Bertrand Drouart, Ecuyer
To. Louis Séguier, Sr. de St. Germain, au profit desquels à ce présent et acceptant tant pour eux que pour 8 et 9 Louis D’ailleboust et Paul de Chaumedy, Ecuyers.
Les dits Sieurs de Chevrier et Royer de la Dauversière font en tant que besoin est ou seroit la declaration cidessus à l'effet de la plus grande validité d'’icelle reconnoissant d'abondant iceux sieurs Fancamps et de la Dauversière qu'ils ne prétendent aucune chose en la dite Isle de Montré:1l forts et habitations d’icelle et autres dépendances que comme associés avec les d. Sieurs cidessus nommés et tous ensemble s’en font en tant que besoin est ou seroit donation mutuelle et réciproque irrévocable et entrevifs au survivant les uns des autres en cas de prédecedés d’iceux et au survivant et dernier survivant de tous en excluant à jamais tous leurs héritiers et ayant cause pour quelque cause et occasion que ce soit donnant pouvoir au porteur en cas qu'il se trouvat nécessaire de faire insinuer les présentes partout où besoin sera dont ils ont requis acte aux dits Notaires à eux octroyé ès études des d. Notaires les dits jour et an que dessus et ont signé—ainsi CHEVRIER— Le Royer, L. SéÉGuIER, &e. &c.
No. XVI. bis, p. 166.
Voici ce que la Relation de 1661-62 nous apprend de la mort de MM. Vignal et Brigeac. “ L'autre perte n’est pas moins considerable. C’est d'vn “ bon ecclesiastique nommé M. Vignal, qui, dans le mois “ d'Octobre de l’année passée, accompagnant des ouuriers
ort,
iers
“qui alloient querir des pierres en vne isle voisine de “ Montreal, comme ils mettoient à terre sans defiance, les “ Iroquois quise tenoient cachés dans les bois, se ruerent “à l'improuiste sur eux, auec vn grand cri, et dés la pre- “ miere decharge de leurs fusils, ils en tucrent trois sur la “ place, blesserent les autres, et se saisirent de M. Vignal, “ qui auoit deià reçu plusieurs plaies, desquelles il mourut “ peu de temps aprés entre leurs mains. Sa vie estoit “ d’'vne très-douce odeur à tous les François par la prati- “que de l'humilité, de la charité et de la penitence, ver- “tus qui estoient rares en lui et qui le rendoient aimable à “tout le monde ; et sa mort a esté bien précieuse aux yeux “de Dieu, puis qu'il l’a reçue de la main de ceux pour “lesqnels il a souuent voulu donner sa vie; il auoit de “ grandes tendresses pour leur salut, il s’est offert plusieurs “ fois de nous venir joindre, quand nous estions à Onnon- “taghé, afin de trauailler coniointement à la conuersion “ de ces Barbares ; et il l’auroit fait, si sa complexion et “ses forces eussent correspondu à son courage et à ses ‘ferueurs” (1... sé esse EUR TT
“Et, non seulement ceux qui sont auec le Pere, ont “ces bonnes volontés pour leurs bourreaux ; mais les “autres qui sont esloignez de lui, escriuent dans les “ mesmes sentiments, comme il paroïist par vne lettre de “l’vn des deux François pris auec feu M. Vignal, et me- “né à Onneïout; celuy qui l’escrit, a eu le bras droit “ cassé dans sa prise, et l’on croit que c’est celuy des “ deux que ces barbares ont tué, pour n’estre pas plus “ longtemps chargez d'vn homme estropié. Voici la te- “neur de sa lettre, qui a de trop bons sentiments, pour “n'estre pas couché dans ce Chapitre. Il escrit au P.
(1) Relation de 1661-62 pp. Edit. de Québec.
“Simon Lemoine, qu'il sauoit estre à Onnontaghé, enui. “ron vingt lieuës esloigné de luy.
“ Nous sommes deux prisonniers de Montreal à Onne- “iout. M. Vignal a esté tué par ces barbares; n'ayant “pu marcher que deux iours pour ses blessures. Nous “sommes arrivés ici le premier dimanche de Décembre: “en pauure esquipage : mon camarade a desia deux on- “gles arrachés; nous vous prions, pour l'amour de ‘“ Dieu, de vous transporter iusques ici, et de faire vostre “ possible, par presents, de nous retirer auprés de vous, “et puis nous ne nous soucions plus de mourir. Nous ‘“auons fait alliance de faire et patir tout ce que nous “ pourrons pour la conuersion de ceux qui nous tuent, “et nous prions Dieu tous les iours pour leur salut. “ Nous n’auons trouué ici aucun François, comme nous “esperions ; ce qui nous auroit grandement consolez. ïe “vous escris de la main gauche. Vostre seruiteur, “ BRIGEAC.” (1).
La Relation de 1664-65 (2) donne des détails circonstanciés sur la mort et les souffrances que les malheureux compagnons de M. Vignal eurent à endurer. M. Viger avait copié ce récit au long parce qu'il était peu connu alors ; mais comme les Relations ont depuis été imprimées nous y renvoyons nos lecteurs.
No. XVII. p.58. (3) BEATISSIME PATER, | Ad vestræ sanctitatis pedes accedunt humillimi oratores, christianissimi regni, pro conversione infidelium novæ Franciæ solliciti Et se suaque pro tanto nogotio vota fundentes, exponunt.
(1) Même année, page 9.
(2) Relation de 1664-65 pp. 20-22. Edit. de Québec. (3) Pour la note de la page 185 voir plus loin No. XVII bis.
aton nootio
Quartum jam effluere annum ex quo, Deo optimo Maximo authore, ex præcipuis Galliæ ordinibus, quamplures tam ecclesiastici quam sæculares utriusque sexûs, duces, comites, senatores ferè omnes Deo soli noti, secluso quocumque temporalis commodi, lucri, negotiationis intuitu, pro unius Dei gloriä, fidei ac religionis in Novæ Franciæ plantatione, totque infidelium salute procurandà 8olliciti, societati hinc nomen dedere, ut suis consiliis, cu: ris, sudoribus, opibus, elemosynis, transmarinis navigationibus in eas nationes fidem inducerent,.
Huic operi promovendo delegit societas locum, cui nomen insulæ Montis Regalis quod ipsa videtur natura indidisse, quinquaginta milliarum ambit&s, in 45° latitudinis gradu, octoginta nationum barbararum quasi umbilicum ob confluentes omni ex parte fluvios alliciendis infidelibus proprium, prædicandæ autem singulis fidei ob fluvium famosum sancti Laurentii cui trecentarum leucarum cursus, peropportunum, obque plura vitæ humanæ quibus abundat commoda, fovendis, et ad vitam tum civilem, tum christianam formandis infidelibus peroptimum.
Insulam hanc, quam Societas præfata jure possidebat propriam fecit immaculatæ Deiparæ ac sacellum dedicavit, et conversionis infidelium patronam nominavit, om niumque in insulà habitantium matrem et dominam voluit, celebrantibus in eo RR. PP. Societatis Jesu ac sacramentum divinum custodientibus ; jam ex superioribus annis ad septuagenia viros nobiles, equites, operarios transvexit, pluresque etiam nunc transmittit qui terram excolant, barbaris ostium fidei ac civilis vitæ aperiunt, sanis et infirmis, xenodochio quod jam extruunt, alimenta et pharmaca charitatis et pietatis exempla ministrant, Christo eos pariunt, Ecclesiæ sanctæ catholicæ
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apostolicæ romanæ et Sanctitatis vestræ filios faciunt obsequientissimos.
… Hisqueitaexpositis, etjampridem suæ Sanctitatisnuncio in Galliis residente notis, quà possunt humilitate, idem oratores supplices à vestrà Sanctitate exponunt,ut conceptum etiam Deo propitio felicibus successibus approbatum negotium omnesque et singulos in eo incumbentes, Suà apostolicà benedictione faveat, novamque prolem Novæ Franciæ in dies per humiles nostræ $Societatis labores baptismate sacro tinctam ut pastor totius ovilis foveat.
Deinde ut societatem prædictam tam in Galliis quam in Novâ Francià et thesauro ecclesiæ sibi credito ditare dignatur, plenarià indulgentià et remissione omnium peccatorum diebus festivis Purificationis et Assumptionis Deiparæ, sicut in Gallià existentes, ubivis exstiterint ecclesiam visitantes, confessi et sacro pane, in Novà Francià qui sacellum præfatum Deiparæ in insulà Montis Regalis præfatis diebus visiteverint tam nostri quam barbari Christiani pro vesträ Sanctitate, ecclesiæ propagatione, pace principum et infidelium conversione preces fuderint, similiter confessi et sacramento cibati, præfatam lucrentur indulgentiam quot annis diebus prædictis.
| Insuper, pro fæliciori successu fidei, in dissitis adeo partibus, ut missionariis in præfatis regionibus laborantibus et a domino illustrissimo Nuntio Galliarum probatis, eas facultates spirituales concedere dignatur, quas in simili casu missionariis ad infideles euntibus solet elargire cum eædem subsint rationes.
Tandem, ne qui in hac vineâ excolendà accedunt necessario careant subsidio, duo altaria privilegiata concedere placeat, alterum in præfatà insulà Montis Regalis in sacello Deiparæ, alterum in Parisiis in sacello a socie-
tate electo et erecto, ubi socii consueverunt de præfatà fidei propagatione deliberare, collectas facere et secumdum Deum huic operi vacare.
(Au dos) AU PAPE pour MonNTREAL, CANADA. (1)
No. XVII. bis. p. 185.
Le Fort Ste. Anne fut construit à l'entrée du lac Champlain. C'était le cinquième que M. de Tracy faisait bâtir depuis son arrivée : il complétait la ligne de défense qui devait nous protéger contre les incursions des Iroquois. Aujourd’hui, il n’y en a plus de traces ; mais nous savons qu'il s'élevait dans une île qui porte le nom de M. de Lamotte, capitaine du régiment de Carignan qui dirigea les travaux (2) et qui y commanda ensuite.
Il ne fut probablement commencé qu’au printemps de 1666. D'abord, je n’ai pas vu qu'il en soit question avant cette date. M. de Courcelle, au retour de sa malheureuse expédition, étant déjà vers le milieu du lac Champlain, est obligé d'envoyer chercher des provisions déposées par prudence dans une cache (3). Mais comme les provisions avaient été volées et que ses hommes mouraient de faim, il se serait propablement adressé au fort St. Anne, si celui-ci avait existé.
(1) Ce document a été pris sur la copie des MS. du Parlement, à Outaouais, 1 vol., 2de. série. Il est intitulé : Mémoire écril au Pape par les RECOL- LETS au sujet de l'Eglise de la Nouvelle France, 1644-45. Ce qui a pu donner lieu à cette erreur c’est que l'original se trouve aux Archives Départe. mentales de Versailles, dans un carton intitulé : ARecollels de St. Denis,
L'Hist. de la Col. Fran. t.T, p. 468 rapporte ce document à 1643. Nous avons cru néanmoins devoir le placer plus tard parce qu'il dit positivement “qu'il s’est déjà écoulé qualre ans depuis, que plusieurs personnes ‘“ sont entrées dans le Compagnie,” or celle-ci fut formée en 1640.
(2) Relation de 1666, p. 8, édit. de Québec.
(3} Journal des PP. JJ. 1666.
D'ailleurs, le Journal MS. des PP. JJ. semble assez précis : “ 1666, Juillet, 20. Nouvelle arrive des Forts— “ de la bastisse du Fort Ste. Anne, dans le lac Champellain, “ dans une isle à 4 lieues de l'embouchure.”
La Relation de 1666 est aussi claire en parlant de l’expédition de M. de Tracy : ‘“ Le rendez-vous général “ estoit donné au 28 Septembre au fort Ste. Anne cons- “ truit nouvellement dans une isle du lac Champlain (1)”.
L'idée de construire un fort sur le lac Champlain entrait sans doute dans les plans de M. de Tracy ; mais le choix du site aura été vraisemblablement déterminé pendant l'expédition de M. Courcelle.
Pourquoi fut-il appelé Ste. Anne ? La dévotion à cette grande sainte était alors en pleine ferveur, et elle était justifiée par de nombreux miracles. M.M. de Tracy, de Courcelle et une trentaine d’autres personnes, parmi lesquelles devaient se trouver plusieurs officiers, venaient de faire le pélérinage de Ste. Anne, à la côte de Beaupré (2) : rien de plus naturel, d’ailleurs, que de mettre la navigation du lac Champlain sous la protection de celle qui a toujours été regardée comme la patronne des marins.
Les travaux n'étaient pas pas encore terminés qu'un triste évènement vint jeter le deuil dans la petite garnison. Plusieurs officiers, croyant à la paix qui avait été signée avec quatre des cantons iroquois, avaient formé un parti de chasse sur la terre ferme, probablement du côté de la rivière Chasy. Une troupe d’Agniers (3) lessurprit, en tua quelques-uns et fit les autres prisonniers. Parmi les
(1) Relation de 1666, p. 8, édit. de Québec,
(2) Journal des PP. JJ., 1666, Mars.
(3) Marie de l'Incarnation, Leltre p. 61? dit qu'ils étaient commandés par le Batard-Flamand. La Potherie, {lis'oire de l'Amérique, t 11, p. 85, met à leur tête un chef de la Nation neuli'e auquel il donne le nom d’Agariata.
premiers se trouvait M. de Chasy, et parmi les seconds, M. de Lerole, tous deux proches parents du Marquis de Tracy (1),
Le nom de M. de Chasy donné à la rivière près de laquelle il tomba devait rappeler la mort prématurée de ce brave officier et le souvenir de la perfidie des Agniers.
Les prisonniers heureusement ne furent pas longtemps
dans l'incertitude de leur sort: la rapidité de la marche de M. de Saurel et de ses hommes, déjà sur le point d'envahir le territoire ennemi, força le Batard-Flamand de ramener sains et saufs M. de Lerole etses compagnons.
C’est au fort Lamotte que M. de Tracy avait donné rendez-vous à ses troupes pour son expédition de 1666, dont on n’a peu su apprécier assez la conséquence. M. Dollier qui y assista, en parle assez brièvement pp. 180-81.
C’est encore à ce fort que se refugiaient les voyageurs, |
surtout les missionnaires, quand ils étaient en route pour
(1) M. de Ghasy était son neveu, et M. de Lerole, son cousin.
Quant au nombre et aux noms des autres officiers, il est assez difficile de s'en assurer avec précision.
Le Journal des PP. JJ. à l’endroit cité plus haut ajoute : ‘ Nouvelle... ‘“ de la mort de M. de Chasy avec deux autres, et 4 pris prisonniers, entre ‘“ autres M. de Lerole cousin de M. de Tracy.”
La Relation de 1666, p. 7, édit. de Québec : On apprit que ‘ quelques ‘“ François du Fort St. Anne... avoient été surpris par les Agniehrono- “ nons, et que le Sieur de 7raversy, Capitaine au Régiment de Carignan “ot le Sieur de Chasy en avoient esté tués.”
M. de Tracy dans une lettre qu'il écrit aux commissaires d'Albany, le 22 juillet 1666 (Documents de Paris, traduits en anglais et publiés dans le W. ?. Col: Hist :t. TITI p. 131,) accuse les Agniers d’avoir ‘ assassiné Sept de ‘“ mes jeunes gens, parmi lesquels étoient quatre gentilhommes."
M. Talon, dans un mémoire à l’occasion de l'expédition de l'été de 1666, {mêmes Documents, t. IX, p. 5?) dit positivement : “ La mort de MM. “ Chazy et Travery et des Sieurs Camot et Morin est une preuve, etc.”
La Potherie, Histoire de l'Amérique, t. II, p. 85, ‘“ Certains guerriers “ (iroquois) rencontrèrent à le chasse Mrs. de Chasy, de Lerole, de Montagni, “ dont les deux étoient parens de M. de Trasi. Agariata tua Mrs. de Chasi
le pays des Iroquois, surpris par l'annonce d'une embuscade ou d’une incursion ennemie (1). Mgr. Laval qui courait partout où son zèle voyait du bien à faire s'y rendit en 1668, pour de là descendre à Tadoussac (2).
À cela près, se bornent les Annales du fort, qui était certainement abandonné en 1691.
“et de Montagni, quelques autres Francois et emmenèrent M. de Lérole.”
Perrot, dans ses Mémoires, dont Charlevoix a eu le MS. et qui ont été publiés depuis à Leipzig par le P. Tailhan, dit pp. 111-12 : “ Les Aniez...……. ‘“ avoient de nos prisonniers chez eux, entr'autres. M. de Noirolle, nepveu ‘“ de M. de Tracy. M. de Chasy son cousin, fut tué au nord du fort de la ‘“ Motte... M. de Tracy fit commander l’esté suivant un parti de troiscents “ homines François et Algonkins qui rencontrèrent le Bâtard Flamand ayant & avec luy M. de Noyrolle et {rois autres Francois, dont il y en avoit un ‘“ de blessé au talon que M. de Courcelles recommanda en partant au Sieur ‘“ Corlard.”
Charlevoix, /istoire de la Nelle. France, t. 11, p. 384, édit. in 4to, indique comme tués ** MM. de Chasy, Chamot et Marin ” et ne parle pas des autres.
Enfin M. Faillon, AHist. de la Col. Fran., t. II, p. 135 : ‘ Quelques “ Français... tombèrent dans une embuscade de sauvages Agniers qui “en prirent quatre, du nombre desquels était M. de Roles….… et en tuèrent “ trois, M. de Chasy, M. de Traversy, capitaine au régiment de Carignan et ‘“ un autre.” |
On peut conclure, il me semble, 10. Que le parti se composait de sept personnes, d'après le témoignage de M. de Tracy, qui devait être bien informé, et que quatre furent tués, d'après M. Talon, également bien informé;
20. Que des quatre gentilhommes et ofliciers deux furent tués, MM. de Chasy et Traversy ; deux faits prisonniers MM. de Lerole et de Montagny, quoique la Potherie dise ce dernier tué ;
30. Que des trois autres, qui n'étaientsans doute que de simples soldats, deux furent tués : Chamot et Morin. M. Talon a bien soin de les distinguer des gentilhommes ;
40. Enfin, que le Bâtard Flamand ramena MM. de Lerole, de Montagny et le 3e prisonnier. Le 4e français de la troupe est évidemment un des soldats que M. de Courcelle avait dû abandonner pour les faire soigner à Albany, à la suite de son expédition.
(1) Relation 1668, p. 4, édit de Québec.
(2) Idem, p. 23.
mbusal qui ire S'y ac (2).
ait cer-
Lérole."” 1i ont été niez...…..
», nepveu ort de la rois cents ind avant avoit un t au Sieur
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M. de Lamotte me paraît y avoir commandé tout le temps qu'on y tint garnison: il méritait par sa bravoure, dont N. Perrot fait l'éloge dans ses Mémoires, qu'on lui confiât le poste le plus avancé, et partant, le plus exposé du pays. En 1670, il était commandant à Montréal. (Appendice No XI.)
No. XVIII. p. 202.
Ce voyage de M. de. Courcelle n’était que la conséquence des instructions de la Cour (NW. Y. Col. Hist. t. IX p. 62.). Fait à l’improviste par une voie encore plus difficile que celle du Richelieu, il dut surprendre et il surprit en effet entièrement les Iroquois qui virent leurs cantons exposés à nos attaques par deux côtés à la fois. Ils comprirent plus que jamais qu'il leur serait impossible de résister à une nation qui ne se laissait arrêter ni par les saisons, ni par les obstacles de la route. Mais je n'ai encore pu trouver aucun document officiel qui confirme que ‘“ les Européens... voisins ” des Iroquois conçurent des craintes à l’occasion de ce voyage de M. de Courcelle, comme ils en avaient eu dans l'hiver de 1666 (NV. Y. Col. Hist.t. III, p. 118). Voici cependant ce que dit la Mère Marie de l’Incarnation.
“ Les Sonontouans ont remué pour faire la guerre aux outaouak, Monsieur nôtre Gouverneur à tellement intimidé les uns et les autres, qu'il les a rendus amis. Neanmoins comme l’on ne se peut fier entièrement aux Sauvages afin de leur faire voir, qu’on les pourra humilier quand on voudra, il a pris sans faire bruit une troupe de François, et s’est embarqué avec eux en des batteaux et en des canots qu'il a conduits par des rapides et boüillons où jamais les Sauvages n'avoient pu passer, quoiqu'ils soient tres habiles à canoter. Il arriva heureusement à
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Quinté, qui est une habitation d'Hiroquois, dont ces Barbares furent tellement effraiez, qu'aprés avoir long-temps tenu la main sur la bouche pour marque de leur étonnement, ils s’'écrièrent que les François étoient des Diables qui venoient à bout de tout ce qu’ils vouloient et qu'Onontio était l'incomparable. Monsieur le Gouverneur leur dit qu’il perdroit tous ceux qui feroient revolte, et qu'il prendroit et détruiroit leur pais quand il voudroit. Vous remarquerez qu'avant ces troubles les Sonontouans étoient d'intelligence avec les Anglois pour leur mener les Outaouak, afin de fruster la traite des François, ce qui eût perdu tout le commerce. Mais les Anglois aiant appris ce voiage de Monsieur le Gouverneur chez les Sauvages, ne furent pas moins effraiez que les Sauvages mémes, et eurent crainte qu'on ne les allât attaquer pour les chasser de leur lieu (1).”
No. XIX. p. 210.
Les Instructions de Mgr. Laval à MM. de Fénélon et Trouvé font infiniment d'honneur à la main qui les à tracées et au cœur qui les a dictées. (J. V.)
“ INSTRUCTION pour nos bien aymez en nostre Seigneur CLAUDE TROUVÉ et FRANÇOIS DE SALAaNAC, Pres allants en Mission aux Iroquois situez en la coste du nord du lac Ontario.
“I. Qu'ils se persuadent bien qu’estant envoyez pour travailler a la conuersion des Infidelles, ils ont l'employ le plus important qui soit dans l'Eglise, ce qui les doit obliger pour se rendre dignes instrumens de Dieu, a se perfectionner dans toutes les vertus propres d’un
(1) Marie de l'Incarnation, Leltres, pp. 669-70.
Baremps nneables )nonneur te, et droit.
Juans 1ener is, ce aiant + les vages aquer
on et 1 les
e Sei- NA LA- )AUOIS
: pour ploy s doit ieu, à d'un
Missionnaire apostolique, meditant souvent a l’imitation de St. François Xavier le Patron et l’idée des Missionnaires ces paroles de l'Evangile, —Quid prodest homini si universum mundum lucretur, animæ vero suæ detrimentum patiatur.
“II. Qu'ils taschent d'éviter deux extremitez qui sont a craindre en ceux qui s'appliquent a la conuersion des ames, de trop esperer, ou de trop desesperer ; ceux qui. esperent trop sont souuent les premiers a desesperer de tout a la veue des grandes difficultez qui se trouuent dans l’entreprise de la conuersion des Infidelles, qui est plustost l'ouvrage de Dieu que de l’industrie des hommes. Qu'ils se souuiennent que la semence de la parole de Dieu—fructum affert in patientid, Ceux qui n’ont pas cette patience, sont en danger après auoir ietté beaucoup de feu au commencement de perdre enfin courage, et de quitter l’entreprise.
“ III. La langue est nécessaire pour agir avec les Sauuages, c'est toutefois une des moindres parties d’un bon Missionnaire, de mesme que dans la france de bien parler françois n’est pas ce qui fait prescher avec fruit.
“ IV. Les Talens qui font les bons Missionnaires, sont. 10. Estre remply de l'Esprit de Dieu,—cet Esprit—doit animer nos paroles et nos cœurs. Ex abundantià
cordis os loquitur.
20. Auoir une grande prudence pour le choix et l’ordre des choses qu'il faut faire soit pour esclairer l’entendemeut, soit pour flechir la volonté ; tout ce qui ne porte point la sont paroles perdues.
80. Auoir une grande application pour ne perdre pas les moments du salut des ames et suppleer a la négligence qui souuent se glisse dans les Cathecumenes, car comme le Diable de son costé, circuit
lanquam leo rugiens quærens quem devoret, aussy faut il que nous soyons vigilans contre ses efforts auec soin, douceur et amour.
40. N'auoir rien dans nostre vie et dans nos mœurs qui paroisse dementir ce que nous disons, ou qui mette de l’indisposition dans les esprits et dans les cœurs de ceux qu'on veut gagner a Dieu.
5o. Il faut se faire aymer par sa douceur, sa patience et sa charité et se gagner les esprits et les cœurs pour les gagner a Dieu ; souuent une parole d'aigreur, une impatience, un visage rebutant detruiront en un moment ce qu’on auoit fait en un long temps.
60. L'Esprit de Dieu demande un cœur paisible, recueilly, et non pas un cœur inquiet et dissipé, Il faut un visage ioyeux et modeste, il faut euiter les railleries et les ris dereglez et generalement tout ce qui est contraire a une sainte et ioyeuse modestie... modestia vestra nota sit omnibus hominibus.
“ V, Leur application principale dans l’estat present ou ils se trouuent, sera de ne laisser mourir autant qu'il sera possible, aucun Sauuage sans baptesme ; qu'ils prennent garde néantmoins d'agir tousiours avec prudence et reserue dans les occasions a l'égard des baptesmes des adultes, et mesme des enfans hors des dangers de mort.
“ VI. Dans le doute qu'un adulte aura esté autrefois baptisé, qu’il le baptise sous condition et pour asseurer d'auantage son salut, qu'il luy fasse faire en outre une confession generale de toute sa vie, l’instruisant auparauant des moyens de la bien faire.
“VII. Qu'ils ayent un grand soin de marquer par escrit les noms des baptisez, des peres et meres, et mesme de quelques autres parens, le iour, le mois et l’année du baptesme.
“ VIII. Dans les occasions qu'ils escriuent aux Peres Jesuites qui sont employez dans les missions Iroquoises pour la resolution de leurs doutes et pour receuoir de leur longue experience les lumieres nécessaires pour leur conduite.
“IX. Ils auront aussi grand soin de nous informer par toutes les voyes qui se presenteront de l’estat de leur mission et du progrez qu'ils feront dans la conuersion des ames.
“X, Qu'ils lisent souuent ces aduis et les autres memoires des Instructions que nous leur auons donnez pour s’en rafraichir la memoire et les biens obseruer, se persuadant bien que de la depend l’heureux succez de leur Mission.
(Signé) FRANÇOIS, Evesque de Petrée (1).
No. XX. p. 214.
Les Andastogués (pluriel huron, Andastogueronon) ou Andastes étaient de la famille huronne. Les missionnaires les désignaient aussi par l'expression générale de Sauvages de la Nouvelle Suède, Ils paraissent avoir surtout habité sur les bords de la Susquehanna, qui est quelquefois appelée Rivière des Andastes. Ennemis nàturels des Iroquois, ils avaient su se rendre redoutables, malgré leur petit nombre. Mais ils durent enfin céder à la force toujours envahissante des Cinq Nations.
(1) Registres de l'Archevèché de Québec.
LE AE 2-25 dome