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L'INSTRUCTION DE LA VIE MORTELLE

Par M. Pierre MAROT

ASSOCIÉ COMRESPONDANT

Paul Meyer publia naguère des extraits de l’Znstruction de la vie mortelle où Roman de la vie humaine, poème de 47.000 vers décasyllabique de Jean Beaudoin de Rosièresaux-Salines, d’après un manuscrit de Saint John's Collège de Cambridge (1). L'auteur traite des philosophes anciens d’après les Dicta philosophorum, de l'Histoire Sainte et de l'histoire profane jusqu’au temps où 1l vivait. L'œuvre n’a pas grand mérite littéraire, Jean Baudouin écrit « simplement et clairement », « mais l’expression manque de relief et la pensée, toujours banale, est présen-

(1) L’enstruction de la Vie mortelle par Jean Baudouin de Rosièresaux-Salines dans Romania, 1906, p. 513-554. — Le manuscrit est coté T 14. Il est de parchemin (H. : 35 mm., L. : 235 mm., 191 ff. non paginés à 2 col 1] est relié aux armes de Jean de Plantevit de la Pauce, évèque de Rodez (,; 1648). La bibliothèque de ce prélat fut acquise par François Bosquet, son successeur, et passa au neveu de celui-ci, Charles de Pradel, évèque de Montpellier. Colbert de Croissi, successeur de ce dernier, acquit cette bibliothèque et la légua à l’HÔpilal général de Montpellier qui la vendit à un libraire de Toulouse en 1740.

tée sans art. C’est plat ». Paul Meyer a précisé l’intérêt de l'ouvrage de Jean Baudouin : «Ce poème a, pour notre histoire littéraire, une certaine importance, non pas tant à cause de son étendue qu’en raison de son origine. On ne peut pas dire que l’Est de la France soit resté étranger au mouvement littéraire qui au xive siècle et au xv® avait pour centres principaux Paris et les pays Wallons, car on connaît quelques écrits littéraires composés à cette époque en Franche-Comté et surtout dans le pays messin; mais pour la région intermédiaire celle d’Épinal et de Nancy nous n'avions à peu près rien. À ce point de vue le poème de Jean Baudouin comble une larune de notre histoire littéraire. »

Le poète a écrit son nom en acrostiche dans l’épilogue de son œuvre :

JENAN BAUDUYN DE ROUSIERRES AULZ SALLINES

Baudouin mentionne la mort du pape Martin V (1431). Il ne parle pas du pape Eugène IV (1431-1447), ce qui implique « que le règne de ce pape n'était pas très avancé lorsqu'il cessa d’écrire ». « 11 ne nous donne, au moins dans les parties du poème que J'ai lues, observait Paul Meyer, aucun renseignement sur sa profession; toutefois, le sujet qu’il a traité et la facon dont il l’a traité donnent à croire qu'il était clerc. »

Il était tentant d'identifier ce poète lorrain. M. Émile Duvernoy ({), après des recherches étendues, découvrit un Jean Baudouin, de Rosières-aux-Salines, qui, cité de 139% à 1437, exerca les fonctions de tabellion. Aussi, M. Duvernoy en conclut-1il que le poète Jean Baudouin était un laïque et que « ce fécond auteur de 47.000 vers, fort peu inspirés à vrai dire, exerçait le plus prosaïque

(1) Un pote lorrain du quinzième siècle, Jean Baudouin de Rosièresaux-Salines dans Mémoires de l’Académie de Stanislas, 1906-1907, p. 217-235. |

des métiers ». En terminant son étude, le savant lotharingiste faisait quelques réserves sur son identification, il remarquait qu'’ilavait rencontré dansles documentstrois personnages nommés Poiresson Baudouin, qui vivaient à Rosières au xv® siècle. « Il faut se montrer très circonspect, observait-il, car le prénom de Jean était bien plus usité que celui de Poiresson, il est sans doute même le nom de baptême le plus en honneur au moyen âge et il peut se faire que deux Baudouin au prénom de Jean aient vécu dans la même localité, exactement aux mêmes dates. »

Jean Baudouin, le tabellion, eut, en effet, un homonyme, qui est, à n’en pas douter, l’auteur de l’/Znstruction de la vie mortelle. Jean Baudouin, de Rosières-aux-Salines, maître en décret, curé de Saint-Laurent de Pont-à-Mousson et chanoine du chapitre de Saint-Dié, par testament daté du 28 juillet 1439 lègue à son frère, Poiresson Baudouin, un exemplaire sur papier du livre qu’il a écrit en langue vulgaire, et au chapitre de Saint-Dié, un exemplaire du même ouvrage sur parchemin non relié à condition qu’il soit placé dans un lieu public et décent. Ce livre est certainement l’/nstruction de la vie mortelle. Sans doute, le passage du testament ne mentionne point le titre du livre, mais l’imprécision avec laquelle Jean Baudouin désigne son œuvre prouve qu’une brève indication suffisait pour reconnaître son manuscrit et que, par conséquent, cette œuvre était probablement le seul écrit en langue vulgaire qu'il eût produit. Or il serait vraiment singulier, étant donné la rareté des œuvres littéraires lorraines en langue vulgaire au début du xv® siècle, que le livre en roman du testament ne soit pas l’{nstruction de la vie mortelle. Cette identification est d'autant plus vraisemblable que l’/nstruction de la vie mortelle paraît être, comme l’a noté Paul Meyer, l’œuvre d’un clerc et que c’est justement peu après l’année 1431 que Jean Baudouin termina son œuvre, donc antérieurement à l’année 1439 qui est celle de son testament.

Nous ne connaissons sur ce Jean Baudouin qu’un seul document : le testament que nous venons de citer qui est conservé dans le fonds du chapitre de Saint-Dié des

Archives des Vosges (1). Baudouin, nous l’avons dit, était curé de Saint-Laurent de Pont-à-Mousson, paroisse qui était à la collation du chapitre de Metz; or la paroisse de Rosières-aux-Salines, la patrie de Baudouin, était aussi à la collation de ce chapitre (2). Jean Baudouin appartenait à la famille Baudouin dont M. Duvernoy a trouvé la trace dans les documents. Il parle dans son testament de son père, Poiresson Baudouin, de ses neveux Jean, Poiresson (frère du précédent) et « Fessin ». Le frère du poète, Poiresson, était un fonctionnaire ducal (3) : il était, en 1422, gouverneur de la saline de Rosières et, en 1441-1442, tabellion; il avait épousé une certaine Biétris. Jean, neveu du poëte et fils de ce Poiresson, fut, comme son oncle, chanoine de Saint-Dié. L'autre neveu de Jean, qui portait, comme son père, le prénom de Poiresson, peut être identifié soit à un gouverneur des salines qui fut secrétaire des ducs Jean IF, Nicolas et René Il, soit à un tabellion ducal qui vivait vers le même temps. Nous ne savons pas quel était le degré de parenté entre Jean Baudouin le poète et Jean Baudouin le tabellion. |

Jean Baudouin, comme ses parents, fit de grandes hbéralités aux églises et aux abbayes de la région,

(1) G. 409. — Ce testament est classé par erreur sous la date de 1539. Il a été mentionné avec sa date exacte par F'. DE CHAN- TEAU, ÂMotes pour servir à l'histoire du chapitre de Saint-Dié, la vie privée des chanoines, Nancy, 1835, p. 18-19 et avec la date erronée de l'inventaire par Gaston Save, Vautrin Lud et le Gymnase vosgien dans Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 1889-1890, p. 296- 297, n° XXVI. Ni Chanteau, ni Save ne connaissaient l’Instruction de la vie mortelle qui a été signalée pour la première fois par Paul Meyer.

(2) Pouillés de la province de Trèves, publiés par Auguste LONGNon et l’abbé Victor CARRIÈRE, Paris, 1915, p. 224-225,

(3) Les renseignements que nous donnons sur les fonctions des Poiresson Beaudouin sont extraits du travail de M. Duvernoy. L’identité du frère de Jean Baudouin, le poète, nous est révélée par le testament de Jean Baudouin, neveu de celui-ci, qui, comme son oncle, fut chanoine de Saint-Dië (Arch. des Vosges, G 409). Dans son testament, daté du 16 janvier 1467 (n. st.}, Jean IT parle de « sa chirre mere Betrix », qui, nous le savons par ailleurs, était l'épouse de Pot esson, qui était gouverneur de la Salines de Rosières en 122.

comme son testament en témoigne. Sa cure et son canonicat lui assurèrent certainement une vie aisée.

Il est vraisemblable que Baudouin composa son poème à Saint-Dié où il put user de la bibliothèque du chapitre. Quoique la règle de la résidence ait été au xv® siècle souvent violée (1), Baudouin dut faire de longs séjours à Saint-Dié, ses attaches en ce lieu étaient nombreuses.

Lorsque Baudouin écrivait son /ntroduction à la vie mortelle, peu de prêtres lorrains s’intéressaient à l’étude. Notre poète constatait avec mélancolie que les prêtres répugnaient au latin et préféraient la chasse au travail de l'esprit :

Les uns aux champs portent des esperviers Comme se fuissent bairons ou chevaliers

Et vont chasser toute la matinée

Non retournans tant que messe est chantée, Sans qu'’ilz leurs chaille de Dieu ne du mostier.

Jean Baudouin vécut quatre-vingts ans trop tôt. A la fin du xv® siècle le chapitre de Saint-Dié devint le siège du Gymnase Vosgien (2), qu'illustrèrent des humanistes de qualité. Jean Baudouin est donc comme un devancier des Lud, des Ringmann, des Pillard (3). Si médiocres que

(1) Cf. Paul Boupner, Le chapitre de Saint-Dié en Lorraine des origines au seizième siècle, Épinal, 1923, p. 105-109.

(2) La bibliographie du Gymnase vosgien est abondante, citons, outre l'article déjà mentionné de Gaston Save, les travaux de Ch. Scaminr (Mathias Ringmann, dans Mém. de la Soc. d’'arch. lorraine, 1895, p. 165-233), Lucien GazLois (Améric Vespuce les géographes de Saint-Dié dans Bull. de la Soc. de Géographie de l'Est, 1900, pp.66-94 ect Waldseemüller, chanoine de Saini-Dié, ibid., pp. 221-229), Chr. Pris- TER (Les testaments des deur Laurent Pillard et de Jean Basin de Sandaucourt dans Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 1910-1911, pp. 5-66).

(3) Les belles-lettres étaient déjà cultivées à Saint-Dié au xu11t siècle, comme en témoigne un poème latin composé vers 1274 vraisemblablement par un chanoine de ce chapitre en l’honneur de Notre-Dame de Saint-Dié (cf. l'abbé E. L'HôrTs, Études historiques sur le diocèse de Saint-Dié, Saint-Dié, s. d., pp. 14-44).

soient ses vers, il faut savoir gré à notre modeste compilateur d’avoir su se recueillir à l’époque troublée et incertaine où il vivait pour écrire un livre d'’édification. L'on se prend à regretter que la hibliothèque du chapitre de Saint-Dié n’ait point conservé, comme il convenait, le livre qui lui avait été légué (1). Du moins l’église du chapitre — aujourd’hui l’église cathédrale — conservet-elle peut-être le corps de Jean Baudouin qui se fit enterrer devant l’autel de la Blanche-Mère de Dieu (2). Jean Baudouin, qui était « infirme de son corps » au moment où il fit son testament, mourut peu de temps après avoir exprimé ses dernières volontés (3).

APPENDICE 1439, 28 juillet. — Saint-Dié.

Testament de Jean Baudouin, de Rosières-aux-Salines, curé de Saint-Laurent de Pont-à-Mousson, chanoine de Saint-Dié.

A. — Original sur parchemin autrefois scellé sur double queue, Archives des Vosges, G 409.

Ind. : F. ne CHanTEAU, Votes pour servir à l’histoire du chapitre de Saint-Dié, la vie privée des chanoines. Nancy, 1875, pp. 18-19. — Gaston SAVE, Vautrin Lud et le Gymnase Vosgien dans Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 1889-1890, pp. 296-297.

In nomine Domini amen. Ego, Johannes Balduini, de

(1) C’est peut-être l’exemplaire en parchemin léguë par Jean Baudouin au chapitre qui est aujourd’hui conservé à Cambridge.

(2) La chapelle de la Blanche Mère de Dieu se trouvait en la grande église de Saint-Dié (cf. L'Hôre, op. cut., p. 94). Jean Baudouin, son neveu, élut sépulture « davant l’autel de la Blanche Mere Dieu en la fosse ou fuit jadis encepvellis feu maistre Jehan Baudouin [son] oncle ».

(3) On lut le testament devant le chapitre le 3 septembre 1239. Son obit est indiqué maheureusement sans date de jour dans le livre -de distribution du chapitre de Saint-Dié : « Obiit magister Johannes Balduini dudum canonicus hujus ecclesie» (xv® siècle) (Bibl. nat., nouv. acq. lat., ms 1.546, p. 353, communication de M. André PHrtiprE).

Roseriis ad Salinas, magister in artibus, presbyter Tullensis dyocesis, canonicus ecclesie sancti Deodatide Sancto Deodato, necnon curatus parrochialis ecclesie Sancti-Laurencil de Ponte Montionis, predite Tullensis dyocesis, sentiens, ymo cognoscens statum presentis vite fore caducum et instabilem et omnia que in eo sunt subjecta fore vanitati quodque nichil morte certius, incertius autem hora ejus, quoniam sicut fur ita de repente aliquando venit et subtrahit omnem, quam dederat mundus, fiduciam in eo remanendi, cupiens salubriter de bonis a Deo michi collatis, dum adhuc sanus sum et incolimis mente ac memoria bona et vivaci, licet infirmis corpore, prout quilibet debet honus christianus providere, ne de seculo presenti nequam tamquam bestia subtrahatur, testamentum meum seu meam ultimam voluntatem more codicilli vel alias meliore forma qua potest a jure vel sacris canonibus seu consuetudine valere, condo, facio ac dispono sive ordino, revocando quoscumque alios si quos antea fecerim codicillos, prout sequitur in hanc formam, cupioque adimpleri de bonis predictis adeo michi collatis in quantum poterunt se extendere : primo igitur animam meam summo recomendo Plasmatori, qui eam condidit, necnon beate ac gloriose virgini Marie, ejusdem matri, beato Michaeli, archangelo, beato Petro, apostolorum principi, beato Deodato, patrono nostro, beatis apostolis, martiribus, confessoribus et virginibus, sanctis totique curie celesti, ut per eorum intercessiones et merita, interveniente gloriosa ejus Passione, inter eos collare et animare dignetur animam meam quam ad suam formavit ymaginem, corpus vero, unde sumptum est, terree committo sepulture, cupiens illud, si dominjs de capitulo complaceat, ante beatam Mariam albam loco condecenti sepeliri, insuper volo et desidero mea debita meaque forefacta personis omnibus, quibus teneor, emendiri et que juste poterunt probari eisdem satisfieri ae persolvi per executores meos inferius annotatos. ,

Item volo et lego omnibus sacerdotibus in die obitus mei pro me celebrantibus, tam canonicis quam vicariis, distribuantur duo grossi monete patrie. Item preterea volo ut fiant pro me duo solemnia servicia in ecclesia

presenti beati Deodati, ubi terre corpus meum est commendatum, more solito, pro canonicis ejusdem loci; aliud autem in ecclesia beati Petri de Roseriis (1) predictis et cuilibet presbytero celebranti pro me distribuatur unus grossus, vicario autem quinque grossi monete predicte. Item lego et ordino unacum venditione domorum mearum pro anniversarii mei augmentatione annum gracie prebende mee, supplicans dominis meis de capitulo humiliter ut suum benignum super hoc prebeant assensum. Îtem lego et ordino capitulis et canonicis de Liberduno (2) pro anniversario faciendo in redemptione anime mee decem florenos parvos monete Lothoringie et totidem dominis de capitulo de Danubrio (3).

Item adhuc dominis abbati et conventui de Sancto Remigio in Lunarisvilla (4), dominis abbati et conventui de Bellocampo (5) necnon dominis et fratribus, priori et conventui sancti Montis (6) tantumdem. Item lego similiter pro habendo anniversario annuatim ad emendum census aut redditus communitati sociorum presbyterorum de Roseriis (7) viginti florenos parvos monete predicte. Item volo et lego adorandum pro me et ut me in suis recommendatum orationibus habeant dominis Johanni Richardi de la Rochete prope Danubrium (8), Hanrico de Beata Maria de la Mer cuilibet eorum quinque grossos predicte monete. Item ad celebrandam pro me unam ‘ missam altam in ecclesiis de Senoniis (9), de Medianonasterio (40) et de Stivagio (11) fratribus et sociis pro una

(1) Église Saint-Pierre de Rosières-aux-Salines.

(2) Chapitre Saint-Eucaire de Liverdun, Meurthe-et-Moselle.

(3) Collégiale de Deneuvre, Meurthe-et-Moselle, arr. Lunéville, cant. Baccarat.

(4) Abbaye Saint-Remi de Lunéville.

(5) Abbaye de Belchamps, Meurthe-et-Moselle, arr. Lunéville, cant. Bayon, comm. Mehoncourt.

(6) Prieuré de Saint-Mont, Vosges, arr. et cant. Remiremont, comm. Saint-Amé.

(7) Il s’agit de la communauté des prètres de Rosières.

(8) La Rochote, comm. Deneuvre.

(9) Senones, Vosges, arr. Saint-Dié, ch.-l. cant.

(10) Moyensmoutier, Vosges, arr. Saint-Dié, cant. Senones,

(41) Étival, Voszes, arr. Saint-Dié, cant. Raon-l’Étape.

vice singulis evcclesiis decem grossos predicte monete. Item lego et ordino ad dicenduim marticularia in ecclesia sancti Deodati annuatim duas missas, jardinum meum quod emi ab Hesselino ad sociandum aree jarn marticularie competenti. Item volo et lego ad habendum unum annuale pro redemptione anime mee necnon parentum et benefactorum meorum et eorum quihus tenari possum triginta duos florenos parvos quatuor sacerdotibus devotis et ydoneis ad arbitrium executorum meorum eligendis, persolvendos. Item lego adhuc et ardiro ut si quid adhuc debeatur michi Roseriis pro cappellania mea, illud sit ad augmentum anniversarii mei pro suciis presbyteris de predictis Roseriis. Item lego quinquaginta grossos predicte monete dominis decano et sociis meis concilii de Prineyo (1) pra tunica seu courscto. [tem lego et concedo ecclesie beati Martini extra muros Sancti Deodati (2) librum Dyalogorum (3) sancti Gregori et sancti Martini. Item dono et lego Johanni nepoti meo canonico in ecclesia sancti Deodati meum breviarium. Item Paressono fratri dicti Johannis meo nepoti decem florenos aureos. Item Fessino alteri meo nepoti meum librum de avibus. Item lego et concedo Paressonno Balduini fratri meo librum quem composui in romancio factum et scriptum in papiro et alium ejusdem tenoris factum in pergameno non ligatum ecclesie predicte sancti Deodati, et volo ut in loco publico et decenti ponatur; necnon quitto et remitto dicto fratri omnia que ipse potest michi debere tam ratione vinearum quam alius. Insuper do et lego domino Desiderio Britonnis, curato parrochialis ecclesie dieti sancti Deodati, quinque florenos aureos pro una vice. Item lego cuilibet vicario Sancti Deodati et Nostre Domine (4) decem grossos mo-

(1) Pont-à-Mousson, dont Jean Baudouin était curé, faisait partie du doyenné de Preny (Meurthe-et-Moselle, arr. Nancy, cant. Pontà-Mousson).

(2) Église Saint-Martin : paroisse du faubourg de Saint-Dié et du village de la Bolle.

(3) I s'agit des Dialogues de saint Grégoire le Grand.

(4) Notre-Dame de Saint-Dié.

nete currentis. Item do et lego Sibillie mee famule quinquaginta grossos. [tem Katherine mee parent: triginta grossos et meam parvam tunicam. Item Hawidi, matri dicte Katherine, decem grossas. Item commatri mee uxori Johannis Vineti decem grossos. Item lego Genino, geaero domini Anthonii, duos francos monete currentis. Item domino Johanni Jacobi, vivario et subcantori ecclesie dicti Sancti Deodati, do et lego meam parvam nigram tunicam. Item do et concedo Coquino, marticulario meo de Ponte, quinyue florenos aureos et alio meo marticulario decem grossos. Item insuper lego hospitali sancti Deodati sex linteamina. Cetera autem ad dispositionem executorum meorum residuum autem boncrum in auro, argento vel mobilibus quomodocumque nuncupentur volo et ordino ut commitantur ad ementlas terras et possessiones in augmentum anniversariorum meorum in Sancto Deodato. Pecunie vero que michi debentur ratione parrochialis mec ecclesie Sancti Laurencii de Ponte, videlicet duodecim libras, quas debet michi magister Regnaldus pro domino Nycolao cum residuo pre manibus quod tenetur reddere Cuninus, receptor meus;:ibidem volo ut inde emantur census et dividantur in tribus partibus equahibus ad tria anniversaria facienda tam in loco bencficn quan in Sancta Cruce quam Nostra Domina hospitalis ejusdem loei. Executores meos, si placet eis, eligo amicos et fratres meos videlicet magistrum Eulletum de Spinallo, dominum Johannem Mali et doninum Stephanum Cagneti, concanonicos in ecclesia sancti Deodati. rt eorum quemlibet insolidum pro omnibus et singulis in hoc mev testamento conteniis executioni debite demandandis nec volo quod per fratrem meum aut quemvis parentuin meorun fiat executio testamenti mei, id est quod querum executorum meorum manibus pono, relinquo et delibero exnune Omnia bona miea, ubicumque sint et potecrunt inveniri, pro dieta exeeutione mea, executiont dehbite demandanda et ut omnia et singula supradicta in hoc meo testamento presenti contenta réboris obtineant fermitatem, ego, Lestator predietus, supplicavi venerabilibus dominis et fratribus meis deearo et capitulo dieti Saneti Deodati quatenus eis placeat sigilluin capituli in hoc pre-

senti testamento nuncupativo apponere unacum signeto manuali notarii infrascripti et nos, decanus et capitulum supradicti, ad supplicationem et requestam dicti testatoris, post fidelem relationem nostri fidelis mayistn Johannis Willermi, de sancto Deodato, notarii jurati curie, domini senatoris dicti loci, cui perfectam in hoc casu et majoribus adhibemus fidem, que permissa nobis retulit fore vera, sigillum nostrum huic presenti testamento duximus apponendum in testimonium veritatis premissorum.

Acta et lecta fuerunt hec in domo habitationis dicti testatoris in sua camera basse 1ipso audiente et annuante anno incarnationis Domini millesimo quadringentesimo tricesimo nono, die vero vicesima octava mensis julli, presentibus ibidem venerabilibus ac discretis viris dominis Dominico de Vullo canonico, Johanne Jaqueti presbyteris, vicario et subcantori ecclesie collegiate sancti Deodati predicti, et Genino, genero domini Anthonii, habitatore dicti loci, testibus ad premissa vocatis specialiterque rogatis.

Johannes WILLERMI.

Ita fuit coram me coucessum et recognitum.

Au verso :

(En haut de l'acte :) Testamentum magistri Johannis Badowini canonici qui obiit anno mo° 111€ xxx1x°.

(Au dos de l’acte :) Quodquidem testamentum lectum fuit et publicatum in capitulo sancti Deodati coram venerabilibus ac circumspectis viris dominis decano et capitulo ejusdem in presencia pluriinum tam presbyterorum clericorum quam Jaycorum die tercia mensis septembri anno infraseripto per me Johannem Willermi notaril supra et intus scripti.

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