‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 18 sur 115 · XXII SÉANCE PUBLIQUE DU 18 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXII SÉANCE PUBLIQUE DU 18 DÉCEMBRE

L'Allemagne, débarrassée d’un adversaire redoutable ‘et n'ayant plus à se gêner, commença ses provocations pour 8e faire déclarer la guerre : Tanger, Algésiras, Casablanca, Agadir éclatèrent tour à tour comme autant de menaces. On sait le reste. |

M. Florent-Matter établit encore ce fait : tandis qu’en Allemagne, outre les grands industriels qui avaient intérêt à la guerre, tous les intellectuels, depuis les maîtres les plus réputés des universités jusqu'aux moindres instituteurs, étaient des pangermanistes exaltés, il est dou-

loureux de constater que l'inverse existait en France :

la Sorbonne elle-même, le Collège de France aussi, comptaient parmi leurs professeurs, et non les moindres, des pacifistes prolixes et bruyants.

C’est le moment de rappeler que pacifique et pacifiste ne sont pas du tout synonymes.

Les pacifiques veulènt la seule paix honorable et pos-

sible : celle qui est obtenue grâce à la protection cons-

tante d’une armée capable d’infliger une dure leçon à tout agresseur.

Les pacifistes, eux, prenant leur désir pour la réalité et prétendant que tous les peuples ne veulent que la paix, disent : « Donnons l'exemple, désarmons les premiers, les autres seront enchantés de nous suivre. » — Est-il possible de se faire, de bonne foi, une pareille illusion sur la conduite que tiendraient alors les barbares d’outre-Rhin? Et puis n'est-ce pas proclamer que, pour ne point se battre, on est prêt à subir la ruine, la servitude et le déshonneur? Quelle tentation pour le peuple de proie!

Si la première moité du livre dont nous rendons compte est consacrée aux « Vrais Criminels » allemands, l’autre moitié l’est aux « Vrais Criminels » français. Vous devinez qu’il faut entendre par là les politiciens faisant les affaires de l'Allemagne à la Chambre des Députés : ils ont entravé de toutes leurs forces et par toutes leurs intrigues l’armement de la France pour la lutte suprême qui allait s’engager, donnant ainsi à l'ennemi la tentation de nous attaquer et lui procurant l’occasion de le faire. Ils sont donc responsables de la mort d’un million et demi de Français et de la gêne financière qui nous étreint encore aujour-

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