DISCOURS DE RÉCEPTION
MESSIEURS
Quand vous faites à un membre nouveau l’insigne honneur de l’admettre dans votre savante compagnie, vous lui accordez en même temps un second honneur, non moins périlleux, celui de parler devant ses nouveaux confrères et devant une assemblée choisie. C’est là une tradition très ancienne et très noble. Le nouveau venu, ou, pour employer un terme plus académique, le récipiendaire, est invité en quelque sorte à présenter son chefd'œuvre : non pas, suivant le sens actuel du mot, une harangue destinée à l’immortalité, mais, et c’est ainsi que l’entendaient les compagnons de l’ancienne France, un exemplaire soigné des travaux auxquels il a consacré sa vie. C’est une charmante courtoisie que d'offrir ainsi tout de suite la parole à celui que vous accueillez dans votre sein. Je ne conçois pas comment des esprits chagrins ont pu y voir une sorte d’épreuve dernière, que