‹ Mémoires de la cour d'Espagne de 1679 a 1681;Chapitre 49 sur 77 · Sur Humanes et Mondéjar, voir les Notes · texte numérisé non relu

Sur Humanes et Mondéjar, voir les Notes

3. Entre autres quatre Jésuites qui furent exilés au mois d'avril 1677 (Cokccion de doc. inéd. para la kistoria de Espana, t. LXVII, p. 34 et iio).

4. Peut-être s'agit-il ici du P. Francisco Monteron ou Moaterol, connu par ses révélations, et qui, en 164 s déjà, avait eu maille à partir avec l'Inquisition (M. Danvila y CoUado, El podcr civil en Espana, Madrid, 1885, t. III, p. 214, et Mémorial historico espaiiol, t. .XVIII, p. 31).

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que lui-même affectoit une parfaite régularité de vie, qui pouvoit le mettre en réputation de dévot.

Le comte de Monterey, qui avoit été à la tête de son parti pour l'amener à Madrid, lui ayant paru dans la suite trop agréable au Roi, il l'envoya d'abord commander en Catalogne, l'exila depuis et lui fit commencer son procès sur l'affaire de Puicerda ' pour l'éloigner entièrement de la Cour.

Le Roi était Jeune; il avait eu peu d'éducation et ne pouvoit encore avoir d'expérience. Don Juan ne chercha point à le former ni à lui donner entrée dans les affaires, il le tint toujours dans une extrême oisiveté et dans une dépendance si grande que ce prince ne pouvoit sortir du Palais sans lui.

Le peuple se seroit consolé de la disgrâce des Grands et de l'esclavage du Roi, s'il avoit trouvé quelque soulagement à sa misère, mais elle augmenta avec les impositions. La cherté devint plus grande, on ne vit point rétablir la justice, point mettre ordre aux finances; personne ne trouva sa condition meilleure, plusieurs la trouvoient pire, le chagrin devint général et l'on commença à regretter la Régence.

Mais en Espagne plus qu'en lieu du monde la colère du peuple est impuissante; cette nation, si pleine d'apparence de fierté, semble n'avoir de cœur que pour murmurer de ses

I. La ville de Puycerda en Catalogne fut prise par le maréchal duc de Navailles le 31 mai 1678. Un extraordinaire de la Gazette, daté du 14 juin 1678, contient une relation de cette prise, ainsi que les articles de la capitulation.

maux et de ceux de l'État. L'exil de tant de seigneurs étoit une cause plus capable de produire quelques mouvements par le grand nombre de personnes du premier rang que le sang ou l'amitié intéressoit à leur disgrâce. Leurs amis communs commencèrent à former des liaisons, on fit porter des paroles à la Reine, on lui fit connoître combien son retour étoit souhaité, on fit secrètement envisager au Roi le traitement honteux que soufFroit la Reine sa mère, la servitude où on le tenoit lui-même, et tout ce qui pouvoit rendre don Juan odieux par l'indignité de sa conduite et de sa naissance.

Ces premiers pas avoient assez de fondement pour en espérer des suites; mais la situation de la Reine toujours exilée, son génie naturellement un peu lent, arrêté encore par le souvenir des infamies passées qui lui en faisoient craindre de nouvelles, la jeunesse du Roi, le peu d'application et de vigueur de ceux qui agissoient dans cette affaire, toujours dominés par une paresse naturelle et toujours attendant le succès de l'industrie d'autrui, suspendoient l'effet de tant d'intentions contraires au premier ministre. Cependant don Juan s'en alarmoit, et comme le soin qu'il prenoit d'entretenir un grand nombre d'espions partout lui faisoit connoître une partie de ce qui se passoit, tous ces mouvements, qu'il découvroit en plusieurs libelles sanglants' qui parurent contre lui, le jetèrent

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