‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 44 sur 101 · COMPTE RENDU DE L’EXERCICE 1929-1930 XLIX · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU DE L’EXERCICE 1929-1930 XLIX

toute spiritualisée. Telles furent aussi les origines, directement justifiées, de ses titres à vos suffrages. Pourtant, dès 1909, des Comptes Rendus, publiés par Antonin Daum dans la Revue générale de l'Exposition de Nancy, avaient mis en relief des idées toutes nouvelles par où l’auteur, remontant des effets aux causes, analysait déjà, avec une singulière pénétration, les origines de l’évolution du goût lorrain dans l’Art décoratif. Son discours de réception : Verriers d'autrefois, restera comme la description la plus colorée, la plus directe (la mieux documentée aussi) du cadre forestier où les ancètres de nos verriers lorrains d'aujourd'hui menaient, non sans honneur, leur dur métier. Fondateur, dans ses propres ateliers, d'une École de Dessin et de Décoration, vice-président de la Chambre de Commerce, commandeur de la Légion d'honneur, Antonin Daum plaçait, au-dessus des obligations professionnelles et des honneurs, les préoccupations sociales qui, sans cesse, le penchèrent sur le sort des humbles, pour lesquels jamais il ne croyait avoir assez fait. Il est mort avant l’heure, sans que la carrière ait été par lui jusqu’au bout parcourue. Mais sa vie avait été pleine : aucun de ses enseignements ne sera perdu par ceux qu'il laissa derrière lui, ni par ceux qui, l’ayant approché, eurent l’honneur et gardent la fierté d’avoir été ses amis.

Quand, il y a vingt-six ans, fut élue par l’Académie de Stanislas, au titre d’associé-correspondant, Mme la Marquise d’'Eyragues, ses parrains n’avaient pas laissé, en ces temps reculés, de déclarer hautement et avec liberté : « que la littérature, la poésie, les arts, les sciences mêmes, ne sont pas un domaine réservé au sexe fort, et qu'à celui-ci nos Statuts n’ont pas, du moins explicitement, réservé un privilège exclusif ». Ce jour-là, une Institution déjà vénérable se devait donc de prouver une fois de plus sa constante jeunesse (et peut-être, aussi, quelque don de prescience) en accueillant avec honneur Mne d’Eyragues, savant et pieux auteur d’une Traduction des Psaumes sur le texte hébreu, qu'avait couronnée l'Académie Française. En elle, votre Commission des Prix de Vertu eut dès lors la plus précieuse des collabo-

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