XXII SÉANCE PUBLIQUE DU 23 DÉCEMBRE
flambeau, c’est l’Alsace maintenant qui va nous apporter, sous le signe de la vertu lorraine, la lumière. Car Mlie Augustine Waag (1) fut Nancéienne, et des nôtres, pendant de longues années, avant de retourner dans son beau pays de Marlenheim (Bas-Rhin), où la joindra la haute distinction que votre Compagnie lui a conférée et par où, semble-t-1l, se marque un peu de la fraternité confiante et indissoluble qui a sans cesse uni l’une à l’autre nos fermes provinces des Marches de l’Est. Ce fut à Nancy, en effet, que Mlle Waag, y appliquant un dévouement infini, s’ingénia à prolonger les jours de son vieux père, qui mourut en 1916 à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, et cette seule mention donne une idée de la persévérance, de l’abnégation, de l’habileté aussi, qui furent les caractéristiques d’un devoir filial intégralement compris. À son tour, et à Nancy encore, la mère impotente de Mlle Waag fut, pendant huit ans, l’objet de ses soins éclairés et ininterrompus, quoique, par ailleurs, la vie matérielle du modeste ménage n’eût d’autre point d’appui que le travail de la fille. Travail de comptable, poursuivi d’abord tout le jour, puis, au fur et à mesure que le mal empirait, réduit aux possibilités de la demi-journée et auquel finalement (et bien forcément) durent se substituer des besognes de couture exécutées à la maison, añn que fût conservée à la malade la continuité d’une aide ei d’une présence devenues indispensables. Rude tâche matérielie. cependant, si l’on songe à l’état d’inertie où est réduite sur son lit la pauvre femme, de laquelle le seul poids, à la déplacer, serait pour excéder les forces mêmes de la personne la plus vigoureuse. Au reste, Mme Waag, Lorraine d'adoption depuis longtemps, puisque sa fille est née à Nancy, est demeurée, avec toute la fermeté des grands souvenirs, une ÂAlsacienne de la vieille roche et elle a un jour fait comprendre qu’elle serait heureuse de finir ses jours sous le ciel maintenant libéré de son pays natal. Devant ce nouveau devoir, sa fille n’a pas hésité. Elle a emmené (au prix de quelles difficultés et de quels sacrifices |) sa malade à Marlenheim, l’a installée dans son
(1) Marlenheim (Bas-Rhin).