RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XX
reconnaissante d’avoir rendu Mlle Dabonville participante du prix Bour, institué pour glorifier la piété filiale.
Avec Mlle Augustine Hardy (1), nous revenons à Nancy, rue Villebois-Mareuil, et nous pénétrons dans une existence que le sort a vouée à l’âpre devoir, et aussi à la joie magnifique de combattre les misères que traîne derrière elle, dans les foyers d’ouvriers où elle s’installe, la Maladie. Chômage, angoisses, ignorances mortelles : voilà en effet son cortège coutumier au seuil de tant de familles malheureuses à l’heure même où les ressources matérielles vont manquer. Le jour où la rude visiteuse se présenta pour la première fois au logis des siens, MIle Augustine Hardy laissa tout, quitta sa tâche quotidienne de couturière, seul attrait — et aussi seul soutien — d’une vie austère, pour prendre position au chevet de sa mère, gravement atteinte, n’épargnant n1 son temps, ni ses efforts, ni, peu à peu, hélas! la totalité de son petit avoir. Après un semblant de guérison, des rechutes survinrent. Et, à son tour, la beHe-sœur de Mlie Hardy tomba malade. Celle-ci y courut, se dépensant sans compter entre les deux ménages, puis prodiguant ses soins à un jeune neveu, atteint lui aussi entre temps. Tel fut l’emploi del’hiver de Mlie Hardy, sans même que s’y place l’énumération des services de tout ordre rendus par elle aux autres membres de sa famille, pour laquelle elle fait constamment figure d’une vivante Providence. Sa modestie, pourtant, ne saurait s’offenser de l’unanimité des éloges reçus aujourd’hui par un mérite que l’Académie de Stanislas a voulu consacrer en lui attribuant une part de la fondation Bour pour 1928.
& + + Dans cette course aux beaux exemples où, pour notre
joie, se passe et se transmet de mains en mains, le même
(1) 2%, rue Villebois-Mareuil, Nancy.