‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 36 sur 101 · RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLI · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLI

famille. Veuve depuis seize ans, d’une santé précaire, n’avant pour ressources que le gain peu élevé de son travail de lingerie, MC Erard soigne, d°puis six années, sa sœur malade, et l’a complètement à sa charge. Modèle d’abnégation, elle n’a pas consenti à ce que sa sœur fût hospitalisée, et s’est même refusé de lui laisser vendre ses derniers meubles, afin qu’elle ait jusqu’au hout, la vision de l’intérieur accoutumé. Rare exemple de dévouement, bien digne de récompense!

Le prix Pister est, cette année, partagé entre les trois familles Malgras, de Tomblaine (1): Barozzi, de Bainville-sur-Madon (2) et Chateau, de Nancy.

Auguste Malgras et sa femme. Victorine Iick, habitent Tomblaine où ils sont nés et se sont mariés. La famille est ancienne dans le pays. Le père, bon ouvrier serrurier, a travaillé vingt ans dans diverses maisons de Nancy, et malgré la survenance successive de sept enfants, a pu faire assez d'économies pour s'établir à son compte. La mère élève bien ses enfants. L'existence de cette famille, laboneuse et rangée, la met au-dessus du commun des familles ouvrières.

La famille Barozzi habite Bainville depuis treize ans. Le père, italien naturalisé, est, dit l’instituteur, un très bon ouvrier, faisant des heures supplémentaires pour augmenter son gain : 1] a perdu un œil dans un accident de travail. La mère se livre à la culture de quelques bouts de terrain, pour la consommation familiale, elle a six enfants dont les trois ainés commencent ou vont commencer à gagner et les trois autres ont respeclivement de douze à six ans. Les époux n'ont pas change de logement depuis leur arrivée, et vivent en bons termes

( ) Tomblaine, près Nancy.

(2) Bainville-sur-Madon. pres Pont-Saint-Vincent.

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