‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 11 sur 101 · XIV ÉLOGE FUNÈBRE DE M. ANTONIN DAUM · texte numérisé non relu

XIV ÉLOGE FUNÈBRE DE M. ANTONIN DAUM

Il nous disait encore : « Le maître-verrier lui-même, à qui l’organisation moderne de l’usine ne permet plus de travailler de ses mains avec les compagnons, à qui incombent les recherches et les directives, lui-même ne saurait vivre loin des collaborateurs qu'il s’est faits : souffleurs. tailleurs, graveurs, décorateurs; et il n’est pas d'exemple en Lorraine qu’un maître-verrier n’ait vécu, ne soit mort et ne repose au milieu de ses ouvriers. »

Notre confrère est mort au milieu de ses ouvriers, dans cette ardente cité du Pont-Cassé, dont les feux ont illuminé d’une si brillante auréole les noms de notre province et de notre Ville. Ses restes reposent aux portes de Nancy. Mais sa pensée demeurera vivante parmi nous : Antonin Daum fut un croyant généreux, un éminent serviteur — j'allais dire un apôtre — des hautes traditions spiritualistes de son art et de cette Académie : ce qui est spirituel ne meurt pas.

Ainsi notre Confraternité académique se nourrit et s’accroîit du souvenir des grands morts qui la partagèrent avec nous. Nos traditions s’enrichissent de l'héritage qu'ils nous ont laissé : c’est parce qu'elles retiennent quelque chose de leur personnalité qu'elles nous sont si chères.

& avril 1930.

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