‹ Mémoires de la cour d'Espagne de 1679 a 1681;Chapitre 42 sur 77 · I. Sur la côte du Venezuela · texte numérisé non relu

I. Sur la côte du Venezuela

DE LA Cour d'Espagne. 5$

qui est le port de Lima. Là, deux galions le viennent prendre pour le porter à Panama. C'est une navigation de vingt-cinq jours en allant, mais, revenant de Panama à Lima, il en faut soixante, à cause des vents contraires.

Tout le royaume du Pérou rend, chaque année, huit ou dix millions d'écus en argent, et quelque peu en or. Le nouveau royaume de Sainte-Foy envoie près de deux millions d'écus, la plupart en or, et l'on tire de la Nouvelle Espagne, chaque année, environ quatre millions d'écus avec quelques marchandises du pays. Les principales qui viennent des Indes sont de l'or et de l'argent, des émeraudes, des laines vigognes, de la cochenille, du sucre, du tabac, des cuirs, du bois de Campêche et du cacao.

Il est défendu dans la Nouvelle Espagne de planter des vignes et des oliviers, afin qu'on ne puisse s'y passer des vins et huiles d'Espagne, mais il commence à y avoir des ouvriers en soie et en laine, qui pourront bien avec le temps faire diminuer le prix des étoffes qui viennent de l'Europe.

Dans les Indes, le Roi a, comme en Espagne, le droit de vendre les bulles de la Cruzada , avec cette différence qu'en Espagne elles sont à un prix égal pour toute sorte de personnes, c'est-à-dire à quinze sols chaque bulle, qu'il faut renouveler tous les ans, au lieu qu'aux Indes, elles se payent selon le bien de chacun, avec un tel excès qu'il y a des personnes riches auxquelles la bulle chaque année coûte jusqu'à cent écus. Outre le pri-

vilège de manger de la viande le samedi que donne cette bulle, on prétend que, sans elle, on ne peut jouir d'aucune indulgence, en sorte qu'en Espagne, au pied du privilège de chaque indulgence , il est toujours marqué qu'il faut avoir la bulle de cruzada, c'est ce qui la fait acheter si cher dans un pays où l'on compte beaucoup plus sur les indulgences que sur les bonnes œuvres qu'on ne veut point faire.

Le tribunal de l'Inquisition établi aux Indes n'aide pouvoir que sur les Juifs ou les hérétiques, et point sur les Indiens idolâtres.

Il faut être Espagnol pour faire le voyage des Indes, ou avoir une permission expresse du Conseil, qui ne se donne guère aux étrangers. De deux vaisseaux qui se présentent pour ce voyage, celui qui a été bâti en Espagne est préféré à celui qui a été bâti de fabrique étrangère, suivant les ordonnances, quoique tous deux appartiennent à des Espagnols.

Dans tous les conseils dont on vient de parler, outre le nombre réglé de conseillers, il y en a plusieurs qui en ont le titre et jouissent des appointements et attributions telles que les ont ceux qui servent actuellement. C'est une récompense qu'on donne d'ordinaire à des ministres et ambassadeurs.

DE LA Cour d'Espagne. ^7

VICE-ROIS, CAPITAINES GENERAUX, GOUVERNEURS AU DEDANS DE l'eSPAGNE.

Vice-roi d'Aragon : le connétable Colonna; maintenant le duc d'Hijar. Vice-roi de Catalogne : le duc de Bournonville. Vice-roi de Valence : le comte d'Aguilar par la destitution du duc de Veraguas, révoqué au mois de septembre 1680. Vice-roi de Navarre : Don Inigo de Velandia, grand prieur de Castille. Vice-roi de Galice : le comte de Fuensalida. Vice-roi de Maillorque : le comte del Villar; il est mort en 1681 .

Capitaine général de la côte d'Andalousie et gouverneur de Cadix : le duc de Ciudadreal. Capitaine général de Guipuzcoa : vacant.

Gouverneur des armes d'Extramadoure :

Don Diego de Portugal. Gouverneur des armes de Galice : Don Juan del Castillo.

Général de la cavalerie dans toute l'Espagne et commandant celle de Catalogne : le marquis de Leganés. Général de cavalerie d'Extramadoure : le comte de Charny.

Page 1