‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 40 sur 52 · TETE · texte numérisé non relu

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heures, et cela en prenant leur café ; aussitôt leur toilette finie, elles se placent près d’une fenêtre qui ouvre sur la rue, tiennent à la main quelqu'ouvrage à l'aiguille, et cousent un point de temps à autre, maïs sans cesser de regarder au dehors.

Un jeune homme entre-t-il dans la maison, soit qu'elles le connaissent on non, elles mettent immédiatement l’ouvrage de côté, et vont s'asseoir près de lui pour causer, rire, plaisanter, inventer des ‘“ double-entendres,” (1) et, ainsi, l’on croit passer pour avoir beaucoup desprit Pendant ce temps-là, la mère a tout le fardeau du ménage. A Montréal, les filles sont moins frivoles et plus adonnées autravail. On les voit toujours occupées à coudre quand elles n’ont point d'autre devoir à remplir. Cela ne les empêche pas d’être gaies et contentes; personne, non plus, ne peut les accuser de manquer d'esprit ni d’attraits. Leur seul défaut, c'est d’avoir trop bonne opinion d’ellesmêmes. Notons à leur louange que les filles de tout rang, sans excention, vont au marché, et rapportent avec elles les provisions qu'elles y ont achetées. Elles se lèvent aussi de bonne heure, et se couchent aussi tard que qui que ce soit dans la maison. D’après ce qui m'a été dit, je suis porté à croire que leur dot, en général, est peu considérable, à cause du grand nombre d'enfants dans chaque famille et de la modicité des revenus. Les filles de Montréal ne voient pas, sans en éprouver un grand dépit, eelles de Québec trouver des maris plus tôt qu’elles. Aussi les chances ne sont pas égales : les jeunes gentilhommes qui viennent de France, chaque année, sont captivés par les dames de Québec et ‘y marient; mais comme ces messieurs vont rarement

(1) En français dans le texto,

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à Montréal, les jeunes filles de cette dernière ville n'ont pas souvent semblable fortune.

Ce matin, je suis allé au Saut-au-Recollet, village situé à trois milles français au nord de Montréal, pour en observer et décrire les plantes et les minéraux, et surtout pour cueillir des graines de différents végétaux. Près de la ville, le chemin est bordé d'habitations de chaque côté, mais, plus loin, le pays est boisé et d’un niveau inégal. Le sol est ferme et contient de la pierre composée et une espèce de pierre à chaux grise. Les routes sont mauvaises et presqu'impraticables pour les voitures légères. Un peu avant d'arriver au KSaut-au-Récollet, le pays est découvert, et offre au regard une longue suite de champs, de prairies et de pâturages.

A un mille français de la ville, il y a, sur le bord du chemin, deux fours à chaux construits en pierre durcie au feu, à l'exception de l'intérieur, qui est en granit. Leurs voûtes ont sept verges de hauteur.

La pierre à chaux est de deux sortes, l’une est presque noire, et si compacte qu'on ne peut en distinguer les particules constituantes, sauf quelques grains épars d'un spath gris, blanc ou pâle. Par-ci par-là, on découvre de petites fentes remplies de spath blanc en menus cristaux. Malgré l'examen le plus minutieux, ie n’ai pu y découvrir aucune pétrification.

Cette pierre est commune dans l’île de Montréal ; on l'y rencontre à une profondeur d’enyiron un pied ou un pied et demi de la surface du sol, en lits de cinq à dix pouces d'épaisseur, Ebe donne paraît-il, une chaux qui, sans être aussi hlanche que la pierre à chaux

grise, est cependant beaucoup plus estimée, parce qu’elle fait un mortier d’une qualité supérieure, lequel se durcit et devient plus dense en vieillissant. Il est arrivé quelquefois, pendant qu'on était à faire des réparations à des maisons dont les pierres étaient liées avec ce mortier, que ces pierres se brisaient, tandis que le mortier restait intact.

L'autre espèce de pierre à chaux est grise ou grisfoncé ; c’est un calcaire compacte, mêlé de grains de spath de même couleur. Cette pierre est remplie de coquilles striées, pétrifiées ou pectinites. La plupart de ces pétrifications ne sont cependant que des impressions du côté creux des écailles. Pourtant, j'ai trouvé, ça et là, des morceaux de valves pétrifiées, bien que je n’aie jamais pu décour rir des coquillages de même espèce dans leur état naturel sur les rivages; et je ne conçois pas comment une telle quantité d’impressions ait pu se grouper en un seul point. J'ai vu de gros morceaux de cette pierre à chaux composés presqu'entièrement de ces pectinites serrées les unes contre les autres. On trouve cette pierre en différents endroits dans l’île, en couches horizontales de l'épaisseur de cinq à dix pouces. Elle fournit beaucoup de chaux blanche, mais de qualité inférieure, parce qu’elle devient humide dans la saison des pluies.

Le sapin est considéré comme le meilleur combustible ‘pour les fours à chaux, et le thuya vient ensuite. L'érable à sucre et les autres arbres de même espèce ne conviennent pas pour cet usage, parce qu'ils font une trop grande quantité de charbon.

Les bois et les champs sont remplis de grosses roches grises (rock-stone).

Les feuilles de beaucoup d'arbres et de plantes commencent à prendre une teinte pâle, surtout celles de

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