VII. À QUELS CARACTÈRES ON RECONNAÎTRAIT LA LANGUÈ PRIMITIVE
Que serait-ce en effet que la langue adamique? L parole divine, la première révélation, la forme spontanée et nécessaire de la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Cette parole ayant pour triple base : Dieu, l'homme et le monde, la raison suprême, le sentiment et la vie, ne peut être détruite ou changée tant que la nature divine et la nature humaine demeurent invariables. Comme œuvre de Dieu la langue adamique est à la fois parfaite, immuable, progressive et surtout d’une prodigieuse simplicité. Si elle n’a pu ni périr, ni changer, elle existe tout entière ; la diversité apparente ne peut être pour elle qu’un voile ; au fond, elle est la substance et la vie nécessaire de tous les idiomes, la lumière latente au sein de froides ténèbres. C'est ainsi qu'existait la pa-— role cachée, avant le premier jour. Une étincelle divine fit jaillir les splendeurs de la création, à l'instant le chaos disparut, et la chaine immense des êtres déroula dans le temps et l'espace ses anneaux infinis. |
La langue primitive apparaitrait ainsi comme un point lumineux ; quelques dizaines de mots, quelques formes
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simples, autour desquelles lafoule innombrable des langues devenues instantanément intelligibles pour tous, et pour toujours, viendraient se grouper dans un ordre admirable.
Et les savants constateraient avec étonnement que les langues les plus antiques et les plus récentes, les langues mortes et les langues qui naissent de nos jours portent l'empreinte du type nécessaire, et sont soumises dans leur formation à des lois immuables. Ils posséderaient la plus éclatante démonstration de ce grand principe reconnu et proclamé par les plus illustres sages de l’antiquité et de nos jours par Schelling, Linnée, Goëthe et le grand Cuvier.
« Une même loi règne à la fois dans le monde intellectuel et dans le monde physique ; c’est celle du développement progressif de l'esprit et de la matière, c’est celle de la multiplicité provenant de l'unité. .
» Ce qui paraissait exception, c’est la règle même ; ce qui semblait désordre, c’est un ordre plus savant ; partout la simplicité de la cause triomphe dans la complication infinie des effets (1). » (R. Collard.)
(4) Aussi la grande question de l’origine du langage n’a-t-lle pas encore reçu sa démonstration scientifique.
Dans l’antiquité, Platon déclare la-parole d'inspiration divine ; Diodore, Vitruve, Horace, Eucrèce, Cicéron la croient d’institu= tion humaine, Lord Monboddo et Adam Smith partagent cette dernière opinion. Jean-Jacques Rousseau cherche au contraire à établir la révélation de la parole.
M, de Mérian et Klaproth admettent l'existence de la langue