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COLLECTIONS LORRAINES FORMÉES PAR DES BIBLIOPHILES

Par M. le Comte A. de MAHUET

MEMBRE TITULAIRE

Le 8 mai 1751, M. d'O‘Héguerty prononçait un discours dans la séance publique de l’Académie de Stanislas sur l'établissement des bibliothèques; il s'était attaché à prouver historiquement que les plus grands hommes, le: souverains les plus éclairés, n'avaient pu imaginer d' movens plus efficaces que ces sortes de fondations pouf faire fleurir les sciences et pour perfectionner les arts.

Les Égyptiens appelaient leur bibliothèque le Trés des remèdes de l’âme, nous dit Jules Janin. Le livre cet ami qui ne change jamais — fut souvent en honneur chez les membres de l’Académie.

Parmi les collections d'amateur dignes de fixer l'attention, il n’en est pas de plus intéressante que celle d'u homme de goût, d'un érudit, dirigé dans ses recherche par les exigences d'une étude favorite et déterminée, (1 par le désir de s’instruire sur tout ce qui concerne à province. Ce travailleur sait apporter à la recherche des livres qui lui seront utiles une persévérance, une passion s0Uvent judicieuse; ils deviendront, entre ses mains, soit des instruments précieux de travail ou des objets de cuntsité par la rareté des exemplaires, ou par la sévérité de

leur choix, ou par leur riche reliure. En même temps que le collectionneur satisfait sa passion, il sauve de l’oubli des hommes, préserve des injures du temps ou de la destruction mille objets qui, sans lui, seraient irrémédiablement perdus. Et puis, la répartition des ouvrages d’un bibliophile nous indique dans sa vieintellectuelle la part qu'il faisait au travail professionnel ou aux délassements littéraires.

Dans la liste sommaire que je publie, il y aura bien des lacunes et des omissions, les recherches étant assez diffciles. Je me suis arrêté à l’année 1900, mentionnant les bibliophiles de l’Académie, qui en firent partie, soit en qualité de membres titulaires, honoraires ou associéscorrespondants, et j'ai indiqué à la suite de leur nom, d’après les listes de la Table alphabétique des publications de l’Académie de Stanislas l'intervalle pendant lequel ils appartinrent à la compagnie.

Je ne me suis occupé que de leurs livres, d'indiquer sommairement la composition de leur bibliothèque et d’y rechercher les ouvrages lorrains, mentionnant seulement le genre de publications qu'il ont produits en se servant des outils qu’ils avaient rassemblés pour nous donner des travaux concernant la Lorraine. |

Les biographes qui voudraient étudier plus profondément la vie particulière de certains membres de l’Académie de Stanislas trouveront ici quelques renseignements nouveaux : c’est le modeste but que je me suis proposé d'atteindre.

BazrLonN (Félix-Arthur). L. 1876 à 1885.

Il possédait principalement des documents sur l’histoire des Vosges qu'il utilisa pour publier, en particulier, dans les Annales de la Société d’émulation des Vosges, quelques études intéressantes. Il avait dépouillé, au point de vue lorrain, tous les catalogues des manuscrits des dépôts publics, il ne put terminer cet important travail qui aurait formé un recueil extrêmement utile à consulter. Le sujet du discours qu’il devait prononcer à l’Académie

concernait lés bibliothécaires de la ville de Nancy, il était tout qualifié pour en parler puisqu'il occupait ces fonctions depuis 1876. |

A sa mort, sa veuve donna 60 volumes environ à la Bibliothèque publique de Nancy, le reste de ses livres fut conservé par sa famille.

BarpY (Henri). L. 1883 à 1909.

Fixé à Saint-Dié en 1856, où cet érudit fonda le musée et la Société philomatique vosgienne dont il fut le dévoué président, il publia dans les Annales de cette Société de nombreux travaux sur les sciences physiques et naturelles, les traditions populaires et l’histoire de la Lorraine. I possédait une bonne bibliothèque concernant principalement la région de Saint-Dié, dont une partie fut vendue, après sa mort, à un libraire de Nancy.

BEAUPRÉ (Jean-Nicolas). L. 1840 à 1869.

Ce bibliophile éclairé, ce savant annotateur, avait rassemblé une très importante et très précieuse collection de livres, manuscrits, gravures, médailles et objets d’art ayant rapport à l’histoire lorraine. Ces richesses appartenalent à tout le monde, car tout le monde était admis à y recourir; 1l communiquait avec une extrême obligeance Jes trésors qu’il avait amassés, allant gracieusement au devant de désirs que l’on n'avait pas toujours o8é manifester, 1l y ajoutait des conseils auxquels son érudition donnait une grande autorité.

Ses livres, choisis avec une rare intelligence, ne servalent pas simplement à garnir les rayons de sa bibliothèque, ils étaient pour lui des amis, dans l'intimité desquels il se plaisait à vivre et auxquels il savait dérober leurs secrets; ils lui fournirent les éléments d’intéressants travaux qui ont trait aux mœurs, aux gloires de notre pays. Les recherches bibliographiques auxquelles il s'était

AT RS EL TS = nt ee D mn nr M ta OT te,

æpécialement consacré ont eu pour résultat de faire conmaître bien des livres ignorés. Son ouvrage le plus remarquable est entre les mains de tous les bibliophiles lorrains : Recherches historiques et bibliographiques sur les commencements de l’imprimerie en Lorraine et ses progrès jusquà la fin du XVII® siècle, complété par : Nouvelles recherches de bibliographie lorraine, ouvrage paru dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas.

M. Beaupré procura à la Bibliothèque publique de Nancy un exemplaire en très bon état de la Cosmogra-

* Puæ introductio; ce volume très rare, imprimé à Saint-

Dié, avait été payé 50 francs en 1842, plus 5 %, pour frais, comme il est d'usage, à Paris, depuis une dizaine d'années, dit-il. En 1924, àla vente Langlard, un exemplaire fut vendu [28.000 francs sans les frais. Il fournit encore à la même bibliothèque un manuscrit du vure siècle, htitulé : Glosa de partibus orationis.

La précieuse bibliothèque de ce lotharingiste renfermait aussi des éditions rares, des livres d’heures, de superbes reliures aux armes, etc.; elle fut dispersée : la plus grande partie des livres lorrains qui portaient un joli ex-libris gravé par Thierry échoua chez un libraire de Nancy en 1898. À cette époque, parmi les acquisitions que fit la Bibliothèque publique de Nancy, se trouve le pré- Gieux Journal de Durival que M. Beaupré avait acheté,

. le 2 juin 1810, chez Senef, revendeur.

BEnoîr (Arthur). L. 1885 à 1897.

Fixé à Berthelming-sur-Sarre dès 1856, il consacra tout 8on temps aux études d'histoire et d'archéologie locales. Chercheur infatigable, collaborateur assidu de la Revue d'Alsace, il fit paraître de nombreux travaux dans les Journaux, les mémoires des sociétés savantes dont il était membre. Dès 1846, avec son frère Louis qui devint bibliothécaire de la ville de Nancy, en 1867, et membre de l'Académie de Stanislas, ils créèrent une bibliothèque

destinée à réunir à Berthelming tout ce qui concernait les pays de la Sarre. Arthur Benoît, jusqu’à sa mort, n’a

cessé de continuer cette tâche et de compléter ses col lections, aussi publia-t-il d’intéressants travaux sur cette région, sur les Vosges, etc. On lui doit plus de 150 pubilrcations diverses (1). Il possédait aussi des ouvrages rares concernant la Lorraine. Il avait, en particulier, réunt! une importante collection de factums dont il dressa le catalogue (2); il disait qu’à toutes les époques les pièces judr claires ont été recherchées surtout à cause des documents historiques qu’elles contiennent.

A. Benoît, ce doyen des collectionneurs d’ex-libnis. avait amassé une importante collection — dispersée apris sa mort — principalement riche en vignettes lorraines, ce qui lui permit de nous donner Les Bibliophiles, les collectionneurs et les bibliothèques des Trois-Évêchés. Il avait composé pour son usage personnel sept ex-libnis.

BonvaLor (Édouard). L. 1865 à 1903.

Ce magistrat, bien connu par de nombreuses publications historiques et archéologiques se rapportant à la Lorraine et à l'Alsace, avait une importante collection d'ouvrages lorrains, il recherchait particulièrement ce qui concernait les anciennes coutumes, ces documents lui servirent à publier une remarquable Histoire du droit tt des institutions de :a Lorraine et des Trois-Évêchés (833- 1789).

Un libraire de Paris, en 1904, a fait paraître un important catalogue de vente où figuraient presque tous les hvres de M. Bonvalot.

Braux (Gabriel Prar de). L. 1893 à 1903.

Ce bibliophil: avait réuni une importante collection ous doc ts d'ouvrages lorrains, de livres, de brochures, de documents,

HYCF. N. Box, Notire biographique de M. Arthur Benoit (Mémoir S de l'Académie de Metz).

(2) A. Bexotr, Description bibliographique des factume, mémoire arrêts, etc. qui font partie de la collection de M. A. Benoît et concernant la Lorraine, le Barrois et les Trois-Evéchés.

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esta \, Concernant Jeanne -d’Arc à la famille de Laquelle Use rattachait, et qu'il utilisa pour nous donner avec la collaboration de M. de Bouteillier : La famille de Jeanne d'Arc et Notes iconographiques sur Jeanne d'Arc.

BRETAGNE (Alexandre). L. 1862 à 1891.

Numismate, archéologue distingué, avait réuni un cabinet important d'objets d’art et d’antiquités : émaux, monnaies, médailles, bijoux, faiences; il possédait aussi des manuscrits anciens, des livres illustrés du xvirre siècle des ouvrages lorrains, en particulier, une collection fort curieuse d’almanachs lorrains, précieuse aussi pour l'historien qui y trouve les tableaux du personnel de toute l'administration du pays. Les pièces les plus rares de ce cabinet lui ont fourni la plupart de ses sujets d'étude.

-Cette précieuse collection fut en partie partagée par ses petits-enfants. Les monnaies, médailles furent vendues, à Paris, en 1920.

Buc'’Hoz (Jean-Pierre). L. 1790 à 1793.

Cet ancien médecin du roi de Pologne, qui contribua à répandre en Lorraine le goût dela botanique, publia de nombreux travaux concernant l’histoire naturelle, etc.

Le désir d’accroître sa réputation joint à la nécessité de vendre ses compositions — plus de 300 volumes — l'obligèrent à se créer un atelier typographique, et d’imprimer lui-même les livres qu’il produisait, il prétendit que ses ouvrages lui coûtèrent 220.000 livres. Il fut obligé de vendre sa bibliothèque en 1778.

Catzzy (Charles). L. 1873 à 1881.

S'est occupé de l’histoire du Pays messin; ses travaux 770nt êté publiés, principalement dans l’Austrasie, les Méoires de la Société archéologique et d'histoire de la Moselle,

110 coup D’ŒIL SUR LES COLLECTIONS LORRAINES

les Mémoires de l’Académie de Metz. C'était surtout de sa bibliothèque que M. Caiïlly était fier. Il connaissait ses livres, il les appréciait et il savait en tirer parti.

CHAPELIER (abbé Charles). L. 1888 à 1923.

Bibliophile, archéologue, acheta la bibliothèque de l’abbé Deblaye (1) qu'il augmenta, il légua ses manus crits et ses collections à la Bibliothèque du séminaire de Saint-Dié. Il a entrepris de nombreuses publications se servant des notes préparées par l’abbé Deblaye et en les complétant, sauvant ainsi de l’oubli des documents qui, sans lui, eussent été perdus.

CLoùüET (abbé Louis). L. 1847 à 1870.

L'abbé Cloüet succéda, en 1827, à M. François Cloüet, son père, comme bibliothécaire de la ville de Verdun. C'était un « érudit que l’Église compta parmi ses prètres les plus vertueux, l’Université parmi ses meilleurs maitres, la science historique au nombre de ses interprètes les plus dévoués et les plus judicieux » (2). Versé dans l'étude des antiquités religieuses de notre pays, l'abhi Cloüet avait de plus trouvé dans une immense collect'on de titres originaux commencée à l’époque de la destruction des monastères, — et dont 11 était le légitime pro priétaire, — les ressources les plus précieuses pour pu blier de remarquables articles dans les Mémoires de la Société philomatique de Verdun et aussi de l'Histoire ecclèstastique de ,a province de Trèves, l’Irstoire de Verdun ël du pays verdunnis, son œuvre de prédilection.

La plus grande parte des collections Cioüet, à r’exception des pièces sur Verdun, provenait des ventes du comte Emmery, c’est ce que nous montre l'extrait suivant d’une lettre de l’abbé Cloüet du 5 mai 1852, adressé?

(1) Voir P. .

(2) Henri Ouonr, Mettensia VIT.

nas, 2 se

Tv Eu

al Btapré (2) : « Grâce à la vente Emmery, J’ai beau- COUP accru ma collection : quand vous l’avez vue, elle ne renfermait que Verdun; maintenant, ce sont de véritables archives messines, touloises, lorraines: et. sur bien des points, je suis plus riche que notre ami M. Noël luimeme... »

Le Comte Emmery avait formé une magnifique collection de documents sur la Lorraine et les Trois-Évéchés : « 1] avait acquis la collection Lemoine, de Moyen-

Vic, dont le fonds provenait de Nicolas, de Nancy, entre les mains duquel se trouvaient tous les papiers laissés par Voillot, secrétaire des ducs de Lorraine Charles III, Henri et Charles IV (2) ». En 1849, la collection fut vendue par son fils, la ville de Metz n'avait pas voulu racheter ses anciennes archives qu’on lui avait proposé d’acquérir en bloc.

Les héritiers de la famille Buvignier-Cloüet vendirent à Verdun, en 1909, des ouvrages lorrains; dans le catalogue, nous remarquons une Vancéide, un Missale Virdunense de 1509, de toute rareté, quelques manuscrits.

Au mois de décembre 1915, nous dit M. H. Omont, à la veille de l’attaque de Verdun, le département des manuscrits de la Bibliothèque nationale a pu recueillir deux importantes collections de documents relatifs à l’histoire de la Lorraine, principalement de Metz et de Verdun, collections acquises des héritiers de Mie Buvignier (3). Il y avait 75 volumes sur l’histoire de Metz provenant de la vente Emmery. La collection Buvignier-Cloüet relative à l’histoire de Verdun et de la Lorraine se composait de 63 volumes. En dehors de ces 138 volumes, il y en avait encore 28 autres qui sont classés à la Nationale dans le fonds latin et français (4). On a commencé aussi l’ana-

\ ; Up D'ŒIL SUR LES CQLLECTIONS LORRAINES 111

(1) Collection Laprevote.

(2) Mettensia, VII.

() M. Léopold Delille voulait antérieurement acheter la collection Buvignier-Cloüet ; il avait fait un rapport par lequel il prouvait que lle collection appartenait légitimement à l’abbé Cloürt et n'était pas de provenance suspecte comme on l’a supposé, il félicitait cet

érudit d’avoir sauvé ces précieux documents.

(4) CI. Metensia, fascicules VIIe et suivants.

lyse des pièces de cette même collection et provenant du même achat, versées aux Archives de la Meuse, à Barle-Due, 1l y a de tout : chartes, manuscrits, pièces imprimées, copies anciennes de pièces rares, etc. Les Archives de Meurthe-et-Moselle et celles des Vosges receuillirent, aussi, des documents intéressants.

Cuxy (Albert). L. 1872 à 1904.

Possédait quelques volumes de choix, des livres pro“ venant de la vente Chartener, l'ouvrage d’Appier, celui de Héré en bel exemplaire, des gravures de Callot; c’est ce que nous apprend le catalogue de la vente.

DEBLAYE (Abbé J.-F.). L. 1862 à 1883.

Érudit, d’un caractère difficile, consacra une partie de son existence à rassembler des objets d’art, des livres, des manuscrits intéressants pour l’histoire de notre province, notamment sur Jeanne d’Arc et des documents sur Pierre Fourier qu'il utilisa pour publier quelques travaux concernant ce saint. Un des premiers collectionneurs d’ex-libris lorrains, cette collection, comprenant 183 pièces, fut l’objet d’une étude faite par M. de Chanteau.

La bibliothèque, les documents de l'abbé Deblaye furent acquis, à sa mort, par l’abbé Chapelier (1).

Drouas DE Boussey (Mer Claude). L. 1754.

Ce prélat modeste qui a laissé la réputation d’un orateur éloquent et d’un pasteur zélé, avait une importante bibliothèque qui fut vendue à Toul en 1780. Nous voyons dans le catalogue des livres concernant la liturgie de Toul, des ouvrages rares imprimés à Metz, à Toul concernant la théologie; 11 possédait l’œuvre de dom Calmet, la l'ompe funèbre de Charles 111, etc.

A} Voir p.

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DurREsNE (Antoine-François). L. 1873 à 1882.

S'est occupé d'histoire, de numismatique, d’archéo” logie; il possédait une importante collection de livres lorrains et surtout de précieux documents concernant principalement les évêèchés de Toul, où il avait été avoué, et de Metz, où il remplit les fonctions de conseiller de préfecture.

Ces diplômes carolingiens, chartes, bulles, etc., avaient été réunis d’une façon peu correcte ce qui donna lieu,

après sa mort, à un procès. L'État français, agissant par le préfet de Meurthe-et-Moselle, le 29 avril 1894, avait contraint M. Francois Dufresne, ancien notaire, #n fils, à remettre aux mains de M. Duvernoy, archivite, à titre de dépôt provisoire, seize cartons contenant de nombreuses pièces. M. Dufresne proteste et en de- Mande la restitution.

La Cour d'appel de Nancy, les 25 et 26 mars 1894, posa

en principe le bien fondé de la demande en revendication de l'État et nomme un expert, M. Giry, professeur à l’École des Chartes, à l’effet de rechercher parmi les docu- Ments ceux qui constituent des archives appartenant à l'État et quels sont ceux pouvant appartenir à M. Dufresne. On lui reprochait d’avoir fait de nombreux et Précieux emprunts aux archives de la ville de Toul et de ne pas les avoir restitués, de même à Metz. Il dira Qu'un grand nombre de ces pièces ont été trouvées à l”’ Arsenal de cette ville, où elles servaient à faire des garæoOusses. Un arrêt de la Cour d'appel du 16 mai 1806 Confirma celui de 1894 et adjoignit à M. Giry, MM. Charavay et Pfister comme experts. Dans le procès-verbal d'expertise de 63 pages, plus un supplément, sont désignées les pièces qui doivent revenir à l’État.

Dumoxr (Charles-Emmanuel). L. 1844 à 1878.

Ce magistrat-historien avait une bibliothèque intéressante, vendue, en 1878, à Verdun. On y remarquait des

Skate Vi, t. XXY, 1928 8

livres rares, des factums, des autographes. Non content de fouiller les archives des greffes, d'étudier les documents de tous genres, tant manuscrits qu’imprimés qu'il utilisa pour ses savants travaux, M. Dumont avait réuni une collection d'instruments de torture et d'exécution criminelle que ses héritiers donnèrent au Musée lorrain

Durivaz (Nicolas). L. 1760 à 1793.

L'auteur de la Description de la Lorraine et du Barrois avait un cabinet renfermant des objets précieux, des livres, des documents, etc.

Dans une lettre (1) datée du 25 ventôse an III, à Pabbé Grégoire, il écrit « J’ai été charmé de vos éloquentes philippiques contre les modernes Vandales et les Verrès. Hélas! je tremble encore de leur passage à Nancy. S'ils eussent eu connaissance de mon cabinet, j'étais perdu. Tableaux, portraits, estampes, livres, tout aurait passé par leurs mains sacrilèges.. » Il dira aussi à cette époque à la Convention : « J'ai déjà vendu pour vivre une maison de ferme et une vigne. J’emprunte, mais le défaut de crédit m'ôtera encore cette dangereuse ressource, et je serai obligé de vendre pièce à pièce, livres, tableaux, estampes, curiosités naturelles, enfin tout ce qui faisait le charme de ma vie. ». S'il ne fut pas réduit à cette dernière extrémité, 1l nous faut regretter amèrement ce qui se passa à la mort du dernier des Durival, lorsqu'on vendit sur la place du Marché, à Nancy, sa bibliothèque et ses papiers. De son vivant, il avait donné à la Bibliothèque de la ville une certaine quantité d'ouvrages précieux; le catalogue de sa bibhiothèque, imprimé en 1766, et complété à la main jusqu'en 1790, renfermait des livres lorrains précieux, dont la Nancéide, qui servirent à ce savant désintéressé.

Son frère, Jean-Baptiste, mort à Heillecourt le 14 février 1810, légua aussi quelques ouvrages à la Babliothèque publique de Nancy.

(1) Collection Laprevote.

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Duvaz (Valentin Jamerai). L. 1753 à 1775.

Il possédait un si joli ex-libris qu’il devait avoir une bibliothèque particulière. On sait que jeune pâtre, pour se procurer des livres, il se fit braconnier en dépit des édits des ducs, les produits de sa chasse lui permirent d'acheter une géographie et des cartes.

Ün généreux protecteur, le comte de Vidampierre, l’envoya étudier à l’Université de Pont-à-Mousson. Il devint célèbre astronome, professeur d’histoire et de géographie. Léopold, puis Francois ITT, lui confièrent la garde de la bibliothèque qu’ils avaient formée.

Jusqu’en 1750, il n’y avait pas en Lorraine de collectons publiques de livres et de manuscrits; on n’y signalait que les collecitons particulières. Au xvi® siècle, le duc Antoine avait réuni au palais, pour son usage, un grand nombre d’ouvrages précieux qui furent dispersés lors des malheurs du duché, au xvrie siècle (1).

Facxor (Claude). L. 1802 à 1809.

Bibliothécaire-archiviste-trésoirer-questeur de l’Académie de Stanislas, en 1802, bibliophile distingué aussi, fut nommé ainsi que l’abbé Marquet, le 17 mai 1791, commissaire-bibliographe, chargé de faire transporter, arranger, dans la grande salle de l’Université, les livres, manuscrits des bibliothèques des maisons religieuses supprimées.

11 nous raconte (2) qu’en 1791, tous les matins, on battait la générale et que tous les citoyens qui faisaient partie de la garde étaient obligés de se rendre dans un lieu désigné pour apprendre les évolutions militaires et que, plus

(1) L’inventaire de cette bibliothèque, publié par M. de Chanteau dans les M. S. À. L. de 1880, a fourni à M. Albert Collignon la ma- \ière d’une savante étude bibliographique parue dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas, 1906-1907.

(2\ Copie fidelle de différentes pièces authentiques qui concernent

Claude Fachot, à Nancy, 1810. Manuscrit 972 (434) de la Bibliothèque publique de Nancy.

tard, il eut la chance, en tirant au sort, d'échapper à la conscription. « J'avais près de trente-neuf ans, l'amour et mes occupations suffisaient pour me dégoûter du métier de la guerre. Je n’aurais pas troqué ma place de commissaire-bibliographe contre le grade de général; d’ailleurs, j'aimais une demoiselle qui avait su captiver mon cœur par d’excellentes qualités; je lui avais promis le mariage et j'ai effectué ma promesse dans la suite. »

Citons le passage suivant du Dr Lamoureux que nous lhisons dans l'éloge qu'il fit de Fachot : « Vous vites entassés ignominieusement des livres du département des Vosges, transportés ici avec moins de précautions que ce bois à brûler qui croît sur ces montagnes et vendus de même à la toise ou du moins à la balance. Lorsque vous marchiez en frémissant sur les livres feuilletés autrefois par les Montfaucon, les dom Calmet et tous ces remarquables savants qui ont bien mérité des lettres et de la religion, pourriez-vous ne pas faire une comparaison flatteuse pour cette ville entre l’état florissant de notre bibliothèque et le mépris avec lequel on traitait celles de Senones, de Moyenmoutier et d'Étival? Qui de vous ne disait alors : S'il y avait eu dans ces cantons un homme tel que Fachot! A la vérité nous ne trouverions pas à vil prix tant d'excellents ouvrages, mais nous n’aurions pas la douleur de voir détruire des collections si riches. Puisque de tels brigandages ont pu se commettre impunément à côté de nous, il est probable que si nous n'avions pas eu des bibliothécaires instruits

fidèles, laborieux, notre bibliothèque, loin de s’enrichir

des dépouilles des autres, serait aussi devenue la proie des dilapidations et des barbares. »

Parmi les livres que possédait Claude Fachot, signalons les Amusemens, de Brevé, recueil rare décrit par M. Favier dans le Trésor du bibliophile lorrain.

François DE NEUFCHATEAU (Nicolas-Louis).

Il marquait ses livres d’un ex-libris prétentieux, après seize vers où il remercie l'Empereur de l’avoir anobli, on

lit les titres et qualités du possesseur. Sa bibliothèque comprenant 1.600 numéros fut vendue pour « cause de déménagement », en 1827; elle se composait surtout d’ouvrages concernant, la jurisprudence, l’agriculture et de quelques livres lorrains.

Rappelons seulement que lorsqu'il était lieutenant général au bailliage de Mirecourt, il assistait plus souvent aux séances de l’Académie de Stanislas qu’aux audiences du présidial de cette ville.

GizzeT (Nicolas-Antoine-Pascal-Modeste).

Parmi les 602 numéros du catalogue de la vente de ce collectionneur, de cet érudit distingué et de ce bibhiophile émérite qui eut lieu en 1865, après son décès, en plus des manuscrits avec miniatures, des livres singuliers concernant le droit, des ouvrages curieux en divers genres, de belles reliures, nous remarquons une importante collection lorraine : Les dévôts élancemens.….. d’Alphonse de Ramberviller: les chroniques de Champier, le Triomphe du Corbeau, exemplaire provenant de G. de Pixerécourt; la Nancéide, Les Dialogues des trois estatz..., de du Boullay; le Combat à la Barrière, Le Parnasse des poètes français modernes, par Gilles Corrozet, sorti des presses du premier imprimeur établi à Nancy, en 1572, exemplaire qui a servi à Beaupré pour son travail.

Les principaux ouvrages possédés par M. Gillet étaient annotés et décrits avec compétence par cet ancien conseiller à la Cour de Nancy, qui utilisa les documents qu’il avait réunis pour faire paraître quelques études intéressantes dans les publications de la Société d'archéologie.

Ü possédait aussi une importante collection de médailles

ei monnaies du pays.

GuiLBERT DE PixerÉcOURT (Charles). L. 1825 à 1843,

Dès l'enfance, il avait aimé les livres: au collège de Nancy il commence à se former une bibliothèque avec

les prix qu’il a remportés et à l’aide de l’argent de ses menus plaisirs; il eut ainsi 200 volumes dont le choix attestait un véritable intérêt de bibliophile : c’étaient ces mignonnes éditions Cazin, elle disparut, un jour, pour payer une dette de jeu. Il en forma une deuxième qu eut le même sort; enfin une troisième qu’il conserva jusqu'en 1838, une des plus connues avec celles du comte d'Hoym et de Girardot de Préfond. Le plus violent tourment que puisse éprouver un homme de lettres, doublé d’un érudit, est celui de vendre ses livres, et il faut avoir d'excellentes raisons de le faire comme Guilbert de Pixerécourt lorsqu'il vendit ses magnifiques collections, après l'incendie du théâtre de la Gaîté, en 1835, dont il était le directeur, et oùil perdit dans cette catastrophe lasmoitié de sa fortune. D’autant plus que ses livres étaient ou fort rares, sortant des presses d’Alde, d’Elzévir, etc., ou richement habillés par Du Seuil, Padeloup, Derome, Bauzonnet, Thouvenin, Simier. Connu par la délicatesse exquise de son goût, rien de médiocre ne pouvait le satisfaire.

Le catalogue de sa bibliothèque, enrichi de notes de Ch. Nodier et de Paul Lacroix, contenait 2.313 numéros. Il possédait en outre une collection curieuse concernant l’histoire de la Révolution : poésies, chansons, théâtre révolutionnaire contenant plus de 900 pièces de tous genres, il y avait en tout 160 cartons. [l mit trente ans à réunir cette collection unique sur la Révolution et malgré une offre tentante de l'Angleterre, il la céda à la Chambre des Pairs moyennant 3.000 francs.

Il est temps de parler des livres lorrains contenus dans cette bibliothèque connue dans tous les pays de l’Europe où se trouvent des amateurs de livres, et dont le total de la vente produisit 74.956! 65. Nous y remarquons des brochures curieuses sur les juifs de Metz; un livre fort rare d'Olivier de La Marche, imprimé à Metz en 1516, chez Gaspard Hochfeder, vendu 671 francs, un des prix les plus élevés de la vente. Les œuvres de Gilbert, de Saint-Lambert, la Chronique de Volcyre; le Discours des choses advenues, de N. Remy, aux armes de Louis XIII, le Srège de Metz, le Triomphe du Corbeau, etc.

Après sa mort, il y eut une deuxième vente, en 1849;

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le catal0Bue comprenait 280 numéros; quelques livres avaient ER figuré dans le premier soit qu’il les eût retirés, WE voulant pas s’en défaire, soit qu'il les eût rachetés. On y rencontre encore quelques livres lorrains et surtout un Magnifique exemplaire de l’ouvragede la Borde: EsSat SUT la musique ancienne et nouvelle, ayant appartenu à Grétry et annoté par ce dernier.

Ce père du mélodrame ne pouvait oublier de célébrer les faits mémorables de sa patrie. En 1814, il fit représenter sur les théâtres de Paris : Charles 1e Téméraire ou le siège de Nancy, drame héroïque en trois actes et en prose, dédié à la ville de Nancy, dont il a offert à cette dernière un superbe exemplaire avec dédicace calligraphiée en lettres d’or.

Guilbert de Pixerécourt est le fondateur de la société des Bibliophiles français.

GuizLauME (Abbé Pierre-Étienne). L. 1843 à 1883.

Un des membres les plus actifs de la Société d'archéologie et qui a publié de nombreux travaux dans ses publications. [l possédait parmi son importante bibliothèque lorraine quelques livres rares de liturgie du xvi® siècle.

L'aumônier de la chapelle ducale devait s'intéresser d’une façon particulière à tout ce qui pouvait rappler le souvenir des évêques de Toul, dont il a été l’historiographe: aussi l’auteur de l’Histoire du diocèse de Toul et de: celui de Nancy, exprima-t-il le désir qu'après sa mort ces témoins infaillibles d’un passé qu’il avait étudié avec tant de zèle fussent déposés au trésor de la cathédrale de Nancy. Ces livres ont été décrits minutieusement par M. Favier, le plus rare est le Missale ad consuetudinem.…

ecclesiæ Tullensis, imprimé en 1508 (1). Il n’oublia pas non plus la Société d'Archéologie, à laquelle il légua quelques tableaux et des livres intéressants.

A} JS. 4. L. pp. 86-88.

Hazpar pu Lys (Charles-Nicolas ALEXANDRE de). L. 1802 à 1852.

Les productions de ce savant docteur se rapportent à des sujets divers : la médecine, la physiologie, l’histoire naturelle, la chimie, l’archéologie, l’histoire; elles ont été Poccasion d’une multitude d’écrits conservés dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas dont il a été le secrétaire perpétuel pendant cinquante ans.

Sa bibliothèque fut vendue en 1853, après sa mort, dans la salle du rez-de-chaussée de l’Université, 43 rue Stanislas. Parmi les 3.121 numéros du catalogue, nous voyons des ouvrages concernant la théologie, les sciences, les arts, les belles-lettres, l’histoire et une faible partie concernant la Lorraine en regard des autres; parmi les volumes rares concernant notre province, nous remarquons : Le premier livre des instruments mathématiques... d'Errard de Bar-le-Duc, imprimé à Nancy par Jean Janson en 1584, qui passa ensuite dans la collection Thiéry- Solet.

HAMoOxviLLE (Jean-Charles-Louis TARD1F, baron d’). L. 1830 à 1899.

Naturaliste distingué, son principal ouvrage : La Vie des Oiseaux lui a valu une juste notoriété; 1l a souvent écrit dans les bulletins ou les mémoires de la Société zoologique de France. Parmi son importante bibliothèque on remarquait quelques ouvrages lorrains; sa riche collection ornithologique était célèbre.

Hyver (Abbé Charles). L. 1874 à 1917.

Il accompagna le cardinal Lavigerie, en Afrique, puis se consacra à l’enseignement. Ce prêtre avait réuni ume importante collection de livres et de documents concernant l'Université de Pont-à-Mousson, qui lui permirent de publier des études sur Phistoire religieuse de cette

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ville, sur son Université, qui ont paru dans les Mémoires de la Société d'archéologie, dans la Semaine religieuse du diocèse de Nancy ou dans les Mémoires de la Société philotechnique de Pont-à-Mousson dont il fut un des fondateurs, en 1874.

Sa ‘bibliothèque fut vendue pendant la guerre à un libraire de Paris.

LazLemEenT (Louis). L. 1860 à 1889.

Cet avocat éloquent, cet historien savant, ce chercheur de tout ce qui se rattachait à notre pays fut un des membres les plus actifs de la Société d’archéologie; il possédait une bonne bibliothèque lorraine, — conservée encore , en partie, par sa famille, — qui lui servit à nous donner d’intéressants travaux parus principalement dans les publications de la Société d’archéologie.

LAMOUREUX (Jean-Baptiste-Justin). L. 1809 à 1859.

Ce collaborateur de la Biographie universelle de Michaud et du Dictionnaire des anonymes de Barbier vendit en 1855 sa collection d’autographes; ses livres furent dispersés après sa mort, en 1864. Le catalogue, très bien rédigé, contient beaucoup d'ouvrages lorrains; Jules Janin a fait ressortir d’une manière piquante le mérite et l'importance de cette collection qui comprenait 2231 numéros concernant la théologie, la jurisprudence, les belleslettres, l’histoire, la Lorraine; il faut remarquer parmi ces dreniers ceux concernant les patois de notre province, son histoire, des livres sur Metz, Nancy, etc.

Reproduisons la note de Beaupré placée en tête de son exemplaire du catalogue (1) de la bibliothèque Lamoureux : « Si mon ancien collègue Justin Lamoureux revenait au monde, il serait bien surpris de trouver dans sa

(1) Collection Laprevote,

bibliothèque bon nombre de livres qu'il n’a jamais eus, que même il n’a jamais vus. Ïl en est un sourtout qui exciterait son étonnement, c’est le n° 1550 dont l’impression, en 1862, est postérieure de plus de deux ans à sa mort, arrivée le 25 décembre 1859. Des surprises d’un autre genre ont été ménagées par M. Téchener aux adjudicataires des livres portés ence catalogue, à ceux-là surtout qui, connaissant M. Lamoureux, savaient qu'il n'admettait dans sa bibliothèque que des exemplaires complets. »

Il aimait surtout, nous dit-on, un genre d’études auxquelles son cœur le rendait essentiellement propre: nous voulons parler des biographies où il a mis la douce équité, la bienveillance sévère, la tolérance éclairée d’un sage.

LAPREVOTE (Charles-François). L. 1869 à 1886.

Numismate distingué, possédait une importante collection de monnaies et médailles lorraines. Curieux de notre histoire et de nos souvenirs locaux, ce secrétaire perpetuel de la Société d’archéologie avait réuni une importante collection d'autographes, de portraits lorrains, de gravures de Callot, de livres dont la plus grande partie concernait notre province.

En 1850, il acquit à la vente Emmery des manuscrits concernant les Vosges et particulièrement Mirecourt, ce qui lui permit de nous donner entre autres productions une ÂVotice biographqiue el historique sur la ville de Mirecourt. {1 possédait le seul exemplaire connu du premier livre imprimé dans cette ville : Oficciam beatæ mennæ Virginis, par Ambroise, en 1616.

Ces précieuses collections sont pieusement conservées et augmentées journellement par son petit-fils, M. Paul Laprevote. |

LEcrErc (Laurent). L. 1864 à 1880,

Le premier président Leclerc partageait sa laborieuse existence entre ses devoirs officiels et ses études histo-

riques locales. II aimait les livres, il aimait son pays, aussi avait-il formé une belle bibliothèque juridique et lorraine qui lui facilita ses travaux et charma ses jours. Ses livres choisis avec soin étaient nombreux; il en possédait de rares concernant notre pays;'cette collection fut dispersée 1] y a quelques années.

[Il prononça de nombreux discours pour les audiences de rentrée dans lesquels il fit œuvre d’historien, parlant de nos anciennes institutions judiciaires. Son discours de réception à l’Académie de Stanislas : Votice sur Nicolas Remy, est très intéressant.

MarcHa (Abbé Laurent). L. 1851 à 1870.

Cet humble et affable curé d’Heillecourt, puis de la paroisse Saint-Pierre de Nancy fut un de nos plus doctes btharingistes. Il passa modestement sa vie à former une nche collection de livres lorrains; il n’avait qu’une ambition : l’aczroitre sans cesse; elle faisait son orgueil et sa joie; il avait su à force de persévérance et de privations là rendre une des plus riches de Nancy, recherchant les meilleures éditions; il ne la gardait pas pour lui seul, se faisant un plaisir de communiquer ses livres, ses manuscrits aux personnes qui allaient lui demander de les consulter.

Selon son désir, cette collection ne fut pas dispersée: elle a trouvé place dans le palais ducal : peu avant sa mort, le Comité du Musée lorrain l’acquit à un prix tres modéré.

En 1869, il avait donné à la Bibliothèque municiaple des manuscrits et des notes provenant de l’abbé Grégoire. Cette riche bibliothèque renfermait de belles reliures en Mmaroquin, aux armes, des ouvrages reliés par le nantien Bouchard, des livres de la plus insigne rareté : 20 sur les 100 ouvrages décrits par M. Favier dans le Trésor du bibliophile lorrain servirent à ce savant auteur.

Ce bibliophile possédait, dit Beaupré, la 3° édi-

don du Discours des choses advenues, de N. Remy,

imprimé à Épinal, en 1626, seul exemplaire connu; un

livret de quelques pages, imprimé à Nancy le 18 novembre 1566 par Nicolas Hiérosme, antérieur de six ans au Parnasse des poètes français.

L'abbé Marchal copiait, en les calligraphiant, les Manuscrits qui lui semblaient intéressants; il s’est servi des matériaux qu’il avait sous la main pour nous donner d’intéressantes productions qui eussent été encore plus nombreuses s’il n’avait eu le désir de trop bien faire; elles attestent toutes une grande sagacité; rappelons seulement un mémoire sur les Origines de la maison de Lorraine et une Édition critique de la Chronique de Lorraine.

MEAUME (Édouard). L. 1847 à 1885.

En même temps que M. Meaume partageait son temps entre ses devoirs professionnels — il fut professeur pendant trente-deux ans à l’École forestière — et les œuvres d’érudition, il rassemblait une collection unique sur la Lorraine devenue sa patrie d'adoption, et à laquelle 1 consacra son activité et son intelligence. IT recueillait avec passion les livres, les autographes, les estampes, les monnaies et les médailles. Dans ce collectionneur il Y avait quatre ou cinq hommes de mérite : un jurisconsulte, un lettré, un historien, un critique d’art et un homme d'esprit. Heureux ceux qui ont pu pénétrer dans sa retraite de Neuilly et qui l’ont entendu faire les honneurs de ses richesses.

Le 10 avril 1885, M. Meaume terminait la notice placée en tête du Catalogue des livres et estampes de M. G. Char tener par ces mots : « Il y avait autrefois, en Lorraine, quatre bibliophiles intimement liés et passionnés pour les livres relatifs à l’histoire de ce petit pays. Trois ont disparu — Gillet, Beaupré, Chartener (1) — à quand la dispersion des collections du quatrième, devenu ermite

(1) Le 23 mai 1884 (|Meaume avait écrit à M. Laprevote : « Quant aux livres de mon vieil ami Chartener, il n’y a pas, dans cette biblio thèque, plus de 12 ou 15 articles qui me conviennent. »

cilue

co UP D'ŒIL SUR LES COLLECTIONS LORRAINES 1425

à Neuillÿ? Cest le secret de Dieu. » Ce devait être peu après.

Cinq Catalogues de ses collections furent dressés en vue

de la Vente : Je premier contient des incunables, des livres d'heures à l'usage de Toul, des ouvrages ornés de gravures de Callot, de Sébastien Le Clerc, la Cosmographiæ introductio, etc.; le deuxième est la suite du premier, il Comprenait les ouvrages de M. Meaume, des biographies d'artistes lorrains, etc.; le troisième est le catalogue des monnaies et médailles; le quatrième mentionne les autographes concernant la Lorraine, soit 276 numéros; enfin, le cinquième, les estampes, l’œuvre de Callot, de Claude le Lorrain, de Sébastien Leclerc, des portraits lorrains, soit 3.842 pièces.

Toutes ces richesses étaient utilisées par lui, nous dit M. Guyot (1) : « Dans l’ouvrage en préparation, dans la brochure dont il réunissait les matériaux. Aussi, résultat étrange pour bon nombre de collectionneurs sérieux, ce travail une fois achevé, il se séparait sans regret de la plupart de ses pièces rares qu’il avait eu tant de peine à recueillir, pour en rechercher d’autres, et continuer ainsi la suite de ses études. » C’est ainsi qu’il vendit successivement plusieurs parties de ses collections : des livres en 1861, et des estampes en 1874 et en 1879, les deux derniers catalogues sont précédés de préfaces curieuses dont l'auteur est évidemment M. Meaume.

Il consacra ses veilles à faire revivre nos grands artistes lorrains, à énumérer et à bien décrire leurs œuvres, ces monographies de peintres, de graveurs, accompagnées de notices ont paru en grande partie dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas. Là aussi, furent publiées les Recherches sur la vie et les ouvrages de Jacques Callot ; apres sept années consacrées au grand artiste, il produisit ce livre qui fait encore autorité. C'était le sujet de son discours de réception; la publication de ce travail n’en

a pas permis la lecture en séance publique. Au nom de

Callot doit être associé celui de Meaume.

mt

A Ch. Guvor, M. Édouard Meaume, sa vie et ses œuvres. Nancy, Berger-Levrault et Cie, 4886.

MEIXMORON DE DoMBaASLE (Charles de).

Cet artiste aimable et distingué possédait 4.000 volumes environ principalement sur les Beaux-Arts, quelques ouvrages lorrains, des dessins; cette collection fut dispersée en partie après sa mort. Il utilisa ses connaissances de critique d’art pour donner dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas et dans la Revue lorraine illustrée quelques travaux intéressants sur des peintres du

pays.

Mozue vaur (Étienne). L. 1802 à 1809.

Trois membres de cette famille appartinrent à l’Académie de Stanislas. Étienne, député à la Convention, puis professeur d'histoire à la Faculté des lettres de Nancy, bâtonnier de l’ordre des avocats, avait eu sa bibliothèque confisquée à la Révolution, elle comprenait 940 volumes.

MorEY (Mathieu-Prosper). L. 1883 à 1884.

Cet éminent architecte, consciencieux et désintéressé, qui ne dépassa jamais, dit-on, les prévisions de dépense de ses devis et qui refusa toute rémunération pour la construction de l’église Saint-Epvre, possédait une importante collection de gravures, de documents, d'ouvrages d'architecture, de livres lorrains, de dessins de Boffrand, de Girardet, etc.; elle fut dispersée en 1920.

Il est l’auteur d’études artistiques, scientifiques et historiques. en particulier sur Héré, Boffrand et Mique:

MorY D’ELVANGE (François-Dominique). L. 1782 à 1793.

Les révolutionnaires de 1793 n’oublièrent pas cet érudit, 1l fut exécuté le 16 mai 1794. Rappelons que, demeuré

à Nancy par fidélité à l’Académie, il préparait une lecture pour la séance publique du 8 mai 1793; c'était un Essai sur l'utilité des collections de monnaies; elle ne put se faire,la Convention nationale ayant supprimé toutes ces sociétés.

I] possédait une importante bibliothèque, de nombreux manuscrits qui firent partie des collections Noël, Marchal, Lamoureux. Parmi ceux qui sont à la bibliothèque municipale, certains doivent être considérés comme des faux (1). Il prétendait qu’il avait copié les coupures de Bournon chez M. de Thomerot, les mémoires de Michel Érard chez M. de Reboucher, les mémoires de Florentin le Thierriat chez le chanoine Villemin, or ces manuscrits n’ont jamais été retrouvés.

Il s’appliqua avec ardeur à l’étude de l’histoire locale et à la numismatique, visitant les collections de monnaies lorraines, plus de 50, dit-on, se mit en rapport avec Dupré de Geneste, Dupont de Romémont, Dordelu, etc. De 1766 à 1780 il rechercha les médailles qui avaient échappé aux numismates lorrains: aux 200 connues il en a ajouté 1.150.[Les documents qu’il avait réunis lui permirent de publier quelques travaux historiques, un catalogue de l’œuvre de Saint-Urbain et de composer un Recueil pour servir à l’histoire métallique des maisons et duchés de Lorraine et de Bar qu’il ne put faire imprimer vu la modicité de sa fortune.

Il se servait de cinq ex-hibris différents pour marquer ses livres.

NoëL (Françaois-Jean-Baptiste). L. 1839 à 1855.

Cet ancien notaire avait ramassé la plus rare et la plus nombreuse collection lorraine que puisse désirer aujourd’hui un amateur passionné et en avait dressé, sans ordre, sans méthode, le catalogue sur un plan confus et défectueux. Je n’analyserai pas les richesses recueillies pendant quarante ans par Noël : les catalogues de ses

(1) Chr. PFisTER, Les régions de la France, VIII, p. 16.

collections étant entre les mains de tous les amateurs lorrains.

Il acheta à MM. Protin de Vulmont et Gérard d’Hannoncelles, tous deux anciens conseillers au Parlement de Metz, les pièces relatives aux contestations de leur cour avec celle de Stanislas; à M. Fachot, ce qui regardait l'affaire de Nancy; à M. Bertier de Roville, des brochures révolutionnaires; à l’abbé Ficher, curé de Flavigny, celles concernant la lutte contre le clergé; à M. Oudinot, ce qui est relatif à la Garde nationale; il a acquis tout ce qu'il a pu se procurer venant de Mory d’Elvange, de Dupont de Romémont, de Dupré de Geneste, d’'Emmery, quoique, dit-il: « Nous voyant marchander un livre on supposait qu’il devait être bien rare parce qu’il nous manquait et on semblait nous tâter le pouls pour savoir de combien on pourrait nous surfaire. … On a inventé l’elzéviromètre pour mesurer les marges. Effectivement c’est bien la largeur des marges qui détermine le mérite des exemplaires d’un même ouvrage. Il nous souvient d’avoir eu, il y a une cinquantaine d’années, pour médecin, un friand bibliophile — le Dr Martin. — A sa première visite, il remarqua un volume de ma bibliothèque, à sa seconde il s'était pourvu de son bout de toise et avant de me tâter le pouls, il avait mesuré la hauteur du volume que nous avons été obligé de lui céder, craignant qu’au cas de refus, ses soins ne nous rendissent dangereusement malade ».

Il exprima le regret que sa fortune, la position de sa nombreuse famille ne pussent lui permettre de faire don de ses collections, mais il offrit de les céder avec perte du quart au tiers de leur valeur réelle, étant certain d’obtenir un prix supérieur à Paris, à Vienne ou à Londres, mais : « J’aime mes collections comme on aime des enfants adoptifs; elles m'ont aidé à surmonter mes chagrins; elles ont fait diversion à mes douleurs et lorsqu'elles doivent échapper à mes mains débiles, je dois faire des vœux pour qu’elles restent unies en sœurs, pour qu’elles inspirent à mes compatriotes comme elles me l'ont inspiré, l’amour de la vérité, de la patrie, du foyer ».

L’estimation la plus élevée d’un de ses objets précieux était un tableau de Claude Gelée : 15.000 francs. Il consen-

tait à laisser le tout pour 50.000 francs, perdant plus de 20.000 francs, sacrifice qu’il ferait volontiers pour coopérer à la formation d’un musée lorrain, soit à Nancy, à Épinal, à Bar-le-Duc, à Metz, ou dans une localité dépendant de l’ancienne province de Lorraine. Comme 8es offres ne furent pas acceptées, il laissa à ses héritiers le soin de pourvoir au placement du tout de la manière qu’ils jugeront la plus convenable : « Nos collections peuvent être dispersées ou anéanties, mais notre catalogue restera et la postérité pourra juger si l’on a eu raison de les abandonner. »

La postérité a jugé et elle regrette que ces richesses uniques n’aient pas été achetées en totalité par la ville de Nancy qui n’en acquit qu'une partie, en mars 1856, son choix se portant principalement sur les manuscrits.

Une vente publique eut lieu en 1887, une autre en 1888.

Parmi les publications de Noël, nentionnons les Hémoires pour servir à l’histoire de Lorraine, et nous ne parlerons pas de la brochure où il nous dit que les chemins de fer seront ruineux pour la France.

Piroux (Joseph). L.. 1833 à 1884.

Cet ancien directeur de l’Institut des sourds-muets, œuvre dont s’enorgueillit Nancy, se dévoua au soulagement matériel et moral des malheureux privés à la fois de l’ouie et de la parole. Il avait recueilli de son père, architecte à Lunéville, une importante bibliothèque composée d’environ 2.000 volumes et comprenant des ouvrages concernant les sciences! le droit, l'architecture, les coutumes, des livres lorrains; parmi ces derniers on remarquait les publications de dom Calmet, etc. Il possédait, aussi, des gravures, des dessins. Cette bibliothèque fut en grande partie partagée entre ses enfants.

PSEAUME (Étienne). L. 1815 à 1825.

Tour à tour jurisconsulte, homme politique, libraire, bibliographe, homme de lettres, journaliste, académicien

SÉRIE VI, t. xxv, 1628 9

et vigneron, dit Dumont, — ajoutons bibliomane — mais il ne fut pas prêtre, quoique dans l’intimité ses familiers l’appelèrent l’abbé Pseaume.

Il avait voulu trouver dans la restauration de l’Académie de Stanislas : «Un refuge au patriotisme lorrain, un hommage aux lettres et à leurs plus dignes défenseurs». En l’an X, cette compagnie qui avait été dissoute, en 1793, tentait de se reconstituer; les promoteurs de la nouvelle société étaient : Mollevaut, Haldat et Coster-le- ‘Citoyen; lorsque parut la première liste des membres qui la composaient, Pseaume remarqua l’élimination de deux de 8es amis : Charles Pal'ssot et Lionnois; il écrivit alors une lettre virulente à Mollevaut : on admit Palissot, Lionnois mourut sans avoir été reçu.

Noël nous dit que Pseaume était un un libraire d’une singulière espèce lorsqu'il était établi à Nancy; il ne pouvait se déterminer à vendre un bon ouvrage, prétendant qu’il faisait partie de sa bibliothèque réservée. Sous la Restauration, il le trouva à Paris, correcteur d’imprimerie à raison de 1! 50 par feuille, logé dans un cabinet rempli de livres, son matelas posé sur une tablette prolongée de sa bibliothèque, lui servait de chaise, et il écrivait sur une pile d’in-folios surmontée d’une planche. Cependant il avait une chaise et une table, la chaise portait sa garde-robe et la table des assiettes. Voilà un temple de bibliomane : « Nous disons bibliomane et non bibliophile, le premier est passionné pour ce que contient les livres, le second nous paraît plus curieux des raretés et des belles reliures ».

Retiré à Commercy, il continua ses habitudes studieuses et mit sa principale distraction à composer une bibliothèque qui devint fort précieuse tant en ouvrages rares et anciens qu’en publications politiques; il l’ouvrait obligeamment aux personnes studieuses. En 1826, cette collection, si chère à son cœur, fut pour lui le sujet d’une émotion aussi grande qu’imprévue : à plusieurs reprises, le feu éclata dans sa maison; les circonstances étranges de ces sinistres oblisèrent l’adjoint du maire à ordonner de mettre dehors non seulement les personnes, mais aussi les meubles. et la bibliothèque ne fut pas exceptée. L’exas-

pération de Pseaume ne connut plus de bornes et l’adjoint fut en proie à toute la verve acrimonieuse de l’homme de lettres, lui faisant un double crime de ses soupçons et du dérangement de ses livres.

Sa bibliothèque, comprenant 14.000 volumes, fut vendue 10.000 francs au libraire Téchener, qui en mit aussitôt 12.000 en adjudication le 30 mai 1829, à Commercy. On Jui doit la conservation de nombreux documents historiques qu’il a su soustraire au vandalisme de son temps et qu’il a cédés à la Bibliothèque nationale, ainsi que la Chronique de Richer qu’il arracha des mains d’un procureur qui en faisait des tirets pour ses poudreuses paperasses. Un fait identique était arrivé à Jamet qui sauva des mains d’un vandale de son temps les Tables de Rice (1). Il en faisait des mouchoirs, le vilain, g’écrie Jamet indigné.

Son ouvrage le plus important est un Dictionnaire bibliographique, publié en 1824; ce n’est qu’une contrefaçon du manuel de Brunet et on lui reproche de n’avoir pas recherché avec plus de soin les ouvrages lorrains.

Sa passion pour les livres, ses habitudes excentriques n'influèrent-elles pas sur sa déplorable fin?

QuinrarD (Léopold). L. 1881 à 1908.

Il possédait des ouvrages lorrains, une importante collection de monnaies et de médailles concernant notre pays, collections dispersées après sa mort; elles lui servirent à nous donner des notices sur l’archéologie et sur la numismatique, parues, en grande partie, dans les publist de la Société d’archéologie dont il fut le prési-

ent.

REenaAUuLD (Jules). L. 1872 à 1883.

Avocat, avoué, juge de paix à Charmes où il recueillit des documents inédits pour composer un volume inté-

(1) L'abbé Rice, né à Neufchâteau, a fait de grands recueils sur les

bénéfices, tant réguliers que séculiers, de Lorraine, ouvrages restés manuscrits.

ressant : La ville de Charmes-sur-Moselle aux XVIS et XVIIe siècles.

11 donna dans les publications de la Société d’archéologie des travaux variés, nombreux et remarquables, dont plusieurs sont accompagnés d'illustrations dues à l’habile crayon de l’auteur. Il était le gendre de M. Thiéry-Solet, dont les magnifiques collections, grâce à la générosité de ses héritiers, sont ou au Musée lorrain ou à la Bibliothèque municipale.

RouYyEr (Jules). L. 1875 à 1897.

Il avait amassé avec beaucoup de discernement des collections importantes dont une partie se rattachait à la Lorraine; ses ouvrages et articles concernant cette province sont nombreux; il utilisa les documents qu'il avait recueillis. Les sciences accessoires de l’histoire lui étaient familières : diplomatique, paléographie, blason, etc., mais il était surtout attiré par la numismatique. Mort dans un âge avancé à Thiaucourt, il légua à la Bibliothèque nationale sa collection de jetons, comprenant plus de 3.000 pièces et au Musée lorrain une série de médailles reli-

gieuses. .

SIMONIN (Jean-Baptiste). L. 1839 à 1870.

A l’exemple de M. Beaupré, il mettait sa riche bibliothèque à la disposition de toutes les personnes qui pouvaient en avoir besoin et non content de leur confier ses livres et ses manuscrits, il savait leur donner en même temps les plus utiles conseils. Ce directeur de l’École de Médecine de Nancy enrichit les mémoires de l’Académie de nombreux travaux; ce savant modeste en publia, aussi, dans les annales de la Société de Médecine, etc.

Son fils, M. Edmond Simonin, qui fut secrétaire perpétuel de l’Académie pendant trente ans, lut dans la séance du 6 septembre 1850, en présence du Congrès scientifique de France, un discours intitulé : Coup d'œil

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sur l’histoire de la Société des Lettres, Sciences et Arts pendant un siècle (1750-1850).

Cette famille offrit à la Faculté de Médecine de nombreux livres.

SoziGnac (Pierre-Joseph DE La PimPie. chevalier D£). L. 1754.

Le premier secrétaire perpétuel de l’Académie de Staaislas et le premier bibliothécaire de la Bibliothèque publique avait entassé dans sa maison de Nancy de nombreux tableaux de valeur, des meubles de prix, etc. Dans l'inventaire du 3 mars 1773, dressé après sa mort, on voit qu'il possédait aussi beaucoup de gravures, des documents et quelques livres lorrains. André de Pirouel fut chargé de remettre à l’Académie ce qui concernait cette compagnie : mémoires, discours, registres, rapports sur les prix décernés, etc. (1).

THIBAULT DE Montois (Thimothée-François).

Ce censeur royal des livres possédait une très importante bibliothèque dont les livres étaient ornés d’un joli ex-libris gravé par Collin. Lieutenant civil et criminel du bailliage de Nancy, puis procureur général de la Chambre des Comptes, il disait selon Courbe : « Nancy, c’est moi ».

Comme littérateur il a laissé quelques œuvres aujourd’hui oubliées, comme magistrat quelques travaux sur la jurisprudence.

WILLEMET (Pierre-Remy). L. 1802 à 1806.

Aussi instruit que modeste s’adonna à l’histoire naturelle et surtout à la botanique. nous devons lui associer son petit-fils :

(1) Cf. P. Bové, Éloge historique du chevalier de Solignac. Nancy Berger-Levraullt et Cie, 1905.

SoyER-WILLEMET (Hubert-Félix). L. 1825 à 1866.

Tous deux botanistes distingués, ils réunirent une importante bibliothèque qui leur servit à publier de nombreux travaux. Leurs livres furent vendus, à prix marqués, en 1868. On y remarquait des ouvrages anglais, allemands, français, concernant la botanique.

L'ancien bibliothécaire de l’Académie et de la ville de Nancy a enrichi les mémoires de cette société de nombreux travaux sur ses études favorites, fournissant de précieux renseignements aux savants qui ont écrit sur les végétaux. Ses études lui avaient inspiré l’amour des sciences agricoles, il fut un des membres les plus actifs de la Société centrale d'Agriculture de Nancy et le rédacteur, pendant de nombreuses années, du Bon Cultivateur.

Le premier se servait d’un ex-libris gravé par Collin, le second d’une copie de cette vignette.

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