‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 17 sur 52 · CR SE EEE CE · texte numérisé non relu

CR SE EEE CE

des Chinois. On pense néanmoins qu'ils plongent les racines dans une décoction de feuilles de ginseng.

Celles qui ont subi les manipulations en Chine sont presque transparentes et ressemblent à de la corne à l'intérieur ; on ne les considère propres à l'usage médecinal que lorsqu'elles sont pesantes et compactes.

La plante qui par tout le Canada porte le nom de Herba Capillaris (?) y est pareillement l’objet d'un grand trafic. Les anglais des plantations l'appellent Maiden Hair; elle croît dans toutesles colonies de l'Amérique du Nord que j'ai visitées ainsi que dans les régions méridionales du Canada ; mais je ne l'ai pas trouvée près de Québec. Elle pousse dans les bois à l'ombre et dans un bon sol (1). Je me suis laissé dire par plusieurs personnes à Albany et au Canada, que l’on y fait grand usage de ses feuilles au lieu de thé dans les cas de consomption, de rhume et dans toutes les maladies de la poitrine.

Ce remède vient des Indiens qui s'en servent de temps immémorial. Le capillaire d'Amérique est regardé par les hommes de l’art comme bien préférable à celui d'Europe (2) et aussi en envoie-t-on des quantités considérables en France chaque année. Son prix varie

(D C'est l'Adiantum pedilum de Linné. sp. pl. p. 1557. Cornutus, dans sa Caradens. plant. historia p. 7. l'appelle Adiantum Americanum et en donne un dessin avec la description p. 6.

Adiante, de la famille des Fougères, (de Adianthos, non mouillé ; allusion à la propriété de la plante de rester loujours sèche, même quand on la plonge dans l'eau) More Canarlienn’, Abbé Provancher p. 714. A. péda- Le (capillaire du Canada) sans contredit la plus délicate dans ses formes, et la plus belle de toutes nos fougères. Ses touffes font un très bel effet dans les jardins—un peu rare dans les environs de Québec. On en extrait un sirop très apprécié pour ses propriétés stomachiques et dont on fait surtout usage dans les rhumes, Flore Canadienne, id. (M.)

(2) Adiantum Capillus Veneris. Le vrai Capillaire,

et se ratio elle il s'é nairé Indi de la delà

Le blan.

mer\

Or cé) aussi chicc espè com le th:

les n cipal table la po (Sola

et se règle sur la qualité de la plante, son mode de préparation et la quantité apportée dans le marché. Quand elle est en grande abondance à Québec, le prix tombe, il s'élève au contraire quand elle y est rare, mais d'ordinaire elle vaut de cinq à quinze sous la livre. Les Indiens parcourent les bois en ce moment à la recherche de la plante, recherche qui les entraîne des fois bien audelà de Montréal.

Les plantes potagères viennent très bien ici, le chou blanc, Brassica oleracera, (Crucifères) surtout réussit à merveille, mais il est souvent attaqué par les vers.

On fait beaucoup usage de l'oignon Allium Cepa (Liliac ), en Canada, ainsique du poireau (id). On cultive aussi plusieurs espèces de courges, de melons, la laitue, la chicorée ou endive sauvage, Cichorium Intibus, plusieurs espèces de pois et de fèves ou haricots, la carotte et le concombre. Labetterave rouge, leraifort et larave ordinaire, le thym et la marjolaine y viennent à merveille, ainsi que les navets, dont il se fait une grande consommation, principalement l'hiver, Le panais se voit quelquefois sur la table, mais il n’est pas commun. Peu de gens connaisent la pomme de terre, et l’on n'y cultive ni l'espèce commune (Solanum Tuberosum) (Solanées) ni la patate des Bermudes (Convolvulus Balatas).

Les Français d'ici, lorsqu'on leur demande pourquoi ils ne plantent pas de patates, répondent qu'ils ne lui trouvent aucune saveur, et ils se moquent des Anglais qui en sont si friands. Le chou-rave (Brassica Gongylodes Linn.) (1) ne se trouve pas dans l'Amérique du Nord,

(1) Dans une note à cet endroit, Kalm dit que c’est une espèce de chou à grosses racines rondes succulentes, qui croit hors de terre, en quoi cette plante diffère du chou-navet (Brassica Napobrassica) dont les racines s’enfoncent dans la terre. Les deux espèces sont communes en Allemagne et la premiére l’est pareillementen Italie. M.

Do AR. cle 12 dd - " A. —

en. Em

À mise,

LE

A 6 at QT te Ce PRET Pl à Lo het cm

RP RAT ep LS PEL

em

du moins il est inconnu aux Suédois, Anglais, Hollandais, Irlandais, Allemands et Français qui l'habitent, Je tiens de personnes expérimentées dans la culture des herbes de cuisine et dans le jardinage en Canada, qu'elles sont obligées de faire venir des graines fraîches de France chaque année, parceque la semence perd généralement sa force à la troisième génération, et produit des plantes inférieures aux premières, par rapport au goût et à la qualité.

Les Européens n’ont jamais pu trouver aucuns caractères, ou signes représentatifs de l'écriture, encore moins décrits ou livres parmi les Indiens qui habitent l'Amérique du Nord de temps immémorial, et paraissent ne former qu'une seule nation, parlant le même langage, Ces Indiens ont. par conséquent vécu dans les ténèbres de la plus grande ignorance pendant plusieurs siècles, et ne savent absolument rien de l’état de leur pays avant l’arrivée des Européens, à l'exception de quelques traditions vagues et de fables grossières. Il n’est pas certain qu'aucune autre nation ait vécu en Amérique avant l'établissement de ses habitants Indiens, ou qu'aucun autre peuple ait visité cette partie du globe avant la découverte de Colomb. On ignore de même si la religion chrétienne y a jamais été prêchéa avant cette époque. J'ai conversé avec des jésuites qui ont fait de longs voyages dans ces vastes contrées, et leur ai demandé s'ils n'avaient jamais trouvé des indices du séjour de quelques chrétiens parmi les Indiens avant la découverte de l'Amérique ; mais ils m'ont tous répondu négativement.

Les Indiens ont toujours été aussi ignorants en architecture et en travail manuel qu’en écriture ou tout autre branche de sciences, C’est en vain que l’on chercherait

chez tions en v les pl cabai pluie place pour plutô ne tr.

du p mon.

ques célèb châte plus :

sont | de na savan rente rés d

Ma

ñe re

Ce

pério

chez eux des maisons ou villes bien bâties, des fortifications artificielles, des tours ou piliers élevés comme l'on en voit tant dans l’ancien monde datant des époques les plus reculées. Leurs habitations sont de misérables cabanes d’écorce exposées de tous côtés au vent et à la pluie. Tout leur savoir-faire en maçonnerie consiste à placer quelques pierres sur le sol autour de leur foyer, pour empêcher les tisons de s'égarer dans la hutte ou plutôt pour marquer la place de l'âtre. Les voyageurs ne trouvent pas à traverser ces pays la dixième partie du plaisir qu'ils éprouvent en parcourant notre vieux monde, où presque chaque jour ils rencontrent quelques vestiges d'antiquité : ici, c'est une ancienne ville très célèbre qu'il faut visiter ; là, ce sont les ruines d'un vieux château ; voici un champ où, quelques siècies passés, les plus fameux capitaines et les rois les plus puissants se sont livré une bataille sanglante ; ou encore, voilà le lieu de naissance, ou la résidence d’un grand homme ou d'un savant. Dans un semblable voyage, l'esprit jouit de différentes manières, et se représente les temps passés entourés de vivantes couleurs.

Mais rien de semblable en Amérique. Son histoire he remonte pas au-delà de l’arrivée des Européens.

Ce que l’on donne comme ayant eu lieu avant cette période, a plutôt l'air d'une fiction ou d’un rève que d'évènements réels. Dans ces derniers temps, néanmoins, l'on a découvert quelques vestiges d’antiquité propres à faire conjecturer que l'Amérique du Nord a été autrefois habitée par une nation plus avancée dans les sciences, et plus civilisée, que celle qui était en possession du sol à l’arrivée des Européens ; ou qu’une grande expédition militaire a été entreprise contre ce continent par quelque peuple de l’ancien monde.

ee mate Sel

égre—

se net

PES Fi 7e

D ee out on Vo

CLP RES PE |

Cette opinion est confirmée par un rapport que je tiens de M. de Vérandrière (1), qui a commandé en personne l'expédition à la mer du sud dont je vais parler à l'instant. Je l'ai entendu répéter par d'autres Français qui ont été témoins ulaires de tout ce qui s’est passé dans cette occasion. Quelques années avant mon voyage en ce pays, le gouverneur-général d'alors, le Chevalier de Beauharnois, (2) donna à M. de Verandrière l’ordre de quitter le Canada à la tête d’un parti, en expédition au travers de l'Amérique du Nord vers la mer du sud, pour examiner la distance entre les deux points, et les avantages qui pourraient résulter pour ie Cana a ou la Louisiane d’une communication avec cet océan. (3) Ils partirent à cheval de Montréal et se dirigèrent vers l'occident autant que le permirent les lacs, rivières et montagnes qu'ils rencontrèrent sur leur chemin. Parvenus loin dans l'intérieur et au-delà de pays habités par différentes nations, il lenx arriva quelquefois de rencontrer de grandes étendues de terre entièrement dépourvues d'arbres, mais couvertes d'une espèce d'herbe très haute, et qu'ils mirent plusieurs journées de voyage à traverser, Beaucoup de ces prairies étaient sur toute leur surface marquées de sillons comme si elles eussent 6té labourées et ensemencées autrefois.

(1) Cest probablement le lieutenant de La Vérandrière, qui périt dans le haufrage du navire l'Auguste sur l'Ile Royale le 16 Novembre 1761. (M.)

(2) Charles de Beauharnois de la Boische, Marquis de Beauharnois, Gou

verneur-Géhéral du Canada de 1726 à 1747. (M.

(3) Le Cours d'histoire du Canada ne fait mention'que de deux expéditions de Montréal vers l'occident durant les 20 ans que le Marquis de Beauharnois fut Gouvernenr-Général du Canada,celle de M. de Noyelles en août 1734, contre les Outagamis ou Renards et celle de M. de Longueuil en 1740, contre les Chicasas de la Louisiane, Mais Garneau, dans son Histoire du Canada, parle longuement de l'expédition même de M. de la Vérandrye, qui eut lieu en 1738, (M)

em] sim se fl où,

au un

plai uns d'ui mel d'hc pier pan D

des trou

com

lroqi Ecril.

Et cependant il faut remarquer que les nations qui habitent l'Amérique du Nord, n’ont pu cultiver la terre de cette manière, n'ayant ni chevaux, ni bœufs, ni aucun instrument aratoire ; la charrue leur était parfaitement inconnue avant l’arrivée des Européens. En deux ou trois endroits, mais à des distances considérables entre chaque point, nos voyageurs ont trouvé sur le roc, des empreintes de pieds, tant d'enfants que d'hommes faits, simples jeux de la nature probablement. Après qu'ils se fürent enfoncés plus avant à l'ouest et dans des régions où, au meilleur de leur connaissance, aucun Français ou autre Européen n’était jamais parvenu, ils trouvèrent à un certain endroit dans les bois, et ensuite dans une plaine étendue, de grands piliers de pierre, affaissés les uns sur les autres. Ces piliers étaient formés chacun d’une seule pierre, et les Français n’ont pu faire autrement que supposer qu'ils avaient élé érigés de main d'homme, Quelquefois ils ont rencontré des masses de pierres posées les unes sur les autres. ressemblant à des pans de murs en ruines.

Dans quelques uns de ces endroits, où ils ont remarqué des vestiges d'anciens édifices, il leur a été impossible de trouver aucune autre sorte de pierre. Ils n’ont pu découvrir de caractères ou écritures sur aucuns de ces piliers ou monuments, malgré les recherches les plus soigneuses, À la fin, ils rencontrèrent une large pierre en forme de pilier dans laquelle était enchassée une pierre plus petite, couverte des deux cotés de caractères inconnus. (1)

(1) Chose curieuse, Kalm ne faitaucune mention de l'expédition de M. de Céloron sur l'Ohio qui eût lieu le 15 juin 1719, juste quinze jours avant son arrivée en Canada. Au nombre dés bourgades d'Indiens dont le brave commandant exigea la soumission au roi de France, il y avait un village lroquois gouverné par une vieille femme el qui portait le nom de Rocher: Ecrit, (M,

Ils détachèrent cette pierre qui était d’environ un

pied de long sur quatre à cinq pouces de large, mesure l Li française, et l’'emportèrent au Canada, d’où elle fut en- pe M voyée en France au secrétaire d'état, le comte de Mau- qu Fe. * repas. On ne sait où elle est inaintenant; il est proba- de c RE ble qu'elle fait encore partie de sa collection. Plusieurs tions 14 jésuites d'ici ont vu et examiné cette pierre, ils s’accor- catio EF . ; We dent à affirmer que les lettres gravées dessus sont les 5” MR mêmes que celles qui (dans les livres contenant des d'au rapports sur la Tartarie) sunt appelées caractères tarta- tirer res. (1) On est forcé de reconnaître que la similitude est ri [MS parfaite, lorsqu'on les compare entre elles. qu'il FRE à res LE ee mm ER sont 4 (1) Cette opinion parait très probable, car on trouve daus Warco Paolo (900 #3 n que Aublai-Khan, un des successeurs de Gengis-Khan après la conquête de C£ la partie occidentale de la Chine, envoya des vaisseaux pour s'emparer du cette | t Je , ‘ , ; royaume du Japon ou Nipan-Gri, mais survint une tempôte furieuse qui d’exe dispersa (oute la flotte dont on n’entendit plus parler. Quelques uns de attei: ces vaisseaux peuvent avoir été jetés sur le rivage vis-à-vis les grands lacs ren LUE américains, entre les 40 et 50© dégrés de latitude nord. Les naufragés P k ete y auraient érigé les monuments dont l’auteur vient de parler, et y auraient natio | of fondé ces nations qui avaient certaines teintes de civilisation et que l’on Fran j'a a appelées Mozomlecks. Une autre partie de cette flotte, supposons-le, alla s’en ] f gi" s’échouer sur les rivages du pays qui fuit face à Mexico, et y fonda l’em- occid hi} pire Mexicain, qui est trés récent d'après ses propres archives telles que vs Hu conservées par les Espagnols, et ses annales peintes { voir Purchas's à Pilgrimagesj—si récent, que c’est à peine si son histoire compte plus de ont, il sept princes avant Montezuma IT qui régnait lors de la descente des Espa- biris gnols en 1519, sous Fernando Corlez; par conséquent le premier de ces suivan princes, en accordant à chacun un rêgne de trente-trois ans et quatre atteind mois, et ajoutant à cette période les seize années de celui de Montezuma, race € prit te sceptre en l'année 1270 ; or Xublai-Ahan le conquérant de la origine gi: Chine et du Japon était alors sur le trône, et c'est sous son règne qu'eut lieu goût } f Alta cette première expédition contre leJapon mentionnée plus haut, à l'avorte- d’une l ment de laquelle l'Amérique du Norl a dû probablementses premiers Les E à habitants civilisés, Il y a, si je ne me trompe, une grande ressemblance tants d al à entre la figure des idoles mexicaines et celle des idoles des Tartares, appar- (et part fi 2 tenant au culte du Dalai-Lama que Aublaïi-Khan a introduit le premier par- contin à” mi les Mongols'ou Monguls. Les Indiens sauvages de l'Amérique du Nord nempli L FRS jetés s { .

u'h 1] th Van:

Mir

Les Français ont eu beau questionner les Indiens pour savoir l’époque où ces piliers ont été érigés, et par qui—quelles étaient leurs traditions ou opinions au sujet de ces monuments—à qui ils en attribuaient les inscriptions, et s'ils connaissaient quelque chose de leur signification—de quelle sorte de lettres étaient composées ces inscriptions — en quelle langue elles étaient écrites—et d’autres circonstances, maisinutilement-—impossible d'en tirer la moindre explication; ils étaient tout aussi ignorants sur ce sujet que les François eux-mêmes. Tout ce qu'ils purent faire, ce fut d'affirmer l'existence de ces pierres en ces lieux, de temps immémorial. Les piliers sont à une distance de près de neuf cents milles français (900 lieues) à l’ouest de Montréal. Le but principal de cette expédition, savoir de parvenir à la mer du sud et d'examiner 18 distance entre elle et le Canada, n’a pas été atteint. Le parti d'exploration s'étant laissé entraîner à

prendre part à une guette qui éclata entre plusieurs des nations Indiennes les plus éloignées, quelques uns des Français furent faits prisonniers, et le reste fut obligé de s'en retourner. Ilsapprirent des peuplades de l’extrème occident, au milleu desquelles ils se trouvèrent en dernier

ont, il semble, daë üutr: origine, et descendent probablement des Yukag» biris et Tchucktchais, habitants de l'extrême Nord-Est de l'Asie, d'où, suivant le rapport des Russes, il n’y à qu’un faible trajet à faire pour atteindre l'Amérique. 1lyÿa tant de points de ressemblance entre cette race et les Américains, qu'il n’y a pas moyen de douter de leur commune origine,--même férocité de mœurs, même manière de se peindre, même goût pour les liqueurs enivrantes que les Yukagbins savent extraire d’une sorte de champignon vénéneux qu'ils se procurent chez les Russes, Les Esquimaux paraissent appartenir à la même race que les habi: tants du Groenland, les Samoïèdes et les Lapons. L'Amérique du Sud (et particulièrement le Pérou) tire probablement sa population du grand continent sud inconnu, qui est tout près de l'Amérique, et qui est civilisé, wempli d'habitants de différentes couleurs, qui ont pu facilement être jetés sur le continent d'Amérique en canots ou praos. (F.)

Lee vas

DE ee Tr

Page 1