‹ Mémoires de la cour d'Espagne de 1679 a 1681;Chapitre 1 sur 77 · I. Archives des Affaires étrangères. Espagne, t. 64, f · texte numérisé non relu

I. Archives des Affaires étrangères. Espagne, t. 64, f

ij Introduction.

Villars répondit, le 2 décembre suivant :

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 1 2 novembre : je m'applique à faire une relation exacte de l'état de cette cour, du gouvernement présent, un détail de chaque conseil et des personnes les plus considérables par leurs qualités ou leur emploi '.

Telle fut l'origine du travail que nous publions. Il ne fut jamais remis au destinataire. Quelques jours après l'avoir demandé, Pomponne quittait brusquement le ministère. On se rappelle la touchante lettre par laquelle Mme de Sévigné raconte à sa fille cette disgrâce subite, qui frappait ses meilleurs amis : on n'a pas oublié les termes émus qui, pendant plusieurs mois, reviennent sous sa plume en songeant à ce modeste et consciencieux fonctionnaire, réduit « à ne plus être que le plus honnête homme du mionde » avec huit enfants et trente mille livres de rente de dettes contractées au service de l'État : elle décrit sa résignation , sa dignité dans le malheur, l'affliction des siens, les soins délicats de la charmante Mme de Vins, que la spirituelle mais bonne marquise se reprochait d'avoir surnommée un «joli fagot d'épines» dans les jours de bonheur et d'enjouement ; elle regrette l'absence de Mme de Villars, dont l'affection eût secondé la sienne auprès d'amis malheureu.x : Mme de Villars était à Madrid, auprès

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