EN CHARGE DES INTERETS ALLEMAND
renient, celle des commandants de corps fut si vive que M. de Jagow dut renoncer à son projet. Je suis certain que, si le prince Max avait été placé à la tête d'un département de ce genre, l'Allemagne ne se trouverait pas sous le coup de l'accusation odieuse qui pèse sur elle, celle de maltraiter les prisonniers, et les deux millions de prisonniers de guerre en ce moment sur le territoire allemand ne retourneraient pas chez eux, comme ils sont appelés à le faire, une haine mortelle au cœur. Le prince Max se montra extrêmement utile à la mission américaine chargée de s'occuper des prisonniers allemands en Russie, mission que j'avais organisée et dont je parlerai dans le chapitre consacré aux œuvres de guerre. Toutes les réclamations adressées par le gouvernement impérial, au sujet du traitement appliqué ou delà situation faite aux prisonniers allemands dans les pays ennemis, m'étaient d'abord remises. Ces réclamations étaient ensuite transmises par notre ambassade aux ambassadeurs américains chargés des intérêts allemands dans les pays ennemis. Tout ceci donnait lieu à une correspondance considérable, augmentait ainsi le travail d'un personnel déjà fort occupé. Je recevais journellement des visites d'Allemands qui voulaient être renseignés sur le sort de leurs amis laits prisonniers ou qui venaient m'interroger sur certaines questions d'ordre commercial, etc. Tous ces gens-là se montraient reconnaissants de ce que nous arrivions à faire pour leur donner satisfaction, mais leur gratitude n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan de haine, qui s'élevait contre l'Amérique, alimenté par les milieux officiels.