‹ Mémoires de la cour d'Espagne de 1679 a 1681;Chapitre 13 sur 77 · I. ci-dessous, p · texte numérisé non relu

I. ci-dessous, p

Introduction. lix

aura quitté sa cour, où il ne trouvera plus sa personne redoutée entre lui et la femme qu'il aime, sans savoir s'en faire aimer. Médina Celi entre adroitement dans ses vues, fait agir à Versailles, y dénonce les « intrigues » de l'ambassadrice, cherche à indisposer Louis XIV contre elle. Le Roi sait à quoi s'en tenir sur ces prétendus griefs; il est satisfait de Villars, il trouve avec raison qu'il accomplit bien ses instructions, qu'il observe les faits avec vigilance, sait dénouer avec tact les conflits naissants, dépense son bien sans y regarder, entretient une correspondance intéressante et nourrie; mais le Roi veut plaire à Charles II : le satisfaire, attirer sa confiance, est une des obligations de sa politique : Villars sera rappelé : une fois de plus le ménage sera sacrifié aux nécessités supérieures de la politique générale.

ï Le marquis de la Fuente, ambassadeur d'Espagne à Versailles, écrit Louis XIV à Villars le 2 mars 1 68 1 ',

I. Archives des Affaires étrangères, Espagne, 67, f" 31. Comme confirmation des sentiments vrais du Roi, il paraît

intéressant de citer le passage suivant des instructions données par Croissy le 23 septembre 1 681, au comte de la Vauguyon, nommé pour remplacer Villars :

« Quoique le Roy soit satisfait des soins que le marquis de Villars a apportés à l'exécution des ordres de Sa Majesté dans l'ambassade d'Espagne et de toute la conduite qu'il y a tenue, néanmoins comme le Roy Catholique s'est plaint par son ambassadeur à Sa Majesté que la dame de Villars était entrée dans des intrigues qui pouvaient causer du troiible et du désordre dans la maison royale d'Espagne, Sa Majesté a bien voulu, sans approfondir le véritable fondement de ces plaintes, accorder sur ce sujet aux prières dudit Roy Catholique toute la satisfaction qu'il a demandée et pour lui

Ix Introduction,

est venu demander votre rappel... comme la plus sensible marque que le Roi Catholique puisse espérer de mon amitié. Il m'a représenté ensuite que vous et votre temme êtes entrés dans des intrigues que votre caractère doit d autant moins autoriser qu'elles ne peuvent être d aucune utilité à mon service et ne tendent qu'à troubler le repos de la maison royale d'Espagne II est inutile de vous mformer de tout le cfétail des plaintes... et des partis que j'ai offerts... il suffit de dire que je n'ai pas cru, pour beaucoup de considérations^ importantes à mon service, quelque satisfaction qtiej aie de ceux que vous m'avez rendus dans cet emploi, devoir refuser au roi d'Espagne cette marque de complaisance. » ^

Villars reçut ce message avec sa résignation et^sa dignité ordinaires; il répondit au Roi qu il allait exécuter ses ordres et termina en disant : « Je ne prends pas, Sire, la liberté « de justifier ma conduite, ayant eu l'hon- « neur d'en rendre compte à Votre Majesté « par tous les ordinaires'. » il avait d'autant moins à se justifier qu'il n'avait agi que d'après les instructions formelles et réitérées du Roi, qui lui enjoignait de pénétrer dans l'intimité de la Reine, de a l'assister de ses con- «seils^ », de faire servir l'ambassadrice à cette mission de confiance; « et comme la « marquise de Villars a permission de voir la

témoigner le^ sincère désir qu'Elle a de maintenir toutes les haisons d amitie et de bonne intelligence qui doivent toujours être entre Sa Majesté et ledit Roy Catholique, Elle a résolu de rappeler ledit sieur marquis de Villars... » a E Esn suppl. 67, f'M37. .'^.^sp.,

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