LE PRIX DU SOUVENIR
Par M. Charles MILLOT
MEMBRE TITULAIRE
Foi germanique, foi punique.
En 1922, le Comité de la Ligue du Souvenir a fondé un prix annuel que l’Académie de Stanislas est chargée d’attribuer « à une personne qui, de quelque façon, jugée efficace et de haute valeur morale, aura contribué à entretenir et à fortifier le souvenir des responsabilités et des crimes de l'Allemagne durant la Grande Guerre ».
Jusqu'à présent, les œuvres présentées au concours, récompensées ou non, étaient presque uniquement consacrées à l’épouvantable récit des crimes atroces commis par des brutes allemandes subalternes; crimes autorisés et même ordonnés par leurs supérieurs de tout ordre, mais dont la responsabilité remonte au Kaiser lui-même. Ce cabotin couronné était convaincu qu’en terrorisant les populations françaises on obtiendrait plus rapidement leur soumission et, par conséquent, la fin victorieuse de la guerre; ainsi, ajoutait-il, ce procédé, en apparence barbare, serait en réalité plus humain. En adoptant cet horrible paradoxe, les Allemands, on l’a dit souvent, se