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M. Dollier de Casson, lui-même. Voici comment j'établis ce fait.
M. Grandet, curé de Ste. Croix à Angers, a laissé une Notice manuscrite sur M. Dollier : j'en ai une copie et je lis ce qui suit :
“ Sa charité éclata dans le service qu’il rendit aux “ troupes françoises en qualité d'Aumônier dans la guerre “ d'Agnié (1). Ce fut à peu près dans ce tems là qu'il fit “ un acte de la charité la plus héroïque et digne d’une “ mémoire éternelle Un soldat s’étoit enfoncé dans la “ glace sur le lac Champlain et étoit prèt à se noyer. Le “ trou dans lequel il étoit tombé étoit de très-difficile “ abord ; les glaces étoient foibles et fort rompues par les « efforts que faisoit ce soldat pour se sauver, personne “ n’ôsoit se commettre à un si grand péril, pour l'en dé- “liver. M. Dollier seul, armé du signe de la Croix, lui “ tendit généreusement le bras, s'avançant sur le bord “ du précipice ; et Dieu lui donna, comme par miracle, &“ toute la force, la dextérité et la vitesse nécessaires pour « le tirer de l’eau.”
M. Grandet dit en outre de M. Dollier :—“ Qu'il avoit “ une taille avantageuse et une force si extraordinaire «“ qu’il portoit deux hommes assis sur ses deux mains.”
Encore :—"* Qu'avant d'entrer dans les Sts. Ordres”. il « suivit le parti des armes, fut Capitaine de Cavalerie, « servit sous le Maréchal de Turenne, et s’acquit par sa “ bravoure l'estime de ce grand Général d'armée.
No. XIII. p. 160.
ExrraiTs du Registre de la Paroisse poux 1661.
“ 1661, Mars, 28.—Vincent Boutereau, Sébastien Du “ Puy, Olivier Martin, Pierre Martin dit Larivière ont
(1) Expédition de M. de Tracy en 1666,
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“ été enterrés, tués le 24 par les Iroquois,—et Michel “ Messier, Pierre Cannin dit Le Grand Pierre, Pierre “ Pitre, hollendois, et Jean Millet, emmenés prisonniers “ le dit 24 Mars.”
“ Du depuis, nous avons appris que les Iroquois ont tué “ le Grand Pierre, que Pitre s’étoit sauvé d’entre leurs “ mains, et comme on ne l’a pas revu ici, il y a apparence “qu'il est mort dans les bois, et qu’ils ont tué Jean ‘“ Millet à coups de bâtons.”
“1661, Août, 24. Jean Pichard, tué à la Pointe St. ‘“ Charles.”
4 Août, 29. Messire Jacques Le Maître, prêtre, ‘“ Econôme du Séminaire, et Gabriel Rié, tués. Les Iro- “ quois ont emporté la tête de M. Le Maître. Enterrés “ tous deux le 80 Août.”
À Septembre, 28. François Bertrand, Sr. de la Freminière, soldat, tué par les Iroquois.”
No. XIV. p. 165.
EXTRAIT des Registres de la Paroisse.
“1662, Mars, 13. Nous avons recu nouvelle par des “ lettres du R.P. Lemoyne, estant en mission à Onontaghé, “ que Messire Guillaume Vignal qui avoit été pris par les “ Iroquois à l’Isle-à-la-pierre, le 25 Octobre dernier “ (1661), a été tué par eux deux jours après,” (c’est-à- “ dire le 27 ), “et que le Grenadier Claude de Brigard, ‘“ Soldat et Secrétaire de M. le Gouverneur, qui fut “ pris en la même occasion, âgé de 80 ans, a été cruelle- “ ment brûlé par eux dans leur Village.”
EXTRAIT des Annales de l Hôtel-Dieu de Montréal.
“ Vers la fin de l’année 1661, M. Vignal fut tué par les “ Iroquois, à demi-lieue de ! Habitation, en un lieu appelé “ l'Isle-à-la-pierre, où il étoit allé afin d’en tirer d’une car-
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“ rière qui est en ce lieu-là, pour bâtir le Séminaire, dont il “avoit été fait éconôme après la mort de M. Le Maitre. “M. Vignal ne fut pas seulement tué, mais ces malheu- “reux firent rôtlir ce qu’il avoit de chair en son corps et la “mangèrent” (MS. de la Sœur Morin, 1697)
No. XV. p. 177.
C'est au Fief St. Joseph de nos jours, alors propriété de l'Hôtel-Dieu et maintenant celle de l’'Hon. F. A. Quesnel, que Rolin Bazile fut tué, et Guillaume Jérome blessé à mort par les Iroquois, le 24 avril 1665, et que Jacques Petit et Montor furent pris et emmenés par ces Sauvages, le même jour. Les Annales de l'Hôtel-Dieu disent à cette occasion.
“ Malgré toutes les caresses des Iroquois prisonniers “ dans notre hôpital, leur Nation ne laissa pas de faire “ coup à St. Joseph, qui ne faisoit que commencer à s’éta- “blir. De 4 travailleurs que nous y avions il en prirent “ deux, en tuèrent un sur la place et blessèrent l’autre à “mort: cela dans le désert qui étoit encore bien petit “ et tout proche de la cabane où étoit le bonhomme Joi- “ neau (1), qui apprétoit le diner comme Maître de la mai- “son. Il eut la présence d’esprit de ne point sortir de- “ hors, mais au contraire ferma sa porte et se mit en devoir “ de se défendre, montrant les armes aux ennemis, qui “ n’osèrent l’attaquer par un effet de la providence de “ Dieu toute pure. Quand on vint sonner la cloche et “ qu'on dit que les ennemis étoient à St. Joseph, je n’eus
(1) “ C'étoit un vieux garçon, assez dévot, dit la Sœur Morin, qui s’étoit ‘ donné à nous vers 1661, avec ce qu'il avoit de bien, savoir : 15 arpents « de terre dont la moitié en valeur, une petite grange de bois et une cabanne “ sous terre, dont la cheminée étoit une souche pourrie : plus, une vache et “un cochon. (J.V.)
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“ point d'envie de monter au clocher... On dit d’abord “ que tout étoit pris et tué, etla maison pillée. La mort du “ bonhomme Joineau touchoit nos Sœurs plus que tout le “ reste, par reconnaissance du bien qu’il leur avoit déjà “ fait et qu’il leur pouvoit faire encore en prenant soin de “ leurs travaux, et d’un autre côté, pour sa vertu et ses “ bonnes qualités... Joineau vint lui-même apporter “la nouvelle qu'il n’étoit ni pris, ni tué, et que la maison “ étoit encore en son entier, les ennemis n’y étant point “entrés. Il en sortit à la faveur de ceux qui étoient venus ‘au secours dont la vue avoit fait retirer les ennemis... “ Joineau redemanda d’autres travailleurs pour retourner “avec lui à St. Joseph, ne perdant pas courage pour cette “ perte et le péril qu’il avoit couru. On lui donna 4 autres “hommes, en leur recommandant de se tenir mieux sur “leurs gardes.” (MS. de la Sœur Morin.) J. V.
No. XVI (1). p. 15.
ConNCESsION par la Compagnie de la N.F. de l'Ile de Montreal en faveur de Me. Jacques Girarä, Seigneur de la Chaussée.
15 Janvier 1636.
La Compagnie de la Nell France à t. pres. et à venir Salut—Le désir que nous avons d’accroitre la colonie en la Nelle France nous faisant recevoir ceux qui peuvent nous assister en cette louable entreprise et voulant afin de les y inciter davantage, les gratifier de quelque portion des terres à nous concédées par le Roy après avoir été certifié des bonnes intentions de Messire Jacques Girard Chevalier, Seigneur de la
(1) C'est par erreur qu’à la page 166 on a oublié de mettre bis à la refé. rence XVI. Pour cette note, voir plus loin No. XVI bis.
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Chaussée, à iceluy pour ces causes et autres à ce nous mouvans et en vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté avons donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes l'étendue et consistance des terres ainsi qu'il en suit.— C’est à savoir l'Ile de Montréal située en la Nouvelle France dans la rivière St. Laurent au dessus du Lac St. Pierre pour en jouir par le dit Sieur de la Chaussée ses successeurs ou ayant cause en toute propriété, justice et seigneurie à perpétuité tout ainsi et à pareil droit qu'il a plu à Sa Majesté donner le pays de la N'lle France à la d. compagnie à la réserve toutefois de la foi et hommage que le dit Sieur de la Chaussée ses successeurs etayant cause seront tenus de porter au Fort St. Louis de Québec, ou autre lieu qui sera désigné par la dite Compagnie par un seul hommage lige à chaque mutation de possesseurs des dits lieux avec une médaille d'or du poids de mi-once et le revenu d’une année de ce que le dit Sieur de la Chaussée se sera réservé après avoir donné en fief où à cens et rentes tout ou parties des dits lieux.........ressortiront pardevant le Prevost ou bailliff qui sera établi par la compagnie en la rivière des prairies et par appel au Parlement du dit lieu que les hommes que le dit Sieur de la Chaussée et ses successeurs feront passer en la N£lle France tourneront à la décharge de la Compagnie et seront réputés du nombre de ceux qu’elle y doit faire passer selon l'Edit de son Etablissement et à cet effet ceux qui en feront les embarquements seront tenus de faire tous les ans au Bureau de la Compagnie le rôle des hommes qui s’embarqueront dans les vaisseaux pour aller au dit pays, afin que la dite compagnie en soit certifié sans toutefois que le Sieur de la Chaussée ses successeurs ou ayant cause ni aucuns qu’ils auront fait passer au dit pays puissent traiter avecles Sauvages des peaux autrement qu'aux condi-
tions du dit Edit et en cas que le dit Sieur veuille faire porter à la dite étendue de terre quelque titre et nom plus honorable il se retirera à cet effet pardevant le Roy et Monseigneur le Cardinal de Richelieu pair de France, Grand Maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de ce Royaume pour lui être pourvu conformément au dit Edit. Mandons au Sr. de Montmagny, chevalier de l’ordre de $t. Jean de Jérusalem, Gouverneur pour la dite Compagnie sous l'autorité du Roy et de mon dit Seigneur le Cardinal Duc de Richelieu de Québec et des autres lieux et place étant sur le fleuve St. Laurent que de la présente concession il fasse et souffre jouir le dit Sr. de la Chaussée, lui assignant les bornes et limites des clauses ci dessus ainsi qu'il appartiendra.
Fait en l'Assemblée générale de la Compagnie de la Nelle France tenue à Paris en l'Hôtel de M. de Lauzon, Conseiller du Roy en ses Conseils, Intendant de la dite Compagnie—le 15e jour de Janvier 1636.
Extrait des délibérations de la Compagnie signée par moi À. CHEFFAULT Secrétaire.
TRANSPORT de la concession ci-dessus et de l’autre part à Mess. Jean de Lauzon—30 Avril 1638.
Aujourd’hui #st comparu pardevant les notaires, gardenotes du Roy * . son Chatelet de Paris soussignés Jacques Girard, Escuyer Sieur de la Chaussée et de la Callière demeurant ordinairement à la Gilardie pays de Poitou,lequel a reconnu et confessé et déclaré n'avoir prétendu et ne prétendre aucune chose en la concession qui luy a été faite le 15 du mois de Janvier 1636 au dit pays de la Nelle France, de l'Ile de Montréal, située au dit pays de la Nell France, moyennant et aux charges amplement déclarées et mentionnées en la dite conces-
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sion estet appartient à Messire Jean de Lauzon, Conseiller du Roi en ses Conseils d'Etat et directeur de ses finances, n'ayant le dit Sieur de la Chaussée accepté la dite concession que pour faire plaisir et prêter son nom seulement au dit. Sieur de Lauzon en la possession duquel elle est toujours demeurée et en tant... Il fait la présente déclaration et transport de la dite Concession terres et droits y mentionnés au dit Sieur de Lauzon et le subroge en son lieu et droits noms, raisons, actions sans toutefois aucune garantie pour en jouir et disposer par le Sieur de Lauzon, ses hoirs et ayant cause comme de sa propre chose et à lui appartenant et acceptant pour le dit Sieur de Lauzon Maître Nicolas Hardin garde et juge de la monnoie de Paris et demeurant en la dite Monnoie, paroisse St Germain de l’Auxerrois à ce présent, promettant, obligeant &c., renonçant &c.
Fait est passé à Paris en l'Etude des Notaires Soussignés l'an mil huit cent trente huit le trentième jour d’Avril avant midiet ont signé—ainsi—-JACQUES GIRARD HarpiN—HuanrT et HAGUENIER Notaires,
DonarTion et transport de la concession de l'Ile de Montreal par M. Jean de Lauzon aux Sieurs Chevrier de Fouancant et le Royer de la Doversière
Pardevant le notaire Royal de la ville de Vienne soussigné et en présence des témoins soussignés fut présent et personnellement établi Messire Jean de Lauzon, Conseiller du Roy en ses Conseils d'Etat et Privé, Intendant de la justice police et finances en Dauphiné, lequel de son bon gré pure franche et libre volonté a cédé donné et transporté purement et simplement sans aucune chose en excepter se retenir et se réserver pour et que cy après à Pierre Chevrier, Ecuyer Sieur de Fouancant et à Jérôme
le Royer Sieur de la Dauversière demeurant en la ville de La Flèche en Anjou, le dit Sieur Chevrier absent et le Sieur Le Royer tant en son privé nom que comme procureur du dit Sieur Chevrier par acte passé au sujet des présentes par devant Maitre de la Fousse et Jacques Guillier notaires Royaux et tabellions au dit La Flèche le 12 de juillet dernier icelle procuration exhibée et jointe aux présentes en l'original présent et acceptant et avec le notaire soussigné stipulant à savoir l'Ile de Montréal située en la Ntlle France dans la rivière St. Laurent au dessus du Lac St. Pierre, tout ainsi qu'elle a été donnée et octroyée par Messieurs de la Compagnie de la N'le France à Messire Jacques Girard Chevalier Seigneur de la Chaussée par acte du 15 janvier 1636 signé Lamy secrétaire de la dite Compagnie duquel KSieur Girard le dit Sieur de Lauzon a droits de la dité Ile de Montréal par déclaration du treize d'avril 1638, reçu par Maître Haguenier et Huart Notaires au Châtelet de Paris pour en jouir par les dits Sieurs Chevrier et Royer et autres ayant droit et cause comme de leur chose propre et à eux appartenant aux charges et conditions particulièrement exprimées et contenues au susdit acte du 15 janvier 1636 lesquelles charges et conditions le dit Sieur Royer a promis es d. nom d’acquitter et observer de point en point leur teneur et selon leur forme— En sorte que jamais le dit Sieur de Lauzon ni les siens en soient recherchés: lequel Seigneur de Lauzon a remis et réellement délivré au dit Sieur Le Royer le susdit acte de concession ensemble la déclaration du Sieur de la Chaussée pour s’en servir à l'effet des présentes et tout ainsi qu'en peut faire le dit Sieur de Lauzon par vertu des dits actes et les constitût procureurs irrévocables avec élection de domicile suivant l'ordonnance sans toutefois aucune garantie sinon que de ses faits et promesses— Ainsi
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