SUR LES PRIX DE VERTU
Par M. Charles BRUNEAU
MEMBRE TITULAIRE
Chaque année vous interrompez vos savants travaux pour consacrer une de vos séances — la plus largement humaine sans doute et la plus belle — à la vertu. Vous vous penchez sur de nombreux dossiers — je n’oserais dire trop nombreux, mais je constate avec regret que la générosité des fondateurs de prix ne peut n1 récompenser tous ceux qui en sont dignes, ni offrir à vos élus une recompense comparable, même de loin, à leurs incomparables mérites. C'est pour votre Société une sorte d’enquête morale, infiniment réconfortante. Parmi les innombrables petitesses de l’humanité, parmi les accidents, les crimes que les quotidiens nous relatent avec des détails et une insistance regrettables, dans ce monde d’aujJourd'hui qui nous parait si médiocre et si vil, il existe donc encore, dans des retraites secrètes qu'ignore la grande presse, de beaux exemples, dignes de ceux que les Grecs et les Romains nous ont légués, de grandes âmes, capables de renouveler à notre époque les actes héroïques que l’histoire a consacrés. L’égoïsme, l'ambition, l’arrivisme — mot nouveau qui désigne, je le crains bien, une chose aussi ancienne que l'humanité mème — n’ont pas