SECRETAIRES D ETAT
Don Jeronimo d'Eguya', Navarrois d'origine, né à Gênes d'un père qui étoit gentilhommeduducdeTursi^ Don Pedro Fernandez del Campo% dont il avoit été page, le fit commis, d'où étant monté à quelques secrétariats, il fut tout d'un coup mis par commission dans celui d'État, quand on l'ôta à don Pedro Fernandez del Campo, après la mort duquel il eut la charge en propre. C'est un esprit de petite capacité, brouillon, sans exactitude dans les affaires, sans parole dans ce qu'il promet, uniquement attaché à profiter de sa charge et à se conserver.
Il porte le titre de secrétaire d'État et del despacho iiniversal, qui, cependant, ne lui donne pas entrée dans le conseil d'État, sa fonction
1. Il succéda, en 1676, dans le despacho universal, à D. Pedro Fernandez del Campo. En 1680, il eut en outre une place de conseiller des Indes laissée vacante par ce dernier secrétaire décédé le 3 mars 1680. Eguia mourut, dans sa charge du despacho, le 3 avril 1682.
2. Sans doute Carlo Doria del Carretto, deuxième duc de Tursi, général des galères au service d'Espagne.
3. Ce personnage remplit divers emplois de sécrétai reries pendant près de cinquante ans et eut le despacho universal en 1669. Très apprécié par la Reine, qui, en 1673, le créa marquis de jMejorada, il réussit moins bien auprès de Valenzuela. Ce favori le mit brusquement à la retraite en 1676. Dès lors il n'eut plus que l'honorariat de sa charge.
étant attachée directement à la personne du Roi et du premier ministre. Il a son bureau dans le Palais, au-dessous de l'appartement du Roi.
Tous les mémoriaux et placets qui se présentent au Roi et au premier ministre reviennent au secrétaire d'État pour les distribuer aux tribunaux et conseils qui les doivent consulter, et lorsque ces conseils ont délibéré sur ces mémoriaux, leur avis, qui s'appelle en espagnol consulte, retourne en ses mains pour en faire le rapport au Roi, duquel il reçoit la résolution appelée décret, qu'il renvoie ensuite à ceux qui le doivent expédier; c'est ce qu'on appelle à Madrid mémorial monté et descendu, consulte montée et décret descendu.
Les affaires des ambassadeurs se donnent par écrit au commissaire qui leur est nommé, qui est toujours un conseiller d'État. Elles montent et descendent, comme je viens de dire, par le secrétaire del despacho universal, et ensuite le commissaire envoie les résolutions à l'Ambassadeur, signées du secrétaire d'État du département.
Le secrétaire dcl despacho universal a entre les mains cl bolsillo dont il ne rend point compte. C'est un fonds qui se tire de certaines amendes revenant au Roi, tant en Espagne qu'aux Indes. Il est destiné à des dépenses secrètes, pensions et gratifications.
Il y a deux autres secrétaires d'État qui entrent dans le Conseil avec la séance qui a été marquée ci-dessus.
L'un expédie toutes les affaires étrangères
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du Nord et celles de la Castille. C'est don Pedro Coloma, qui, au commencement de l'année présente 1 680, fut fait marquis de Canales, d'une famille connue depuis longtemps dans ces emplois. C'est un petit homme, âgé de quarante-cinq ans, vif et agréable dans la conversation, sachant bien sa charge dans laquelle il a été élevé dès son enfance, civil et honnête, attaché à ses plaisirs, à la musique, à la comédie qui lui dérobent souvent le temps des affaires et ditièrent l'expédition, promettant facilement et manquant à ce qu'il a promis sans s'en embarrasser, d'ailleurs extrêmement pauvre et sans pouvoir'.
L'autre expédie toutes les affaires d'Italie, de Sicile et d'Aragon. C'est don Manuel de Lira, d'une famille nouvelle venue de Flandre, autrefois capitaine de cavalerie, puis introducteur des ambassadeurs et, depuis sept ou huit ans, envoyé extraordinaire en Hollande, d'où il est revenu prendre possession de cette charge de secrétaire d'État. Homme du monde plus que les autres Espagnols, pariant bien plusieurs langues, sachant les belleslettres ; il a de l'esprit et il a pris dans les pays étrangers quelque connoissance des affaires, mais tout cela ne lui sert de rien à Madrid"-.
1. D. Pedro Coloma y Escolano, né le lo février 1635, secrétaire d'État pour le département du Nord de 1674 à 1682, était fils de D. Pedro Coloma, secrétaire du despacho universal sous Philippe IV. Pedro 11 fut créé marquis de Canales en 1680 et nommé conseiller au conseil d'Aragon en 1682. ; ^
2. p. Manuel-Francisco de Lira y Castillo, mtroducteur des ambassadeurs en 1667, envoyé à La Haye en 1671,
Ces deux ministres, dans leurs départements, sont proprement entre le Roi et le Conseil d'État. Ce sont eux qui reçoivent les décrets par lesquels le Roi renvoie les affaires au Conseil pour les consulter; ils en font la relation au Conseil, recueillent les voix, forment la consulte et la renvoient au Roi pour donner son dernier décret. H arrive quelquefois dans les affaires importantes que les conseillers d'État envoient leur avis par écrit.
Quand il faut assembler le Conseil d'État extraordinairement, le Roi en envoie l'ordre au Secrétaire d'État, qui le fait assembler sans en dire le sujet; il a même le pouvoir d'assembler le Conseil sans ordre, toutes les fois qu'il le juge à propos.
En l'absence du Secrétaire d'État, le premier commis qu'on appelle oficial mayor fait sa charge. Le secrétaire d'État du Nord a un premier commis et sept autres entretenus par le Roi. Celui d'Italie, outre le premier commis, en a huit autres, aussi entretenus par le Roi. Les secrétaires d'État nomment ces commis au Roi qui les agrée et leur donne des provisions.
secrétaire d'État pour le département d'Italie en 1679, secrétaire du despacho universal en 1685, démissionna au mois de janvier 1691 et mourut en octobre 1693.
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