‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 10 sur 109 · ASSOCIÉ-CORRESPONDANT · texte numérisé non relu

ASSOCIÉ-CORRESPONDANT

MESSIEURS

Que la vertu, en France, coure les rues : on l’a dit, comme d’autre chose, et, d’une première certitude réconfortante, plus d’un se satisfait, qui ne poussera pasl’examen plus avant. Au vrai, s’il y tâchait, sa surprise serait bientôt de voir se rétrécir tout de suite devant ses yeux le champ de sa recherche, de constater qu'aujourd'hui, rien n’est plus difficile que de fixer, par des traits déterminés, celui, celle dont les tendances, les efforts, la volonté ont pour but unique de servir la loi morale. C’est que, chez nos contemporains, toute vie intérieure s’enveloppe aujourd’hui, comme en aucun temps, de réserve, de secret, disons mieux : de pudeur. Chacun s’applique à paraître semblable, d'habitude et d’aspect, à ceux qui l’entourent. Chacun se défend, et surtout dans notre Lorraine, d’entr’ouvrir à personne l’accès des régions cachées où parfois les plus belles consciences s’illuminent du plus pur esprit de dévouement, d’abnégation, de sacrifice. La tâche n’est que plus difficile pour ceux auxquels incom-

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