‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 61 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

Le vieillard raconta à Kalm quelques épisodes intéressants des premiers temps de la colonie. Plusieurs Suédois furent massacrés ou scalpés par les Sauvages, d’autres eurent des enfants volés qu'ils ne revirent plus jamais. Un jour ces barbares surprirent une jeune fille et lui enlevèrent la chevelure et la peau du crâne avec un couteau ; ils l’auraient achevée s'ils n’eussent aperçu un bateau rempli de Suédois qui venaient au secours de la victime; ils se sauvèrent précipitamment, emportant avec eux leur sanglant trophée. La jeune fille guérit de son horrible blessure, se maria, eut plusiers enfants et vécut jusqu'à un âge avancé. Le plus souvent, les auteurs de ces atrocités étaient des Indiens appartenant à des tribus différentes de celles que les blancs avaient trouvées en possession du pays, et avec lesquelles ils vécurent généralement en bonne intelligence.

Les Sauvages pour conserver leur maïs pendant l'hiver le serraient dans des trous creusés en terre à six pieds de profondeur, dont ils tapissaient le fond et les côtés avec des écorces d'arbres, et avec une herbe du genre andropogon et une autre plante dont le genre est inconnu, mais que les colons désignaient sous le nom d'herbe des sauvages. Quand les Suédois s’établirent dans le pays, les naturels n'avaient aucun autre animal domestique que le chien (1). Ils se fabriquaient eux-mêmes des pipes de terre glaise avec lesquelles ils fumaient du vrai tabac quand ils en avaient, sinon ils remplaçaient la nicotiane (solanées) par une herbe inconnue aux colons suédois, mais que le vieillard assurage pas provenir de la rolène commune, Verbascum Thapsus, généralement

(1) Canis Jamiliaris, genre de carnassiers digitigrades, famille des canidés. M.

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appelée Tabac Indien dans le New-Jersey, mais erronément (1).

Les Sauvages croyaient à l'existence d'un être suprème, mais ils rendaient un culte à des divinités fétiches. Nils Gustasson raconta à son hôte qu’un jour il tua un serpent rouge malgré les supplications d'un sauvage, qui le priait d’épargner la vie du reptile en disant que c'était son dieu.

Le 28 Mars, le tremble, populus tremula (Salicinées), était en fleurs, mais il ne montrait pas encore ses feuilles. Ce jour-là le savant naturaliste trouva un gros scarabée noir, dont l’écusson était ovale pentagone et le thorax bossu ; sur sa tête, il y avait une corne courte et obtuse. Ce scarabée avait l'odeur du‘melilot bleu (2) et était couvert de tiques (Acari). Il avait les pattes aussi fortes que celles du scaraboeus stercorarius.

D'après cette description, Forster pense que c'était le Scarabée de la Caroline. Il trouva aussi d’autres insectes dans la terre, des criquets, des araignées (3), des scarabées de terre (Carabi).

Une cicindèle champètre, cicindela campestris (Coléoptéres), volait de tous côtés, faisant la chasse aux autres insectes, étalant au soleil les splendeurs de sa livrée or, vert et bleu.

Des punaises aquatiques, cèmex lacuslris (Hemivtera), couraient sur la surface de l’eau en décrivent mille courbes pour échapper aux poursuites “un D'tique, dyticus piveus (4), grand scarabée aquatique carnivore.

(t) Le Tabac Indien dt la lobélie gonflée—Jobelia inflala (Lohéliacées), Les nègres d'Amérique fument, à défaut de tabac, les feuilles d'une espèce de moreile (solanées) appelée tabac marron. M.

(2) Trifolium Melilotus Cœrulea (Lègumineuses). M.

(3) Arachnida, M.

(4) Hydaticus interruptus, (Cleoplera penlamera.) M.

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