‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 22 · LETTRES ADRESSEES DEPUIS 1640 JUSQU'A · texte numérisé non relu

LETTRES ADRESSEES DEPUIS 1640 JUSQU'A

À Messieurs les Infirmes du Séminaire de St. Sulpice,

Je vous envoie, Messieurs, cette Relation afin qu’elle vous serve d’un vaisseau fort commode pour venir au Montreal sans que vous ayez besoin de remède pour disposer vos corps aux rigueurs du voyage ; Si vous êtes incommodés d'un mal de mer importun ne craignez pas les roullins en ce trajet car le branlement de ce navire n’augmentera aucunement vos douleurs : si vous avez l'estomac foible et que vous appréhendiez par trop les maux de cœur que cause ordinairement une mer agitée, fiez-vous sur ma parole, tournez hardiment ce feuillet et vous embarquez sans crainte, car je vous promets que cette grande traversée vous sera si douce qu'à peine vous vous en appercevrez. Si vous avez peur de ces mouches que nous appelons maringouins qui donnent tant d'exercice aux habitants de ce païs, assurez-vous que je les bannirai si bien de ce livre que vous n’y en trouverez pas une : si la foiblesse de vos yeux vous fait

craindre nos neiges je m'offre pour le garant de vos vuës, pourvu que vous ne vous serviez d'autre navire que de celui-ci afin d’y venir : Si vous appréhendez la dé nse que vous pourroit causer cette entreprise, afin de la modérer et épargner votre bourse, je vous offre le passage gratis, pourvu que vous me voulliez seulement accorder quelques heures de ce temps que Messieurs vos médecins ou apothicaires ne vous permettront pas de donner à des emplois plus utiles ; que si vous me dites “ tout cela est bon, mais nous voudrions approcher au- “ trement de votre beau fleuve pour admirer plus agré- ‘“ ablement la beauté de son cours,” je vous répondrai que si quelques uns d’entre vous sont de ce sentiment, j'en ai trop de joie pour m'y opposer, qu’ils viennent à la bonne heure comme il leur plaira gouter la belle eau de nos rapides et apprendre par leurs propres expériences que la $ -ine lui doit céder son nom puisque celle-ci est mille fois plus avantageuse à la santé dn corps.

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