‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 61 · SEP1 E · texte numérisé non relu

SEP1 E

* \ S— Vitis labrusca et vulpina, vigne lambrusque, raisin | 19de renard (Ampelidées), vignes de différentes espèces.

, 20 - 9— Sambucus Canadensis, ou sureau blanc d'Amérique, elder tree (Caprifoliacées)—le long des haies. 2 10— Quercus phellos, chène-saule on chêne des marais, swamp oak.

LD LE] 11—Azalea lulea, où chèvrefeuille à tiges droites d'Amé- | rique (1), Aoney-suckle—licux secs dans les bois. 12-—Cratægus crus galli, aubépine, ergot-de-coq, l’azéro- 23— lier de Virginie, notre senellier (Pomacées)—dans les bois.

15— Vaccinium——airelle ou raikin des bois, bluet, 4 Whortle berry (Vacciniées).

14— Quercus prinus, chène châtaignier, chesnut oak—dans 25 — un sol riche.

15—Cornus florida, où cornouiller à cerises, cornelian 26— cherry (Cornées)—dans tous les terrains.

16— Liriodendron tulipifera, tulipier de Virginie, /ulip : à PR tree (Magnoliacées)—dans tous les terrains. (2) | 11—Prunus Virginiana, où cerisier à grappes, wild È cherry tree (Drupacées). ! D Ares:

“IE 18— Vaccinium——autre espèce d'airelle frutescente, PT $ frutex whortleberry--dans les terrains riches. (Di À —- M. Kal à. (1) Le chèvrefeuille (Lonicera) appartient à la famille des caprifoliactes, pas un à tandis que l’Azalée appartient à celle des éricacées. C'est donc mal. dit qu’ LA à-propos qu'on à donné à cet arbuste le nom de chèvrefeuille d'Amé. l’eau. 1 rique. (M. - C'est

?) Introduit en Europe par l'amiral de la Galissonnière en 1732. (M. | la Virg

Le

PE

19— Prinos verticillatus, apalanche vert, winterbcrry tree (Iicinées)—lieux humides.

20— Platanus occidentalis, Platane de Virginie, walerbeech (Platanées).

21—Nyssa aquatica, tupelo tree (Nyssacées) (1)—dans les champs et sur les montägnes.

22— Liquidambar Slyraciflua, copal d'Amérique, arbre à suc résineux, sweel gum tree (Balsamifluées)—près des ruisseaux.

23— Betula alnus, aune commun, alder, variété de l’aune suédois et un simple arbrisseau en Pensylvanie (Bétulacées).

24— Fagus castanea, châtaignier, chesnut tree (Cupulifères ou Quercinées)—champs et buissons.

25—J'uglans nigra, noyer noir, black walnut tree (Juglan-

dées)—aux mêmes lieux que le précédent.

26— Rhus radicans, sumac grimpant, variété de l'herbe-àla-puce, {wining sumarh (Anacardiacées).

27— Acer negundo où WNegundo .fraxinifolium, Négondo ou érable à feuilles de frène, ash-leaved maple (Acerinées)—terrains humides, marécageux.

28— Prunus domeslica, le prunier domestique, #14 plum tree (Drupacées).

(1) Dr. Linné ne mentionne qu'une espece de yssa, la Nyssa aqualica, M. Kalm ne donne pas le nom de l'espèce; mais si celle qu'il a notée n'est pas une espèce différente, elle doit an moins en être une variété, puisqu'il dit qu'elle croit surles montignis, tandis que la Nyssa aquotica croit dans Peau, F.

C'est peut-être la Vyssa Villosa—Tüpelo Velu-grand et bel arbre de la Virginie. (M.

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22 SEPTEMBRE 1748, 29— Ulnus americana, orme blanc, white elm (Ulmarées).

30— Prunus spinosa, autre espèce de prunier sauvage, sloe shrub—terrains bas

ol Laurus sassafras, le sassafras (Laurinées)—terrains meubles mélangés de sable—arbrissean au Canada.

32—Ribes nigrum, gadellier noir, currant tree, avec les fruits duquel on fait le cassis (Ribésiacées ou Grossulariées).

33— Fraxinus excelsior, frène commun, ask tree (Oléinées) —terrains bas.

34— Snilaz laurifolia, smilace (Ninilacinées)—dans les bois.

35— Kalmia latifolia (à larges feuilles), le laurier nain

d'Amérique, nommé d'après Kalm lui-même dwarf

laurel (Ericacées)—sur le côté nord des montagnes,

36— Morus rubra, mürier rouge, mulberry tree (Morées)— dans les champs, sur les coteaux et dans le voisinage des maisons.

317— Rhus vernix, le sumag vénéneux, herbe-à-la-puce, poisonous sümarh (Anacardiacées) — endroits humides.

38— Quercus rubra, chène rouge, red oak (Quercinées ou Cupulifères).

39— Hamamelis Virginica, hamamelide de Virginie, coudrier des sorcières, wilch hazel (Hamamelidées).

40— Dyospiros Virginiana, plaqueminier de Virginie, persimon (Ebénacées).

41— Pyrus coronaria, pommier odorant de Virginie à petits fruits couronnés, anchor tree, crab-apple, pomme de Nibérie (Pomacées).

42—Juniperus Virginiana, cèdre rouge, red juniper (Co: nifères)—dans un sol pauvre et sec.

#3— Laurus æstivalis, laurier-benjoin, spice-wood (Laurinées)—terrains humides.

44— Carpinus ostrya, Ostryer, bois-de-fer, horn-beam (Cupulifères)—terrains riches.

45—Carpinus belulus, charme commun, horn-beam (Cupulifères)—mèmes lieux que le précédent.

416— Fagus sylvatica, hètre commun, beech (Cupulifères) —terrains riches.

47—J'uglans — espèce de noyer qui croit sur les co- + teaux près des rivières (1), appelé par les Suédois Butternustræ (Juglandées).

48— Pinus americana, sapin de la Pennsylvanie, Pensylnl J D vantan fir-tree (Conifères)—sur le penchant ford des montagnes et dans les vallées (2).

49—Betula lenta, merisier rouge, a species of birch (Bétulacées)—sur les bords des rivières

50—Cephalantus occidentalis, céphalante occidental, boisbouton, button-wood (Rubiacées)'-terrains humides.

51— Pinus tæda, pin à l'encens, New Jersey fir-tree (Conifères)—terrains sablonneux.

(1) Queïe —Est-ce le Juglans baccata de Linné? F.

12) Cette espèce n'est pas mentionnée par Linné dans Spee. plant. K.

52— Cercis Canadensis, arbre de Judas, gainier du Canada, bouton-rouge, sallad tree (Césalpiniées)— terrains riches,

03— Robinia pseudo-ucacia, Robinier faux-acacia, acacia blanc ou commun, locust tree (Papilionacées)—-dans

les champs.

54— Magnolia glauca, magnolier, arbre des castors (Magnoliacées)—terrains marécageux.

6 55— Tilia americana, tileul d'Amérique, bois-blanc, /imetree (Tiliacées)—terrains riches.

56—Gledilshia triacanthos, févier ou acacia à trois épines, carouge à miel, honey locust tree (Césalpiniées) — terrains riches.

57— Celtis occidentalis, micocoulier de Virginie, nettle-tree (Celtidées)—-champs.

58—Anona muricala, anone, corossol, cachimentier, custard-apple (Anonacées)—dans un «ol fertile,

Par une journée splendide, Kalm se donna la jouissance d'aller rendre visite à plusieurs riches suédois établis à la campagne, dans les environs de Philadelphie, entre autres à un nommé André Rambo. Il fait une description enthousiaste des beautés de la nature, ë des fleurs, des fruits, du feuillage encore vert des à arbres, et du chant des oiseaux aux plumages variés et hi" brillants. Une abondante rosée étant tombée le matin, il remarqua que les feuilles des plantes en étaient toutes imprégnées sur les deux côtés, à l'exception de “| celles de la molène commune — Bouillon-blanc, Verbascum k Thapsus (Scrofularinées). “Chaque paysan,” dit-il, “ a “un verger près de sa maison. Les pêches, si rares en

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“ Europe, et surtout en Suède, où il n'y a que les riches “ qui en connaissent le goût, sont si communes ici qu'on * en donne souvent anx pourceaux.” À sa grande surprise, un de ses compagnons enjamba par-dessus une clôture, et alla cueillir des fruits délicieux qu'il lui apporta, sans que les gens de la ferme, qui étaient présents, prissent seulement la peine de le regarder faire. * Un paysan suédois ne se laisserait pas enlever un navet avec autant d'indifférence”" Il décrit ensuite la manière de faire sécher les poires pour l'hiver.

Le fruit de l’abel-mosch ou ambrette, plante de la famille des malvacées, à laquelle Kalm donne le nom de hibiscus esculentis, et que Miller, dans son Dictionnaire du Jardinier, a appelée Æetmia Indwa, coupé vert, fait une soupe excellente dont raffolent surtout les nègres (1). Avec le fruit du poivre de Guinée, capsicum annuum, piment (Solanées), on prépare des marinades et des sauces pour la viande et le poisson frit.

Les baies du sumac glabre ou vinaigrier, rhus glabra (Anacardiacées), donnent une teinture rouge, et, mises en solution avec les branches mêmes de l’arbuste, une teinture noire.

Kalm se livre à une longue dissertation sur le sumac vénéneux, rhus vernix, appelé herbe-à-la-puce en Canada, et son action délétère sur la peau. Il raconte la triste expérience qu’en a faite son fidèle Yungstræm, qui fut puni, par une cruelle démangeaison, de son scepticisme à l'égard des propriétés nuisibles de cette plante.

(1) Les cosses de cette plante, sous le nom d'Okra ou d'Ochro, font aujourd’hui et depuis longtemps les délices des gourmets Anglo-Indiens, qui s'en servent pour épaissir les soupes, à quoi le riche mucilage qu'elles renferment les rend éminemment propres. M.

Il reçut en présent plusieurs échantillons de minéraux: un morceau de cristal blanc et transparent (1), des pyrites cuboïdes ou de Browallius (2) (marcassites\ (3), des morceaux d’un marbre blanc à mouchetures de couleur gris-pâle ou bleuâtre, dont il y avait une carrière à quelques milles de Philadelphie, des fragments de pierre de Moscovie (4), de pierre à chaux de couleur gris-pâle d'une pâte fine et compacte (5).

On n'avait pas encore trouvé à cette époque les mines de houille qui font aujourd’hui la richesse de la Pensylvanie. Voicice que dit Kalm à ce sujet: “On n'a ‘ pas encore découvert de houille en Pensylvanie ; mais “ des gens prétendent en avoir vu plus haut dans le “ pays habité Par les natifs. Beaucoup de personnes “ cependant, s'accordent à penser qu'il s'en rencon- “tre en grande quantité plus au Nord, près du Cap “ Breton” (6).

(1) Néfrun Crystallus Mont nn, Linn. Syst. nat., 3 p. 8% Crystallius heæagona pellucila non colorata. Wallerius’'s Mineralogy p. 100. Crystal” lus Montana, cristal incolore. Forsters Introd. to Mineralogv, p. 13

(2) Evèque d'Abo en Finlande, naturali-te. M

(3) Pyriles crystillènus, Linn. Syst. nat, 3, p. 113. Marchasilae heraë. dricae tesselares. Waïlerius's Mineralogy, p. 211. Marcasilae vel crystalli pyrilacei, marcasites. Foister’s Introd. to Mineralogy, p. 39

(4) Mica membranacea, Linn. Syst. nat. 3, p. 58.

Mica membranacea pellucidissima flexilis alba. Wall. Min , p. 120

Verre de Russie, verre de Moscovie, Isingiass, vitrum ruthenieuin, vitrum Mariae. Forster's Introd, to Xin., p. 18.

(5) Marmor rude, Linn. Syst. nat. 3, p. 4i.

Calcareus parliculis serutillantibus. Wall, Min, p. 39.

Calcareus seintitlans, pierre à chaux étincelante, Forster’s Introd, to Min., p. 9.

(6) Cette opinion a été confirmée depuis que le Cap Breton est entre les mains des Anglais, et on rapporte que les lits de houille courent à travers toute l'étendue de l'ile, et qu'il ÿ en a mème qui remontent jusqu’au bord de la mer, de sorte que l'ile produ'ra d'immenses richesses houillères, lorsque le gouvernement jugera à propos de !es livrer à l'exploitation pour le bénéfice de la nation. F.

Les dames faisaient du vin avec les fruits du gadellier commun et du framboisier noir. “Il est inutile,” remarque Kalm, “de décrire la manière de faire le vin de wadelles, parce qu’en Suède cet art est porté à une plus grande perfection que dans l'Amérique Septentrionale.”

Le savant botaniste ne peut dire si le troëne commun. Ligustrum vulgare, Linn., Common Privet (Oléinées), qui se rencontre si fréquemment dans les bois et les taillis, est indigène, ou s’il provient d'individus importés d'Angleterre, et dont les graines auraient été dispersées ça et là par les oiseaux. Les clôtures étaient généralement en perches et en planches. Mais il y avait déjà à cette époque des fermiers économes qui, pour ménager le bois en prévision de sa rareté future, utilisaient le troëne commun pour en faire des haies vives.

Le 21 Septembre, Kalm fit à cheval une course agréable, en compagnie de Peter Cock, qui le conduisit à sa maison de campagne à quelques milles au nord-ouest de Philadelphie, près de Germantown, petite ville manufacturière habitée en grande partie par des Allemands très-industrieux. En chemin, il remarqua que les arbres des forêts étaient tous à feuilles décidues. Il ne vit pas un seul pin nisapin, mais beaucoup de noyers, de châtaigniers, de robiniers ou faux-acacias. De temps en temps, dans les éclaircies des bois, un joli cottage en pierre ou en brique avec parterre et allée plantée d'arbres sur le devant, jardin et verger en arrière, réjouissait le regard de nos chevaucheurs. Les maisons de Germantown étaient en pierre, à deux ou trois étages, à toits plats entourés d’une balustrade, et à croisées garnies de volets donnant sur des balcons. Un jardin était contigu à chaque maison.

Le lendemain matin, Kalm fit une excursion à travers la campagne avec son hôte. D'après la description des clôtures des champs, elles devaient être construites comme les nôtres. Le noyer était regardé comme le meilleur combustible. Il se vendait à Philadelphie 18 chelins la corde de huit pieds sur quatre, et le chêne 12 chelins. On prévoyait déjà la rareté du bois. Les cultivateurs s’'adonnaient surtout à la culture du seigle et du maïs. Les femmes faisaient du vin de framboises noires et de cerises et de l’eau-de-vie de pêches et de pommes.

Le phytolaque commun ou raisin d'Amérique, phytolaca decandra (Phytolaccées) se rencontrait partout près des fermes et sur le bord des chemins. On tirait des racines de cette plante une belle teinture rouge (1).

[l y avait plusieurs espèces d'écureuils (2) : l'écureuil de terre ou scuurus striatus de Linné, que l’on garde en cage, mais qui ne s'apprivoise jamais entièrement, et l'écureuil cendré, sciurus cinereus, qui est plus grand. Dans le Maryland, ces petits animaux s'étaient tellement multipliés qu'il fut décrété que chaque habitant serait tenu d'apporter au Surintendant quatre têtes d’écureuils par année. Dans les autres provinces, on en donnait deux deniers la pièce. L'écureuil fait la principale nourriture du serpent à sonnettes (3). Comment un reptile peut-il s'emparer d’un animal aussi agile ? C’est une question que l: vulgaire a bientôt résolue en s'appuyant sur l'hypothèse de la fascination. Nous reviendrons sur ce sujet.

(1, Le jus du bois du Phytolijue sert à colorer les vins. M.

2) Mammifères de l'ordre des Rongeurs, {vpe de la famille des Siuriens. M.

(3) Crotalus horridus (Ophidia). M.

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Le raton, appelé par Linné Ursuscauda elongalaet Ursus lotor (1) et raccoon par les Anglais, est souvent, aussi, dit-on, la proie des serpents. La chair de ce plantigrade, très commun alors en Pensylvanie, est réputée excellente ; cet animal est un peu plus gros que le renard, et comme lui grand croqueur de poulets. On lui fait la chasse avec des chiens. Les organes du mâle renferment un os dont les fumeurs se servent pour fouler le tabac dans la pipe. Le poil du raton est beaucoup utilisé par les chapeliers, et sa queue est très-estimée depuis que la mode des boas a été introduite (2).

On a trouvé de grandes quantités d'écailles d'huitres près de la rivière Potomac et même à une distance considérable du rivage de la mer, des montagnes entières qui en étaient composées.

Kalm fait un grand éloge des Sauvages de l'Amérique, de leurs bonnes qualités naturelles, de leur hospitalité, de leur respect pour la foi jurée. Deux ans auparavant, un colporteur avait été secrètement assassiné dans une bourgade où il s'était rendu pour débiter ses marchandises. Le coupable se croyait bien sûr de l'impunité. Mais un jour il commit une imprudence qui le fit découvrir comme l’auteur du meurtre ; tout de suite, les membres de sa tribu s'emparèrent de sa personne, lui lièrent les pieds et les mains, et alièrent le livrer au gouverneur pour qu'il subit la peine de son crime, suivant le cours de la loi anglaise. Il fut pendu à Philadelphie.

Kalm parle aussi des talents naturels des Indiens, talents dont ils ont donné tant de preuves dans leurs traités avec les gouverneurs anglais.

(1) Procyon-lotor, laveur, à cause de son habitude singulière de ne rien manger qu'il ne l’ait fait préalablement tremper dans l'eau. M.

(1) On a fait aussi, avec la peau et la queue du raton, des espèces de bonnets à poils ; c'était un des ornements distinctifs des jacobins de 1793 [Bouillet, Dict. des Sciences], M

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