PER ES
HISTOIRE DU MONTREAL
De l'automne 1667 jusqu'à l'automne 1668 au dépert des vaisseaux du Canadas.
Il faut que nous commencions cette année par cette trensmigration célèbre qui se fit de La Chine, en ces quartiers, en donnant son nom, pendant cet hiver, à une de nos Côtes, d’une façon si authentique qu'il lui est demeuré, si elle nous avoit donné aussi bien des oranges et autres fruits qu’elle nous a donné son nom, .(quand nous aurions dû lui laisser nos neiges en la place.) le présent seroit plus considérable, mais toujours son nom en attendant est-il quelque chose de grand et fort consolant pour ceux qui viendront au Montroyal, lorsqu'on leur apprendra qu'il n'est qu'à 3 lieues de La Chine et qu'ils y pourront demeurer sans sortir ce cette Isle qui a l'avantage de la renfermer, mais passons outre et disons que Messrs de St. Sulpice sachant que l'Océan leur étoit parfaitement ouvert pour le Canadas cette année ; aussitôt il y vint 4 Ecclésiastiques de cette maison, savoir: M. l'Abbé de Quélus, M. d'Urfé (1), Mr. Dalleq (2) et M. Gallinée (3) lesquels y arrivèrent tous quatre cet automne à la grande satisfaction d'un chacun, M. de Fenélon (4) et M. Trouvé (5) prêtres demeurans en ce lieu sachant que M. de Quelus étoit arrivé pour Supérieur de cette maison,
(1) Fre. Saturnin d'Urfé, (J.V.)
(2) A. D'Allet, déjà venu en 1657 et repassé en France. (J.V.)
(3) Urbain Brehan de Galinée. (J. V.)
(4) Frs. de Salagnac, abbé de Fénélon, frère de l'Archévêque de Cambrai, (J. V.)
(5) M. Claude Trouvé. Ces deux derniers Messieurs étaient arrivés 27 Juin 1667. (J. V.)
au
rai.
uin
ils s'offrirent aussitôt à lui pour commencer une Mission, de la part du Séminaire de St. Sulpice dans le pays des Troquois qui sont au nord du lac Nontario (1), lesquels les étoient venus demander ; une telle proposition parut si belle d’abord à M. l'Abbé de Quelus qu’il témoigna l'avoir très-agréable pourvu que Mgr. l'Evêque en accordât la permission, ce qui étant octroyé par ce digne Prélat, ces deux missionnaires partirent d’abord pour entreprendre cet ouvrage qui a toujours subsisté depuis, et à qui j’espère Dieu donnera la persévérance : mais disons un mot des troupes qui partirent cette année ici pour s’en aller en France, ou après avoir été ici trois ans contre les Iroquois ils s'en retournèrent une partie chargés de
leurs dépouilles que depuis ils ont changés en bons louis.
d’or et d'argent lesquels n’ont point la puanteur de pelleterie, transmutation que jamais M. de Maison-neufve n'avoit pu apprendre; il est vrai que ce secret n’est pas avantageux pour la Colonie qui demanderoit que la subs-
tance du pays fut employée à avancer les travaux du pays,
mais ils se sont moins mis en peine de son établissement que notre ancien Gouverneur, Dieu veuille que la leçon qu'ils ont laissée à la postérité se puisse bien oublier, car autrement on verroit ici la dernière misère, n'étant pas possible que des gens vivent ici sans avoir de quoi acheter aucuns ferremens ni outils, sans avoir de quoi acheter linge ni étoffe et autre chose nécessaire à son entretien : le tout dans un lieu ou le blé ne vaut pas un sol de débit sitôt qu’il y en a un peu, ou il n’y a encore aucun minéraux ni manufacture qui donne rien aux habitans pour avoir leurs besoins : Tout cela bien considéré, on peut bien assurer le monde qu'on a plus à faire de bourses pleines qu’à remplir si on veut donner les moyens aux
(1) Ontario, (J, V.)
Collons de ces nouvelles terres de travailler à un établissement parfait au moyen des manufactures qui s’y peuvent élever peu-à-peu, que si les habitans n'ont rien dans ces commencemens, comme produire de rien est un ouvrage du Créateur et non de la Créature, il ne le faut pas attendre d'eux, mais plutôt il faut s'attendre de les voir périr dans leur nudité et besoins à la grande compassion des spectateurs de leurs misères qui n’ont moyen d'y subvenir ; au reste cette cupidité d’avoir est cause que tout le pays est sans armes d'autant que le monde n'ayant plus de pelleterie il a été obligé de les (1) vendre pour avoir de quoi se couvrir, si bien que tout y est exposé aujourd'hui à être la proie des Iroquois quand ils voudront recommencer à faire la guerre, le peuple n'ayant que les pieds et les mains pour toutes armes à se défendre ; * Aïnsi la cupidité réduit toutes les dépenses du Roi dans un extrême péril d’être perdues avec un assez bon nombre de sujets qu’il a déjà dans ces quartiers qu’on pourroit rendre fleurissants, si on faisoit valoir ce qui en pourroit sortir aussi bien et avec autant de politique que font nos voisins, qui en usent avec tant de prudence tant au dehors qu’au dedans de leur pays qu'ils ont la plus grande partie des pelleteries du Canadas et que tout le monde est chez soi à son aise, au lieu qu'ici il est communément misérable : si les pelleteries ne valoient chez nous qu’un tiers moins que chez les étrangers nos voisins, tous les Sauvages viendroient ici et rien n'iroit chez les étrangers, car outre que les Sauvages nous aiment mieux qu'eux, c’est que la chasse se fait chez nous et qu'ils ont la peine | de la porter chez les étrangers avec beaucoup de peine.
(1) C'est-à-dire, sans dcute, que les colons ont été obligés de vendre leurs armes.
HISTOIRE DU MONTREAL
De l'automne 1668 jusqu'à l'automne 1669 au départ des vaisseaux du Canadas.
L'arrivée des Ecclésiastiques de l’an dernier ayant grossi le Clergé en ce lieu, M. l'Abbé de Quelus trouva bon que deux prêtres allassent hiverner dans les bois avec les Sauvages, afin de les instruire de notre religion et de s’instruire en même temps de leur langue ; ce qui réussit fort bien à l’un d’entre eux nommé M. Barthelemy (1) lequel a bien apris le langage des Algonquins et leur a rendu beaucoup de service pour le salut de plusieurs; quant à l’autre prêtre (2) il y interrompit les premières instructions qu’il y reçut par une grande entre:
prise qui fut faite suivant laquelle on espéroit au moyen
d'un Sauvage lequel s'offroit pour guide, d'aller à 7-ou 800 lieues d'ici afin d’y annoncer l’évangile dans un pays qu'on sait être très peuplé, les préparatifs de ce voyage encore qu'il ne se fit que dans l'été, empêchèrent beaucoup les progrès qu'il eut pu faire dans le bois avec les Sauvages à cause que cela lui fit rompre ses mesures, mais passons tous ces préparatifs et disons un mot de son départ, tant à cause des personnes avec lesquelles il fit le voyage qu'à cause d’une affaire qui arriva pendant ce temps. M. de Galinée (3) encore qu'il ne fut que
(1) M. Michel Barthélemy, venu en 1666. (J. V.)
(2) M. Dollier lui-même. (J. V.)
(3) Nous l'avons déjà vu, p. 194. (J. V.) Il était de la famille de Brehan dont la devise étoit: Foi de Brehan vaut mieux qu'argent. M. Margry écrit Gallinée, mais aussi ilécrit Saghart pour Sagard. (Les Normands dans la vallée de l'Orio et du Mississipi. Jour. Géné. de l'Inst. Pub. 1662.)
diacre sachant les desseins qu’on avoit—parla à M. l'Abbé de Quelus afin qu'il jugeât s’il ne seroit pas à propos qu'il fut de la partie avec ce prêtre que nous avons parlé, M. l'Abbé ayant trouvé la chose fort à propos à cause des avantageuses et plusieurs belles connoissances qu'il a, il fut de la partie et fit avec cette Communauté trois canots, un nommé M. de la Salle ayant autrefois beaucoup oui parler des pays ou on alloit par les [roquois, qui lui avoient fait venir la pensée de faire ce voyage, sachant qu'on l’alloit entreprendre tout de bon fit une dépense très considérable pour cette découverte où il alla avec 4 canots qui étant
joints avec les 3 des deux ecclésiastiques faisoient le nombre de 7 canots lesquels contenoient 22 françois : Tout ce monde s'étant disposé à un prompt départ il arriva une facheuse affaire qui retarda le tout de 15 jours, c'étoit un assassinat facheux d'un considérable Iroquois commis par 3 soldats des troupes du Montreal, ce qui menaçoit d'un grand renouvellement de guerre si on n’y donnoit ordre au plutôt, à quoi on ne tarda pas à le faire, mais en attendant ces Messieurs ne pouvoient pas partir parce que ils devoient passer chez les Iroquois ou il n’eut pas fait bon pour eux alors, et parce que d’ailleurs les 8 criminels étant saisis ils prièrent le prêtre qui devoit partir de ne les point abandonner jusqu’à leur mort, qui fut le 6 de Juin, ou ayant fini leurs jours en expiant leur crime avec une résignation admirable entre les mains de Dieu, on partit le même jour pour aller à la Chine (1), qui termina la première journée : c’est tout ce que nous avons à dire de ce voyage jusqu’à un an où nous en dirons la réussite.
(1) Le‘ Voyage de M M. Dollier et Galinée de 1669 au lac Ontario” dont M. l'Abbé Faillon m'a fourni copie en 1858, dit le 6 Juillet, et ce doit être la vraie date, d'après un autre document que j'ai en mains, (J. V.)
HISTOIRE DU MONTREAL
De l'automne 1669 jusqu'à l'automne 1670 au départ des vaisseaux du Canadas.
Il n’y arien de considérable à mettre dans cette histoire pour le regard de cette année, si non le voyage que M. De Galinée et moi (1) avons fait, vous le pouvez ici faire insérer si bon vous semble, je l’ai écrit tout du long de mon style,mais commeilest beaucoup inférieur à celui de M. de Galinée, je n’ai pas jugé à propos de l’insérer, parceque la description qu’en a fait M. de Galinée vous donnera plus de satisfaction. Nous conclurons cette année par M. Perrot (2) Gouverneur du Montreal, qui y est arrivé après avoir bien essuyé des hazards et périls sur la mer avec M. Tallon, l’Intendant son oncle, tant cette année que la précédente année, ou il fut obligé de relacher dans le Portugal ou ils firent naufrage : Comme c’est un gentilhomine fort bien fait et de naissance ; son arrivée nous a tous donné sujet d'en beaucoup espérer.
(1) Ge moi, —c'est M. Frs. Dollier de Casson. (J. V.) (2.)M. François Marie Perrot, gouverneur de 1670 à 1684. [J. V.]
HISTOIRE DU MONTREAL
De l'automne 1670 jusqu'à l'automne 1671 au départ des vaisseaux du Canadas.
M. de Courcelle ayant beaucoup imprimé de frayeur aux
Iroquois, comme il est remarqué dans la Relation de PP.
Jésuites (1) ; il luiamenèrentici,afin de calmer quelque
colère qu’il leur avoit fait paroitre avec raison le nombre
de captifs qu'ils avoient pris du côté des Putuotamistes (2)
dont Messrs. les ecclésiastiques de ce lieu profitèrent
par ce qu'ils en obtinrent deux filles sous le bon plai-
. sir de M. le Gouverneur du Montreal en attendant la venue de M. De Courcelle au Montreal, qui fut
le printemps suivant, c’est-à-dire environ 8 mois après,
d'autant que nous étions assez avant dans l’hiver lorsque
ces esclaves furent rendus et qu’ils promirent ces deux
filles ; M. de Courcelle a ratifié agréablement ce don et
ces 2 filles sont chez les Sœurs de la Congrégation ou
elles ont appris la langue françoise et ont été élevées à l'Européenne, en sorte que la grande, qui a été la dernière baptisée, est en état de se marier avec un françois, mais ce qui seroit à souhaiter ce seroit qu’on eut un peu moyen de la doter, afin qu’étant à son aise cela donnât exemple aux autres et les animât du désir d’être élevée à la françoise ; la plus petite des deux filles dont nous parlons étant enlevée quelques temps après avoir été à la Congrégation par sa mère laquelle l’avoit donné conjointement avec les Iroquois, une fille de la Congrégation
(1) Dans la Relation de 1669, p. 5, Edit. de Québec. (J. V.) (2) Pouteouatamis ? (J. V.) ;
courant après pour la faire revenir cette enfant quitta sa mère qui la tenoit à bras pour se jetter entre les mains des filles de la Congrégation. Feue Made. la Princesse de Conti a bonne part avec quelques autres personnes de qualité à l'instruction de ces 2 filles pour certaine somme de 12 ou 1300liv.que leur charité avoitenvoyé l’automne dernier et qu'on eut soin d'employer suivant leur pieuse intention : au reste si l’eau de vie étoit bannie de parmi tous les Sauvages, nous aurions des milliers d’exemples de convertis à vous rapporter, je ne doute pas que la pluspart qui hantent les françois n’embrassent tous la religion, mais cette liqueur leur est un appas si diabolique qu'il attrape tous les Sauvages qui sont proches des françois à l'exception de quelques-unsd’entre lesquels sont quelques Hurons que Dieu conserve quasi miraculeusement ; si un jour on voyoit le désordre de la traite des boissons passé on auroit ici de la satisfaction, mais comme on voit tout périr par ce malheureux commerce cela donne beaucoup d'aflliction à ceux qui sont le plus dans l'intérêt de Dieu, il n’y a quasi rien à faire qu'avec les enfans, les vieilles et les vieillards, les autres regardant l'eau de vie avec une telle avidité, soit qu'ils soient Algonquins, soit qu'ils soient Iroquois, qu’ils ne la peuvent quitter qu'après êtreivres à n’en pouvoir plus; enfin c’est une marchandise dont tous moralement parlant ils font le même usage que le furieux fait de son épée, jugez si selon Dieu on doit la leur distribuer sans discrétion aucune et si celui qui donne et celui qui reçoit ne seront pas égaux au poids de ce redoutable... au jour terrible de la mort qui sera bien étrange à tous ceux qui ici journellement contribuent, sans se soucier, aussi librement qu'ils font au péché; pour moi quelques certains casuistes en disent ce qu'il leur plaira, je ne crois pas que le plus hardi voulut mourir immédiatement après avoir donné à un
Sauvage une portion suffisante pour l’enivrer, ce qui est l’enivrerinfailliblement et le faire tomber en péché mortel, vû qu'il est écrit—Malheur à celui par qui le scandale arrive : à cela on me dira,—si la traite de boisson ainsi faite n’est pas permise aux gens de bien il faut qu'ils se résolvent à mourir de faim, de froid et de misère laissant tout aller aux gens sans conscience qui traitent des liqueurs sans discrétion : Je réponds à cela qu'il est vrai et qu'il leur faut continuer de souffrir jusqu’au tombeau sans que l'amour des commodités ou du nécessaire leur permette jamais de consentir au péché pour leur intérêt propre ou celui de leur famille, qu’ils doivent tous également sacrifier à Dieu quelque compassion et peine naturelle qu'ils en aient ; mais à ceci je vas au delà de l'historien : passons au printemps de cette année, où M. de Courcelle étant monté au Montreal reçut les captifs que les Iroquois lui avoient amenés et y attendit les Othaouais selon la prière qu’ils lui en avoient faite et comme il leur avoit promis ; mais comme il jugea qu’ils seroient encore quelques temps auparavant que de venir, il se résolut de profiter du séjour qu'il avoit à faire hors de Québec et de monter tout d’un coup sas que personne en fût averti jusqu’au grand lac Nonthario sur lequel sont placés les Iroquois, ce qu'il conçut avec beaucoup de prudence et exécuta avec beaucoup de résolution (1), Si les Iroquois eussent su sa venue comme c’est leur redoutable, ils lui eussent peut-être joué quelque mauvais parti sur les chemins afin d'exécuter leur mauvaise volonté contre le pays après l’avoir défait, c’est pourquoi il fit prudemment de ne point découvrir son dessein, mais il lui falloit autant de vigueur que celle avec laquelle il l’'accomplit pour franchir aussi facilement et
(1) Du ? au 16 Juin 1671, d'après un journal MS. de ce voyage. (J. V.)
promptement qu'il fit les mauvais pas qu’il y a à faire pour aller jusqu’au lieu ou il vouloit aller, au reste cette résolution étoit considérable pour le pays parceque les Iroquois commençoient à murmurer et nous menacer par entre eux de la guerre, se confient (1) sur la difficulté de leur rapide qu'ils croyent indomptable à nos bateaux pour s’en aller chez eux, mais M. de Courcelle leur ayant fait voir par expérience en cette occasion comme ils se trompoient, cela les intimida beaucoup et rabattit même tellement leur audace qu’ils firent passer la frayeur que cette entreprise leur donna jusque chez les Européens qui leur sont voisins, lesquels suivant leur rapport appréhendoient l’arrivée de M. de Courcelle avec une multitude de gens de guerre que l’'épouvante des Iroquois leur avoit fabriqué (2) : Plusieurs personnes de mérite accompagnèrent M. le Gouverneur en cette belle entreprise, entr'autre M. Perrot gouverneur du Montreal, lequel y pensa périr par un accident de canot ce qui est assez à craindre dans tant de différents périls, M. de Loubiat dont chacun sait le mérite fut aussi de la partie, M. de Varenne, gouverneur des Trois-Rivières et autres officiers, comme aussi M. Lemoine, M. de la Vallière, M. de Normentville et autres habitans qui y alloient seulement pour accompagner M. le Gouverneur et lui donner des marques de leur estime et bonne volonté ; Champagne, Sergent de la Compagnie de M. Perrot y gouverna un bateau plat où il commanda pendant le voyage ou il eut des peines très considérables et risqua sa vie quantité de fois, donnant des preuves à tout le monde de son courage tant dans les travaux que dans les périls : Un prêtre du Séminaire de St. Sulpice eut aussi
(1) Confiant [?] (2) Voir Appendice No. XVIII.
ARE ae LT mes cl oe à
nt] " va) «4 se #1
l'honneur d'accompagner et d'assister M. le Gouverneur avec toute sa troupe en ce voyage (1) dont je ne dirai pas davantage à cause que les RR. PP. Jésuites l'ont écrit en leur relation : Si je l’ai touché après eux ; ça été par une pure obligation, à cause qu'il se trouve à propos dans l’histoire du Montreal que je décris : Passons à l’arrivée des vaisseaux laquelle amène une digne gouvernante au Montréal en la personne de Madame Perrot (2) à la louange de laquelle nous dirons beaucoup sans nous écarter de ce qu'il lui est dû quand nous dirons qu’elle se fait voir en sa manière d'agir pour Nièce de M Tallon l'intendant de ce pays et son oncle ; il n’est pas aisé de juger quelle fut la joie de M, Perrot son mari et celle d’un chacun en ce lieu quand on y eut les premières nouvelles de son arrivée, ma plume est trop foible pour le pouvoir exprimer, j'aime mieux le laisser à penser à un chacun et venir au plus facheux point que nous ayons de cette année, qui fut la mort de M. Gallinier (3) très-digne prêtre dont la mémoire est dans une singulière vénération surtout parmi ses confrères qui soupirent après la bonne odeur de ses jertus, il est mort de la mort de son lit mais auparavant pour secourir le prochain et lui donner ses assistances spirituelles, il a exposé sa vie toutes les fois qu'il y a eu ici des alarmes l’espace de 14 ou 15 années, sans se soucier de toutes les cruautés que les Iroquois auroient exercé sur lui, ne demandant pas mieux que de périr dans ces charitables emplois ; nous ajouterons à la perte de ce laborieux Serviteur de J. C. le départ de M. l'abbé de Quelus rappelé en France pour
(1) M. Dollier lui même, à titre d’aumônier. (MS. de Paris.) (J.V.)
(2?) ‘ Damoiselle Magdeleine La Guide.” (Registre de la Paroisse.) (J. V.)
(3) M. Dominique Galinée, fut enterré le 20 Oct. 1671, à Montréal, sans que le Registre indique le jour de son décès. Il était au pays depuis le 29 juillet 1657. - (3. V.)
ses affaires domestiques et de deux autres ecclésiastiques de ce lieu, l’un appelé M. Dalbecq (1) qui est auprès de M. l'abbé de Quelus l’autre nommé M. de Gallinée dont nous avons parlé ci-devant,
(1) Dallecq.
On ne connaïit à l'Evêché de Québec, non plus qu’au Séminaire de Montréal, aucun prêtre du nom de Dalbecq, venu en Canada. C'est évidemment
M. D'Allet, secrétaire de M. de Queylus, et dont nous avons vu l'arrivée p. 120. (J. V.)
tn ED D ———
HISTOIRE DU MONTREAL
De l'automne 167! jusqu'à l'automne 1672 au départ des vaisseaux du Canadas.
La précipitation avec laquelle je suis obligé de conclure cette histoire ne me permet pas de dire tout ce qui s’est passé en cette année ou d'ailleurs je m’étois résolu de passer sous silence plusieurs choses que la prudence ne permet pas à la vérité d’énoncer : ce qui fait que je me contenterai seulement de quelques réflections pour finir agréablement cette relation en laquelle je joindrai un petit Abrégé de celle de Quenté (1), à cause que ce sont les Ecclésiastiques de ce lieu qui déservent cette Mission. Première réflection, sur l'avantage qu'ont les femmes en ce lieu par dessus les hommes, qui est qu’encore que les froids soient fort sains pour l’un et l’autre sexe il l’est incomparablement d'avantage pour le féminin lequel s’y trouve quasi immortel, c’est ce que tout le monde a remarqué depuis la naissance de cette habitation et ce que moi-même j'ai remarqué depuis six ans (2), car encore qu'il y ait ici bien 14 ou 1500 âmes, il n’y est mort qu’une seule femme depuis les six années dernières, encore peut-être ce lieu eut-il gardé ses privilèges à l’égard de cette vieille caduque si le siége de la Rochelle où elle avoit été renfermée n’eut imprimé quelques facheuses dispositions et qualités dans son corps cacochime, qui ont donné à la mort une entrée que les avantages de
(1) Sur le lac Ontario. On écrit aujourd'hui : Quinté. (J. V.) (2) M. Dollier serait venu ici en août 1665, d’après la Liste du Clergé; mais il dit lui-même que ce fut en 1666, V. page 181. (J. V.)
72 au
con- > qui solu ence 1e je pour idrai sont Misfemu’ensexe n lemonon et , car v est ères, à l’éhelle >s fahime, es de
lergé ;
ce pays pour l'immortalité des femmes ne lui auroit point accordé.
La seconde réflection sera sur la facilité que les personnes de ce même sexe ont à se marier ici, ce qui est apparent et clair à tout le monde par ce qui s'y pratique chaque année, mais qui se fera admirablement voir par un exemple que je vais rapporter qui sera assez rare, c'est d’une femme laquelle ayant perdu cette année son mari a eu un banc publié, dispense des deux autres, son mariage fait et consommé avant que son premier mari fut enterré; Ces deux réflections à mon avis seront asse: fortes pour faire déserter la pitié (1) et une bonne partis des filles de tous les hôpitaux de Paris si peu qu'elles aient envie de vivre longtemps ou de dévotion au 7e. de nos Sacremens : La troisième réflection sera sur un célèbre prisonnier que nous avons eu cette année lequel s’est sauvé dix ou douze fois tant ici qu'à Québec et ailleurs dans lesquels endroits les Serruriers out perdu leur crédit à son égard, les charpentiers et maçons y ont tombé en confusion, les menottes lui étoient des mitaines, les fers aux pieds des chaussons et le carcan une cravate ; qu'on lui fasse des ouvrages de charpente propres à enfermer un prisonnier d'état il en sort aussi aisément qu'un Moineau de sa cage lorsque la porte en est ouverte, il trouvoit si bien le foible d’une maison qu’enfin il n’y a point de muraille à son épreuve, il tiroit les pierres aussi facilement des murailles que si les maçons y avoient oublié le ciment et leur industrie ; bref il s’est laissé reprendre plusieurs fois comme s’il avoit voulu insulter tous ceux qui vouloient se mêler de le garder, une fois devant 3 hommes qui l’avoient pris, lié, garotté,
(1) Sans doute l’Æüpilal de la Pilié où l'on recevait depuis 1657 les jeunes filles pauvres.
les mains derrière le dos, il se délia sans qu'aucun des 3 hommes s’en apperçut, encore que celui qui l’avoit lié fut un Sergent lequel avoit été prisonnier en Barbarie qui se ventoit de savoir bien s'assurer d’un Esclave en pareil cas etqui m'a assuré n'avoir rien omis de sa science pour bien garotter celui-ci—bref cet athellette de la liberté a enfin si bien combattu pour elle qu'il semble s'être délivré une bonne fois pour toujours, aussi a-t-il fait un coup bien vigoureux en cette rencontre et on peut dire qu'il y a en quelque façon mérité sa liberté, car ayant été pris il y a quelques mois, et remis entre les mains de 6 ou 7 hommes bien armés de chacun son fusil, ces hommes ayant placé toutes leurs armes en un endroit pour
‘jouer au pallot, leur prisonnier trouva à propos d'inter. rompre leur partie pour commencer la sienne ; il sauta sur les fusils, les prit tous sous son esselle comme autant de plumes provenues de ces oisons bridés et avec un des fusils il coucha tous ces gens en joue, protestant qu'il tueroit le premier qui approcheroit,—ainsi reculant peuà-peu en faisant face il a pris congé de la Compagnie et a emporté tous leurs fusils ; Depuis ce temps on ne l’a pu attraper et il est errant parmi les bois ; il pourra bien peut-être se faire le chef de nos bandits et faire bien du désordre dans le pays quand il lui plaira de revenir du côté des Flamands, où on dit qu'il est allé avec un autre scélérat et une femme françoise si perdue qu'on dit qu'elle a donné ou vendu deux de ses enfans aux Sauvages.
PE | Les il ill lié Lf rie ABRÉGÉ DE LA MISSION DE KENTÉ. Pat en l en- A lt à > la # | ble Tout ce que nous avons à dire de plus considérable de “Que fait cette Mission est renfermé dans une Lettre qui nous a été % j lire adressée par M. Trouvé, lequel a toujours été témoin oc- spl ant culaire de tout ce qui s’y est passé, ne l'ayant point abans de donnée depuis son commencement; Voici le rapport ÿ jh om- fidèle de ce qu’il m'a écrit. (1) fil Jour “ Puisque vous désirez que je vous dise quelque chose î | | iter- par écrit de ce qui s’est passé dans notre chère Mission il auta chez les Iroquois, je le ferai bien volontiers contre toute \ tant la répugnance que j'en ressens, n'ayant souhaité jusqu'ici | des rien de plus, si non que tout ce qui s’y est passé ne fut ( qu'il connu que de celui à la gloire duquel doivent tendre Fa ps peu- toutes nos actions, et voilà la raison pourquoi nos Mes- CAEN ie et sieurs qui ont été employés à cette œuvre se sont toujours all apu tenus dans un grand silence ; d’où vient que M. l'Abbé De ‘ 1 bien Fenelon ayant été un jour interrogé par Monseigneur de Are h du Pestrée (2) notre Evêque, de ce qu'on pourroit mettre en 4 du la relation (3) touchant la Mission de Kénté, il lui fit fl utre réponse—‘* que la plus grande grâce qu’il nous pourroit TA l dit faire étoit de ne point faire parler de nous. ” k | Sau- “ Ce fut l’année 1668 qu'on nous donna mission pour ; À
partir pour les Iroquois et le lieu principal de notre Mission nous fut assigné à Kenté, parce que cette même
(1) Quoique dans le MS. cette phrase soit immédiatement hée avec la sui vante, laquelle commence par une petite lettre, nous avons cru pouvoir les séparer, commencer un autre alinéa, et y ajouter de guillemets.
(?) l'étrée.
(3) Sans doute la Relation de 1668, pour la Lettre qu'il y inséra.
Le ES
de pe fi
année plusieurs personnes de ce Village étoient venues au Montreal et nous avoient demandé positivement pour les aller instruire dans leur pays,—leur ambassade se fit au mois de Juin, mais comme nous attendions cette année là de France un Supérieur, nos Messieurs trouvèrent à propos qu'on les priât de revenir, ne jugeant pas qu’on dût entreprendre une affaire de cette importance sans attendre son avis, pour ne rien faire là-dedans que suivant ses ordres :—Au mois de Septembre le Chef de ce Village ne manqua pas de se rendre au temps qu'on lui avoit prescrit afin de tacher d’avoir et de conduire des Missionnaires en son pays, alors M. L’Abbé de Quelus étant venu pour Supérieur de cette Communauté on lui demanda et il donna très-volontiers son agrément pour ce dessein, ensuite de quoi on alla pour ce sujet trouver Mgr. l'Evèêque, lequel nous appuya de sa mission (1), quant à M. le Gouverneur et M. l'Intendant de ce pays on n'eut pas de peine à avoir leur consentement, vu qu'ils avoient d’abord jeté les yeux sur nous pour cette entreprise; ces démarches absolument nécessaires étant faites nous partimes sans tarder par ce que nous étions déjà bien avancés dans l'automne ; enfin nous nous embarquàmes à la Chine pour Kenté le 2 octobre, accompagnés de 2 Sauvages du Village ou nous allions,après avoir déjà avancé notre route et surmonté les difficultés qui sont entre le lac St. Louis et celui de St. François, lesquelles consistent en quelques portages et trainages de canots, nous apperçumes de la famée dans une des ances du lac de St. François, nos Iroquois crurent d’abord que c'étoient de leurs gens qui étoient sur ce lac, c’est pourquoi ils allèrent au feu, mais nous fûmes bien surpris, car nous trouvâmes 2 pauvres Sauvagesses toutes décharnées qui se retiroient
(1) Voir Appendice XIX.
aux habitations françoises pour se délivrer de l'esclavage où elles étoient depuis quelques années, il y avoit 40 jours qu’elles étoient parties du Village Onneiou d’où elles étoient esclaves et n’avoient vécu, pendant tout ce temps là, que d’écureuils qu’un enfant âgé de 10 à 12 ans tuoit avec quelques flèches que lui avoient fait ces pauvres femmes abandonnées ; nous leur fimes présent à notre arrivée de quelques biscuits qu’elles jettèrent incontinant dans un peu d’eau pour les ramollir et pouvoir plutôt apaiser leur faim, leur canot étoit si petit qu’à peine pouvoit-on être dedans sans tourner; nos deux Sauvages délibérant ensemble ce qu'ils avoient à faire se résolurent de mener chez eux ces deux pauvres victimes avec cet enfant, et comme elles craignoient qu'on ne les brülât par ce que c’est là le chatiment ordinaire des esclaves fugitifs parmi les sauvages, elles commencèrent à s’atrister, alors je tachai de parler aux Sauvages et de les obliger à laisser aller ces femmes qui dans peu seroient chez les François, je leur disois que s'ils les emmenoient M. le Gouverneur venant à le savoir seroit convaincu qu'il n’y avoit encore rien d’assuré pour la paix puisque un des points des articles de paix étoit de rendre les prisonniers ; toutes ces menaces ne purent rien sur leur esprit, ils nous disoient pour raisons que la vie de ces femmes étoit considérable, que si les Sauvages du Village ou elles s’étoient sauvées venoient à les rencontrer ils leur casseroient la tête sur le champ : ensuite nous marchâmes quatre journées par les plus difficiles rapides qu’ils y aient sur cette route : après cela un de nos Sauvages qui portoit un petit baril d’eau de vie dans son pays en but et partant il s’enivra, puisqu'ils ne boivent point autrement ni pour autre sujet, à moins qu'on ne les empêche par force ; or comme ces gens sont terribles dans leur ivresse nos * prisonnières crurent que c’étoit fait d'elles, par ce que
pour l'ordinaire les sauvages s’enivrent pour faire leurs mauvais coups, cet Iroquois ayant passé dans cet excès ilentra dans un état furieux et inaccessible, et pour lors il se mit à poursuivre une de ces femmes, celle-ci épouvantée s'enfuit dans le bois aimant mieux périr par la faim que par la hache de son ennemi, le lendemain ce brutal surpris de sa proie échappée l’alla chercher dans le bois mais en vain : voyant enfin que le tems nous pressoit de nous rendre à son village et que nous avions déjà eu de la neige il se résolut de la laisser en ce lieu là avec son enfant, et afin de l’y faire mourir de faim ils voulurent rompre leur petit canot, à cause que cet endroit étoit' une isle au milieu du fleuve St. Laurent, néanmoins à force de prière ils leur laissèrent à nos instances ce seul moyen de salut; après notre départ et que la Sauvagesse fut un peu rassurée elle sortit hors de sa cache et trouvant alors son canot que nous lui avions fait laisser, elle s’embarqua dedans avec son petit garçon et vint heureusement au Montreal, l’ancien aile des malheureux fugitifs ; quant à nous ayant emmené l’autre Sauvagesse 5 ou 6 jours audessus de cette isle sans jamais avoir su obtenir sa liberté, à la fin ayant trouvé des hurons quis’en alloient en traite au Montreal nos Sauvages réfléchirent sur ce que je leur avois dit que M. de Courcelle, qu'ils appréhendoient extraordinairement, trouveroit mauvais leur... (1) lorsqu'il le sauroit, cette réflection leur fit remettre l’autre femme entre les mains de ces hurons pour la ramener au Montreal, ce qu'ils firent fidèlement comme nous l’apprimes l’année d’après où nous sûmes aussi ce qui étoit arrivé à cette autre pauvre femme et à son petit enfant: à la fin à force de nager, le jour de la fête St. Simon et St. Jude (2) nous arrivâmes à Kenté ou
(1, Hlisible.
(2) 28 octobre. (J. V.)
mr
ST Re
8 nous serions arrivé la veille si ce n’avoit été la rencontre 8 de quelques Sauvages qui ravis d'apprendre que nous ‘A qi ‘8 allions à Kenté pour y demeurer nous firent présent 4 Ne l L- de la moitié d’un Orignal : au reste ce même à 14 a soir après avoir retrouvé les hommes qui nous ni {il e avoient fait ce présent étant tout près des cabanes, il LS nous apperçûmes au milieu d’une belle rivière ou nous LS étions entrés ce jour-là pour accoursir notre chemin, un ER | à Î 18 animal qu'ici on nomme Scononton et qu'en France on 4! | u appelle chevreuil, ce qui nous donna le plaisir d’une TEEN IS chasse fort agréable surtout à cause de sa beauté et ch it gentillesse qui surpasse de beaucoup ce que nous voyons L | LS en ceux de France, son gout aussi est bien meilleur et J ( 8 surpasse toutes les venaisons de la nouvelle France, étant AA 1- arrivés à Kenté nous y fûmes regalés autant bien : Le qu'il fut possible aux Sauvages du lieu, il est vrai que ‘5
r, le festin ne fut que de quelques Citrouilles fricassées k 1
. avec de la graisse et... que nous trouvâmes he Lo | X bonnes, aussi sont-elles excellentes en ce pays et ne Nr
se peuvent entrer en comparaison avec celles de l'Europe, “HEAT p- même on peut dire que c’est leur faire tort que de leur ;
n donner le nom de citrouilles, il y en a d’une très-grande ne k
t quantité de figures et aucune n’a quasi rapport avec VApA
8 celles de France, même il y en a de si dures qu’il faut 8 avoir des haches lorsqu'elles ne sont pas cuites et qu’on il r les veut ouvrir, toutes ont des noms différents : un pau- É. Ë il s vre homme n'ayant rien de quoi nous donner fut tout ; ps il t le long du jour à la pêche afin de nous attraper Ai 8 quelque chose, et n’attrapant qu'un petit brocheton nous din
le présenta tout déconforté et confus de n’avoir que cela 4 à nous donner : iln’y a rien qui soit plus capable de mor- \ tifier un Iroquois que quand il voit arriver quelqu’étran- 14e] ger dans son pays et qu'il n’a rien de quoi lui présenter; |
ils sont fort hospitaliers et vont trés-souvent convier
ceux qui arrivent à leur nation de venir loger chez eux: Il est vrai que depuis qu’ils hantent les Européens ils commencent à se comporter d’une autre façon : Mais voyant que les Anglois et Flamands leur vendent tout jusqu’à une pomme, ils les aiment moins que les François qui ordinairement leur font présent de pain et autres petites choses quand ils vont chez eux. On ne peut pas être reçu avec plus d'amitié que nous reçurent ces barbares chacun fit tout ce qu'il put, jusqu’à une bonne vieille qui par grand régale jetta un peu de sel dans une sagamité, ou bouillie de bled d'inde qu’elle nous faisoit ; après avoir un peu respiré l’air de ce pays, nous délibérâmes M De Fénélon et moi ce que nous avions à faire sur le sujet de la religion, nous convinmes pour cela de nous adresser au Chef du village appelé Rohiario lequel nous avoit obligé d'aller en son pays, ensuite de quoi nous lui allâmes......... qu'il savoit assez qu'il nous étoit venu chercher afin de les instruire, que nous n’étions venus que pour cela, qu'il commenceroit à nous aider en ce dessain, qu’il avertit dans son Village un chacun d’envoyer ses enfans dans notre cabanne afin d’être enseignés; ce qui ayant réussi comme nous l’avions désiré, quelque temps après nous priâmes ce même Sauvage de trouver bon et de faire agréer à sa Nation que nous baptisions (1) leurs enfans ; à cela ce vieillard répondit—‘ On dit que ce lavement d’eau ” (c’est ainsi qu’ils appèlent le baptême) “ fait mourir les enfans, si tu en baptises et qu’ils meurent on dira que tu es un Andastogueronon” (2) (qui sont leurs ennemis), “lequel est venu dans notre Village pour nous détruire.”’—" Ne crains point,” lui dis-je, ‘“ ce sont des mal-avisés qui t’ont dit que ce baptème
(1) Baplisassions.
(2) Voir Appendice No. XX.
eux:
comyant i une orditites être ares > qui mité, après âmes ir le nous nous 1s lui venu enus n ce d’ennseiésiré, re de que épon- Is ap- Dapti- "Ur O- 18 nO- ;,” Jui tème
tuoit les enfans car nous autres françois sommes tous baptisés et sans cela nous n'irions pas au ciel, et pourtant tu sais bien que nous sommes en grand nombre.”—Alors, il nous dit,—"‘ Fais comme tu voudras, tu es le maître.” Nous assignâmes donc le jour que nous devions conférer ce grand Sacrement ou plusieurs adultes se trouvèrent, et nous baptisâmes environ 50 petits enfans dont la fille de Rohario—qui est unique—fut la première et s’appela Marie, mettant ainsi nos prémices sous la protection de la Ste. Vierge, ce qui est à remarquer c’est que n'étant mort aucun de ces 50 premiers baptisés, ils n’ont plus eu de peine contre le St. baptême, encore qu'il soit mort depuis plusieurs autres enfans après le St. baptême. Le printemps en 1669, M. De Fenelon étant descendu au Montreal pour la consultation des difficultés qu'il eut dans le voyage ou il traina lui-même son canot tant en montant qu’en descendant, au millieu des plus furieux rapides, il baptisa un enfant qui mourut tôt après, ce qui le réjouit beaucoup au milieu de ses peines qui sont si grandes qu’on ne seroit pas cru si on osoit les rapporter, puisque en quantité d’endroits et trèssouvent l’on monte des eaux plus impétueuses que la descente d’un moulin, y étant parfois jusque sous les esselles, marchant nu-pieds sur des pierre fort coupantes dont la plupart de ces eaux sont pavées: M. de Fenelon revenant du Montreal amena avec lui un autre missionnaire qui fut M. D'Urfé, ensuite étant arrivé il s'en alla hiverner dans le Village de Gandatsetiagon, peuplé de Sonontouens détachés—lesquels étoient venu à la côte du Nord dont nous avons le soin; ces gens nous ayant demandé pour les aller instruire, furent ravis qu'on leur accordât cette grâce sitôt après l'avoir demandée, quant à nous ayant été obligés d’aller avec les Sauvages dans les bois pour nous tirer de la nécessité
AN 247 SP per ©
des vivres dans laquelle nous étions à cause que notre établissement étoit nouveau; je tombai par une providence singulière dans le chemin de quelques Sauvages qui étoient passés il y avoit déjà un peu de temps, mais nous fûmes au soir surpris, nous Voyant arrivés dans un lieu où il y avoit de la fumée, c’étoient les mêmes Sauva- - ges sur la piste desquels nous marchions parmi les neiges : Approchant de plus près nous vimes quelques branches d'arbres de....…..desquelles il sortoit un peu de fumée ; c'étoit une pauvre Iroquoise laquelle avoit accouché de deux enfans qui étoient cachés sous ce méchant cabanage, avec quelques autres, alors son marien s’éveillant me dit— “ Viens voir, Robe noire, elle a accouché de trois enfans : ” Ces pauvre gens étoient réduits dans la dernière nécessité car ils n’avoient aucuns vivres et ils ne subsistoient que par le moyen de quelques porcs-épic qu'ils tuoient et qu’ils mangeoïient, tout n'étoit pas capable de rassasier deux quoiqu'ils fussent plus de neufou dix, Voyant cette pauvre femme j'en fus d'autant plus touché que je ne pouvois lui prêter aucun secours, car nous étions pour le moins aussi dépourvus qu'eux je lui demandai si ses enfans étoient en bonne santé, le mari répondit qu'un des deux mourroit bientôt, la femme les démaillota tous deux devant moi et je vis qu’ils étoient à demi gelés et pardessus cela il yen avoit un qui avoit la fièvre et étoit moribond, je pris dela occasion de leur parler de notre religion en leur disant, —“ Que j'étois bien faché que ces deux enfans allassent mourir sans être baptisés et qu'ils n'iroient jamais au ciel sans cela ;” après quoi je leur expliquai ces choses plus en détail, jusqu’à ce que le mari m'interrompant dit : “ Courage, baptises-les tous deux, mon frère, cela est facheux de n’aller pas au ciel.” Ce consentement donné je les baptisai tous deux et peu après bon nombre de ces nouveaux chrétiens alla jouir
de la gloire ce même hiver, qui fut en 1670; Depuis cela il arriva à M. D’Urfé une chose qui lui pensa être fu. neste et que je veux bien remarquer ; après avoir dit la Ste. messe, il alla faire son actioh de grâce dans le bois, mais il s’y enfonça si avant qu'il s'y égara et ne pouvoit revenir, il passa le jour et la nuit à chercher son chemin sans le pouvoir trouver, et après enfin—il fut obligé de se reposer, ce qu'il fit dans une attrape à loup qu’un Sauvage avoit fait, il y avoit déjà quelque temps, le lendemain au milieu de lasollicitude ou le mettoit son égarement il eut recours à feu M. Ollier auquel s'étant recommandé il poursuivit de marcher, et alors il alla droit au village, pour cela il croyoit devoir beaucoup à sa protection; pendant son absence les Sauvages avoient couru de toutes parts pour le chercher, étant de retour ils firent tous un festin pour remercier l'esprit de ce qu’il n’étoit pas mort dans le bois, il dit que pendant sa marche il s’étoit substanté de ces méchants champignons qui viennent autour du pied des arbres et il assure qu'il les trouva fort bons, tant il est vrai que l'appétit donne bon gout aux choses qui sont les plus mauvaises. En 1671, le même Missionnaire pensa périr par une autre disgrace, qui fut que venant au Montreal son canot tourna sous voile d’un gros vent-arrière, quasi au milieu du fleuve, mais par bonheur, encore qu’il ne sçut point nager, Dieu le préserva d'autant qu'il se tint si bien au canot qu'on eut loisir de le secourir, encore qu’on fut loin de lui. Cette dernière année, M. D'Urfé ayant fait quelque séjour à un village de notre Mission nommé Ganeraské, il prit résolution d'aller visiter quelques Sauvages établis à 5 lieues de là, pour voir s’il n’y auroit pas quelque chose à faire pour la religion, le lendemain de son arrivée une pauvre Iroquoise se trouva en mal d'enfant, or comme ces pauvres Sauvagesses sont A*
RE PM PRE ss. 2
extrêmement honteuses quand elle sont en cet état lorsqu'il y a des étrangers, cette pauvre femme se résolut sans en rien dire d'aller dehors sur les neiges pour enfanter, quoique dans la plus grande rigueur de l'hiver : En effet peu de temps après on entendit crier l'enfant, les femmes de cette cabanne toutes surprises y accoururent pour prendre cet enfant et secourir la mère, M. D'Urfé voyant que cette honte avoit produit un si facheux effet partit au plus vite pour retourner à Ganeraské, et laisser la cabane libre, mais le 3° jour il résolut de revenir à cette cabane avec quelques françois parce que sa chapelle y étoit restée, y étant de retour il trouva cette accouchée bien mal, les Sauvagesses lui dirent que depuis son départ elle avoit eu encore un autre enfant et qu’elle perdoit tout son sang ; trois quarts d'heure après la malade criant à haute voix à quelqu’une de ses compagnes— “ donne-moi de l’eau ” et elle mourut au même instant, aussitôt après celles qui l’assistoient la poussèrent dans un coin de la cabane comme une buche et jettèrent auprès d'elle ses deux enfans, tous vivans qu'ils étoient, pour être dès le lendemain matin enterrés avec leur mère ; M. D'Urfé qui étoit assez proche pour entendre mais non pas en commodité de voir ce qui se passoit, demanda ce que c'étoit et pourquoi on remuoit tant, les Sauvages lui dirent,—“ C’est que cette femme est morte,” alors ce M. ayant vu de ses yeux la perte de la mère il voulut garantir les deux enfans par le baptême, ce qu'il fit incontinant et fort à propos, car il y en eut un qui mourut la même nuit, l’autre se portant très-bien le lendemain un Sauvage le prit pour l’enterrer tout vivant avec sa mère, à quoi M. D'Urfé leur dit :—“ Est-ce là votre manière d'agir, à quoi pensez-vous ?”” Un d'eux lui répartit :—“*Que veux-tu que nous en fassions, qui le nourrira ?”’—Ne trouvera-t-on pas une Sauvagesse qui
8° l'allaitera ;” lui répliqua M. D'Urfé.—" Non,” lui répartit Ar le Sauvage. M. D'Urfé voyant ces choses demande la vie de l’enfant auquel il fit prendre quelque jus de raisin et quelque sirop de sucre de quoi il laissa une petite
= m nes rs En TC UCE 27 Se Ts. > DE or ere EE eE 7 =
168 provision afin d'assister cet orphelin, pendant qu'il iroit HOT D UE à Kexté, éloigné de 12 grandes lieues, chercher une Dr k int nourrice, mais il le fit en vain les Sauvagesses par une Lpnl rtit superstition étrange ne voudroient pas pour quoi que ce l la soit au monde allaiter un enfant d’une décédée. Ce : | | tie Missionnaire revenant voir son orphelin il le trouva mort AE ll] e y au monde et vivant à l'éternité, après avoir vécu de ces Mb 16e jus et sirop plusieurs jours. Voilà la misère dans la- | 4 alle sont réduits ces pauvres Sauvages, ce qui ne si : fl lle te as seulement sur les femmes qui sont enceintes f { ma” :l 4 meurt une grande quantité faute d'avoir de 0h ant! S— quoi se soulager dans leurs couches, mais aussi sur toutes PIE | ] int, les malades, car ils n’ont aucun rafraichissement, et un MAS À ons \ pauvre malade dans ces nations est ravi de la visite d’un el: VAE nés Missionnaire espérant qu'après l'instruction qu'il lui va % [Un nt, faire il lui fera présent d’une prune, de 2 ou 3 grains ‘a il bibl de raisin ou d'un petit morceau de sucre gros comme ed il dre une noix. ep (l de- “Nous avons eu de temps-en temps des adultes que ME les Dieu a tellement touchés dans leurs maladies, qu'après ü | te,” avoir obtenu le Saint Baptème ils sont morts entre nos 2 FE (à e il mains avec d’admirables sentimens de douleur pour leurs net w'il péchés passés ; où il est à remarquer que les Sauvages RER l qui n'ayant pas reçu comme nous cette grande grâce de l’é- fil en- ducation chrétienne, ils ne sont pas en récompense punis af ant comme nous à la mort de ce grand endurcissement qui se {l là . trouve ordinairement en nous pour lors, quand nous F qi | lui avons mal vécu ; au contraire, d’abord que les gens sont 15 4 \ le abattus du mal et par ce moyen plus en état de refléchir pi
qui sur le peu qu'est cette vie et sur la grandeur de celui qui ÿ
est ainsi le Maitre de nos jours, si la Providence dans ce temps le met entre les mains d'un Missionnaire, communément il meurt dans les apparences d'un grand regret de tout le passé. Il faut que je rapporte un exemple qui est arrivé cet année (1) sur ce sujet, aussi bien y a-t-il quelque chose d'extraordinaire qui mérite bien d’être mise au jour Un Sauvage un peu éloigné de nous et qui ne se soucioit guère de s'en approcher parcequ’il ne faisoit pas grand esfime de la religion, fut saisi cet hiver d'une maladie languissante et à la fin l’a conduit au tombeau, longtemps auparavant son décès il rêva dans son sommeil qu'il voyoit une belle grande maison à Kenté . toute remplie de Missionnaires et qu'un jeune d’entre’eux le baptisoit ce qui l'empêchoit d'aller brûler en un feu et le mettoit en état d'aller au ciel ; aussitôt qu'il fut réveillé il envoya à Kenté chercher un prêtre par sa femme pour le baptiser, M. d'Urfé ayant vu cette femme alla voir ce que c'étoit; le malade lui ayant dit la chose comme je la viens de rapporter, ilse mit à l’instruire fortement, ce que le malade écoutoit avec une grande attention ; après cela M. d'Urfé me vint trouver et j'y allai à mon tour, près de 8 mois durant nous lui fimes successivement tous deux nos visites, toujours ce malade nous écoutoit avec des oreilles si avides que nous étions extrémement touchés en l’instruisant, ce n’étoit que des regrets du péché, des déplaisirs d’avoir offensé Dieu et des soupirs pour son service, incessamment il nous demandoit le baptême afin d’être en état d'aller voir son Créateur mais toujours nous différions de lui conférer, soit à cause de la circonspection que nous y apportons, soit à cause des grands avantages que le malade tiroit de ses fervents désirs pour la préparation à recevoir ce sacrement ; Enfin après
OT 221 NEA NA NE ll ce beaucoup d'importunités sur le même sujet nous lui avons : qu nu- accordé ses souhaits, lorsque nous avons vu qu'il étoit pu ret temps de le faire, et depuis avoir été lavé de cette eau ra nl qui salutaire ayant édifié un chacun de ceux qui le voyoient f qi t-il pratiquer tant de beaux actes de vertu il est mort pour PIE i tre vivre plus heureux, allant au lieu des soupirs du dernier Jare 4} qui temps de sa vie ; de pareilles bonnes œuvres font la seule ME ï fai- ‘consolation des missionnaires parmi toutes les peines quise Aa a ver rencontrent dans l'instruction de ces pauvres abandonnés, % ll om- je les appèle ainsi même à l'égard de leurs âmes, parce- Lui l son que très-souvent ils n’ont pas pour le spirituel tont le LE EU nté secours qui leur seroit nécessaire, operaravy pauci missi LA eux vero multa (1). Nous avons 3 Villages dans cette étendue | fa a u et de notre Mission, sans compter les cabanes écartées. Il n’y k q || ; ré- pas un de ces Villages ou il n’y eut pour employer un Tr le em- bon Missionnaire. Nos principales occupations sont au- Th alla près des malades ou auprès des enfans qui écoutent vo- k 1 ime lontiers les instructions qu’on leur fait et même prient . | ent, bien Dieu en leur langue et se croient bien récompensés ñ 1 ! on ; si après leur instruction le missionnaire leur fait présent LA mon d’un pruneau ou d’une graine de raisin, ou quelqu’autre LS ive- semblable rafraichissement, ce qui nous sert comme les f + Fi ous agnus et les images servent en France à ceux qui y REA jl tré- font le cathéchisme. Les pères et les mères n’ont aucune } rets opposition à ce qu'on instruise leutrs enfans, au contraire 1 SOU- ils en sont vains et en prient même souvent les mission- je lil oit naires. Je suis obligé de rendre ce témoignage à la vérité, | eur que les Sauvages tous barbares qu’ils sont et sans les Ai | use lumières de l’évangile ne commettent point tant de ir des péchés que la plupart des Chrétiens.” | sirs Voilà un petit crayon de tout ce qui s’est passé dans ill brès notre Mission, autant que la mémoire me l’a pu fournir,
(1) Je ne comprends point ce lat. Et moi, je comprsend qu’on a du 4 AU écrire :—Operarii pauci, messis vero mulla. (J. V.) VE
car jamais je me suis appliqué à en faire aucune remarque, sachant bien que Dieu est une grande lumière et que quand il veut qu'on connoisse les choses qui regarde sa gloire, il feroit plustôt parler les arbres et les pierres Je ne me suis pas fort attaché à décrire les petites peines qu'ont pu ressentir les missionnaires de Kenté, ni les privations dans lesquelles ils se sont trouvés très-fréquemment depuis le temps que cette œuvre est entreprise : Ce que je puis ajouter à la lettre de M. Trouvé est que les missionnaires de Kenté souffriront beaucoup moins à l'avenir que par le passé, d'autant que Messieurs du Séminaire de St. Sulpice ont fourni le lieu de bestiaux, cochons et volailles et que Messieurs les Missionnaires ont transférés avec beaucoup de peines; Que si le Roi fait faire un jour quelque entreprise sur Nontario, comme le lieu semble l’exiger pour tenir les Iroquois dans la dernière soumission et avoir toutes leurs pelleteries qu'ils viennent faire sur nos terres et qu’ils portent par après aux étrangers, ceux qui seront commandés pour cette exécution et établissement pourront recevoir de grands secours spirituels et temporels tout à la fois de Kenté, par le moyen des travaux et dépenses que font Messrs. du Séminaire de St. Sulpice en ce lieu : Je ne nomme pas en cette histoire ceux de ce Séminaire qui font les dépenses du Montreal et de Kenté, quoique grandes et considérables, parce que je l’ose pas faire : que si ceux qui liront ceci le trouvent à redire, qu'ils trouvent bon que je me soumette à leur condamnation et que je n’encours point la disgrâce de ces Messieurs, qui auroient bientôt raturé leur nom, si je le voulois mettre sur le papier.
Ayant conclu cette Relation, on m'a fait voir la lettre qui suit, elle est écrite par M. De Courcelles et est adressée
mare et arde rres ines i les 1emrise :
que ins à | Séaux, aires
Roi mme as la eries t par pour ir de is de font
à Monsieur le Curé du Montreal (1) ; j'ai estimé à propos d'en mettre la copie ci-après, afin d’en sceler cette Histoire, par ce que j'ai cru ne pouvoir donner plus de poids et d'autorité aux vérités qui y sont renfermées qu'en usant d’une aussi digne main que la sienne pour faire connoitre quels sont ceux dont j'ai entrepris de parler.
« De Québec ce 25e 7 bre., 1672.
“ Monsieur le Comte de Frontenac étant arrivé (2), que le Roi a pourvu de ce gouvernement pour me venir relever, ayant eu mon Congé de la Cour pour m'en retourner, je me prépare à partir, et devant que de m’embarquer je suis bien aise de vous écrire celle-ci tant pour l’inclination que j'ai pour vous que pour tous vos Messieurs, à cause de la fidélité au service du Roi que j'ai toujours reconnu en vous, pour vous en témoigner ma reconnoissance.
“Je vous prie aussi de faire connoitre à tous nos habitans que je leur rends la justice qui leur est due, reconnoissant qu'ils ont toujours été prêts et des premiers, quand il s’est agi du service de Sa Majesté, et qu'ils aient à continuer comme ils ont commencé, je témoignerai à Messieurs les Ministres, quand l’occasion s’en présentera, que Sa Majesté a dans votre quartier de véritables et fidèles sujets.
“ Et comme je ne doute pas que les gens qui obéissent bien à leur Prince ainsi qu'ils le doivent, ne soient des Chrétiens dont les prières sont bien agréa-
(1) M. Gilles Pérot (d'après autographe), 2me curé de Montréal, du ter Septembre 1664 au 17 Juillet 1680, qu'on le trouva mort d'apoplexie dans le Jardin du Séminaire : c'est le ler prêtre inhumé dans la vieille église paroissiale, (J, V.)
(2) Commission enregistrée à Québec le 12 Septembre 1672. (J. V.)
bles à Dieu, conviez-les,s’il vous plaît, à le prier pour mon heureux retour en France, je demande cette même grâce à tous vos Messieurs que je crois qu’ils ne me refuseront pas, et à vous particulièrement, de qui j'espère toute assistance par vos bons suffrages, sur lesquels je vous assure je fonde mes meilleures espérances, en vous disant adieu je vous prie de croire que je serai toujours de cœur et d'affection, etc.”
“ Monsieur
Monsieur Perot curé du Montreal,
par Monsieur DE COURCELLES.
Vraie copie.
Montréal, Novembre, 11 à 26, 1845.
Js, Viger. L. J Papineau.
on ice nt asare leu
et