‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 3 sur 109 · POUR LE PRIX STANISLAS DE GUAITA · texte numérisé non relu

POUR LE PRIX STANISLAS DE GUAITA

Par M. Léon MALGRAS (René d'AVRIL)

MEMBRE TITULAIRE

MESSIEURS

S’il fallait, dans la poésie, n’envisager que la perfection verbale, je pourrais me permettre quelques critiques de forme, relativement au livre : En Lorraine. Le chant des ruines, pour lequel M. Émile Garnier a sollicité vos suffrages.

Mais, encore qu’un peu tardive, l'adaptation d’un professeur de philosophie au langage mesuré, m’a semblé, cependant, — en dépit de quelques imperfections, — révéler cette élévation de la pensée, cette vitalité expressive, qui constituent la poésie dans le sens le plus large du mot.

Le volume de vers que je viens de lire a été édité pendant et aussitôt après la guerre. On en comprendra la signification, rien qu’à cause de cette particularité.

L'auteur, en effet, est un Lorrain qui aime et qui comprend sa Lorraine, ce qui donne aux vers, qu’il écrivit en des jours sombres, un accent sincère.

Certes, il y a bien, dans la prosodie, d’une façon générale, quelque raïideur et, çà et là, un ou deux hiatus (peu choquants, du reste); mais, comme M. Émile Garnier l'avoue lui-même, c’est à l’automne de sa vie qu'il se

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