RAPPORT SUR LE PRIX DUPEUX XV
d'avoir un régent d’école dans chaque village pendant Fhiver.
A côté de ces occupations courantes, quelques faits exceptionnels : la reconnaissance canonique des reliques de l’abbaye, faite en 1733; la fondation à Lunéville, en 1734, du prieuré du Ménil; c’est dom Calmet lui-même qui assume la charge de cette fondation aux dépens de sa mense abbatiale, ce qui ne l’empêche pas de construire ou de reconstruire des églises et des chapelles, entre autres l’église de l’abbaye, et de créer à Senones, en 1741, un hôpital de six lits.
Il était arrivé au pouvoir dans d’heureuses conditions, élu à l'unanimité par ses moines, bien vu par le duc Léopold qui le recommanda, discrètement d’ailleurs, aux électeurs. Néanmoins les difficultés ne lui manquèrent pas. Îl en eut avec les princes de Salm, dont il relevait autant que des ducs de Lorraine; il en eut à propos du sacrement de confirmation qu’il fallait bien procurer aux sujets de l’abbaye et que seul un évêque pouvait donner. Ille fit administrer d’abord par Sommier, archevêque de Césarée et grand-prévôt de Saint-Dié, puis par Mer Bégon, évêque de Toul, qui consentit à ne pas se prévaloir de cet acte pour contester l'indépendance de l’abbaye. Enfin il y avait la menace de la commende qui planait toujours sur les abbayes riches, et Senones était riche. Pour en préserver son monastère, dom Calmet se fit donner comme coadjuteur, dès 1735, son neveu dom Fangé, qui lui succéda sans opposition vingt-deux ans plus tard. C'était là une mesure de haute prévoyance. Toute cette étude, du reste, fait ressortir qu’à une grande bonté et à un esprit de paix et de conciliation, dom Calmet savait Joindre une réelle fermeté, là où les intérêts de la religion étaient en cause. Il n’hésitait pas à interdire des églises et des cimetières quand les paroissiens se refusaient à les mettre dans un état décent.
Tout cela est fort bien exposé et expliqué par M. Rous- &æl. Quelques reproches peuvent cependant lui être adres- &s : l’histoire de l’ermitage de Notre-Dame de la Maix est un hors-d'œuvre, intéressant du reste. Aux pages 52 et 53, nous lisons Antheluy pour Anthelupt, Moacourt
Sérix VI, t. xxv, 1928 B