ILE D'ORLÉANS
davantage. Les rives sont hautes et coupées à pic. Plusieurs belles collines détachées, de grands champs, éblouissants de la blancheur du blé mûr qui les couvre, et de magnifiques forêts d'arbres à feuilles décidues (1) äonnent à la contrée un aspect tout-à-fait agréable, De temps en temps, apparaissait une église en pierre, et de distance en distance, des ruisseaux venaient se perdre dans la rivière. On a bâti des moulins à vent et même des moulins à scie sur les cours d’eau de quelque importance. Après avoir fait un mille et demi (français), (2) nous arrivàmes à l'ile d'Orléans, grande île qui a 7} milles de long, sur deux milles (français) de large, dans sa plus vaste étendue. Elle émerge du sein des flots comme une montagne, et ses rives sont escarpées et bien boisées. Il y a cependant des espaces sur la côte où il n’y a plus d'arbres, des maisons de ferme occupant les éclaircies. L'ile est bien cultivée, et l’on n’y trouve que de belles maisons construites en moëllons, de vastes champs de blé, des prairies, des pâturages, des bois d'arbres à feuilles décidues et quelques églises en pierre.
: Nous entrâmes dansle bras de la rivière qui coule sur la côte occidentale de l’île d'Orléans, et qui offre la voie la plus courte. On lui donne à peu près un quart de mille (français) de largeur, mais les vaisseaux ne peuvent y naviguer, à cause des bancs de sable avoisinant les pointes de terre qui s’avancent dans la rivière, du peu
de profondeur de l’eau, et aussi à cause des rochers P :
(1) Arbres qui perdent leurs feuilles en automne ou avant la nouvelle pousse. Ceterme décidu s'emploie par opposition à celui de persistant. (M)
(2) Le lecteur n’a pas oublié que par cette locution ‘‘mille français,” l’auteur désigne une lieue. (M.
> res É SRI: .
Lt Se