‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 28 sur 101 · XXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 22 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 22 DÉCEMBRE

Mie Élise-Marie Lecompte (1) partage avec Mile Hamant le prix Jules Gouv. Née à Lunéville en 1908, habitant Nancy depuis 1919, cette jeune fille a toujours mené une vie exemplaire. Son père voyage pour une maison d’automobiles. Sa mère a contracté, pendant la guerre, en pays occupé, une maladie nerveuse grave, et c’est la jeune fille qui, depuis plusieurs années, süipporte à peu près seule tout le poids du ménage, élevant un : jeune frère turbulent et difficile, l’accompagnant quatre fois pas jour à l’école. Toujours debout, dès l’aube, travaillant avec entrain, toujours de bonne humeur, et prête à rendre service, Mile Lecompte est digne de votre récompense. L'Académie fait de son prix la consécration morale d’un bel exemple de dévouement.

Les prix Mangeon et Cardin-Roussel réunis sont dévolus à Mie Fernande Latasse (2), de Nancy. Ayant, en 1913, perdû son père dont la situation était obérée, Mile Latasse a sacrifié le pécule qu’elle avait amassé par son travail, et a depuis cette époque, soutenu sa mère avec ses seules ressources. Dès 1926, elle a dù soigner cette dernière, atteinte de paralysie, privée de la parole, et ne quittant plus le lit. Sa fille pouvait seule la comprendre, aussi, tout en faisant les courses nécessitées par sa profession de placeuse en dentelles, revenait-elle toutes les deux ou trois heures pour prodiguer ses soins à la malade. Elle passait aussi bien des nuits blanches, et lorsque Mme Latasse mourut au mois de juin dernier, sa fille a dû prendre la charge des frais médicaux et autres, qu’elle n’a pu encore acquitter entièrement. Par la dignité de sa vie, par son dévouement absolu envers ses parents, votre lauréate est un modèle de vertu.

(1) 36, rue du Placieux.

(2) 40, rue de la Pépinière.

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