‹ Mémoires de la cour d'Espagne de 1679 a 1681;Chapitre 26 sur 77 · Voir les Notes · texte numérisé non relu

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3. D" Elvira Ponce de Léon, née le 2 février, 1601, fille de D. Luis Ponce de Léon, sixième marquis de Zaliara, mariée en 167^ à D. Fabrique de Toledo, premier marquis de Villanueva de Valdueza; elle mourut le 30 septembre

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CONSEIL d'état'.

Le Roi est président de ce conseil, où le nombre des conseillers n'est point réglé. On les doit choisir parmi les personnes de la première qualité et qui ont passé par les plus grands emplois. Ils prêtent le serment entre les mains de leur doyen et leur séance est selon qu'ils entrent, sans égard à l'ancienneté, mais le doyen a toujours la clochette. Les conseillers et les secrétaires d'État sont sur des bancs à dos, avec chacun un carreau, les premiers aux deux côtés de la table, et les autres aux deux bouts. Si le Roi y assistoit, on lui mettroit une table séparée au haut bout de celle des conseillers, lesquels n'auroient alors que des escabelles, et les secrétaires d'État seroient debout. Le Conseil

I . Les renseignements donnés ici par Villars sur les conseils d'Espagne sont tirés du livre de D. Alonso Nutiez de Castro, historiographe du Roi, intitulé Libro historico politico. Solo Madrid es carte, dont nous connaissons quatre éditions de 1658, 1669, 1675 et 1698, in-4°. Sur l'histoire et l'organisation de ces conseils sous les rois autrichiens, il convient de consulter aussi le Teatro de L2S grandezas de la villa de Madrid âtGW Gonzalez DdiwWdL (Madrid, 1623); le tome IV du Tedîro universal de Espana, par Francisco Xavier de Garma y Duran (Barcelone, 175 1), et le très estimable livre de M. J. Gounon-Loubens, Essai sur l'administration de la Castilk au seizième siècle, Paris, 1860, in-8°. — Ce que Villars dit des conseillers lui appartient en propre.

s'assemble toujours le mardi et le jeudi aprèsmidi et le samedi, matin et soir. Tout conseiller d'État est du Conseil de guerre et y entre quand il veut, et, quand il y a plein Conseil de guerre, les conseillers d'État y sont toujours appelés. Ce Conseil consulte au Roi les ambassades, les vice-royautés, les gouvernements de Flandre et de Milan; les provisions néanmoins s'expédient par les secrétaires des conseils de chaque État.

Toutes les grandes affaires du gouvernement passent par le Conseil d'État, qui a le droit de donner son avis au Roi sur quelque matière que ce soit, quand même la connoissance en appartiendroit à quelque autre tribunal.

Les conseillers sont présentement :

Le duc de Médina Celi, qui n'entre plus au Conseil depuis qu'il est premier ministre.

Le connétable de Castille, qui en est doyen.

L'amirante de Castille, dont il a déjà été parlé, en est pareillement.

Le duc d'Albe, âgé de soixante-huit ans, n'a jamais eu d'emploi dedans ni dehors le royaume, génie médiocre, mais un peu malin, sans expérience des grandes affaires et sans application, grand seigneur incommodé dans ses biens, quoiqu'il jouisse de beaucoup de bienfaits de la cour'.

Le marquis d'Astorga, âgé de soixante-dix ans. Il a été ambassadeur à Rome et vice-roi

I . D. Antonio Alvarez de Toledo, septième duc d'Albe, conseiller d'État en 1674, chevalier de la Toison d'or en 167$, président du Conseil d'Italie en juin 1677, mort le II juin 1690.

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de Naples, homme d'une capacité ordinaire, abîmé dans la paresse et dans des plaisirs de débauche qui ont ruiné sa santé; il est peu accommodé, nonobstant tout l'argent qu'il avoit rapporté de Naples.

Don Pedro d'Aragon, âgé de près de quatrevingts ans, autrefois général de la cavalerie sous le nom de marquis de Povar, fut pris voulant secourir Perpignan et demeura quelque-s années prisonnier à Montpellier. Il étoit gentilhomme de la chambre du prince Balthazar, après la mort duquel, le roi Philippe IV étant mal content de lui, il demeura éloigné de la cour jusqu'à ce que le Roi étant mort, il fut envoyé ambassadeur à Rome, d'où il passa à la vice-royauté de Naples et rapporta de ce dernier emploi de grandes richesses qu'il a mieux conservées que ne font d'ordinaire les Espagnols. Il a de l'esprit et de la capacité, mais il est un peu baissé par son âge et sa méchante santé.

Le prince d'Astillano, duc de Médina de Las Torres ', âgé de quarante-cinq ans, a passé toute sa vie à Madrid sans autre occupation qu'une extrême paresse , presque toujours partagé entre manger et dormir, sans trouver que rarement le temps d'aller au Conseil ni de recevoir ou rendre des visites; il a néanmoins de l'esprit et pourroit avoir de la capacité, sans une conduite déréglée qui d'ailleurs le rend pauvre dans de très grands biens.

I . Sur le prince d'Astillano (Stigliano) et les membres du Conseil d'État qui suivent, voir les Notes.

Le comte de Chinchon, autrefois appelé le marquis de Bayona, a commandé longtemps les galères d'Espagne. Il est bon homme, pauvre d'esprit et de biens, âgé de plus de soixante ans.

Don Louis cardinal Porto Carrero, archevêque de Tolède, âgé d'environ cinquantecinq ans, homme de bonnes intentions, de bon commerce, de médiocre capacité et grand seigneur par ses bénéfices.

Le duc d'Ossone, âgé de cinquante ans, autrefois condamné, pour quelque violence qu'il avoit faite, à servir volontaire en Extramadoure où il fut ensuite général de la cavalerie, passa à la vice-royauté de Catalogne, au gouvernement de Milan et à la charge de président des Ordres, d'où l'on le tira pour ses concussions et on le fit grand écuyer de la Reine. Il s'est mal gouverné dans tous ses emplois, capricieux, entêté, et vain jusqu'à la folie. Sa méchante conduite durant le voyage de la Reine a obligé à lui interdire la fonction de sa charge et l'entrée du Conseil pour quelques mois, après lesquels le Roi l'a rétabli, à la prière de la Reine.

Don Vincent de Gonzaga, des princes de Guastalla, âgé de soixante-seize ans, a été élevé menin à la cour d'Espagne, a servi depuis dans le Milanez, a été vice-roi de Catalogne et ensuite de Sicile, d'où il fut appelé par don Juan d'Autriche pour entrer dans le Conseil d'État. Il a de l'esprit, du talent pour les affaires, de l'application et de l'expérience, de bonnes intentions et des

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manières agréables, homme de bien, pauvre et point marié.

Le marquis de Liche, âgé de quarantecinq ans, présentement ambassadeur à Rome, a de la finesse et de l'étendue dans l'esprit, de la hardiesse, mais il est bizarre et dangereux. Il y a dix-huit ans qu'il fut condamné à servir volontaire en Extramadoure où, ayant été fait prisonnier de guerre et mené à Lisbonne, il négocia la paix avec le Portugal. Il est grand seigneur, riche, dépensier et avare.

Le marquis de Los Balbases, Génois, âgé de cinquante-cinq ans, très riche et très économe, a été gouverneur de Milan par intérim, a passé par les ambassades de Vienne, de Nimègue et de France ; il a fait dans cette dernière le mariage du Roi son maître. Il a paru à Madrid avec moins de réputation que dans les pays étrangers où l'on prétend que son mérite consistoit en un habile secrétaire dont il suivoit les conseils.

Le prince de Ligne mourut à Madrid à la fin de l'année 1679. ^^ marquis de Cerralvo mourut à peu près dans le même temps. Tous deux du Conseil d'État, tous deux gens de bien, de bonnes intentions, de capacité médiocre pour les affaires, mais qui avoient servi fort bien à la guerre.

Au mois d'avril 1680, on nomma conseillers d'État :

Don Diego Sarmiento, inquisiteur général, homme de bien, attaché de tout temps à la Reine mère.

Don Melchior Navarra, homme de fortune,

mais avec du mérite. Il éloit autrefois vicechancelier d'Aragon et pour cette charge il entroit dans la Junte du gouvernement. Persécuté par don Juan, dépouillé de sa charge et exilé pour son attachement aux intérêts de la Reine mère, il n'a guère plus de cinquante ans, et, à la fin de septembre 1680, il a été nommé vice-roi du Pérou.

Le duc d'Alburquerque, âgé de cinquante ans, général de la mer, parent du duc de Médina Celi, attaché à la Reine mère; de médiocre mérite.

Le marquis de Mancera, âgé de soixante ans, et de peu de santé, a été ambassadeur en Allemagne, nommé à l'ambassade de France. Il a été vice-roi de la Nouvelle-Espagne, d'où il a rapporté de grands biens qu'il ménage avec soin, homme de mérite et capable de grands emplois.

Le marquis de Los Velez, vice-roi de Naples, âgé de quarante ans, homme de petit mérite, a épousé une sœur de la duchesse de Médina Celi.

Le duc de Villa Hermosa, âgé de cinquante ans, depuis peu revenu du gouvernement de Flandre, où il n'a pas fait paroître beaucoup de capacité, avec beaucoup plus de bien qu'il n'en avoit auparavant.

Le comte d'Oropesa, ami du duc de Médina Celi, encore jeune, d'une vie fort régulière, avec de l'honnêteté et quelque mérite, quoiqu'il n'ait pas encore eu d'emploi.

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