ER RIT PT BR VDS NÉE T PE RES
LE EC mrene Rob t 8 1
ennemi, à moins qu'il ne soit familiarisé avec la rivière, ne peut en remonter ‘le cours sans aller à sa perte, à cause des récifs cachés et des foris courants qui obligent les vaisseaux à dévier de leur route bien souvent.
Québec, dit-on, doit son nom, qui dérive d'un mot normand, à sa situation sur une langue ou pointe de terre. En effet quand on remonte la rivière par l'Ile d'Orléans, le fleuve, au dessus de la ville, se dérobe à la vue et on est tenté de prendre la rivière St Charles pour la continuation du St. Laurent. Mais en avançant plus loin on retrouve le cougs du fleuve, qui offre au premier abord beaucoup de ressemblance avec l'embouchure d’une rivière ou une grande baie. Un matelot, surpris à l'aspect de cette singularité du cours de la rivière, se serait écrié dans son dialecte provincial Qué bec, (1) c’està-dire quelle pointe de terre, de là le nom que porte la cité, D'autres le font dériver du mot algonquin Quebégo, où Québec qui signifie “ qui va en retrécissant,” larivière devenant plus étroite à mesure qu’elle se rapproche davantage de Québec.
Le St Laurent a un quart de mille français, ou trois quarts de mille anglais de largeur à Québec. L'eau salée ne remonte pas jusqu’à la ville et les habitants peuvent faire usage de l’eau du fleuve pour la cuisine, Malgré sa largeur et son cours si rapide, au reflux surtout, il s'y forme un pont de glacc qui dure tout l'hiver, et sur lequel on peut passer à pied ou en voiture, On dit qu’on a vu fréquemment, même en mai, par des nuits extrèmement froides, ce pont de glace se reformer après la débâcle, et avoir ossez de force pour pouvoir supporter le poids des piétons.
{1) Quel bec !
vict de € terr prés Ja d
Cela montre quelle est l'intensité du froid ici, surtout quand on considère la différence notable du niveau de l'eau à marée haute et à marée basse. La plus grande largeur de la rivière à son embouchure est de vingt-six lieues ou soixante dix-huit milles anglais, du moins autant qu'on peut la déterminer.
Il est assez difficile de préciser la ligne de démarcation entre la mer et la rivière, vù que cette dernière ne s’y jette et ne s’y unit que graduellement. La plus grande partie des eaux contenues dans les nombreux lacs du Canada, dont quatre ou cinq ressemblent à de grandes mers, passe forcément par le St Laurent avant d'aller se perdre dans l'océan. La rapidité du courant rend très dangerense la navigation de la mer en remontant le St Laurent, ainsi que les bancs de sables mouvants qui se forment souvent à des endroits où on n’en avait jamais vu auparavant. Les Anglais dans leurs entreprises contre le Canada ont fait une ou deux fois l'expérience de l'espèce de danger causé par le déplacement de ces battures.
Aussi les Français regardent-ils avec apparence de raison la rivière comme une barrière contre toute nouvelle incursion (1).
Comme je l’ai déjà ait, la marée remonte beaucoup audelà de Québec dans le St Laurent.
La différence du niveau de l’eau entre les hautes et basses marées est généralement de quinze à seize pieds, me-
(1) La rivière St Laurent n’a pas été une barrière contre les flottes victorieuses de l'Angleterre lors de la dernière guerre, et les fortifications de Québec n’ont pu tenir devant les assauts intrépides de son armée de terre, ce qui a fort désappointé ces bons Français du Canada. Mais à présent ils vivent heureux sous le régime anglais, dont ils savent apprécier la douce influence, (F.)
DE 0e na re tie À
sure française, mais à la nouvelle et pleine lune, et lorsque le vent est favorable la différence est de dix-sept à dix-huit pieds, ce qui est très considédable.
Cinseng (Araliacées) (1) est le nom vulgaire français au Canada d’une plante dont la racine a une grande valeur en Chine.
Elle croît de temps immémorial dans la Tartarie chinoise et la Corée, où on la cueille tous les ans pour l'exporter en Chine. Le Père du Halde dit qu'elle est la plus précieuse et la plus utile de toutes les plantes de la Tartarie Orientale, et qu’elle attire chaque année beaucoup de monde dans les déserts de cette contrée. Les Tartares-Mantchoux lui donnent le nom de Orhota, qui
veut dire la plus noble ou la reine des plantes (2). Les Tartares et les Chinois l’apprécient très fort et lui attribuent la vertu de guérir plusieurs maladies dangereuses, de renouveler la vigueur du corps et même de relever les forces intellectuelles abattues par un excès de travail,
Une once de ginseng rapporte le prix incroyable de sept à huit onces d'argent à Pékin. Quand les botanistes français ont vu le dessin de cette plante pour la première
(l) Les Botanistes connaissent cette plante sous le nom de Panar quinquefolium, foliis ternatis quinalis, Linn, Mat. Med. Z 116. Sp. plant. p.15. 12, Gronov. El, Virg. p. 147, Voye” aussi Catesby Hist. Nat. de la Caroline Vol III p. 16 t. 16. Lafitau Gins. ‘. t. 1. Le Père Charlevcia Hist, de la Nouvelle France, Tome IV, p. 308 fig. XIIT et Tome, V, p. 24.
Voir aussi ‘ Le Père Lafitau et le Ginseng,” par l'Abbé Verreau, M,
(2 Peter Osbeck, Voyage en Chine, Vol, 1, p. 223,
fois, ils ont cru retrouver en elle une vieille connaissance de la Tartarie (1).
Cette conjecture parait vraisemblable, si l’on considère que plusieurs établissements au Canada se trouvent sous la même latitude que les parties de la Tartarie chinoise et de la Chine, où le vrai Ginseng croît à l’état sauvage.
Ils ont trouvé le même Ginseng sauvage en abondance dans plusieurs régions de l'Amérique du nord, dans les forêts des possessions françaises et anglaises, Cette plante aime l'ombre et croît dans un terreau profond et riche ; un sol humide ne lui convient pas plus qu'un sol élevé.
Elle n’est pas très commune partout, et parfois on la cherchera inutilement pendant l’espace de plusieurs milles sans en découvrir un seul pied, mais là où elle croit on la trouve toujours en abondance. Elle fleurit en mai et juin, et ses baies sont mûres à la fin d'août. Elle se transplante facilement, prospère même dans un nouveau terrain. Quelques personnes ici qui en ont ramassé des graines et les ont semées dans leurs jardins potagers m'ont dit qu’elles sont restées dans la terre un ou deux ans avant de lever. Ler Iroquois ou cinq (six) nations donnent au ginseng le nom de Garangloging, ce qui signifie, dit-on, wn enfant, la racine de cette plante ayant quelque peu la forme d’un enfant; mais il y en aqui croient plutôt qu'ils veulent désigner par ce nom /a cuisse et la jambe, à quoi, en effet, elle ressemble singulièrement. Les Français s’en servent pour la cure de l'asthme,
{t) Entre autres le P, Jartoux, qui avait fait un voyage en Tarlarie en 1709, et le P. Lalitau, qui reconnut le ginseng dans les forèts du Canada en 1715. La racine de cette plante qui se vendait alors au poids de l'or en Chine, devint bientôt l'un des articles les plus en demande du commerce canadien, qui en 175? en expédia pour la valeur d’un demi-million de francs. (M.
| ae Lt
comme tonique, et pour donner de la fécondité aux femmes. Le commerce du ginseng ici est très actif, onle cueille en grandes quantités pour l'envoyer en France d'où il est transporté en Chine, pour y être vendu à grand profit (1). On dit que les marchands en France out fait au commencement des profits énormes dans ce commerce ; mais l'exportation continue du ginseng en Chine a fini par y faire tomber les prix aussi bien en France qu'en Canada. Néanmoins les marchands y trouvent encore leur compte Dans l'été de 1748, une livre de ginseng se vendait six francs ov livres à Québec mais le prix ordinaire ici est cent sous ou cinq livres. (2)
Pendant mon séjour en Canada, tous les marchands de Québec et Montréal ont recu des ordres de leurs correspondants en France, où le ginseng était en grande demande. On se mit en conséquence à cueillir les racines avec la plus grande diligence possible ; les Indiens surtout se livrèrent à cette occupation, rarcourant tout le pays à la recherche de la précieuse plante, et vendant ensuite le fruit de leur travail aux marchands de Montréal.
(1) M. Osbeck semble douter que les Européens puissent tirer quelqu'’avantage du commerce du ginseng, parceque les Chinois n’estiment pas les racines venant du Canada, autant que celles qui proviennent de la Tartarie chinoise, et que les premières valent à peine la moitié du prix des secondes Voyez Voyage d’Osbeck en Chine Vol. 1 p. 223 FE,
(?) Ge commerce fut ruiné au Canada par la faute des marchands, qui, voyant que la racine était en grande demande, et qu'on l'achetail sans regarder de très près à sa qualité, se mirent à la faire sécher au four, au lieu de suivre le procédé ordinaire de dessication, trop lent au gré de leur avidité, la vendant, ainsi préparée, jusqu'à vingt francs la livre, Mais les Chinois ne tardèrent pas à s'apercevoir de la fraude, et le ginseng du Canada perdit sa vogue. M.
la pa
ginse l’art Mr
Ils s'adonnèrent tellement à cette industrie, que les cultivateurs français ne pürent trouver un seul Indien qui voulut s'engager pour les aider au temps de la moisson, bien que d'ordinaire ils se louent volontiers. Si l'on continue encore pendant plusieurs années consécutives à faire la guerre au ginseng de cette manière, c'est-à-dire, sans laisser à chaque place un ou deux sujets pour propager l'espèce, il ne tardera pas à disparaître, c’est ce que l'on craint ici. Et avec raison ; en effet cette plante qui était si commune aux environs de Montréal, ne s'y rencontre plus du tout, tant les razzias ont 6té complètes,
Aussi les Indiens ont-ils dû, cet été, se rendre jusqu'au pays appartenant à l'Angleterre pour faire la cueillette.
La préparation de la plante exige beaucoup de soin avant qu'elle puisse être livrée au commerce. Le marchand qui l’achète toute fraiche de l’'Indien procède d'abord à la dessication des racines, opération assez simple à la vérité puisqu'il suffit de les laisser sur le plancher, mais qui demande deux mois et plus, suivant que la saison est belle ou pluvieuse. Il faut avoir la précaution de les retourner une ou deux fois par jour, sans cela elles seraient exposées à pourrir ou à moisir. Le ginseng n’a jamais été trouvé au nord de Montréal.
Le supérieur du clergé ici, et plusieurs autres personnes, m’assurent que les Chinois estiment le ginseng du Canada autant que celui de la Tartarie (1), mais, qu'on n’a jamais pu découvrir le secret de le préparer à la manière
{1} Cette assertion est directement contredite par M. Osbeck. Voyez à là page précédente. F.
Il est probabie que le ginseng du Canada valait à son état naturel le ginseng de la Tartarie, mais on ignorait en Canada et même en France l’art de le préparer convenablement, et c’est la cause de sa dépréciation. M, l'abbé Provencher est de cette opinion. M.
0 — D vom grue s .
CR PE D RS PT 2 RE RTE ee mr à =. >< Sat era É..