texte numérisé non relu

INVENTÉ PAR M. LARVIÈRE AN À

er DESTINÉ A METTRE LES AVEUGLES EN RAPPORT | AVEC LES CLATRVOYANTS.

Lo L RD SIMANIN, RAPPONTINS. | 7 juillet 4854 Messœurs,

Dans le séance du 9 juin dernier, j'ai appelé votre ätten-

üon’sur une: ingénieuse machine destinée à permettre

aux aveugles decommuniquer aux cluirvoyants leurs pen: sées, sans aucun intermédisire. Dans la séance du 23 du même mois, l'inventeur, M. Lorivière aîné, a, par les mains d’un aveugle, M. Blanchet, professeur de musique à l'institution fondée à Nancy pour les aveugles des départements de l’est, et dirigée par M. l'abbé Maxé, fait fonctionner son appareil, et vous avez chargé M. le comte de Saint-Germain, M. Denys et moi de vous soumettre le résukat d'études nouvelles et de formuler des conclu-

— À18 — sions. Rapporteur de votre Commission, je vais avoir l'honneur de vous communique son travail.

Avant de parler de l'invention de M. Larivière, il est - indispensable, pour en faire apprécier la valeur, de vous exposer, brièvement, l'état de la question. |

Vous conhaissez tôus le rom du bienfisant Valentin Haüy, qui a rendu aux aveugles les services que les sourds-muets doivent à l'abbé de l'Espée et à l'abbé Sicard. Grâce à lui, dès 1786, les théories présentées, l’année précédente, à l'Institut, furent mises en pratique, et les malheureux privés de la vue furent rendus à une partie du bonheur auquel aspire l'humanité. C’est lui qui commença à rendre douce, utile et-moralé, une vie qui, chez les aveugles délaissés, leur était insupportable par son oisiveté, et qui, trop souvent, manquait de ce qui permet à l'homme de dominer toutes les situations, c'està-dire, de la moralité.

Vous savez, Messieurs, que les travaux auxquels on applique les aveuglés se subdivisent en deux grandes catégories. Dans l'une se trouvent les travaux manuels exclusivement relatifs aux arts et aux métiers ; tels sont : le tricet, le flet, la couture, les ouvrages au rouet, les diwers üissages, le brochage des livres, les ouvrages en paille, les arts du vannier, du fébricènt de brosses, du tourneur, etc. ; dans l’autre se rangent la lecture, l'impression, l'écriture, le calcul, les langues, l’histoire, la géographie, les mathématiques, la musique, etc.

. Nous ne devons appeler. voue attention -que sur la

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lecture et sur l'écriture, parce que les moyens nouveaux Offerts par M. Lerivière ne tinrent leur raison d’être que des faits qui se rapportent à ces deux exercices. Quelques considérations qui vont suivre moñtréroit le pregrès que M. Lariviére a réalisé au profit des aveugles. |

- Avent-Haüy, on cherchait à montrer aux: aveugles les caractères de l'alphabet, à l'aide de lettres offrant des figures en creux, et dans de grandes préportions. Lorsque Haüy voulut. remplacer par des moyens certains, uniformes et usuels, les résultats de tentatives isolées, mal eombinées et souvent inimitables, il fut frappé d’un fait vulgaire que tout auteur a remarqué lorsqu'on kx rap porte les épreuves que l'imprimerie envoie sous le nom de placards, c'est-à-dire, quand un seul côté d’une feuille de papier est imprimé. Cette faille présente à son revers les lettres en relief, mais dans un ordre inverie à celui de la lecture. Haüy tra parti de sa remarque et fit fondre des caractères typographiques dans le sens où leur empreinte frappe les yeux. Le papier imprimé présenta alors au verso des saillies que les aveugles purent lire en promenant légèrement sur elles un ou plusieurs deigts. Le livre in-4° qui, en 1786, rendit publies les efforts dent nous parlons fut imprimé par les aveugles avec les: caractères en reliéf, mais. dont le foulage fut effacé pour permettre l'impression des deux oôtés du feuillet, et à l'encre. Un volume in-4° relatif à l'instruetion des aveugles fut. également imprimé en rekef, en 1820, sous la direction de M. Guillié, mais ce livre porte

= 480 — un perfectionnement en ce que deux feuilles imprimées, chiacume d’un seul côté, sont adossées et forment un feuillet comme dans nos livres. Nous avons vu à l'institotion de Nency une. méthode de piano due à N. Lemeine, écrite d'après ce système, accompagnant des signes musicaux également reproduits en relief, et lue devant noës par le professeur M. Blanchet. Mais récemment lès signes de la leeture furent simptlifiés ; M. Berbier inventa des lettres modifiées, d'une manière heureuse, per M. Brælle. Ces nouveaux caractères sont formés par des points en relief dent le norsbre ne dépasse pes cinq et dont la position veriée permet de former assez de signes tangibles poar reraplacer toutes les lettres de notre alphabet, les diphthongues, les chiffres et la ponctuation. C'est ce procédé qui est aujourd'hai généralement admis, et devant nous M. Bourguignon, l'un des professeurs de l'établissement de Nancy, kit, au rebours, avec une très-grande dau une page de grammaire ouverte au hasard.

- Telle est la succession des procédés employés pour la lootere ; jetons maintenant nee sur l'écriture des aveugles.

: De mème qu'ils ne lisent que dans ou posés pour leur usege, et trop peu nombreux encore, de mème, dans l'imntense majorité des exs, ils n'écrivent que-pour les aveugles. Voici quelques détails historiques qui montrent quel est l’enchainement entre les procédés de lecture et les procédés d'écriture, et qui semblent : pouvoir nous permettre de dire que tout progrès dans

— A48i — l'un de ces exercices devra; tôt oj tard, être mn progrès dans l’autre. Mentionnons.de suite qu'on ne treuve aueun. ivise -qai fasse penser que l'on ait.poagé avant. la fe, duxvu® siècle.à faire écrire, lea aveugles. Cemt ans -plustard. on citait l'exemple de Bernpuili qui avait epptis à écrire à une jeune file aveugle, et celui de Wissembeurg qui, privé de la vue, dès l’âge de 7 ans, se proeura l'avantage de retenir ses idées par écrit. Vers la fin du sièele dernier Haüy pensait qu'il était complétement iouule de faire écrire les aveugles, s'ils ne parvenaient à.lire leur écriture, et il les faisait éerire avec notre alphabet: vulgaire, .en appuyant fortement sur du papier une. plume, en fer dont le bee n’était pas fendu. On. produisait aingi une écriture en creux, dont le rekief formé au verso de la.page permettait la lecture, au rebours toutefois. En. lisant le premier ouvrage publié en 1817 par.le docteur Guillé, directeur et'médeein de l'institution royale des jeunes aveugles de Paris, on voit es procédés d'écriture se perfectionner ; des tringles, des rainures, des indicateurs sont ajoutés aux planchettes destinées à cet exer-, cice; puis Heilman substitue à la plume le style, en usage encore aujourd'hui, et. il rend l'écriture plus lisible en plaçant au-dessus de la feuille de papier banc, une, feuille coloriée,. sur laquelle agit le poiagon, d'où id ré- suke une écriture marquée par la couleur, et laiçsant encore au verso du papier blanc des reliefs suffisants pour permettre de lire ce qui a été tracé. M. Fouçaut, membre des Qumze-Vingis, a imaginé, il ya environ 10 ans, une

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