‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 30 sur 61 · RACCOON · texte numérisé non relu

RACCOON

Kalm a su par Bartram qu'il y avait dans les montagnes de la Pensylranie de nombreuses grottes et cavernes dont les stalactites présentaient l'aspect le plus curieux et le plus bizarre, mais il ne les a pas visitées.

20 NOVEMBRE.—Kalm alla passer quelques jours à Raccoon (1), dans le New-Jersey. C’est dans cette excursion que le botaniste suédois vit pour la première fois l’arbuste que ses compatriotes d'Amérique appelaient arbre à cuillère, parce que c’est de son bois que les Indiens faisaient leurs cuillères ou truelles ; les Anglais, laurier, parce que ses feuilles ressemblent à celles du laurier-cerise, et que Linné nomma Æalmia en l’honneur de l’illustre voyageur. Æalmia foliis ovatis, corym. bis terminalibus ou Kalmia latifolia (Ericacées). Chose singulière, les feuilles de cette plante, qui sont un “éritable poison pour les chevaux, les bœufs et les moutons, forment la nourriture ordinaire des cerfs lursque la neige couvre le sol. Les chasseurs en trouvent toujours dans les intestins de ces animaux durant cette saison, et les chiens qui mangeut ces débris deviennent comme stupides et tombent malades. Les feuilles de la Kalmie forment aussi, en hiver, la nourriture du ptarmigan, Lagopus mutus, appelé Hazel-Hen par les Suédois (2).

Le bois de la Kslmie est très dur ; on en fait des axes de poulie, des navettes de tisserand. Il est fort recherché par les tourneurs et les menuisiers. Les feuilles de cet arbuste pétillent dans le feu comme le sel. On prétend que dans les incendies si fréquents qui consument des forêts presque entières, l'élément destructeur s’arrête loxsqu’il rencontre un groupe de Kalmies.

(2) Oiseau de l’ordre des gallinacés, famille des tétras. M,

({) Aujourd’hui Swedesboro,

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Une décoction de racine de sassafras, bue chaque matin avec application de ventouses sur les pieds, a guéri, paraît-il, plus d'un hydropique.

Au commencement du 18e siècle, on avait l'habitude, à Londres, de boire du thé de feuilles de sassafras, mais quand on a su que cette infusion était donnée aux syphilisés, l’usage de cette boisson a été abandonnée.

Kalm fait une observation qui montre avec quelle sagesse tout a été ordonné dans la création. C’est que dans les régions du Sud, où les bestiaux broutent le paturin des champs toute l’année, la plupart des espèces d'herbes sont annuelles et se ressèment d’elles-mêmes. Dans les contrées septentrionales, au contraire, comme au Canada, par exemple, où les cultivateurs ont besoin de plus de fourrage pour nourrir leurs animaux à cause de la longueur des hivers, la plus grande partie des herbes sont pérennes et vivaces.

Les habitants du New-Jersey faisaient de la bière et même de l’eau-de-vie avec les pommes du plaqueminier de Virginie.

Ils cultivaient en grand plusieurs espèces de melons (1) et de courges (2), ainsi que le sarrasin (3), peu apprécié, cependant, par les Français du Canada.

Vers le soir, le sol dans les bois, étincelait de lueurs phosphoriques jetées par les vers-luisants (4). Kalm décrit ces insectes comme suit: Corps linéaire formé de onze articulations jointes comme celles des cloportes, allongé

(1) Cucumis Melo (Cucurbitacées). M.

(2) Cucurbila |Cucurbitacées). M.

(3) Fagopyrur1 esculentum (Polygonacées). M.

(4) Lampyris nocliluca (Coleontera).

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aux deux extrémités, et d’une longueur de cinq lignes et demie géométriques; couleur brune, antennes courtes et filiformes, pattes attachées aux articulations antérieures. Quand l'insecte rampe, ses articulations postérieures trainent sur le sol et aident à ses mouvements. L'extrémité de sa queue contient une matière qui reluit dans les ténèbres, en jetant une lumière verte.

Les feuilles du houx, Lex aquifolium (Ilicinées), pilées dans un mortier et bouillies, se donnaient contre la pleurésie.

Beaucoup de fermiers cultivaient le lin (1), peu le chanvre (2).

On coupait avec la faucille le seigle (3 , le froment (4), et le sarrasin, mais on fauchait l’avoine (5). Les champs étaient laissés en friche pendant une année. Tous les habitants avaient des vergers.

Les anciens colons remarquaient que le volume des eaux avait beaucoup diminué dans les lacs et les ruissedux depuis leur établissement dans le pays. En creusant des puits, on avait trouvé, à la profondeur d'une vingtaine de pieds, des écailles d’huitres, des coquilles de moules, des roseaux et d’autres plantes marines.

La présence de ces fossiles dans l’intérieur de la terre démontre, dit Kalm, qu’une grande partie de la province de New-Jersey, à des époques reculées, était recouverte par les eaux de la mer.

(1) Linum (Linées), M.

(?) Cannabis saliva (Cannabinées). M.

(3) Secale (Graminées). M.

(4) Trilicum (Graminées). M,

{5} Avena (Graminées), M.

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