‹ Mémoires de l'Académie de StanislasChapitre 48 sur 180 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Il me semble donc clairement démontré que la religion, le goût artistique et l'habitude, qui est aussi une puissance, empêcheront les peuples d'adopter à la fois un alphabet qui ne répondrait à rien, et qui serait la création arbitraire d’un savant ou d’une Académie. Un alphabet universel ne me parait possible qu’au temps où l'unité politique et religieuse sera établie dans le monde. Mais comme cette époque est peut-être encore loin de nous, il faut bien en prendre son parti, imiter la conduite de Mahomet, à l'égard de la montagne : puisque les peuples ne veulent pas renoncer à leurs alphabets nationaux pour adopter celui qu'il nous serait commode de leur imposer, c’est à nous de trouver un fil d'Ariane qui nous conduise dans cet effrayant labyrinthe de caractères innombrables représentant les sons de deux mille langues et de cinq mille dialectes.

N'y a-1-il pas un moyen de déterminer l'origine de chaque lettre, l’objet et l’idée qu'elle représente, d'expliquer toutes les transformations graphiques, et d'apprendre et de retenir ainsi, assez facilement, l'alphabet le plus compliqué ? |

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