LORETTE
de plantes rares et de curiosités. Le terrain est plat et couvert d'un bois épais, excepté dans les endroits marécageux. Près de la moitié des plantes que nous rencontrons croissent dans les bois et les marais de Suède,
Voici deux sortes de cerisiers sauvages quisont probablement de simples variétés de la même espèce, quoiqu'ils diffèrent sous plusieurs rapports. Tous les deux sont communs en Canada, et produisent des baies rouges. L'un, appelé tout simplement cerisier par les Français, porte des fruits qui ont le goût de notre cerise des Alpes, et leur âcreté est telle qu'elle fait contracter la bouche et les joues. Les baies de l'autre espèce ont un goût légèrement acidule et agréable (1).
L'ellébore à trois feuilles (2) croit en grande quantité dans les bois, et en beaucoup d'endroits il couvre tout le sol, Cependant il préfère ur terrain humide qui n'est pas trop trempé ; l'oseille sauvage (3), et la Circée de montagne, ou Herbe des Magiciennes (4), lui tiennent compagnie. Ses graines ne sont pas encore müres, et la plupart de ses tiges n’en portent pas du tout. Cette plante est appelée la tissavoyanne jaune par tout le Canada. Les Indiens se servent de ses feuilles et de sa tige pour donner une belle couleur orange à certains ouvrages en peaux dans lesquels ils excellent, Les
(1) J'ai décrit comme suit dans mon journal l'arbre appalé cerisier par les Français . Cerasus foliis ovatis serratis, serraturis profundis fere subulutis, fructu racemoso, et l'autre, Cerasus foliis lanceolatis cronato-serratis, acutis, fructu fere solitario.
(2) Helleborus trifolius. (Renonculacées). (M) (3) Oxalis aceto sella, Linn. c’est le Rumex Pctite-Oseille (Polygonacées.) (M.)
(4) Cireæa Alpina, Linn. Circée des Alpes. On l'appeile aussi Herbe de St, Etienne. (Onagrariées). (M.
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Français, qui ont appris cela d'eux, teignent la laine et d'autres tissus avec cette plante.
Nous atteignimes avec beaucoup de difficulté le sommet d’une des plus hautes montagnes, mais, à mon grand désappointement, je n'y ai rien trouvé que je n’eusse déjà vu en Canada. Nous n'eûmes pas même le plaisir de la perspective, les bois qui couronnent le sommet de cette émiuence obstruant la vue, En fait d'arbres, j'ai noté le charme, ou Carpinus Ostrya, Linn, l'orme d'Amérique, l’érable rouge, l’érable à sucre, cette espèce d'érable qui guérit les brülures (que je n'ai pas encore décrite), le hêtre, le bouleau commun, le meri. sier (1), le sorbier (ou cormier), le pin du Canada, appe. lé pruche, le viorne aux feuilles dentelées (2), le frène, le cerisier que je viens de décrire, et l'if baccifère, (3)
Les moucherons sont plus nombreux que nous ne l'au. rions désiré. Leur piqure irrite la peau, et les Jésuites de Lorette disent que le meilleur préservatif contre leurs attaques est de se frotter le visage et les parties nues du corps avec de la graisse. On prétend aussi que l’eau fraîche est le meilleur remède contre leur piqure, pourvu que l’on ait le soin de laver les plaies tout de suite.
Il était nuit quand nous retournâmes à Lorette, après un examen minutieux des plantes que nous avions ren: vontrées.
Lorette est un village situé à trois milles français (lieues) à l’ouest de Québec, habité principalement par des Indiens de la nation Huronne, convertis à la religiou cetholique. Le village occupe le bord d’une petite
(1) Betula nigra, Linn.
(2) Viburnum Dentatum (Caprifoliacées). (ML.) (3) Tazus baccata (Conifères). (M.
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