‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 21 sur 52 · ENTRE QUÉBEC ET LORETTE · texte numérisé non relu

ENTRE QUÉBEC ET LORETTE

la charrue. On ne les fauche qu'une fois l'été, parce que le printemps commence tard.

Les cultivateurs sont maintenant occupés à faire leurs foins et à les rentrer, et il y a environ une semaine qu’ils ont commencé ces travaux. Il ya de grands tas de fourrage près de la plupart de leurs prairies. Lorsque le foin est humide, on le met en monceaux de forme conique.

Comme les bestiaux sont parqués dans les pâturages de l’autre côté des bois, et confiés à la garde de vachers en cas de nécessité, beaucoup de colons se dispensent de clôturer leurs terres.

Les champs sont très grands. Je n'ai pas vu de fossés nulle part : ce n’est pourtant pas manque de hesoin, ainsi qu'il m'a semblé en certains endroits. Ces champs sont divisés en planches larges de deux ou trois verges entre les raies. La hauteur perpendiculaire d’une planche de son milieu au fond du sillon, est de près d’un pied. Tout le blé est du blé d'été ; le froid durant l'hiver détruisant le grain qui a été déposé dans la terre, on n’en sème pas l’automne. Le blé blanc est très commun dans les champs; il y a aussi de grandes pièces de pois, d'avoine, dè seigle d'été en queiques endroits, et d'orge çà et là. Près de chaque ferme on voit un carré planté de choux, de citrouilles et de melons. Les champs ne sont pas toujours ensemencés ; on les laisse en friche tous les deux ans. On ne laboure pas les terres en friche durant l'été, de sorte que les herbes sauvages y croissent en pleine liberté, et les bestiaux les broutent pendant toute la saison (1).

(1) Suit dans l'original une description des clôtures en usage près de Québec, quine peut être intéressante que pour les Suédois, et non pour une nation comme l'Angleterre, qui a fait de si grands progrès dans l'art de cultiver la terre. (F.)

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Les habitations dans la campagne sont bâties indistinc. tement en pierre ou en bois. Iln'entre pas de brique dans la construction des maisons en pierre, on n'en fait pas encore assez pour cela, ici. On emploie les matériaux que l'on trouve dans le voisinage, l'ardoise noire sur. tout. Cette ardoise qui parait compacte lorsqu'on la casse, se fendille lorsqu'elie est exposée à l'air ; cependant cela ne tire pas à conséquence, vû que les pierres tiennent ferme au mur,etne s'en détachent pas, A défaut de cette espèce de schiste, on construit les maisons avec des moellons ou de la pierre à sablon, et quelque. fois avec une pierre grisâtre, Les murs ont deux pieds d'épaisseur, rarement moins. On peut se procurer la pierre à chaux partout duns le voisinage, Presque toutes les maisons à la campagne sont en bois; quelques unes sont enduites à l’extérieur. Les joints sont remplis avec de la glaise au lieu de mousse. Les maisons ont rarement plus d'un étage de haut. Chaque chgmbre a, ou sa cheminée, ou un poële, ou les deux ensemble, Les poëles ont la forme d’un carré oblong ; quelques uns sont entièrement en fer, et des dimensions qui suivent : longueur deux pieds et demi, hauteur un pied et demi,{ largeur un pied et demi. Ces poëles en fer viennent tous de la fonderie des Trois-Rivières, D’autres sont en brique ou en pierre, de la grandeur à peu près des poëles en fonte, et recouverts au sommet d'une plaque de fer. La fumée est conduite dans la cheminée par un tuyau en fer. En été les poëles sont enlevés. Arrivés à Lcrette dans la soirée, nous allâmes passer la nuit chez les Jésuites.

Sur le matin, nous continuons notre excursion à travers Ja forêt en gagnant les hautes montagnes, à la recherche

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