APPENDICES
No. I. p. 25.
Les Annales (MS.) de l'Hôtet Dieu de Montréal ont sur ce sujet des renseignements différents de ceux-ci et fournissent des détails que nos lecteurs pourront lire avec intérêt : les voici...
“ Made. de Bullion demeura édifiée et très-satisfaite de l'entretien de Melle. Mance (à sa 1ère. visite); la pria d'y retourner pour sa consolation, ce qu’elle fit plusieurs fois, et s’ouvrit enfin sur le dessein qu’elle avoit de fonder un hôpital dans la nouvelle Colonie : et que, puisqu'elle avoit assez de courage et de vertu pour y vouloir aller, elle la chargeroit de tout, pourvu qu’elle lui promit un secret inviolable ; ce qu’elle fit sur le champ...
“ Melle. Mance retourna voir Mde. de Bullion et lui dit qu’elle étoit disposée à exécuter toutes ses intentions, convaincue qu’elle étoit que Dieu la vouloit en Canada pour y prendre soin de son hôpital. Enfin le contrat se fit dans les formes, à la réserve qu’elle ne parut que sous le nom d’une personne inconnue quine veut point nommer d'autre que celle à qui elle confioit son secret; laquelle reçut comptant dans son tablier pour se mieux cacher et à plusi-trs reprises, —la somme de 60,0001iv. , sui quoi elle assigna 6 pension de 1000liv. à Mile. Mance, sa vie duiante. Elle lui donna en outre plusieurs bijoux de dévotion de grand DHL, 6L0rsrussrt
“ Elle chargea en outre la d. Delle. Mance de l’Administration du bien temporel du d. hôpital jusqu’à B*
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sa mort, ce qu'elle a exécuté avec beaucoup de peines à cause de ses maladies continuelles qui l’ont obligé de garder le lit plusieurs années de suite. Elle ordonna par son contrat que la pension de 1000liv. de Mlle. Mance retourneroit après sa mort à l'hôpital, qui a été fondé de mille écus de rente; que ce fonds seroit inaliénable, et que si à l'avenir l’Isle de Montréal venoit à périr par la guerre des Iroquois ou autres accidens, le d. fonds de 60,000liv., retourneroit à l'Hôtel-Dieu de Paris, qui jouiroit de la rente jusqu’au rétablissement du d. Montréal auquel elle retourneroit ”......... |
‘“ Mile. Mance reçut son argent, comme je l'ai dit, à plusieurs reprises ou payments, crainte qu'on ne sen apperçüt, ne pouvant pas tout porter à la fois. Elle m'a raconté elle-même plusieurs fois agréablement, qu'elle s’y faisoit porter en chaise et qu’un soir ses porteurs lui dirent :—“Mais! d'où vient, Mlle. que quand qus venez ici vous êtes moins pesante que quand vous en sortez? Assurément cette Dame vous aime et vous fait des présents. ”’—Ceci lui donna beaucoup de crainte d'être volée et peut-être tuée, ce qui lui fit fort prudemment changer de porteurs et aussi d'heure, pour aller voir Mde. de Bullion. Aussitôt qu'elle eut reçu toute la somme, elle la mit en fonds de rentes constituées, savoir : 2200liv. à l'Hôtel d'Angoulème, quiont porté peu de profit, et point du tout depuis plus de 30 ans, que les propriétaires sont morts et leurs biens vendus par décrêts : on nous fait espérer cependant que le fonds ne sera pas tout perdu, mais il ne produit plus de rente et on ne touche rien du fonds (1); ce qui obère notre pauvre hôpital notablement et l’auroit ruiné, si notre bon Roi ne l’avoit soutenu par seslibéralités, lui ayant donné
(1) Notre Annaliste écrit ceci en 1697. (J. V.)
1000liv. chaque année, depuis 12 à 13 ans. Mlle. Mance fit un autre contrat de 2200liv. sur M. le Baron de Renty qui les prit dans le désir de servir à cette œuvre qu'il aimoit et estimoit beaucoup, devant servir à la gloire de Dieu et au salut de plusieurs âmes dans le Canada. Il en a payé la rente 15 ou 16 ans, puis rendit le fonds qui a été employé à soutenir les dépenses de 100 hommes travailleurs et artisans que Messr. de St. Sulpice (1) envoyèrent et firent passer de France au Montreal en 1653, à quoi Mile. Mance consentit, à cause, comme elle s’en est déclarée plusieurs fois et même par écrit, qu’elle croyoit que, sans ce secours, l’entreprise du Montréal auroit péri et échoué entièrement, vû l’état où il étoit alors réduit ” RAS Ne “ Les 16,000liv. restant furent mis sur M. Desbordes qui en a payé la rente jusqu’aujourd’huy (Annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal” MS. de la Sœur Marie Morin.) J. V.
No. II. p. 33.
Voilà enfin la confirmation (que je cherche depuis longtemps) de ce qu’avance Charlevoix sur ce voyage à Montréal de M. De Maisonneuve, dès l’automne même de 1641, lorsqu'il dit, Tom. I. page 227 de son Histoire de la Nouvelle-France :— “ M. de Maisonneuve arriva à Québec” (en 1641) “ avec une fille de condition nommée Mademoiselle Manse ”...“le Chevalier de Montmagny et le Supérieur Général des Jésuites les conduisirent à Montreal ; et le 15 d'Octobre M. de Maisonneuve fut déclaré Gouverneur de l'Isle,” Les Sœurs Juchereau, Bourgeoys et Morin ne parlent point de ce fait, qu'on me dit être cité, pourtant, dans la Relation du P. Vimont (2).
(1) Non, mais MM. les Associés du Montréal. (J. V.)
(2) J'ai vu, depuis, cette Relation du Père Vimont.—Je l'ai copiée à la p. 107 et suivantes du T. II de “ Ma Saberdache, Lettre M.” C’est un article
No. III. p. 87.
Le ‘“ Château ” dont parle ici M. Dollier estle synonyme du Fort-à-bastions en bois que construisit M. de Maisonneuve peu après son arrivée, sur les plans et sous la direction de M. Louis D’Ailleboût de Coulonges (1). Tous les contemporains s'accordent à en fixer le site à la pointe, depuis appelée Pointe-è-Uallière, d'après le chevalier Hector de Callière, gouverneur de Montréal, de 1684 à à 1699, qu'il devint Gouverneur général. “ La Maisondu-Fort de M. de Chomedey (2),” dit la Sœur Morin, “a subsisté l’année 1682 ou ’83, qu’on acheva de la démolir, quoiqu'elle ne fût que de bois, où est à présent la Maison de M. de Callières (3), notre gouverneur d’aujourd'huy. (1697).”
Nous avons pu voir dans notre jeune temps les traces de cette ancienne Maison fortifiée, à la Pointe à Callière; elle avait été bâtie en pierre par son propriétaire, concessionnaire du site qu’elle avait occupé par acte notarié du 2 juillet 1688. On l’appelait le Chäüteau-Callière, tant à cause de ses ailes servant de bastions, que de l'Hôte qui l’habitait; on en voit le plan con-
out-à-fait intéressant, que le petit voyage à Montréal du P. Vimont et de ses compagnons en 1642. Je déclare ostrogoth quiconque ne le lira pas avec plaisir. 1846. (J. V.)
[Nous avons cru devoir laisser cette note dans son intégrité. Elle montre d'abord le travail de revision et de correction auquel se livrait le Commandeur Viger ; elle fait voir ensuite, qu'à l'époque où il a commencé à annoter cette Histoire on n'avait pas encore tous les renseignements que nous donnent aujourd'hui la réimpression complète des Relations. M. Viger en avait copié les plus rares]
(1) Voyez aussi page 50.
@ Autrement, le “ chateau de M. Dollier.” (TJ. V.) (3) I signait Callière ; j'ai son autographe. (J. V.)
les inte pro- “upé it le bascon-
et de savec
ontre Comncé à s que s, M.
servé dans toute son intégrité, aux plans de Montréal de 1723 par M. de Catalogne, et de 1761, par M. P. Labrosse.
No. IV. p. 39.
Champlain est venu plusieurs fois à Montréal et a même dressé une carte du lieu (1), où il indique, à ne s’y pouvoir tromper, la Pointe-à-Callière comme point de son 1er débarquement et de son ler séjour. Il bâtit quelques cabanes pour la traite, y sema des graines de jardin et y éleva une petite muraille en briques. Il remarqua à 20 toises de cette Pointe un petit îlet d'environ cent pas de long. Il appelle “ Place Royale,” maïs jamais Mont-Royal ou Mont-Réal le coin de terre qu’il défricha et habita ; et il estimportant, ce me semble, pour l'intelligence des événements historiques de l’époque de Champlain, de bien se rappeler que dans l'itinéraire des navigateurs de ce temps, un “ Voyage à Montréal,” était appelé un “ Voyage au Grand Sault St. Louis.” Aussi tard enfin que 1663, on lit à l'acte notarié du 9 Mars, par lequel les Associés de Montréal font donation de cette Ile au Séminaire de St. Sulpice de Paris:—"“ l'Isle de Montréal, située en la Nouvelle-France sur la Rivière St, Laurent au Sault St. Louis, sous le 44e degré, etc.” (2)
dr Ne No. V. p. 118.
Le document suivant a le mérite de relever deux erreurs du R. P. De Charlevoix. Cet estimable historien semble fixer au 1er Sept. 1656 le combat où le P. L. Gar-
(1) Dans son voyage de 1611, (T. V.) ( Voir Edits et Ordonnances, Vol. [, page 82. (J. V.)
reau fut b...sé à mort, et son décès au 4. Le Registre de Paroisse contredit ces deux faits, et voici comment :—
“ Anno D. 1656, die 2 Septembris, circà undeciman “ noctis horam, animam Deo reddidit P. Leonardus Gar- “ reau, Sacerdos Societatis Jesu, omnibus sacramentis mu- “ nitus, glande plombæà percussus ab Irocæis die 30 ‘“ Augusti, dm Evangelii prædicandi causà Superiores “ Regiones peteret. Vir eximiis Dei donis et virtutibus “ prœditus. Postridie per me Claudium Pijart ejusdem “ Societatis Jesu Sacerdotem sepultus est in Cæmeterio, “ Loco Sacerdotibus designato.” (Extrait.)
Ji. V, No. VI. 127.
Si l’on en devait croire M. Dollier sur son récit, ce petit voyage de nos deux hospitalières de Québec n'aurait rien que de bien naturel et de bien innocent, et M. de Maisonneuve comme Mlle. Mance auraient été joliment mystifiés. Ce voyage de nos RR. Mères de la Nativité et de St. Paul se présente pourtant sous un bien différent aspect à l'esprit du lecteur, quand il voit le motif qu’en donne la R. Mère Juchereau de St. Ignace dans son “ Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec,” ouvrage publié en 1754 avec l’approbation sans doute de sa Communauté, et toute mystification disparait à la lecture de ce que disent sur ce même sujet les “ Annales MS. de l'Hôtel- Dieu de Montréal” Confrontons nos auteurs avant de prononcer et consultons pour cela, ma “ Notice historique sur l'Abbé de Queylus.”
No. VII. p.134.
M. L'Abbé Faillon, Ptre. de St. Sulpice de Paris, a publié, pour la 1ère fois peut-être, en 1841, la “ Déclaration
pution
de Melle. Jeanne Mance ” par elle écrite et signée, comme il y est dit in fine, —“ de la même main dont j'ai reçu l'usage.’ —Elle porte la date du 13 février 1659. C’est la 2e attestation de cette demoiselle qui en avait donné une première le 24 du même mois, jour du miracle. (Voir “Vie de M. Olier,’ Paris, Poussielgue-Rusand, 1841, Tome II, p. 518.)
Ut No. VIII. p. 150.
ExTRAIT du Registre de la Paroisse de Montréal.
“1660, Juin 8. Nous avons reçu nouvelles par un Huron “ qui s'étoit sauvé d’entre les mains des Iroquois qui l’a- “ voient pris prisonnier au combat qui s’étoit fait huit jours ‘“ auparavant entre les d. Iroquois qui étoient au nombre “ de 800 et 17 François de cette Habitation et 4 Algon- #“ kins et environ 40 Hurons, au pied du Long-Sault (1), “ que 13 de nos François avoient été tués sur la place “et 4 emmenés prisonniers, lesquels du depuis nous “ avons appris par 4 autres hurons qui se sont sauvés “ aussi, ont été cruellement brûlés par les d. Iroquois en “ leur pays. Or les noms des d. François étoient :
“ Adam Daulat (2), commandt., Jacques Brassier, Jean Ta. “ vernier d. Lacochetière, armurier, Nicolas Tiblemont, ser- “ rurier, Alonce De L'Estre, chaufournier, Laurent Hebert “ dit la Rivière, Nicolas Josselin, Robert Jurie. (Nous avons “ appris qu'il s’est sauvé par les Hollandois et retourné “ en France,) Jacques Boisseau, Christophe Augier d. Des- “ jardins, Etienne Robin dit Desforges, Jean Le Compte, “ Louis Martin, Jean Valets, René Doucin, Frs. Crusson d. “ Pilote et Simon Grenet.”
(1) Rivière des Outaouais. (J. V.) (2) Adam Dollard, Sieur Desormeaux. (J. V.)
Je remarquerai qu'après inspection du Registre, j'ai pu constater que Dollard était un jeune homme de 25 ans et que tous les autres, à l'exception de deux qui avaient 30 et 31 ans, étaient des jeunes gens de 21 à 27 ans au plus. N'est-il pas extraordinaire que Charlevoix n'ait rien dit de cet étonnant fait d'armes ? Les Jésuites en parlent amplement dans leur “ Relation de 1559- 1660,” par le P. Lalemant.
No. VIII. bis, p. 151.
M. Viger avait commencé sur la maison de Ste. Marie une note qu'il n'a pu terminer. Pour y suppléer nous empruntons à l'Histoire de la Colonie Française en Canada t. II, p.387, le passage suivant: ‘“ M.de Queylus, avant “ son départ du Canada, avait établi les maisons de St, “ Gabriel et de Ste. Marie. S'il fit construire cette dernière “ dans un lieu éloigné de plus d’une demi-lieue de Ville. “ Marie, et par conséquent si exposé aux pilleries des Jro- “ quois, c’est qu'apparemment il y avait-là des grands es- “ paces de terres, défrichées autrefois, probablement par “les sauvages du village de Tutonaguy, dont parle Jac- “ ques Cartier, et qu’on pouvait les remettre en culture “ plus aisément et avec moins de dépenses ; car le village “ de Tutonaguy semble avoir été situé dans le lieu même “de Ste. Marie (aujourd’hui en dehors de la barrière du “ Pied-du-Courant), puisque, d’après Cartier, ce village “ était environ à deux lieues au-dessous des Chutes d’eau, “ appelées ensuite de la Chine, ce qui convient très-bien “ à la position de Sainte-Marie.”
Ajoutons à cela que M. Faillon rapporte aux terres de St Gabriel et de Ste. Marie ce que M. Dollier dit à la page 128, et que le nom de la rue Ste. Marie vient évidemment de celui de la Maison du Séminaire.
; j'ai le 25 qui à 27 voix uites
Marie nous inada ivant le St.
nière Villes Jrols espar Jac- Iture llage ême re du llage l’eau, -bien
es de à la évi-
No. IX. p. 161.
Pas tout-à-fait comme cela. M. l'Abbé de Queylus, qui ne voulait pas reconnaître ici l'autorité de Mgr. de Pétrée, mais y maintenir celle de l’Archevêque de Rouen dont il avait des lettres de Grand-Vicaire, repassa un peu malgré lui, en France, dans l'automne de 1659. Il y était à peine arrivé, que le Roï lui fit l'honneur de lui écrire la lettre dont suit copie, conservée aux Archives du Diocèse de Québec :—
“ M. l'Abbé de Queylus.—Ayant esté informé que “ vous faisiez estat de partir au plus tost par le premier “ vaisseau pour retourner en Canada, et ne désirant pas “ pour bonnes considérations qus vous fassiez ce voyage, “ je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon inten- “ tion est que vous demeuriez dans mon royaume vous “ défendant tres-expressement d’en partir sans ma per- “ mission expresse à quoy m'assurant que vous satisfe- “ rez : Je ne vous ferez la présente plus longue que pour “ prier Dieu qu’il vous ait M. l'Abbé de Queylus en sa “ sainte garde.
“ Ecrit a Aix, ce 27 fevrier, 1660.
(Signé) “ LOUIS.”
et plus bas— (Signé) ‘“ LE TELLIER.” Ceci ressemble à une lettre de Cachet, à laquelle il ne convenait guère, pour un homme de la robe de l'abbé, de ne pas se soumettre. Il ne le voulut pas, néanmoins, car le .3 août 1661, M. de Queylus était à Québec, en dépit de la défense du Roi. Mgr. de Pétrée sachant son arrivée lui fit signifier, dans les formes ecclésiastiques, de ne pas passer outre jusqu’à la venue du
rochain vaisseau de France, et de n’aller pas surtout à P P &
dé mi
ne
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Montreal, — sans nostre permission, sous peine de desobeissance et de suspentions ab officio Sacardotis, encourue ipso facto” .—Lettre du 5 août.
L'Abbé était en trop beau chemin pour s'arrêter, il partit, mais de nuit, pour Montréal, et l'Evèque lui écrivitle 6 août, 1661 : ...‘“ Et d'autant que depuis nostre ‘“ Ordonnance Nous avons appris que non seulement “ vous vous disposez à partir au plus tost, mais en- “ core que le jour d’hyer cinquiesme aoust, vous vous “ estes embarqué de nuict, nous vous réiterons les deffen- “ses cy dessus, et au cas que vous ne retourniez a “ Quebec pour y recevoir nos ordres et y obéir, nous vous “ declarons suspens ab officio sacerdotis, encourue ipso fac- ‘to que vous passerez outre.
“ Ce sixieme Aoust mil six cent soixante et un.” (Signé) ‘“ FRANÇoIs.” ‘“ Evesque de Quebec.”
Il repartit pour France le 22 octobre 1661, sur Lettre de cachet adressée, dit l'Abbé de la Tour, au Baron du Bois d'Avaugour, Gouverneur général (1)
No. X. p. 172.
Marie des Neiges est la première fille iroquoise baptisée
à Montréal. Voici les entrées faites au Registre de Paroisse sur le baptême et le décès de cette enfant sauvage, “1658, Août 4.—A esté baptisée Marie, fille de Totinataghé- “ Agnoron, ce qui signifie les deux Villages, et de Teon- “ nhetharay, qui veut dire 1/ y a des Pins, ses père et mère,
(1) «M. l'Abbé de Kélus reçut l'ordre de retourner en France, qu'on lui fit signifier à Montréal par un commandant et une escouade de soldats.” {Abbé de Belmont).
tisée
Parage.
œhé-
eonhère,
on lui dats.”
“ ]laquelle mère étant venue en ce lieu au retour de sa “ chasse avec d’autres Sauvages de son Village, a donné “ volontairement sa ditte fille, âgée d'environ 10 mois à “ M. de Maison-neufve, Gouverneur de ce lieu, pour en “ disposer comme de sa propre fille, lequel l’a acceptée “ en cette qualité ; et la ditte mère ayant, quatre jours “ après, la d. donation et acceptation confirmé, promet- “ tant de ne la redemander jamais, il l’a fait baptiser et “en a esté le parain, et la maraine, Damelle. Eliza- “ beth Moyen, femme du Sieur Lambert Closse, Sergent- “ Major de la garnison. La dite fille âgée d'environ neuf “ mois.”
“ 1663, Août, 11.—A esté enterrée Marie surnommée “ des Neiges, âgée de 5 ans et 10 mois, prise à la Congré- “ gation. Elle étoit Agnierone. Donnée pour fille à “ M. de Maisonneufve par sa mère, à l’âge de 10 mois.”
No. XI. p.177.
L'Histoire du Montréal nous révèle ici un fait ignoré jusqu’à présent (1845). Sur l'affirmation de Charlevoix (Tom. ler p.407, édit. in 4to.) on avait cru que M. de Maisonneuve s'était retiré de lui même et que son successeur immédiat avaitété M. Perrot. M. Dollier nous apprend le contraire, sans cependant nous donner assez de détails pour nous permettre de trancher la question. Il faut donc l’examiner.
D'abord, il est certain, comme nous le ferons voir dans un travail que la Société Historique publiera bientôt, que M. de Maisonneuve a souvent été remplacé dans le gouvernement de Montréal pendant les voyages qu'il faisait en France. Ainsi M. D’Ailleboust le remplaça en 1652, M. Closse en 1657, M. Dupui en 1662, Le remplaçant
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prenait ordinairement le titre de Commandant ; cependant M. D'Ailleboust est désigné comme Gouverneur.
[Par lettre patente du 13 Février 1644, le Roi avait ratifié l'acte de cession de l'Isle à la Compagnie de Montreal, consenti par M. Jean de Lauson le 7e août 1640, et celui de confirmation de la dite cession par la “ Compagnie des Cent Associés,” du 17 décembre suivant. Ces lettres de ratification donnaient en même temps aux Associés du Montréal la justice de l'Ile et“ le pouvoir de nommer le Gouverneur de la nouvelle colonie et d'y avoir du canon, etc”. Ce pouvoir fut librement exercé jusqu'en 1663, et M. de Maisonneuve remplacé quelquefois, comme nous venons de dire, fut tout le temps gouverneur de Montréal; mais en 1663, M. de Mesy ôta au Séminaire et la Justice et le droit de nommer le gouverneur : M. de Maisonneuve reçut de nouveaux pouvoirs (1) pour Montréal, de M. de Mesy avec cette clause “ qu'ils cesseroient quand M.de Mesy le jugeroit conve- “ nable”. À
Enfin au mois de J'uin 1664 M. de Mesy nomma M. de Latouche (2) à la place de M. de Maisonneuve ‘“ et “ fit commandement à celui-ci, dit la Sœur Morin, de “ retourner en France, comme étant incapable de la “ place et du rang de gouverneur qu'il tenoit ici... . “ Il repassa en France.”
Il ne paraît pas, cependant, que M. de Maisonneuve ait obéi immédiatement. M. Dollier ne met son départ qu'en 1665, et on voit son nom à certains actes des registres de la paroisse de Montréal aux dates du 6, du 18 et
(1) Commiseion du 23 Octobre, 1863.
(2) Etienne Pézard de la Touche, Seigneur de Champlain. De lui sont venus les La Touche de Champlain, dont quelques-uns ne s’appelèrent que Champlain et cerurent avoir des rapports de parenté avec l'illustre fondateur de Québec. La commission du gouverneur de Montréal est du 21 juin, 1664.
du 20 avril, 1665. Le titre de gouverneur de Montréal lui est conservé dans ces actes. Ila pu être encore à Québec lors de la mort de M. de Mesy, 5 mai 1665.
Il semblerait que l’administration de M. de Maisonneuve doive se terminer au 21 juin 1665. Ce n'est pas cependant ce que Charlevoix donne à entendre. Cet historien ne parle ni des indignités prodiguées à M. de Maisonneuve, ni de la commission donnée à M. de Latouche en violation flagrante du droit incontestablement admis à la “ Compagnie du Montreal ” par la lettre de ratification du Roi. “ Il se fit alors (1670,) “ dit-il quelques changemens par rapport au Gouverne- “ ment de Montreal. M. de Maisonneuve ayant souhaité “ de se retirer, M. de Bretonvilliers Supérieur Général du “ Séminaire de St. Sulpice, x#omma de droit pour le rempla- “ cer M. Perrot, qui avoit épousé la Niéce de M. Talon. Ce “ nouveau Gouverneur jugea que la Commission d’un “ Particulier ne lui donnoit pas un caractère qui con- ‘ vint à un Officier du Roy, et craignit peut-être que les “ services qu'il rendoit dans ce poste ne lui fussent pas “ pas comptés. Î demanda donc et obtint des Provisions de “ Sa Majesté, où il étoit expressément marqué, qu’elles avotent “été données sur la nomination de M. de Bretonviiliers.”
Telle est la version de Charlevoix qui tend à établir que M. de Maisonneuve a été gouverneur sans interrupdepuis 1641 jusqu’à 1670. Voyons celle de M. l'abbe Faillon (1): “Un des premiers actes de M. Talon “ ce fut de rendre au séminaire la justice de l'île de “ Montréal. On lui rendit aussi le droit de nommer le « gouverneur, et sur le choix que fit M. de Bretonvilliers “ de la personne de M. Perrot {M. de Maisonneuve étant
(1) Vie de la Saur Bourgeois T. 1. pp. 174-175. M. Viger n'a pas eu connaissance de L’/isloire de la Colonie lirançaiseen Canada.
“ trop âgé pour retourner en Canada), le roi expédia des “lettres pour ce gouvernement en declarant qu'il “ vaquait alors par la démission de M. de Maisonneuve (1); “ ce qui donnait à entendre que la nomination du Sr. La- “ jouche était nulle, comme contraire au droit des Sei- ‘“ oneurs.”
Peut-on maintenant dire que M. de Maisonneuve, eut pour successeur M. de Latouche ? Je ne le crois pas... Quelques recherches que j'ai faites au Registres de Paroisse, et laissé faire au Greffe de cette ville par le patient M. U. Beaudry, on n’a trouvé nulle part le nom de M. de Latouche, ni comme simple particulier, ni comme gouverneur, de 1664 à 1670. Aucun acte d'administration de sa part n’est encore venu au jour. Il n’a donc pas succédé à M. de Maisonneuve, selon moi au moins, et je ne saurai le qualifier de 2me Gouverneur de Montréal (2).]
Mais puisque M. de Maisonneuve était absent, et qu'il fallait à Montréal une autorité pour maintenir l’ordre, sur qui les fonctions de Gouverneur sont elles retombées ?
Non pas sur M. de Latouche. Sa commission était du 20 Juin 1664, etle 18 Juillet de la même année M. Souart présentait au Conseil Souverain la copie des pièces qui établissaient les droits du Séminaire. Il est assez probable que le Conseil ne voulut pas troubler M. de Maisonneuve jusqu’au moment de la production des originaux. Mais suivant M. Faillon, M. de Tracy aurait destitué M. de Maisonneuve dès le mois d'Octobre 1665 et nommé à sa place M. Zacharie Dupui. La commission de ce dernier porte cependant : “ Ayant permis à M.
(1) Archives de la Marine, Registres des Pépêches, 1671, fol 52. (2) Extrait du MS. intitulé : Gouvernement el Gouverneurs de Montré!, par J. Viger. Cet opuscule sera prochainement publié,
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Lve, le au de uvé ple Auent ive, 2me
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“ de Maisonneuve Gouverneur de Montréal de faire un “ voyage en France pour ses affaires particulières, nous “ avons jugé ne pouvoir faire un plus digne choix, pour ‘commander en son absence que la personne du Sr. Du ‘© Puis” (1).
Nous avions déjà constaté nous même que M. Dupui fût Commandant à Montréal. Il portait encore ce titre en 1668 à son contrat de mariage devant Rageot, le 22 octobre. °
Mais en 1669, le commandement parut dévolu à M. de Lamotte (Greffe des Audiences, 1669) (2), qui le possédait encore le 10 mars 1670, où il est qualifié, dans le contrat de mariage du Sr. Abraham Bouat, de: ‘“ Noble homme Pierre de St. Paul, Sieur de la Mothe, Commandant de cette isle.”
Il est probable que M. de Lamotte fut le dernier remplaçant de M. de Maisonneuve, les droits de ce dernier se trouvant implicitement reconnus jusqu’à la nomination de M. Perrot. |
Il n’est peut être pas inutile de dire que ce dernier prit d’abord lui aussi le titre de Commandant du lieu jusqu’en 1671, qu'il reçut une commission royale. En même temps on voit “ Messire Sidrac Du Gué” s’appeller tantôt Commandant de ce lieu, tantôt Commandant des Armes du Roi.
No. XII. p. 187.
Voici une anecdote qui trahit notre auteur en nous faisant connaître que l’Ecclésiastique dont il nous cèle ici le nom avec tant de modestie et de circonspection, était
(1) Histoire de la Colonie Française, T. IL, p. 111. (2) Dès le (4 janvier 1669, M. Dupui est désigné par son ancien titre de ‘ Major de ce lieu” (Reg. de la Paroisse.)
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