CHAPITRE SEGOND
Dieu manifeste à Monsieur de La Dauversière sa volonté sur le nouvel institut des Religieuses hospitulières de St Joseph et luy fait connestre celles qui en doivent estre les premiers sujets.
Environ ce temps-là qui estoit celuy que Dieu avoit marqué pour faire nestre l'institut des Religieuses hospitalières de St Joseph, la Ste Famille aparut à Monsr de La Dauversière comme il estoit en prières. La très Ste Vierge et St Joseph le prenant par la main le présentèrent à N. $S. disant: que ferons-nous de cet homme-ci? Lequel respondit en serviteur fidèle: je le revêtirai de force et de sagesse, et aura pour conduite son ange gardien. Il connnt en cette vision les personnes choisies de Dieu pour commencer son institut et ce qu’il devoit faire pour donner naissance et conduire ce grand ouvrage à sa perfection, ete.
Peu après, mademoiselle Marie de La Ferre(z) et mademoiselle Anne Foureau,(1) qui étaient l’une et l’autre de la ville de La Flèche et Monsr de La Dauversière aussy se sentirent pressées intérieurement de déclarer le désir qu’elles avaient depuis longtemps de se donner entièrement aux services des pauvres malades; il les écoute avec joie, il les encourage à la persévérance dans ce pieux dessein, enfin leur conseille de se retirer dans un petit hospital qui
z) Marie de la Ferre, fondatrice et première supérieure des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, née en 1592 et décédée le 27 juillet 1652.
1) Première compagne de Marie de La Ferre et première d#positaire de l’Institut.
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estoit dans la ville, les assurant qu’elles y trouveraient de quoy exercer la charité et l'humilité, en un degré sublime et à la suite toutes les vertus, etc.
Ces deux chères colombes en amour et fidélité pour leur divin époux ne différèrent point l'exécution d’un dessein tout nouveau et si exposé à la censure de tout le monde, particulièrement de messieurs leurs parents, qu’elles prévirent s’y vouloir opposer, mais passant par dessus tout ce que la raison et prudence charnelle et leurs amis leur suggérois; elles sortirent de leur maison paternelle, où elles estois beaucoup chéries et À leur aise pour s’enfermer dans une chambre d’un hospital, le jour et feste de la très Ste Trinité de l’année 1632 ou 33. Là elles trouvèrent les trois bonnes filles servantes de condition, mais d’une vertu excellente et sublime qui servaient les malades jour et nuit avec une ferveur admirable, sans aucuns salaires que ceux qu’elles attendaient du ciel. Voici leurs noms, Catherine Le Bouc, Julienne Alary et Jeanne Cohergnes, qui ont persévéré jusqu’à la mort dans ce saint employ et Jeanne Cohergnes aussy, leur compagne fidèle et ont mérité par là d’être les trois premières Soeurs converses de notre saint institut.
RASE EREPNT