PAR M. LE DOCTEUR MOUGEOT PÈRE
L'herbier de plantes cryptogames connu sous le nom de Stirpes cryptogamæ Vogeso-Rhenanæ, se compose aujourd'hui de 14 centuries, dont nous avons l'honneur, M. Schimper et moi, d'offrir les deux dernières à l’Académie de Stanislas. Avant de dire quelques mots de ces deux fascicules, qu'il me soit permis de rappeler ici l'origine de la publication dont ils font partie.
C'est en 1810 que le docteur Nestler et moi, ayant entretenu pendant plusieurs années une correspondance active avec les botanistes de toute l’Europe qui s'occupaient plus particuliérement des plantes cryptogames, en leur communiquant des échantillons de celles que nous recueillions dans nos herborisations, crimes que nous pourrions être de quelqu'utilité aux personnes qui
= voudraient étudier ces merveilles de la créaüon, en plaçant sous leurs yeux des exemplaires types, rigoureusement déterminés, convenablement préparés, et qui seront toujours les guides les plus sûrs dans de pareilles études. Nous nous mimes à l'œuvre d'autant plas volontiers, que c'était à cette époque Île premier herbier cryptogamique qui paraissait en France. Et, comme les régions géographiques mises à contribution étarent assez étendues, qu'elles comprenaient les départements de l'est de la France, le Grand-duché de Bade, par conséquent les chaines de montagnes des Vosges, de la Forët-Noire et du Jura, ces territoires allaient nous offrir, pendant bien des années, d'abondantes moissons.
A parür de 1810, jusqu'en 1826 où parut le 9° volume, ces centuries furent publiées par Nestler et moi. La mort m'ayant enlevé mon collaborateur le 20 octobre 1852, je publiai seul, mais aidé de plusieurs amis, le 10° fascicule en 18553, et le 11° en 1840 ; puis je m'associai en 1843 au célébre bryologiste le docteur Schimper, et alors parut la 12° centurie. À l'aide d’un collaborateur aussi versé dans la connaissance des mousses, cette 12° centurie offrit des espèces qui nous avaient échappé jusqu'alors, et il en fut de même pour la 13°, terminée en 1850, et la 14°, en 1854. C'est de ces deux dernières que je veux entretenir l'Académie, et je le ferai le plus succinctement possible.
Les 13° et 14° centuries renferment, commeles précédentes, des prèles, des fougères, des mousses, des hépa-