XIV SÉANCE PUBLIQUE DU 18 DÉCEMBRE
nous louerons l'illustration de son livre, qui est bien choisie et bien exécutée. Outre des plans de Mayence et de divers quartiers de Paris, il nous donne des portraits de plusieurs personnalités révolutionnaires et, avec beaucoup de raison, il indique toujours où se trouve l'original et quel est son auteur.
Ayant égard au peu de personnalité de cet ouvrage, tenant compte aussi de ce que Merlin n’appartient à la Lorraine que par ses origines, que ses années d’action rentrent dans l’histoire générale, et que sorti de la vie publique, il ne revient pas en Lorraine, mais s'établit dans l'Aisne, votre Commission vous propose de ne point décerner le prix Herpin cette année et d’accorder à M. Roger Merlin une mention honorable.
Pour le concours du prix Dupeux, un seul ouvrage également, que M. le chanoine Roussel, de Saint-Dié, a consacré à dom Calmet. Bien des notices ont déjà été écrites sur l’illustre bénédictin : on a :etracé sa vie, loué sa science et ses vertus, catalogué et apprécié ses très nombreux ouvrages. Mais on a oublié qu’il n’a point passé sa vie à écrire, que l’action a eu place dans son existence, que pendant vingt-neuf ans, de 1728 à 1757, il fut abbé de Senones et qu'il eut à gouverner, non seulement cette abbaye, mais aussi les villages qui lui appartenaient dans les hautes vallées du Rabodeau et de la Bruche. Si, pour les affaires temporelles, le pouvoir de l’abbé était assez limité, au spirituel il était presque absolu, car Senones, comme les autres grandes abbayes vosgiennes, était nullius diocæsis et ne relevait que du pape. C’est ce gouvernement de dom Calmet à Senones que retrace M. Roussel dans une grosse brochure de 84 pages; il en a trouvé les éléments dans divers manuscrits de la bibliothèque de Saint-Dié et dans les archives paroissiales de Senones.
L'abbé de Senones agit sur ceux qui lui sont souris par divers moyens : par des mandements, M. Roussel en reproduit plusieurs qui sont très courts, mais pleins d'onetion; par des visites pastorales, M. Roussel relate celle de 1730 où l'abbé entend partout des plaintes sur la fréquentation des cabarets: par des règlements et ordonnances destinés aux curés, où il present, entre autres,