On trouve aussi d'immenses quantités de coquilles
pétriliées dans la pierre à chaux, le silex et le grès dont : 7 la masse de ces montagnes est formée. à coq ; croi 30. Dans les provinces de la Virginie et du Maryland, 1 lea aussi bien qu'à Philadelphie et à New-York, on a décou- es vert dans le sein de la terre de vastes dépôts de L on
Ë coquilles parfaitement conservées. ë È À 8 | 40. En creusant des puits non-seulement à Philadel- É mer D phie, mais en plusieurs autres localités, on a trouvé à L soix : une profondeur de dix-huit pieds des arbres, des racines î que k et des feuilles de chêne qui n'étaient pas encore É dev. F: pourris. la 5o. Les vallées, dont le sol est d’une richesse extrème %
et composé de pur terreau, sont généralement traversées
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par un ruisseau qui passe au pied d'une montagne, et l'effleure de si près qu’il semble y avoir creusé son lit. “ Toutes ces .vallées,” disait Bartram, ‘“ étaient des lacs dont l'eau a fini par se créer un passage à travers les montagnes en les minant par degrés, et la vase qui reposait au fond de ces lacs forme aujourd'hui le sol si fertile des vallées.” C’est un accident de cette nature qui ouvrit, entre deux montagnes, cette brèche d’aspect si singulier, à travers laquelle une rivière va reprendre son cours sur les frontières de New-York et de la Pensylvanie. Les gens disaient en plaisantant que cette ouverture avait été faite par le diable un jour qu'il vouiait sortir de la patrie des quakers pour aller dans celle des knickerbockers.
60. Toute l'apparence des Montagnes Bleues montre clairement qu’elles furent autrefois couvertes par la mer. C’est à l’action de l’eau qu’il faut attribuer ces escarpements que l’on remarque sur plusieurs d’entre elles.
7o. Quand on dit aux sauvages que l’on trouve des coquilles sur ces hautes montagnes, et qu'il y a lieu de croire que la mer en baignait le pied autrefois, et même les recouvrait en partie, ils répondent que cette opinion n'est pas nouvelle pour eux, et qu'elle est conforme à leurs traditions.
80. L'eau desrivières et des ruisseaux décroit sensiblement. Beaucoup de moulins qui étaient en opération soixante ans auparavant, sont maintenant arrêtés parce que le pouvoir d'eau qui les mettait en mouvement est devenu presque nul. La diminution de l’eau est due à la culture et au déboisement du pays.
90. Les bords de la mer s’agrandissent par l'accumulation des sables que les vagues apportent sur la plage.
Bartram pensait aussi qu'il fallait ne pas perdre de vue un certain autre ordre de faits qui se rattache aux observations précédentes. Les coquilles pétrifiées que l’on trouve sur les montagnes du Nord appartiennent à des espèces que l’on chercherait en vain dans la mer sous la même latitude. Qui se serait imaginé qu'on découvrirait des ossements d’éléphants dans la Sibérie ! Il est vrai que les carcasses de ces animaux peuvent y avoir été transportées par le déluge universel ; mais tout porte à croire que la terre, avant ce cataclysme, n’occupait pas vis-à-vis du soleil la même position qu'aujourd'hui et que les zones étaient différentes (1)
(1) Ce n'est pas seulement en Russie qu'on trouve des ossements et des defenses d'éléphants ; on en a découvert aussi dans le canton de Bâle, en Suisse, dans les domaines du marquis de Bareith, en Franconie, et en beaucoup d'autres lieux cités par le célèbre Leibnitz dans ses Protogara. Dernièrement, près de la Rivière Ohio, on a déterré un grand nombre de squelettes d'éléphants avec leurs défenses; et des molaires tenant encore ferme dans leurs alvéoles ont été envoyes au Musée Britannique. Feu le Dr. Littleton, évêque de Carlisle, a fait don au Musée de la Société Royale de dents semblables, trouvées au Pérou. Les rivières Chalunga et Indighèrka. en Sibérie, sont renommées pour la grande quantité d'os et dé léfenses d'éléphants que l'on découvre sur leurs bords, duns un parfait éta de conservation; cela est dû à la rigueur du climat, au peu de durée de la saison d'été et à la presque comp èle absence de pluie. Ces débris sont si communs en Russie qu'on s’en sert comme de l'ivoire ordinaire ; on a extrait du sein de la terre des défenses qui avaient jusqu'à huit pieds de long et pesaient trois cents livres, et des molaires dont le diamètre était de neuf pouces. Mais les mächeliéres d'éléphants trouvées en Amérique étaient encore plus remarquables en ce qu'elles étaient pourvues de cou ronnes à leur sommet, comme celles des animaux carnivores ou des animaux qui se nourrissent d'os durs ou de noix ; Landis qu'au contraire, les molaires des éléphants qui maintenant ne se nourrissent que d'herbes et de végétaux mous sont dépourvues de couronnes, Tite-Live, il est vrai fait une distinction entre les éléphants d'Asie ou indiens et ceux d'Afrique, et remarque que ces deruiers sont inférieurs aux premiers sous le rapport de la tailie et de la force. Mais on n'a jamais pensé à rechercher s'il y avait une différence notable entre les deux espèces dans les organes de la mastication. La dissemblance entre les molaires des élé-
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Comme l'on pense bien, Bartram ne s'est pas fait faute de montrer sa collection de plantes au naturaliste sué. dois. Kalm a noté les suivantes qui se retrouvent dans les parties septentrionales de l'Europe :
1—Le bouleau commun, {he common birch free, betulu alba (Bétulacées)—sur les coteaux.
2—Le bouleau nain, betula nana—lieux bas au pied des cotéaux.
3—Le comaret, quinte-feuille rouge des marais, comurum palustre (Rosacées)—dans les prairies, entre les les collines, dans le New-Jersey.
4—La gentiane jaune ou grande gentiane, gexnliana lutea (Gentianées)—dans les champs, près des montagnes.
phants fossiles el celles des éléphauts du monde postdiluvien, et le fait que leurs squelettes ont été trouvés dans des pays comme la Sibérie l'Allemagne et l'Amérique, que les proboscidiens n'habitent pas aujourd'hui, ouvrent un large champ aux conjectures sur la manière dont ils ont été transportés sous ces latitudes. Il est possible que ce déplacement ait été causé par les eaux du déluge. Il n’est pas contraire à la raison, à l'histoire ou à la révélation de croire que ces squelettes soient les restes d'animaux qui vivaient sur la surface du globe antérieurement à la création mosaïque, en la considérant seulement comme une nouvelle modification des créatures qui l'habitaient ailaptée à l’état actuel de notre planète, modification qui demeurera jusqu'à ce que les circonstances rendent un autre changement nécessaire. Alors notre globe passera par une nouvelle création ou révolution, qui sera marquée par l'apparition sur la terre d'animaux d'espèces nouvelles aussi. Tout homme quelque peu philosophe, ou porié au raisonnement, trouvera que ce plan donne une grande jlée au Créateur, dans l’économie et la conduite de l'univers, et de plus, qu'il est conforme au sens des paroles d'un écrivain sacré, qui dit : Psaume 104, 29, 30 —" Vous voilez votre visage, ils (les animaux grands et petits) se troublent; vous retirez votre souffle, ils expirent et rentrent dans leur poussière, Vous envoyez votre esprit, ils renaissent et la face de la terre est renouvelée.” Voir les remarques du Dr. Hunter sur les dents fossiles, dans les Transactions Philosophiques, Vol. LVIIT F.
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5—La linnée boréale, lnnæa borealis (Caprifoliacées), — montagnes du Canada.
6— Le galé où piment-royal, myriva gale (Myricées) — lieux humides, dans le voisinage de la Susquehanna.
1—La potentille frutescente, potentilla fruticosa (Rosacées) champs marécageux et prairies basses, entre
la rivière Delaware et New-York.
8—La trientale d'Europe, frientalis europæa (Primulacées)—sur les coteaux
9— Le triglochin aquatique, {riglochin marilèmum (Joncacées)— voisinage des sources minérales dans le pays des Cinq-Nations
Bartram communiqua à Kalm une lettre qu'il avait reeue de Æast Jersey, qui contenait le récit de la découverte d'une tombe indienne. Dans le mois d'Avril 1744. en creusant une cave, on trouva une grande pierre,et, à quelques pieds, au-dessous, des ossements humains et un gâteau de maïs bien conservé, auquel plusieurs personnes goütèrent par curiosité. Il n’y avait ni lettres ni d’autres caractères visibles sur la pierre.
Le mais ou Zea Mays, Linn. (Graminées) (1), était l'unique céréale que les Indiens s’appliquassent à faire produire à la terre. Ils plantaient aussi une grande quantité de courges de l'espèce cucurbila latior (Squash), qu'ils ont toujours cultivée depuis les âges les plus reculés. Ils semaient des haricots (2) depuis l’arrivée des Européens en Amérique; mais quant aux pois (3), ils en connaissaient le culture avant qu'aucun étranger mit le pied dans leur pays
(1) Tribu des Phalaridées, M.
(2) Phaseolus (Légumineuses.) M (3) Pisum (Légumineuses,) M
Certains arbres qui croissent spontanément dans les régions du Sud ne font que végéter dans des pays plus froids où leurs graines sont transportées par les oiseaux Kalm a remarqué lui-même que le sassafras (Laurinées), qui est un arbre de haute futaie en Pensylvanie, à quarante degrés de latitude nord, n’est qu'un arbrisseau à Oswego et au Fort Nicholson, entre les quarante-trois et quarante-quatre degrés de latitude. L'érable à sucre, acer. saccharinuim (acérinées), ne parvient pas en Pensylvanie au tiers ou au quart de la hauteur qu'il atteint au Canada, où il est un bel et grand arbre. Les gens du peuple emploient les fleurs du sassafras en guise de thé; comme combustible, il n'est pas estimé. Non écorce fait une bonne teinture jaune. On extrait des baies du sassafras une espèce d’hüile qui est un remède très-eflicace contre les douleurs rhumatismales. Kalm cite le cas d’une femme qui souffrait tellement dans un de ses pieds qu'elle ne pouvait plus marcher. lle se servit de cette huile une première fois, et, s'étant aperçue que ce traitement lui avait apporté du soulagement, bien que l'odeur du remède lui eût causé des nausées, elle répéta les frictions trois fois, et fut complètement guérie.
Le Picus pileatus, pic-bois noir à huppe rouge (1), était commun dans les forêts de la Pensylvanie, et même il y hivernait.
Le 3 Ooctobre, Kalm passa la rivière Skulkill en bateau traversier, à une lieue en arrière de Philadelphie, et se mit en route pour Wilmington, autrefois appelé Christina par les Suédois, et qui est situé à trente milles au sud-ouest de Philadelphie.
Chemin faisant, il observa que la profondeur de la
(1) Seansores, grimpeurs, M
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couche arable n’est pas aussi considérable qu'elle devrait l'être d’après les calculs de quelques savants. ‘“ Et, cependant,” dit-il, “il est bien certain que Îla terre n’a pas été remuée ici depuis le déluge” (1).
La stramoine ou pomme-épineuse, Datura S'ramonium (Solanées), se rencontrait fréquemment aux alentours des villages. On la mettait, ainsi que le phytolaque, au rang des herbes nuisibles, et on ne leur connaissait aucune propriété utile. Aujourd'hui, on les considère comme des plantes d'agrément, et on les introduit dans nos jardins : la stramoine (qui est cependant un poison dangereux), à cause de la singularité de son fruit, et le
(t) Nous regrettons de ne pouvoir donner en entier une note trésintéressante du traducteur anglais ; miis elle est si longue que nous nous bornerons à en faire une courte analyse
Quelques savants pensent que l’humus ou terre végétale de notre globe s'accroit graduellement, par la décomposition des plantes, d'un demipouce par cent aus, surtout dans les régions qui n'ont jamais été livrées à la culture depuis le déluge. D'autres naturalistes, Wallerius entre autres, ne concourent pas dans cette opinion pour la raison qui suit : Les couches d'humus excédant rarement un pied, il s'en suivrait qu'il ne s'est écoulé qu'une période de ?,100 depuis le déluge, tandis que d'après la chronologie de la Bible, il y a plus de 4,000 ans que cet événement a eu lieu... En Russie, de ce eôté-ci de la rivière Volga, il v a des plaines étendues qui n'ont jamais été cultivées depuis le grand cataclysme ; car l’uistoire nous apprend que les Scythes, les Sarmates, les Huns, les Mogols, qui ont bté successivement ies maitres de ces vastes contrées, élaient des races nomades qui vivaient sans agriculture. G?s régions sont dépourvues de bois de temps immémorial, Et cependant le sol y a deux et même quatre pieds de profondeur; ce qui démontre combien est incertain | calcul d'un demi-pouce par siècle. L'analyse chimique des plantes fait voir qu'elles sont formées d’eau, de terre, d'alcalis, d'huile, ete. D'où ces substances variées, nécessaires pour la vég'talion, sont-elles venues originairement ? Répondre qu'elles sont le pro luit d'autres plantes décoinposées, c’est tomber dans un cercle vicieux, Elles sont l'œuvre du Créateur de l'univers, qui les a douces des qualités nécessaires pour la perpétuation des espèces. Forster conclut par dire qu'il abonde dans le seatiment de Kalm, et repousse l'opinion que la couche arab'e de là terre est le produit de la végétation. F
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