‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 26 sur 52 · JOACHIM · texte numérisé non relu

JOACHIM

jusqu'au milieu du bras du fleuve St Laurent, qui divise la terre ferme d'avec l'ile d'Orléans.

. Vers deux heures de l'après-midi, la marée commença

à remonter le cours de la rivière, et le vent se trouvant contraire, nous fümes obligés de faire une relâche et d'attendre le reflux pour nous remettre en route. Nous passämes la nuit dans une grande ferme appartenant aux prêtres de Québec et près de laquelle s'élève une belle église dédiée à St Joachim. De cette localité à Québec, la distance est d'environ huit lieues. Nous fûmes reçus avec tous les égards possibles. Le roi a donné ïe pays d'alentour au Séminaire de Québec, qui en a concédé Ja plus grande partie à des cultivateurs dont les maisons sont éparses ça et là. Deux prêtres résident à St Joachim, et avec eux un certain nombre de jeunes gens à qui ils enseignent la lecture, l'écriture et le latin. La plupart de ces élèves sont destinés à la prétrise. Juste en face de cette ferme, à lorient, se trouve la pointe nord-est ou l'extrémité de l’ile d'Orléans. Le gadellier rouge, qui fut d’abord apporté d'Europe, abonde dans tous les jardins du Canada. Il vient parfaitement bien ici. Les buissons sont tellement chargés de fruit que le vert de leur feuillage se perd dans le pourpre de leurs baies.

Les vignes sauvages (1) croissent assez abondamment dans les bois. Dans toutes les autres parties du Canada, on en plante dans les jardins, près des berceaux, ou pavillons d'été faits en treillages de lattes ; les vignes, en grimpant, y accrochent leurs tendrons et ne tardent pas à les couvrir de leur feuillage, de manière

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