‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 61 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

rhus glabra. Prises très jeunes, elles s'apprivoisent facilement et ne sortent pas de la basse-cour.

Les rats musqués sont très-communs dans l'Amérique Septentrionale, et vivent près de l’eau, sur les bords des lacs, des rivières ou des ruisseaux. Ils se nourrissent ge moules principalement. Linné a donné à cet animal le nom de Castor Zihethicus (1), et celui de Castor Moschalus au rat musqué d'Europe.

Le castor s'apprivoise aisément. Kalm rapporte qu'un major Roderfert, de New-York, en garda un pendant plusieurs années, qui le suivait comme un chien et qui vécut en bonne intelligence avec une chatte et ses petits.

Les Anglais donnaient le nom de Mink à un animal que Kalm n'a jamais eu occasion de voir vivant, mais qu'il croit, à en juger par sa peau, appartenir au genre belette, Mustela (Carnivores digitigrades). 11 s’introduit la nuit dans les poulaillers, et y fait un carnage affreux. Sa peau valait de vingt deniers à deux chelins, Forster,

dans une note, dit que le Mink ou Minx est une espèce de petite loutre appelée par Linné Muste'a lutreola (2), System LI. p. 66.

Kalm a déjà fait mention du Raccoon (Procyon lotor), “ mais,” dit-il, “comme je suis dans une localité qui est son pays natal (le village de Raccoon), il est juste que j'en parle avec plus de détails.” Cependant, comme il n’ajoute rien de bien intéressant à ce qu'il en a dit précédemment, nous nous contenterons de noter dans ce passage la remarque que les Iroquois donnaient à ce carnivore plantigrade le nom de Aftigbro.

(t) Miber zibethicus (Rodentia). M,

(2) C’est le vison, M.

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10 FÉvRIER.—Le savant naturaliste alla passer la journée à Philadelphie, pour voir la débâcle qui eut lieu ce jour là dans le port. Le surlendemain il était de retour à Raccoon. En chemin, il remarqua des bandes de corneilles juchées au haut des arbres. Il n’en avait pas vu de l'hiver. On croyait, cependant, qu’elles ne faisaient pas de migration l'automne et passaient la saison des froids dans le pays. En Pensylvanie, la corneilie était détestée, comme partout ailleurs du reste, à cause de ses déprédations, et on avait mis sa tête à prix. Mais la loi de proscription fut bientôt rappelée, parce qu'on s’aperçut que la prime de trois deniers offerte pour chaque corneille tuée ne tarderait pas à épuiser le trésor de la Province. La corneille d'Amérique est une variété du genre corvus cornix. Linn.

Sur sa route Kalm remarqua que quelques arbres, tels que le chêne et le hêtre, avaient conservé une partie de leurs feuilles, mais elles étaient toutes pâles et sèches.

Les jeunes arbres gardent leur feuillage mieux que les vieux, surtout celui des branches les plus basses. C’est un abri que la Providence ménage aux oiseaux pen-

dant la froide saison. F

13 FÉVRIER.—Ayant creusé un trou dans la terre,Kalm en retira plusieurs insectes, qui, dès qu'ils furent exposés à l’air, n’eurent que la force de remuer les pattes un peu sans pouvoir se trainer, à l'exception de la fourmi noire qui s'était blottie à dix pouces au-dessous de la surface du sol. Au nombre de ces insectes, il trouva: un scarabée couleur de châtaigne, au thorax poilu, à élytres plus courts que l'abdomen marqués de lignes longitudinales bordées de poils; une autre espèce de scarabée qu’il appelle carabus latus, et qu'il dit être très

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ait 100 FÉVRIER 1749.

gi (4 commun dans l'Amérique Septentrionale; plusieurs Ni: grillons champêtres ou criquets des champs. b "He De plus, il trouva des fourmis fauves (formica rufa) À dans les fentes de vieux troncs d'arbres desséchés. v

Les colons donnaient le nom d'oiseau bleu à un très

ps joli petit oiseau appelé Motacilla sialis par Linné, Rube- À | cula Americana Cærulea par Catesby, et par Kalm dans mi son journal Motacilla cærulea nitida, pectore rufo, ventri fo ps albo (1). P:

È 1 f y LA L , . cc REA 14 FÉVRIER.—Les colons donnaient le nom d’oiseau- ie rouge à un petit chantre ailé dont le ramage ressemble Fe à celui du rossignol d'Europe, et que Catesby appelle . f coccothraustes rubra et Linné loxia cardinalis. Kalm, qui |: a gardé un de ces oiseaux en cage pendant cinq mois, Q Ja parle bien de la force extraordinaire de leur bec, mais il pr lei ne fait pas mention de la particularité si remarquable de né celui des loxies, dont les mandibules sont tellement pr FA recourbées que leurs pointes se croisent ; d’où vient leur de jf nom de bec croisé (2). Il est probable que le charmant qu captif de notre naturaliste n'était ni un gros-bec à gorge- To 4 rose (3), ni un bec-croisé, mais que c'était tout simple- la LT ment un oiseau-rouge (4). Autrefois, on désignait par le pa F mot loxie, qui veut dire oblique, tantôt le bec-croisé, à] 1 tantôt le gros-bec. té ù A: (1) Robin bleu—Redbreast blue-—Sialia Wilsoni—{(Pa:sereaux denti- ne NA Le rostres). M. d':

$ 5 (2) Zoxia curvirostra, Audubon (Passereaux conirost es). M. qu 4 ; (3) Cocoborus Ludovicianus, Audubon (Passereaux conirostres). M. JR En (:) Purple Finch (Cardinalis rubra), Erythrospiza purpurea, Audubon. en k “x “ Le bec de l’oiseau-rouge,” dit M. LeMoine dans son Ornithologie du n1è li ! Canada, “est si trapu, si robuste, qu'on serait presque tenté de croire tri Be qu'il appartient à la famille du gres-bec des pins. L'oiseau est fort mé- < Mlle chant au commencement de sa captivité, il mord à enlever la chair...” Ë Or, Kalm finit sa description de l’oiseau-rouge par ces mots : ‘ They have fi: Fe such a strenght in their bill, that when gou hold your hand {0 them, they l'or É tx pinch it so hard as lo cause the blood lo issue forth.” M. (2 À qe

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La grue, ardea canadensis (1) (Echassier), arrivait de bonne heure au printemps, en Pensylvanie et dans le New-Jersey ; mais elle n’y faisait pas son nid, et poursuivait sa migration vers le nord.

Le mainate pourpre et l'étourneau aux ailes rouges, Agelaius Phaeniceus (2), oiseaux d'espèces différentes, mais appartenant tous deux à l’ordre des passereaux, formaient, alors comme aujourd’hui sans doute, une paire d'amis très détestée des colons qui les regardaient comme des compagnons de rapine, et les confondaient sous lé nom de voleur de maïs.

L'édition anglaise contient deux bonnes gravures de ces oiseaux.

Linné avait donné au quiscale le nom de Gracula Quiscula. Franklin a raconté à Kalm qu’en 1750, au printemps, on fit à ces oiseaux une guerre si acharnée &ans la Nouvelle-Angleterre, qu'ils disparurent presque complètement. Mais l’année suivante, les larves des insectes causèrent à la récolte plus de dommages que n’en avaient jamais fait les pauvres voleurs de mais, malgré leur mauvaise réputation. Aussi, notre ornithologue, M. Le Moine, remarque-t-il que cet oiseau n’a pas en Canada la mauvaise renommée qu'on se plait à lui donner dans le sud des Etats-Unis, et qu'au printemps il dévore assez de chenilles pour se faire pardonner les dégats qu’il causera plus tard. Le mainate a d’autres ennemis que l’homme, ce sont les éperviers, qui en détruisent un grand nombre.

L’airelle d'Amérique, Vaccinium hispidulum (Vacciniées), se rencontre partout dans l'Amérique Septentrionale. Les Anglais lui donnent le nom de Cranberry

Cl Grus Canadensis. Ardea est le nom latin du Héron, autre oiseau de

l'ordre des Echassiers. M.

(2) Sturnus predalorius, Wilson, Oriolus phaeniceus. M.

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Rad 102 FÉVRIER 1749,

et les Français du Canada celui d'atopa (atocas) em- DE prunté des Indiens. On fait entrer ce fruit dans la préparation des tartes et de plusieurs autres pâtisseries ; Pre comme il est très acide, il demande beaucoup de sucre. Les sauvages étaient très friands d’une espèce de ( moules, Mytilus anatinus (t), qu’ils ramassaient dans les rigoles des prairies. Sur la surface extérieure de la coquille de ces mollusques on remarquait généralement une petite croûte de particules de fer, ce qui faisait de croire que l’eau des sillons venait de quelque dépôt de ce minerai. | . Le 3 Mars, Kalm vit passer au-dessus de sa tête et s'abattre sur les bois d'innombrables volées de pigeons ' de passage, columba migratoria (2) (gallinacés).

Il nomme huit espèces de Pics (Grimpeurs) qui se rencontrent dans les forêts de l'Amérique du Nord. Ce sont :

HER Le Pic à bec d'ivoire (Picus principalis), originaire du | Jrésil et du Mexique, qui a vingt pouces de longueur et trente d'envergure. Aussi, est-il appelé le roi des Pics. Il était très rare en Pensylvanie, | DAS Le Pic noir à huppe rouge (Picus pileatus), que | RE M. Le Moine appelle le grand chef des Pics de l'Améri- 11 que du Nord, et qui forme partie du petit nombre des f espèces sédentaires en Canada.

Le Pic doré ou Pic aux ailes d’or (Picus auratus) (3), qui a quelque ressemblance nes coucou, et qui reste en Pensylvauie l'hiver comme l’ét

(1) Genre de mollusques acéphales à coquille allongée, équivalve et fermée. La tête de l'animal est dans l’angle aigu. Le moule de mer commun (Mylilus edulis) se distingue par ses fortes valves, dont l’une est \ légèrement bombée et l’autre anguiaire. Le bout voisin de la charnière est pointu et l’autre arrondi. M.

(2) Ectopistes migratoria—Audubon. C'est notre lourle. L'édition anglaise donne une très bonne gravure du pigeon de passage, M,

“ae (3) Colaptes auratus. M.

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