I. — Piété filiale
Il y a douze prix pour cette vertu. En premier lieu, Mlie Suzanne Hamant (1) se voit décerner un prix sur la fondation Jules Gouy. Née à Nancy en 1907, elle est la dernière d’une famille de sept enfants, dont quatre vivante. Son père, ouvrier maçon, est mort récemment, aprés une maladie do:loureuse, provenant des suites de la guerre; sa mère, un peu infirme de naissance, n’a jamais été apte à grand’chose : ménage peu ordonné, un fils n’ayant jamais donné de satisfaction, tout le poids de l’entretien du fover tomba sur la jeune Suzanne, dés l’âge de treize ans. Mùrie avant l’âge, elle travaille sans répit, successivement dans plusieurs manufactures, sacrifiant même son après-midi du samedi, pour aider chaque semaine la sœur Edmond dans les travaux de ménage de la maison paroissiale de Saint-Léon IX. Partout les références sont parfaites. Elle remet scrupuleusement aux siens Ja totalité de ses gains. Se sentant attirée vers là vie religieuse, elle doit y renoncer pour ne pas abandonner sa mère impotente et aigrie. Toujours sacriliée, elle remplit sa tâche sans se plaindre jamais, avec une résignation qu’elle puise dans sa foi et sa piété. Puisse le prix que vous lui décernez, Messieurs, être en même temps qu'un encouragement, un rayon de soleil dans cette existence.
(4) 44, rue du Lavoir-Saint-Jean.