‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 22 sur 115 · XXVI SÉANCE PUBLIQUE DU 18 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXVI SÉANCE PUBLIQUE DU 18 DÉCEMBRE

à votre confrère que « pour rien au monde elle n’eût abandonné sa vieille parente, qui, aux heures difficiles, avait été pour elle si serviable et si bonne ». Non contente de s’acquitter de cette pieuse dette, elle a élevé un jeune neveu qui habite encore avec elle, ne voulant pas se séparer de celle qui a tant fait pour lui. Ajoutons que Mie Mocotte est, à l’atelier de couture où elle travaille, un modèle pour toutes ses compagnes. Vous ne pouvez donc mieux faire que de consacrer par l’un de vos prix une réputation de vertu si bien établie.

Mile Jeanne Wittmann (1), à qui vous attribuez les prix Mangeon et Cardin-Roussel, a eu le bonheur de conserver sa mère et de pouvoir lui rendre les doux soins que lui inspire son amour filial. Elle exerce le métier de repasseuse et fait vivre, par son travail et grâce à un esprit d'économie vraiment admirable, sa vieille mère, à sa charge depuis douze ans par suite d’une grave maladie. Sans craindre de voir s’alourdir son fardeau, elle a accepté se s'occuper également de sa sœur, incapable de travailler et dont la petite pension de veuve de guerre ne peut assurer l’existence, non plus que celle de sa jeune nièce. Mile Wittmann supporte allègrement la tâche accablante qu’elle a assumée, tant elle trouve naturel de se sacrifier pour celles auxquelles elle a voué sa vie. Il vous appartenait, Messieurs, de signaler au respect de tous cet admirable dévoñment qui, dans son extrême modestie, s’ignore lui-même.

Vous avez partagé le prix Bour entre cinq candidates, toutes remarquables par leur piété filiale. Deux d’entre elles, Mile Célina Thirion (2) et Mile Germaine Wolf (3), ont, en l’absence de leur mère, morte à la tâche, assumé la direction du ménage et l’éducation de nombreux enfants.

Mie Thirion est la sœur cadette de Mie Camille Thirion, que vous avez couronnée en 1924. Elle n’est pas moins digne de vos récompenses que son ainée. À la mort de leurs parents, Célina et Camille Thirion, après avoir

(1) 48, rue Stanislas, Nancy.

(2) 39, rue de la Source, Nancy.

(3) 61, avenue Carnot, Pont d’Essey-Saint-Max.

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